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Une démocratie réelle

[argumentaire développé]

Bâtir une démocratie réelle


adhere1L’équilibre général de nos institutions a été pensé il y a deux siècles quand moins de 5% des Français savaient lire et écrire, quand il fallait 6 jours pour aller de Marseille à Paris, quand le besoin de changement du pays était faible et quand les élites étaient très respectées. Aujourd’hui, 90% de la population sait lire; il faut une seconde à une information pour aller de Paris à Marseille et trois heures pour faire le chemin en TGV. Le besoin de changement est considérable et les « élites » ont terriblement déçu.


De plus, dans de nombreux réseaux de la société civile, la capacité d’expertise sur un sujet donné est supérieure à celle que l’on trouve dans le cabinet d’un Ministre car ces réseaux rassemblent universitaires et gens de terrains; ils ont le souci d’organiser des débats contradictoires avant de définir leurs projets. Ils se « branchent » de plus en plus souvent sur ce qui se fait à l’étranger et ont une liberté de parole et d’innovation bien plus importante que celle des cabinets ministériels…


Que faire de tous ces changements ?


la_politique_c_est_ton_affaire2Il y a quelques siècles, l’invention de l’imprimerie a été le catalyseur de la Réforme en religion et du développement de l’esprit des Lumières qui a amené à la Révolution. Quel débouché politique allons-nous donner à la formidable révolution informationnelle de la fin du XXème siècle ? Jamais les citoyens n’ont été aussi bien formés et informés. Jamais ils n’ont pu communiquer entre eux aussi facilement. Jamais ils n’ont été aussi déçus par le manque d’imagination et d’audace de ceux qui détiennent le pouvoir. Tous cela plaide pour que l’on rebatte les cartes et que l’on redistribue vraiment les pouvoirs.


Le plaisir du politique


Tout est fait aujourd’hui pour éloigner le citoyen de l’action politique. Tout est fait pour le priver du plaisir d’être acteur dans ce domaine. Car il y a bien un plaisir à faire de la politique. Tous ceux qui ont déjà participé à un débat politique connaissent ce plaisir de réfléchir ensemble, de construire ensemble, de sentir que l’on est pas condamné à vivre « petit » et toujours pareil, que l’on peut imaginer un avenir plus humain. Oui, il y a du plaisir à se tenir debout, à reprendre le flambeau de ceux qui, avant nous, se sont battus pour des idées, plaisir à dialoguer, à sentir que ce qui sort de notre tête, mis bout à bout avec ce qui sort de la tête des autres, construit quelque chose qui fait sens.


Si Jacques, Lionel, Ségolène, Dominique, Laurent et Nicolas ont si peu envie de partager le pouvoir, c’est qu’ils en tirent une certaine jouissance, un certain plaisir. Pourquoi ne pas le dire ? Et pourquoi ce plaisir serait-il réservé à un tout petit nombre ?


« On dit partout que le pays est amorphe et indifférent. La vérité, c’est qu’il attend et qu’il essaie d’oublier son attente. Car l’attente est un état pénible — le contraire même de l’indifférence. C’est une inquiétude immobile et sourde en face d’un avenir incertain… » affirmait Pierre Mendès France en 1962 dans Pour une république moderne. «Un peuple n’est libre que dans la mesure où il n’abdique pas l’exercice de sa souveraineté entre les mains d’une seule assemblée, d’un seul parti, d’un seul homme »… La démocratie de l’Etat peut elle vivre si le plus grand nombre possible d’individus ne participent pas directement à la gestion des affaires ? Non, car la démocratie ne se localise pas au sommet. Le bulletin de vote demeure symbolique si le citoyen se satisfait de cette forme de souveraineté… Pour bâtir une démocratie réelle, le concours de tous sera indispensable. Il n’y aura pas de démocratie si le peuple n’est pas composé de véritables citoyens agissant constamment en tant que tels.»


Comment bâtir une démocratie réelle ?


Comment permettre aux citoyens d’agir constamment en tant que citoyens ?


C’est là une question essentielle, absolument essentielle, pour l’avenir de notre pays. Pour rendre au Parlement le rôle qu’il n’a jamais eu vraiment en France et pour donner aux citoyens et aux corps intermédiaires les moyens d’agir dont on les a privé jusqu’ici, 7 réformes nous paraissent indispensables et déterminantes :

1 • En finir vraiment avec le cumul des mandats

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(cumul des fonctions et cumul dans le temps)


2 • Créer un vrai statut de l’élu

picto-mariannequi lui donne les moyens d’exercer normalement

leurs responsabilités.

3 • Permettre à tous de s’exprimer au Parlement

icon-letat-cest1en adoptant le scrutin proportionnel pour l’élection des députés

(mais surtout pas la proportionnelle « à l’allemande »).

4 • Créer une Loi d’initiative citoyenne

picto-urne2pour partager l’initiative de la loi avec l’ensemble des citoyens et des corps intermédiaires. Cette réforme paraît la plus importante des 7 :
• toute proposition de loi ayant recueilli la signature de 300.000 citoyens est inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée dans les six mois qui suivent son dépôt.
• les trois premiers signataires disposent de 5 minutes à la télévision à 19h55 sur chacune des cinq principales chaînes pour expliquer le sens de leur initiative.

5 • Inscrire dans la Constitution le principe «d’homogénéité des conditions de vie»

constitution61comme en Allemagne.


6 • Accorder le droit de vote aux personnes immigrées

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résidantes en France depuis plus de cinq ans pour les élections locales.


7 • Créer un vrai Service civil

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Les besoins sont immenses pour humaniser la société. Créer un vrai Service civil (86% des jeunes sont favorables) avec, entre autres objectifs, la sauvegarde du climat et de la biodiversité. Aider les peuples les plus touchés par la crise écologique à gérer au mieux leurs ressources.