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Un défi écologique

[argumentaire développé]

Plusieurs erreurs d’appréciations circulent
autour de l’écologie :


picto-ecolo• La technologie serait forcément la réponse à tous les problèmes environnementaux.
• Le redressement de la crise écologique pourrait se faire sans une remise en cause profonde de notre modèle de développement.
• L’écologie serait dissociable d’une réflexion politique globale.
• La responsabilisation individuelle suffirait à enrayer une politique industrielle dévastatrice.


Qui doit agir ?

Nous sommes à un moment charnière de notre histoire où des transformations importantes doivent être engagées si nous voulons continuer à maîtriser notre développement sans risquer la catastrophe. Cette transformation aura un coût. Sir Nicholas Stern, directeurs du budget et des finances publics du Trésor britannique a rendu public un rapport évaluant les coûts du seul changement climatique à 5 500 milliards d’euros d’ici 2050. Et le coût humain et social sera tellement plus élevé si nous ne faisons rien. Alors qui devra payer ?


La bataille écologique se joue entre trois acteurs : le citoyen libre et informé (le consommateur averti), l’entreprise (le marché et ses lobbies) et le politique (l’État, les organismes internationaux). Nous ne pouvons demander aux pays en développement qui souffrent déjà de la pauvreté, le plus souvent aussi d’un déficit démocratique et qui sont les premières victimes de la mondialisation, de renoncer au développement économique. Leur contribution à l’effort écologique est indispensable. Mais financer cet effort n’est possible que pour ceux qui en ont les moyens, ce qui implique une aide responsable et un transfère de compétences de la part des pays développés.


Dans les pays développés comme dans ceux en voie de développement, nous trouvons des citoyens victimes des inégalités sociales et captifs d’une économie de marché qui cherche par tous les moyens à leur vendre ses produits. Il existe cependant des citoyens dont le budget et l’éducation leur permettent une consommation respectueuse de l’environnement. Leur nombre importe peu car si une démarche individuelle est indispensable, elle reste malgré tout insuffisante. La stratégie des « petits gestes » ne peut déboucher sur les transformations nécessaires pour changer de modèle de développement.


Les entreprises sont responsables à 50 % du réchauffement climatique mais ce sont elles qui induisent nos comportements de consommation (et 50 % pour les foyers) en faisant tout pour gagner des parts de marché sur lesquelles elles espèrent bâtir leur croissance. Le budget publicitaire mondial annuel atteint plusieurs centaines de milliards de dollars (de 230 milliards selon le AD Barometer à 1000 milliards selon Patrick Viveret de la Cour des comptes) et son impact marketing est décisif sur le consommateur. Réviser nos modes de production, c’est modifier un modèle économique basé sur la surconsommation et le profit à court terme incompatible avec le développement durable. Certaines entreprises le font déjà en développant des labels biologiques et le commerce équitable. Mais cela reste marginal. Pour la majorité d’entre elles, il y aura un prix à payer. L’industrie du pétrole, L’industrie des transports responsable de 25 % des gaz à effet de serre, l’industrie très polluante du papier-carton, l’industrie de l’agrochimie responsable de l’appauvrissement des sols et de la perte de la diversité biologique,  l’industrie du nucléaire avec ses 899 sites renfermant des déchets radioactifs, ne sont que quelques unes des industries pollueuses qui doivent opérer leur reconversion dans le développement durable. Les pollueurs devront assumer le coût de la pollution. Le principe de rentabilité au cœur des empires financiers et industriels reste le frein principal à toute transformation sociale. Nous ne pouvons attendre des actionnaires qu’ils sacrifient volontairement une part de leurs énormes bénéfices pour engager les investissements nécessaires à la préservation de la planète. Autant demander à un trader de ne pas spéculer en bourse ou à un banquier de devenir philanthrope. Le problème est avant tout structurel.


C’est là qu’intervient le politique. L’État et ses institutions existent pour imposer les mesures contraignantes qui font évoluer l’offre privée et publique dans l’intérêt général (quand ils ne sont pas détournés de leur vocation par les lobbies, la corruption ou la préoccupation des hommes politiques à se faire élire ou réélire). Crise sociale et crise écologique sont issues d’une même cause : un déficit démocratique qui ruine l’aspiration à une société responsable et égalitaire. Le réchauffement climatique comme l’épuisement des ressources naturelles ne se résoudra pas sans une meilleure répartition des richesses, sans une Europe sociale et démocratique, sans une coordination mondiale des forces en présence, sans un projet de société où la citoyenneté prendra tous ses droits. C’est ce à quoi s’emploie Nouvelle Gauche et tous ceux qui se tournent vers l’engagement politique, syndical et associatif.


Ceci étant dit, les grands chantiers écologiques de l’avenir nous attendent et nécessitent des réponses concrètes auxquelles nous travaillons dès maintenant.

Contrôler la mondialisation


Les puissantes forces qui agissent contre une responsabilisation des hommes sont les mêmes qui l’ont conduit à traverser la crise économique actuelle. Elles ont pour noms : cupidité, intérêt, priorité accordée au court terme au détriment de l’avenir à long terme du système lui-même. Autrement dit « le libre-échange », la dérégulation, la spéculation financière, « la loi du marché » sont d’abord les grands responsables de crise écologique.


Dans bien des pays, la corruption débouchant sur le pillage des ressources naturelles se trouvent être les principales causes de destruction de l’environnement tout comme sont responsables du krach boursier les capitaux fuyants vers les paradis fiscaux. Dans chaque acte de corruption, il y a un corrompu et un corrupteur, et trop souvent le corrupteur vient d’un pays développé.
La nécessité d’un contrôle des flux financiers rejoint celui d’un contrôle sur les moyens de production. Les décisions qui orientent les choix stratégiques des acteurs de l’économie de marché globalisée ne doivent plus échapper aux populations.


Ce n’est qu’en renforçant les institutions démocratiques (notamment les institutions Européennes), en changeant radicalement les politiques menées par le FMI, l’OMC ou la banque mondiale qui maintiennent par la dette les pays du sud dans le sous-développement. En régulant l’action des entreprises transnationales qui organisent sur le terrain le pillage des ressources premières et la destruction des structures sociales dans les différents pays où elles sont impliquées (chez nous y compris), nous pourrons lutter efficacement contre la crise écologique. Cela implique de se placer dans une perspective politique adoptant une vision globale.

Une mobilisation globale


L’amélioration rapide de la situation économique du tiers-monde représente un enjeu tout à fait vital. Les pays développés doivent apporter une aide efficace et montrer l’exemple en assurant la promotion d’un type de développement équitable et durable.


Ce n’est aussi qu’en mobilisant massivement l’opinion publique sur un grand projet de réforme économique et sociale que nous pourront mettre en œuvre les réponses écologiques indispensables.


Les politiques laxistes qui s’évertuent à reconduire les pratiques libérales préconisant des ajustements structuraux de principes seront les complices muets de la mort de nombreux hommes et femmes, de la destruction de notre écosystème et du risque très fort de voir l’élimination cynique de l’espèce humaine. Il nous faut faire de la sauvegarde de l’environnement la boussole de notre civilisation.

1 • Stabiliser la population mondiale

icon-demogra1La population du globe est évaluée 6,4 milliards d’individus. Les experts jugent que dans les 45 prochaines années, elle atteindra 9 milliards d’individus. L’accroissement le la population mondiale exerce une pression considérable sur les ressources naturelles de notre planète. 94 % de cet accroissement se situe dans les pays en voie de développement.

• Il faut supprimer la dette du tiers-monde et allouer des ressources au financement des programmes d’aide au développement, à l’éducation, à l’accès aux moyens de contraceptions pour que s’opère une mutation démographique à l’instar des pays occidentaux.

2 • Résoudre la crise climatique

icon-co2• Notre civilisation dépend de conditions climatiques stables. La concentration de CO2 dans l’atmosphère favorise son réchauffement ce qui entraîne des catastrophes naturelles à l’échelle mondiale. Il faut réformer d’urgence notre politique énergétique, rationaliser le transports et les bâtiments pour diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 en sachant que la fission nucléaire n’est en aucun cas une porte de sortie.
À l’aide de techniques déjà largement éprouvées, il est possible de commencer à remplacer les énergies actuelles par des énergies renouvelables qui n’épuiseront pas notre planète. Les investissements nécessaires dans la recherche doivent être entrepris. Des milliers de salariés danois travaillent aujourd’hui pour mettre au point et fabriquer des éoliennes qui seront exportées aux quatre coins du globe. Pourquoi, sur la biomasse, la France qui dispose du premier massif forestier d’Europe ne pourrait-elle prendre le leadership qu’elle a su prendre pour le nucléaire ?

• Cela ne se fera pas, non plus, sans l’application d’une fiscalité écologique commune sur les énergie fossiles à des taux proportionnels aux émissions que génère leur combustion. Il faut en même temps isoler tous les bâtiments (publics et privés) et accélérer le reboisement pour absorber un maximum de CO2 (en Europe comme dans le reste du monde).

3 • Préserver les ressources naturelles

icon_forest• Ce qu’il reste des forêts mondiales doit être impérativement protégé par un organisme mondial et décrété patrimoine de l’humanité. Les pays possédant des zones forestières importantes (comme le Brésil) doivent êtres dédommagés par les puissances économiques qui, en d’autre temps, ont pu exploiter leurs ressources naturelles sans contraintes.

• Il faut aussi classer zones protégées les 12 centres de diversités génétiques dont dépendent les cent trente espèces de végétaux consommables cultivés.

• Les taxes vertes françaises sont les moins élevées d’Europe. Leur part a chuté d’un quart entre 1999 et 2004. Nous devons renouer avec une fiscalité appropriée à modifier les comportements de consommation.

4 • Rénover l’agriculture et la pêche

picto_agri1 Un investissement massif dans l’agriculture biologique est indispensable pour sauver les échos systèmes. Elle est déjà pratiquée dans 120 pays et représente un marché de 40 milliards de dollars. Ses bienfaits ne sont plus à démontrer : elle n’épuise pas les sols, pollue peu l’environnement et produit des aliments riches en valeur nutritive.
• C’est aussi l’occasion de relocaliser une partie de la production agricole chaque fois qu’il est possible afin de l’adapter au terroir, de rapprocher le producteur du consommateur et permettre au pays du tiers-monde de renouer avec une agriculture vivrière qui répond au besoin des populations (et leur souveraineté alimentaire) et de mettre fin à la prolifération des cultures OGM.
• Des mesure radicales doivent être prises par l’ensemble de la communauté internationale pour stopper l’épuisement des sols, la surexploitation des fonds marins encouragés par l’attribution croissante de subventions inappropriées qui contribuent à la perte de la diversité biologique.

5 • Un programme ambitieux d’information

picto-info• Pour alerter et éduquer les populations sur les enjeux et les pratiques écologiques aussi bien environnementales qu’alimentaires, il importe d’utiliser tous les moyens pédagogiques à notre disposition relayés par les médias. Un programme d’éducation impliquant la participation des établissements scolaires et des universités dans la collecte des informations permettrait de mobiliser efficacement autour de la demande et l’offre écologique dans la société tout entière.

• La mise en place d’un sommet annuel de l’environnement analogue au sommet économique où l’on trouve rarement le temps de se pencher sur les problèmes écologiques permettrait de coordonner les avancées au niveau mondial.