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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Le bon et le mauvais protectionnisme

Par Thomas MAZIERE le 21/12/2008

Nous sommes en 1930. La crise de 1929 vient d’éclater mais nulle part la crise sociale n’a encore débouché sur la barbarie. En 1930, le chômage augmente dans tous les pays occidentaux mais rien d’irréversible ne s’est produit. En 1930, Pierre Mendes France écrit que pour éviter le chaos “une course de vitesse est engagée” et pour gagner cette “course de vitesse“, Mendès affirme qu’il faut créer très vite une monnaie unique européenne avec une gestion clairement politique et que tous les bénéfices de cette politique doivent être utilisés pour un projet social. L’idée est lumineuse ! Hélas, Mendès France n’est pas écouté. Et Trois ans plus tard, après l’arrivée de Hitler, plus personne ne proposera un sursaut européen… En 1930, il était encore possible d’agir. Trois ans plus tard, il était trop tard.
Nous sommes en 2008. Comme en 1930, la bulle a éclaté. Le miracle libéral tourne au cauchemar… Après 30 ans de crise sociale, dans tous nos pays ce qui va aux salaires est trop faible pour maintenir la consommation. Et Plutôt que d’augmenter les salaires, on a poussé les ménages à s’endetter. A s’endetter toujours plus. Jusqu’à ce que la bulle éclate.
Rien d’irréversible ne s’est encore produit mais nul ne peut nier la gravité de la crise. Et nul ne peut garantir que ce qui s’est passé en Allemagne dans les années 30 ne se passera pas en Chine dans les années qui viennent avec Taïwan dans le rôle de l’Alsace Lorraine. Comme en 1930, une course de vitesse est engagée. Nous autres socialistes européens, nous avons une responsabilité historique.
Voilà pourquoi nous voulons provoquer un sursaut européen et nous voulons que l’Europe agisse vite et fort pour changer les règles du commerce mondial. Et pour cela nous avançons des propositions concrètes. Elles ont été souvent caricaturées comme protectionnistes. Comme si le protectionnisme était forcément une abomination.

Le protectionnisme c’est comme le cholestérol. Il y a le bon et le mauvais. Le mauvais protectionnisme, ce serait de dire : dès aujourd’hui, sans avertissement, l’Europe met des taxes à ses frontières. Immédiatement, on arrête d’acheter les produits qui viennent de Chine. Alors que la croissance est déjà en train de s’effondrer en Chine et que les tensions sociales sont de plus en plus graves, une telle politique serait totalement irresponsable.

chinese worker ©Xiaming
Par contre, rien ne nous empêche d’agir pour obliger la Chine à respecter les conventions sociales qu’elle a signées avant d’adhérer à l’OMC. La Chine a signé 22 Conventions sociales au B.I.T. Plus que les Etats-Unis ! Officiellement, personne en Chine ne devrait travailler plus de 8 heures par jour. Officiellement, Tous les salariés devraient avoir un salaire et un logement décent… La Chine a signé 22 Conventions sociales mais elle n’en respecte quasiment aucune ! Voilà pourquoi tant d’entreprises délocalisent vers la Chine. Si nous ne réagissons pas, une grande partie de notre industrie va disparaître. Il faut obliger la Chine à respecter ses engagements.

Ce que nous demandons, ce n’est pas que l’Europe ferme ses frontières, c’est qu’elle ouvre les yeux et sorte de sa naïveté. Aujourd’hui, l’Europe est le premier client de la Chine. Quand on est le premier client, on a un vrai pouvoir de négociation : L’Europe doit fixer un calendrier contraignant pour obliger la Chine à respecter les conventions sociales qu’elle a signées.
Voilà le discours à tenir au Président chinois : Monsieur Hu Jintao, nous savons quelles difficultés vous affrontez. Nous ne ferons rien pour les aggraver. Mais, dans 3 ans, si vous ne respectez pas vos engagements, dans 3 ans, si vous n’avez pas fait des progrès considérables en matière sociale et écologique, nous taxerons tous vos produits.

Si l’Europe tenait ce discours, les délocalisations chuteraient immédiatement : plus aucun industriel ne prendrait le risque de délocaliser vers la Chine. D’ici 3 ans, soit les salaires ont augmenté, soit les produits seront taxés. Dans les deux cas, l’Europe a sauvé son industrie.

Si l’on sort des caricatures, si l’on débat vraiment de nos propositions, qui peut s’y opposer ? Après tout, ce que nous proposons, c’est simplement de généraliser ce qui a existé pendant 40 ans en Europe : des montants compensatoires. Pendant 40 ans, l’Europe a fonctionné avec un système de montants compensatoires entre l’Italie, la France, le Bénélux et l’Allemagne. Ce système a permis aux 6 pays fondateurs de l’Europe de converger lentement mais sans douleur vers un marché unique et une monnaie unique. C‘est tout simplement ce système que nous voulons que l’Europe mette en place dans ses relations commerciales avec la Chine.

Pierre Larrouturou

Congrès de Reims du Parti Socialiste, novembre 2008

47 Commentaires

  1. preux Fabriceon 23 déc 2008 at 9 h 41 min

    vous nous avez laissé un commentaire sur notre blog syndicat cgt le Fennec. Il est claire que je partage votre analyse sur le glissement de la part du PIB du travail vers le capital. Nous avions publié depuis longtemps des articles dans ce sens. Le Parti socialiste a contribué lorsqu’il était au pouvoir à cette dérive par le renoncement à sa lutte contre le capitalisme et à son adhésion a l’idéologie du marché. Privatisations, loi sur les 35 heures non contraignante surtout pour la loi Aubry 2 . Chirac a aggravé la situation et Sarkosy achéve l’oeuvre destructrice en remettant en cause toutes les avancées sociales détruisant l ‘esprit du programme du CNR.
    les syndicats réformistes CFDT, F.O,CFE/CGC et malheureusement une partie de la CGT (pas ses militants) pensent que le capitalisme est adaptable. Le dernier congrés du P.S et la campagne de Ségoléne Royale sont éloquent quant à la dérive bourgeoise (au sens de Marx) de ce parti. je pense que la solution politique est impossible sans un mouvement de masse et une lutte sociale dui doit passer par la convergence des luttes et la grève générale. J’avoue que la créaton de la nouvelle gauche me laisse dubitatif car elle vient en compétition avec le Parti communiste, les troskistes de tous genres. Il faut donc construire une véritable convergence des politiques et des mouvements sociaux tel ce qui c’est fait lors du référendum sur la constitution Européenne. Malheureusement tous les partis de gauche ont par la suite confondu la lutte des classes et la lutte des places ouvrant un boulevard à l’arrivée de Sarkosy au pouvoir alors même que le climat social n’aurait pas dû lui être favorable. La campagne lamentable de Ségoléne Royale digne de la star académy et la division des vrais partis de gauche exliquent la réussite de Sarko et ses sbires qui ont vainvus faute d’adversaire.
    La question qui se pose don est votre mouvement est-il en rupture totale avec l’économie de marché ou encore une simple machine électorale?

  2. michelon 24 déc 2008 at 9 h 04 min

    Il y a l’excellent livre de Paul Bairoch :
    Mythes et Paradoxes de l’histoire économique.
    Qui avec des exemples historiques montre comment le protectionnisme a permis au XIXeme siècle de construire des économies.
    Le libéralisme n’est qu’une machine même pas intellectuelle qui a besoin pour fonctionner d’essence.
    Le problème c’est que l’essence en question sont nos vies.
    Et assoir une croissance sur la dette plutot que sur les salaires ne peut que provoquer des réajustements sévères.
    Il faut pour cela un prêteur en dernier ressort qui peut faire défaut quand lui aussi sera endetté.
    L’exemple du Japon ou une bulle immobilière a éclaté en 1990 montre que, pour en sortir l’Etat Japonais s’est endetté à hauteur de 160% de son PIB ( la France actuellement et les pays en Europe ne sont “qu’à 60 voire 65%” de leur PIB ).
    Et tout cela sans politique keynesienne de relance, juste pour permettre au secteur financier de sauver la face.
    Alors oui, il faudrait un sursaut politique.
    Mais il est évident que l’on ne peut compter sur un Sarkozy pour être à la manoeuvre, donc il n’aura pas lieu…

  3. tata yoyoon 30 déc 2008 at 2 h 18 min

    “pluzun”, comme on dit par chez moi.

  4. Mezianeon 30 déc 2008 at 5 h 17 min

    Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Les menaces contre la Chine ont toujours été stériles et le resteront. Oui il faut taxer les produits chinois, fabriqué par des détenus politiques jusqu’à l’épuisement en attendant de pouvoir vendre leurs organes aux riches occidentaux en attente de greffes, ou par des quasi esclaves. La chine d’aujourd’hui devient le Brésil sous la dictature. Les très riches et les très pauvres. Tant que les citoyens seront dans la logique de la consomation les produits chinois auront un bel avenir malgré leur qualité médiocre, et les délocalistation iront bon train. Je préfère acheté plus cher un pull, un briquet ou toute autre chose fabriquée en Europe. Je rêve de voir réouvrir les usines d’électroménagé, les fabriques de briquets, de jouets et autres en France. Et si cela doit provoquer des troubles sociaux en chine, tant mieux, et que cela provoque la chute du pouvoir et du communisme chinois très bien. Pourvu que cela donne la liberté à la mosaïque de peuples opprimés qui composent cet empire.

  5. fournier jean michelon 30 déc 2008 at 8 h 11 min

    je me pose la question ,pourquoi B Hamon est il encore au parti socialiste ???que peut il y faire si ce n’est de cautionner ce parti qui n’existe plus et est fantomatique ,la nouvelle gauche devrait prendre son autonomie et rassembler tous les partis de gauche pour pouvoir faire opposition à Sarkosy et sa cour.bon courage à tous pour l’avenir.

  6. guillaumeon 30 déc 2008 at 9 h 37 min

    non, le pb n’est pas seulement que la part attribuee aux salaires est trop faible pour maintenir la consommation… le pb est que notre societe ne peut survivre sans cette sur-consommation nourrie par les endettements. la repartition serait meilleure que la situation ne serait pas vraiment differente.
    la part dediee aux salaires est suffisante pour vivre normalement, manger, se divertir, … n’oubliez pas que nos plus bas salaires sont largement superieurs aux salaires moyens de nombreux pays.
    simplement, ces bas salaires ne permettent de s’acheter un portable tous les 6 mois, d’aller chercher son pain en voiture, de partir en vacances en martinique, d’acheter les derniers joujoux technologiques a la mode, et de s’abreuver aupres de 500 chaines de television numeriques sur un ecran de 1m avec son 3d surround…

    il faut donc : certes rediriger les benefices financiers vers les salaires, mais aussi garantir un revenu minimum d’existence, definir un revenu global maximal (rogne par les impots, seules garanties de la redistribution des richesses), et surtout penser une nouvelle societe qui ne survive pas grace a une course en avant a la surconsommation, principale cause des crises sociales (exemple des generations perdues en Grece, mais aussi ailleurs en europe, en france), financieres et environnementales en cours !

  7. Prolanon 30 déc 2008 at 9 h 48 min

    Effectivement, rejoindre nouvelle gauche permettrait de réactualiser ,de mettre en oeuvre , de faire des propositions concrètes pour une gauche intelligente et responsable dans le PS !(ce qui est nécessaire pour le pays)
    Hélas ! le cas HAMON pose problème .
    Il se dit à la gauche du PS et rejoint pour Reims le clan néolibéral qui a planté le pays en 2002 ! avec une équipe qui a des responsabilités évidentes ,évidemment partagées avec le camp libéral de la droite conservatrice, dans la
    situation économique actuelle du pays .
    Donc il y a un problème de crédibilité pour ceux qui ont rejoit la motion Hamon.
    OK pour participer MAIS il faut des garanties pour non récupération potentielle ! et une indépendance de fait .
    J’attends des propositions concrètes

  8. Philippe D. Grosjeanon 30 déc 2008 at 9 h 51 min

    Je vous invite à examiner deux concepts et à les remettre en question:
    1) LE TRAVAIL : tout génial qu’il ait été en son temps, Marx a fait deux erreurs dans son analyse du salariat et du travail. Voyez cet article : http://www.grosjean-philippe.eu/spip.php?article53
    2) LE CONTRAT D’EMPLOI SALARIE : c’est le talon d’Achilles du capitalisme. C’est ce contrat qui doit être combattu parce qu’il viole :
    - le droit de la propriété par le travail
    - la théorie des contrats non-frauduleux
    - la théorie de la démocratie.
    C’est la thèse exposée dans cet ouvrage paru chez L’HARMATTAN (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=24974).

    Inspirons-nous de ces réflexions pour construire une VRAIE GAUCHE !

    Bien amicalement à tous.

  9. PAYSSOT Pierretteon 30 déc 2008 at 10 h 09 min

    Votre article est excellent, et j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’apprécier Pierre Larouturou., la dernière à la Maison de la Culture à Grenoble, il y a 3 mois. Je me pose les mêmes questions que JM Fournier :quelles sont les chances de la Nouvelle Gauche au sein de ce PS tellement ambigü ?Je fais partie des collectifs antilibéraux (les nonistes au PCE), et je viens d’adhérer au PG de Mélenchon dont les objectifs sont clairs. Et, bien qu’il soit difficile de pousser trop loin la comparaison, je crois que la mafia sarkozyste représente une menace de dictature à redouter : Hitler avait bien été élu .
    Votre proposition protectionniste face à la Chine me semble très valable.
    Ne pourriez vous vous associer aux mouvements unitaires de gauche, aux candidatures pour les européennes, même si le PS menace de vous exclure ?
    Quelle est la position du PS “Aubryste” sur le libéralisme actuel de l’Europe?

  10. Oliv92on 30 déc 2008 at 10 h 42 min

    Entièrement d’accord avec cette analyse et ces propositions.
    Tout milite pour demander enfin à la Chine d’etre un acteur responsable du commerce mondial. En premier lieu, il faut imposer (nous achetons 3 fois plus à la Chine que nous lui vendons, nous sommes donc client avant d’etre fournisseur) de respecter les normes européennes : normes de qualité, normes environnementales, et avant tout, normes sociales.
    Pourquoi imposer des normes aux entreprises européennes et acheter massivement à leurs concurrents étrangers qui ne les respectent pas?
    Emmanuel Todd, lui aussi, prone d’envisager sérieusement le recours à un protectionnisme “intelligent”, c’est à dire qui aide les travailleurs chinois à sortir de leur misère.

  11. Michel 27on 30 déc 2008 at 11 h 22 min

    Bonjour,
    Meziane dit ne pas être d’accord avec cette analyse. Les menaces, certes, seraient stérile, d’accord sur ce point, mais la négociation me semble, en effet, la solution du moment car il est vrai que l’Europe est un GROS client de la production chinoise.
    Le temps est compté car, il a fallu 3 ans pour voir surgir Hitler au pouvoir. Aujourd’hui, il en est tout autre, car les événements vont à l’allure super-sonique. Qu’en résultera-t-il si nous nous appliquons un protectionnisme dur ? Rien de bon pour l’avenir. Le dialogue, même avec des opposants paraissant inflexibles, finit toujours par les ramener à la raison avec des arguments plus forts que le conflit.
    Par ailleurs, Jean-Michel Fournier semble vouloir une scission du PS. Même s’il est apparemment affaibli, à ce jour, il reste le plus grand Parti d’opposition. A nous de le renforcer par notre charisme. On a constaté le résultat des divisions de Reims, n’en rajoutons pas. Je n’ai pas adhéré à ces manoeuvres discutables pour mettre en place ce Bureau National, mais c’est dans l’unité qu’on gagnera en crédibilité.
    Nous sommes tous de gauche et ne rêvons pas de rassemblement en divisant encore plus. Appelons les camarades et les autres forces de gauche à nous rejoindre autour d’idées progressistes qui peuvent un jour nous aider dans la construction du renouveau.
    En cas de révolte massive contre le pouvoir en place, sommes-nous prêts à assumer la relève ? Il y a urgence à bâtir un programme cohérent, mais pour cela il faut écarter toute idée de division sur des propos qui finalement, nous ont unis en d’autres temps.
    Rappelons-nous, autour du Programme Commun de la Gauche, il a fallu plusieurs années pour aboutir au changement en 1981.
    Bonne année 2009 à tous.

  12. Danon 30 déc 2008 at 11 h 32 min

    Loin d’une “analyse”, ce texte qui propose de “sortir des caricatures”, en regorge!
    Revenir régulièrement sur la crise des années ‘30 en la comparant en quelques mots avec celle que nous traversons aujourd’hui est la 1è. En outre, même s’il est tentant de recourir à cet artifice, c’est une erreur grossière, qui démontre l’incompréhension (ou l’ignorance) de l’auteur quant aux mécanismes mis en place depuis cette époque.
    Par ailleurs, ne prendre de la Chine que les éléments négatifs qui nous arrangent pour illustrer un propos qui se présente comme une analyse en est la 2è. Il faudrait d’abord comprendre que la gestion d’un pays peuplé de plus 1,5 milliards d’individus ne se fait pas comme celle d’un pays de quelques millions d’habitants. Une vraie analyse de la situation chinoise devrait au moins signaler qu’en à peine 20 ans, la Chine a sorti environ 600 millions d’individus de la famine. En a-t-on fait autant chez nous? Ainsi que dans les pays d’Afrique dont nous nous occupons depuis des décennies!? Aucune modification d’un tel macro système n’est parfaite. Tenter de le faire croire à l’aide de l’une ou l’autre “mesurette” est un mensonge. En plus, affirmer que la croissance chinoise “s’effondre” est faux. La croissance ne sera plus de l’ordre des 10 ou 11%, mais se maintiendra à un niveau dont nos statisticiens rêveraient!
    Pour continuer, souhaiter que l’Europe “sorte de sa naïveté” est avoir une bien fausse idée de l’Europe qui loin d’être naïve est au contraire tout aussi cynique et calculatrice que n’importe quelle puissance économique.
    En outre, cette “analyse” utilise une terminologie qui est peut-être la pierre d’angle du problème majeur que nous rencontrons: “le maintien de la consommation”. Quand nous aurons autre chose à proposer que de consommer, consommer toujours, et consommer encore, alors nous pourrons peut-être entrevoir un autre système que celui qui nous mène (ainsi que la planète) au gouffre.
    La pierre angulaire qui nous précipitera ou non dans le “chaos” dont il est question, est notre capacité et notre volonté politique d’une plus juste redistribution des richesses dans le monde. Tant que nous n’aurons pas compris cette donnée fondamentale, ni ne l’aurons intégrée dans nos “analyses”, nous nous enfoncerons dans l’erreur. Nous avons construit notre opulence occidentale sur le vol éhonté des matières premières dans les pays que nous dominions (colonies) et maintenions sous notre botte (interventions militaires du type Irak) quand ces pays tentaient de relever la tête. Tant que ces pratiques étaient ignorées du plus grand nombre, elles pouvaient se poursuivre en toute impunité. Aujourd’hui, ce qui a fondamentalement changé (et ne semble pas encore avoir touché les esprits de certains “analystes”), ce sont les moyens de communication qui ne permettent plus que ces abus se perpétuent. Aujourd’hui, les peuples ne se laissent plus faire et réagissent a tant d’injustices. Et taxer ou non un peu plus ou un peu moins ceci ou cela en provenance de Chine (!) ne changera rien à rien au fond de ce problème majeur! Si le monde va si mal, si nous sommes en pleine crises (pcq’elles ne sont pas qu’économiques) c’est pcq le socle même d’une société, d’un monde ouvert est gravement déséquilibré. Tant que nous n’aurons pas intégré cette donnée fondamentale dans nos politiques, nous irons de crise en crise, et il y a fort à parier qu’elles seront de plus en plus graves.
    Enfin, je terminerai ma réaction à votre brouillon en vous disant ceci: sachez que si nous ne parvenons pas à redistribuer les richesses avec les plus démunis, un jour croyez bien qu’ils viendront nous les arracher. Et nous l’aurons bien mérité!

  13. STEFFENon 30 déc 2008 at 11 h 44 min

    Comme toujours le texte de Pierre L. est remarquable de clarté et de précision. Mais que vaut le meilleur des textes lorsqu’il tombe sur un sol stérile. Tant que de débat à gauche sera parasité par les croquenots disorthographiques de l’extrême-gauche néo-communiste nous n’avancerons pas d’un pouce. Il faut rompre définitivement avec ces prétentieux dogmatiques et incultes et s’atteler avec rigueur et opiniâtreté au travail de construction d’un programme réformiste “radical” pour transformer la société européenne.

  14. VIGUIER Alainon 30 déc 2008 at 11 h 56 min

    Cet article relève du bon sens. il est évident qu’il faut négocier avec la Chine comme avec tous les partenaires commerciaux de l’Europe. Les mesures coercitives ne doivent être employées après que tous les moyens pour s’entendre pacifiquement ont été utilisés.
    Il est impératif de relancer sur notre sol tous les domaines industriels afin que chaque citoyen retrouve une activité qui lui permette de vivre et que le pays, dans sa globalité, assure son devenir par un minimum d’autonomie. Penser global, agir et produire local n’a jamais été aussi nécessaire. D’autant qu’une telle politique aurait pour conséquence bénéfique une réduction des transports. Aider tous les pays à devenir auto-suffisants par les transferts de technologie et la communication des connaissances est aussi une voie à explorer.
    Une planète de partage et de solidarité, n’est-ce pas une utopie que l’humanité se doit d’atteindre.
    (A lire “Une planète et des hommes” aux éditions “Les Presses du Midi)

  15. ROUSSETon 30 déc 2008 at 13 h 26 min

    A P. Larrouturou:

    A lire votre texte, on dirait que vous “découvrez” les délocalisations en Europe… On se mettrait en colère à moins, mais bon. En ce qui concerne les solutions proposées: cela fait des décennies que vous (et vos collègues) avez mis en place un monde (et malheureusement une Europe) dans lequel RIEN ne peut être décidé à l’échelle d’un seul pays. Nous vivons au cœur d’une Europe de la finance, du triste “business”, de l’unanimisme et … de l’oubli des européens. Tout cela pour l’économie, même si cela doit se faire au détriment des européens. Faire cela c’est oublier que l’économie n’est qu’un outil, devant servir les citoyens. Et pas l’inverse.
    Détail croustillant: ce que vous proposez contre la Chine vous ne le proposez pas en interne de notre Europe, ce qui serait pourtant plus aisé. Que ne parlez-vous pas aussi d’harmonisation fiscale européenne. Nous ne formons malheureusement plus un ensemble de pays partenaires, mais des concurrents économiques. Avec des lois fiscales différentes. Et la délocalisation inter-européenne existe aussi…

    Sinon, comme d’autres, je me pose la question suivante:

    Pourquoi les dirigeants du PS (PS = parti SOCIALISTE. Dans lequel on lit bel et bien le mot “SOCIAL”), continuent cette triste course à l’investiture en bégayant de vagues idées politiques. Pour au bout espérer quoi? Être secrétaire général du PS, puis devenir Président de la République ? Soit…
    Mais les années passées ont montré une chose: aujourd’hui, les “politiques” semblent se faire élire pour … se faire élire. C’est Iznogoud et son triste ‘je veux être Calife à la place du Calife”. Où sont les idéaux politiques ? Ou plutôt, que deviennent-ils ? Ils sont souvent oubliés ou pire reniés ! Reniés pour gagner des électeurs à qui “il ne faut pas faire peur”. Des fois qu’on perde la fameuse élection…Mais à gagner en ne défendant plus rien, on ne sait même plus pour quoi on est élu. A quoi cela sert-il donc ? Ce type de raisonnement a une conséquence: les électeurs ne savent plus ce que vous représentez politiquement. Et le pire, vous perdez perdez confiance de vos électeurs qui ne savent plus vers quel parti se tourner.
    Pour imager ce problème, le dernier congrès du PS est à pleurer devant de telles gamineries. Allez-vous un jour comprendre que vous n’êtes pas à la “Starac de TF1 / M6″. On se moque de qui tient le flambeau du PS, du temps qu’il représente des idées dont on peut se sentir fier, et pour lesquelles on est prêt à s’engager.
    Autre point: au PS on trouve des personnalités qui vont de M. Rocard à H. Emmanuelli et anciennement J-L. Mélenchon, en passant par Royal, Aubry, Hamon etc. Où se trouve donc la cohérence politique de tout cela ? Peuvent-ils seulement se parler de politique et se comprendre ? Il y a des moments où il faut rebattre les cartes et être sincère vis à vis de soi. De cette manière vous regagnerez la confiance de vos électeurs. Car ces électeurs sont là. ils n’ont pas disparus, ils sont orphelins.

  16. tchooon 30 déc 2008 at 13 h 46 min

    Belle analyse et je ferais une analogie: les centrales d’achat pour beaucoup de “producteurs” exercent une pression incontournable en tant que client, la même que nous pourrions exercer envers la chine, mais rousset à aussi raison, si nous remettons en route les “montants compensatoire” ils sont aussi nécessaires vis à vis de la Roumanie, la Slovaquie et autre nouveaux “européens”.
    les salariés de ces pays y ont tout à gagner et les chefs d’entreprises (pour la plupart transformé en expert financier) hurleront à la mort et s’adapteront…

  17. Dominiqueon 30 déc 2008 at 15 h 43 min

    Les citoyens disposent de l’arme absolu, mais les politiques se gardent bien de le leur dire car ils ne peuvent pas la contrôler, et c’est leur pouvoir qui serait remis en cause et risque de leur échapper.
    Je le dis ?
    Le BOYCOTT : donner au “made in …” la préférence des acheteurs, plus cher au début leur croissance leur permettrait de relâcher leurs marges et de baisser leurs prix. Et attention : en cas de “trahison” la menace est réversible.
    Cela vaut pour les marques comme pour les réseaux de distribution.

    Après tout, acheter son pain, sa viande, ses légumes chez des “petits commerçants” auxquels on fait confiance et que l’on soutient, on le fait déjà !
    Nous n’avons qu’à étendre ce processus d’achat à l’ensemble des produits manufacturés, les fabricants “délocalisateurs” comprendraient vite où se trouve leur véritable intérêt : chez eux, chez nous !

  18. Martin Constanton 30 déc 2008 at 16 h 11 min

    le texte de P. Larrouturou se limite, comme toute proposition, à un sujet plus ou moins restreint.
    Bien évidemment, il faudrait des montants compensatoires entre certaines régions de l’Euroland, comme dans l’Europe des six, il faudrait aussi une politique sociale commune tendant à faire converger les niveaux de prestations et de rémunération entre les différents pays.
    La première chose à faire serait de changer l’objectif de la BCE, qui ne devrait pas être la stabilité monétaire mais le plein-emploi de qualité.
    Il faudrait aussi liquider les dettes, qui sont généralisées, par une inflation suffisante. L’inflation étant un impôt sur l’argent prédateur et spéculatif.
    Il faudrait aussi, comme le préconise Pierre Larrouturou, l’indexation des bas salaires et revenus ainsi que d’une petite réserve monétaire type livret A.
    Tout le monde sait ça, car cela a formidablement bien marché pendant les 30 glorieuses.
    Si l’on arrive pas à relancer l’économie, c’est principalement parce que la stabilité monétaire permet aux spéculateurs de faire baisser indéfiniment les bourses, pour acheter les valeurs réelles à bon compte et faire d’énormes marges. Une inflation conséquente dirigerait rapidement tous les fonds disponibles vers les investissements productifs et l’on sortirait de la crise.
    SI l’argent perd beaucoup de valeurs, les Etats pourraient compenser le manque de capitaux en créant de la monnaie au profit de la collectivité.

  19. quasar17on 30 déc 2008 at 18 h 04 min

    Pierre L. a bien raison de proposer des solutions concrètes plutôt que des incantations à la Gauche.
    Il a encore plus raison de mettre le paramètre TEMPS dans l’affaire. C’est plutôt nouveau en politique, mais c’est hyper réaliste.
    On ne peut pas changer le monde ni les hommes sans faire des transitions longues. Ou alors on a foi dans la Révolution. Pas moi.
    L’écart de partage de PIB de 200 milliards entre les rentiers d’une part et ceux qui vivent de leur travail d’autre part s’est creusé en 25 ans. Et, ce qui est catastrophique, il s’est creusé avec Miterrand et Jospin comme avec Chirac et Sar-kule. Alors quand des millions de Français ne font pas la différence entre la droite et la gauche, on peut les comprendre.
    Il va nous falloir 25 ans pour inverser la tendance. Dur DUR.
    Alors il nous faut des solutions simples pratiques efficaces et contrôlables.
    A vos idées les filles et les gars.

  20. Gilles Mason 30 déc 2008 at 19 h 29 min

    Je suggère à certains auteurs de posts de consulter le site du Club des Vigilants ( http://www.clubdesvigilants.com )

    Parmi les propositions de toutes natures on y trouve quelques idées qui rejoignent celles exposées ici…

    Gilles

  21. Roberton 31 déc 2008 at 6 h 53 min

    Les premières délocalisations sont intervenues dans le milieu des années 80 et cela sous un régime socialiste.

    Je travaillais à l’époque dans une entreprise qui était le fleuron des entreprises françaises ” Thomson” , il y avait une filiale de ce groupe Vidéocolor qui produisait à Lyon des tubes cathodiques couleurs et des canons électroniques , composant du tube cathodique.

    L’activité tubes produisait environ 800000p/an et canons électroniques 3000000p/an , les quantités de canons produites suffisaient à alimenter en canons les deux usines européennes du groupes en tubes Lyon et Anagni (Italie)

    En 1986 , l’activité tubes est délocalisée en Chine , tous les équipements de l’usine de Lyon sont démontés , expédiés et remis en route par des ingénieurs et techniciens français de Lyon , la fin de l’activité canons à été annoncée par la direction en automne 89 , la production des canons à Lyon a été stoppée par une occupation d’usine par l’ensemble des salariés , sauf une poignée de cadres et Etam n’ont pas participé à la lutte pour le plan social , confortablement installés avec la direction dans des salons de grands hôtels pendant que les copains se battaient pour avoir un maximum qu’ils ont bien sur bénificié.

    Je ne pense pas qu’il faille protéger le marché libre échange par des taxes , bien au contraire , il nous faut faire augmenter le niveau social de tous les pays émergents pour que le cout du travail se stabilise , en revanche , ce qu’il faut faire , une entreprise comme Thomson qui dans la fin des années 90 avait touché 9 milliards de francs pour la TV à haute définition par l’état (socialiste) qui le principal actionnaire du groupe et qui fait des bénéfices , est de récupérer les subventions touchées et payées par le contribuable et que cette entreprise paye tant que l’activité délocalisée fonctionne une taxe afin de pouvoir récupérer en partie l’argent non payé à l’état français.

    Egalement , une autre grossière erreur sur l’Europe , nous avons fait , plutôt ils ont fait l’Europe du libre échange avec une très importante disparité sur le niveau de vie , législatif et social , et seulement ensuite faire l’Europe économique

  22. GARRIGUES Bernardon 31 déc 2008 at 8 h 24 min

    Pour plus de clarté, faudrait nous expliquez le mécanisme des montants compensatoire.

  23. guillaumeon 31 déc 2008 at 9 h 59 min

    pour une vraie nouvelle gauche, il faut d’abord commencer a reflechir a quelle societe nous voulons.
    celle qui nous est encore proposee ici est celle du pouvoir d’achat et de la consommation ! voulons-nous une societe de consommateurs ou de citoyens ?
    voulons-nous continuer a vivre dans une societe dont le but est l’economie, ou dans une societe dont le but est le developpement de l’humanite : un developpement des multinationales, des traders et des bourses mondiales ou celui de l’Humain, des valeurs de partage, de solidarite et de l’art, du beau et de l’inutile ?
    quand la gauche va-t’elle enfin nous proposer une societe dont l’economie n’est pas le but (a quand la fin du productivisme, aux promesses de redistribution mensongeres), mais au pire un moyen d’echange et de redistribution contre les inegalites territoriales de ressources.
    l’humanite s’est-elle amelioree depuis que chaque occidental a sa voiture, son telephone portable, son mp3, ses 500 chaines de tv sur ecran plat, lcd de 1m ? ses tasers, bracelets electroniques, drones, centres de retention et bombes nucleaires ?

    les verts sont logiquement le premier parti politique un peu important a proner une decroissance maitrisee. quand est-ce que la gauche socialiste comprendra qu’il n’y a pas beaucoup d’autres alternatives pour que l’humanite puisse continuer a se devlopper sans detruire son cadre de vie ? (a part peut-etre des regimes fascisants permettant de sauvegarder les libertes et richesses de qquns : a quoi commencent a ressembler nos democraties avec leurs lois sur l’immigration, leurs centres de retention, leur “identite nationale”, leurs pillages des pays du sud ? a un etat fort au service du capital ?)

  24. Roberton 31 déc 2008 at 12 h 08 min

    Bonjour, toujours de sensibilité de gauche , je souhaite voir une société où l’homme par son travail serait au centre du débat plutôt de voir que le profit financier prenne le dessus sur l’homme.
    je revendique un système social puissant qui doit être là pour aider à sortir une personne restée au bord du chemin , en revanche , je pense qu’il faille mettre un terme aux abus sociaux qui mettent en danger la pérennité de ces derniers, et je pense également qu’en face de chaque droit , il faut mettre en opposition un devoir , si cette règle n’est pas appliquée , elle occasionne les abus dénoncés par toute la droite qui s’en sert comme argument de contradiction.

  25. Richardon 31 déc 2008 at 12 h 40 min

    Bonjour,

    Je pense qu’aujourd’hui cette crise mondiale doit être l’occasion de prendre un virage inéluctable vers le partage des ressources.

    Il est impossible et impensable de continuer à consommer, gaspiller tel que nous le faisons aujourd’hui. (Je parle bien sur des pays industrialisés).
    Le système actuel de production industrielle engloutit massivement des ressources non renouvelables rejette gaz , déchets molécules chimiques. Seulement 7% des ressources utilisées se retrouvent dans ces produit finis. Quel gâchis!!!!!.
    Et puisque la Chine est souvent citée dans les commentaires que je viens de lire, si cette même Chine connaissait le même taux d’équipement automobile que les USA, la production mondiale de pétrole suffirait à peine à faire rouler les voitures chinoises.
    Ce n’est pas moi qui le dit mais Nicolas Hulot dans son livre “Pour un pacte écologique” (que chaque candidat à la présidentielle de 2006 a reçu.)
    Bien sûr il faut aujourd’hui une gauche forte, qui soit force de proposition.
    Mais je suis convaincu qu’une dimension écologique devra être le fil conducteur de sa politique ( économique, sociale, extérieure,….)
    Sinon, le prochain conflit majeur risque d’être celui de la bouffe et des ressources. Il y à urgence à cela
    Bonne fin d’année

  26. Denise Armandon 31 déc 2008 at 13 h 19 min

    Je suis d’accord avec les deux derniers commentaires du 31 décembre (Guillaume, 9h29 et Robert, 12h08). Nouvelle Gauche se préoccupe avant tout de la situation économique du pays. Mais aucune proposition de modèle de société, aucune proposition sur les droits humains, la redistribution des richesses, la réglementation des banques, l’arrêt de la spéculation, le développement de la recherche, le beau et l’inutile, comme l’a dit un autre commentateur. Mais, il se peut que, face à la crise qui s’aggrave, il faille aller au plus pressé : sauver les entreprises, donner du travail, endiguer le chômage et la destruction de tout le tissu et les acquis sociaux par Sarkozy. Cependant, cela ne doit pas exclure une analyse de fond sur le type de société que la gauche veut mettre en place.

  27. guillaumeon 31 déc 2008 at 14 h 02 min

    a taper sur la chine, on en oublie aussi un petit detail, concernant son impact sur la production de gaz a effet de serre (GES).
    le GES que la chine emet, elle le produit pour nous : la majorite de sa production est pour l’exportation, mais si les produits arrivent bien chez nous, le CO2 reste comptabilise dans les emissions de la chine, et non du pays importateur.
    (pour le transport, je suppose que le CO2 emis est comptabilise dans le pays de la societe de transport ?)
    si les GES emis pour poduire et transporter etaient exportes vers les pays acheteurs en meme temps que la camelote, et que ces pays importateurs payaient les taxes CO2 en consequence, je pense que ceux-ci seraient beaucoup plus attentifs au sujet des delocalisations !
    et la chine ne serait pas pointee du doigt comme premier pollueur, alors que la population chinoise ne profite guere de l’industrialisation de leur pays.

    la taxe carbone serait donc aussi un outil permettant de combattre les delocalisations, et de favoriser les relocalisations d’activite
    et ca l’europe peut decider de facon unilaterale d’imposer cette taxe carbone, sans attendre

  28. VIGUIER Alainon 31 déc 2008 at 15 h 20 min

    Nous sommes tous accrochés à cette même boule de vie, isolée dans l’infini sidéral, ou, si l’on préfère, embarqués sur un vaisseau dépourvu de barques de sauvetage, poursuivant une ronde dont nul ne connaît les aboutissants.
    Un vaisseau dont les stocks doivent être maintenus constants parce que les équipages, qui se succéderont à travers les siècles, en auront besoin pour se maintenir à flot.
    Un vaisseau qui ressemble trop à une galère mue par des soutiers de fond de cale, en proie à des pulsions de mutinerie, parce que leur parviennent des ponts supérieurs les bruits d’une fête dont ils sont exclus…

    C’est mon message de fond que j’adresse à à la Nouvelle Gauche avec tous mes voeux de réussite pour la nouvelle année.

  29. VIGUIER Alainon 31 déc 2008 at 15 h 34 min

    J’ai oublié de préciser dans mon message envoyé précédemment, à 15H20, que ce texte était extrait du livre “Une planète et des hommes” édité aux Presse du Midi (se trouve facilement sur internet)
    A conseiller à tous ceux qui veulent transformer la Société avec une perspective planétaire de solodarité et de partage.

  30. kakadou n'diayeon 31 déc 2008 at 18 h 20 min

    Je me souviens encore d’un article de deux pages illustrées de “Libé” il y a guère plus d’un an ou Mr Larouturou nous revelait le glissement furtif vers le non plaisir effectué par les salaires -le travail- au bénéfice des actions - le capital, 9,3 avait il calculé , glissement qui redonnait à la contradiction capital-travail largment abandonnée par le PS et la Gauche une nouvelle jeunesse.
    J’ai souvent depuis commenté et invoqué depuis cette contribution essentielle .
    Cependant je ne peux être que dubatitif sur les chances qu’il y a d’obliger le système chinois a s’amender, a augmenter ses salaires et permettre aux syndicats et autres “voies du peuple ” de s ‘exprimer en Chine . Ce qui serait bien sur la voie royale pour scier la branche sur laquelle repose les dérèglementations dites délocatives.
    Todd avait il y a longtemps souvent évoiqué le droit et le devoir d’un renforcement parallèle du protectionisme européen -et non plus national- il y a ici une piste a ne pas oublier

  31. Alain MONNINon 01 jan 2009 at 14 h 52 min

    Ce discours me semble un peu trop angélique, et surtout, comme je l’ai évoqué dans le forum, et je n’étais pas le seul pourquoi se concentrer sur la Chine uniquement ?
    Bien sur la Chine a signé des conventions internationales, et bien sur elle ne les respecte pas. Comment croire qu’elle fera mieux si on lui laisse 3 ans de sursis ?
    Et que dire des autres signataires de traités non respectés ?
    Je crois en fait que la Chine n’est qu’un symptôme de la main mise de la finance sur la production, au détriment de l’esprit d’entreprise. Si nous établissons un pôle d’équilibre avec la Chine, sans une approche globale de la mondialisation financière, 50 pays seront prêt à prendre sa place !

    Je crois par contre que le débat sur le protectionnisme doit être élargi dans 3 directions complémentaires :
    Ø Le droit au protectionnisme Sud / Nord, ou comment les pays du Sud et manquant de réserves financières, peuvent-ils lutter contre le dumping des pays riches, notamment dans l’agriculture, amis aussi dans d’autre domaines…
    Ø Le droit au protectionnisme écologique. Il est indispensable tant pour l’avenir de la planète, que pour un rééquilibrage naturel de l’économie de taxer fortement le non-respect des normes environnementales par les producteurs, non respectueux, à minima, du protocole de Kyoto, mais aussi en pénalisant les coûts carbone des délocalisation vers le moins disant social.
    Ø Le droit au modèle social. Chaque pays, groupe de pays (UE) à le droit d’inscrire sa vision sociétale dans un cadre socio-économique légitimement défini. Cette définition ne doit d’ailleurs ni être unique ni se vouloir un exemple aux autres. Par contre on peut y inclure des droits fondamentaux : droit à l’éducation, à la santé, à la retraite. La non satisfaction de ces exigences minimales pouvant être considérée comme un dumping économique, les sociétés qui recevraient des produits des pays non adhérents à ces minima sociaux, se verraient taxés à hauteur du coût estimé de ces indicateurs de développement.

    Mais pour être accepté, et acceptable il serait sûrement intéressant d’assortir toute mesure protectionniste d’une clause redistributive.
    Par exemple 50% des fonds récolter par ces mesures fiscales seraient ré-investi dans le pays « sanctionné » au titre de l’aide au développement, et les 50% restant, une fois déduit les frais de mise en œuvre pourraient servir à alimenter les fonds européens d’aide au développement.

    Alain MONNIN
    Section de Gelos (64)

  32. GARRIGUES Bernardon 02 jan 2009 at 0 h 09 min

    Apparemment personne ne sait expliquer le concept de “Montants compensatoires” à l’occasion d’un éventuel accord commercial entre la Chine et l’Europe.

    L’idée de bon ou mauvais protectionnisme ne peut faire son chemin si nous sommes incapables d’expliquer le processus.

    Je vois mal comment les valeurs du yuan, du dollar et de l’euro peuvent converger tant que l’Europe s’interdira de battre monnaie tandis que la Fed et l’État chinois ont pour principe de non seulement fournir des liquidités les uns à leurs institutions financières, les autres à leur économie en garantissant la valeur du yuan sur le dollar par un taux de chance fixe.

    C’est vrai que ces systèmes sont très complexes et qu’il est nécessaire que quelqu’une ou quelqu’un explique clairement le processus.

  33. schaub guyon 02 jan 2009 at 11 h 49 min

    serait-il possible pour NG de faire 5 propositions concrètes pour compenser déjà les 11% de PIB qui depuis 1982 sont donnés au capital au lieu des salaires
    =200mds € chaque année ; il n’y a jamais de propos concrètes …et simples !

  34. MKLon 02 jan 2009 at 20 h 26 min

    @ schaub yuy :
    Petit aperçu (ultra-résumé) de quelques propositions concrêtes, et même déjà expérimentées pour certaines, de NG :

    - “Casser” le chômage et la précarité de masse : généralisation de la semaine de 4 jours à la carte, qui est expérimentée en France depuis 14 ans avec succès sur 400 PME/TPE -> des milliers d’emplois créés en CDI, cette mesure a été auditée par le ministère du travail et la caisse des dépôts : sa généralisation créerait au minimum 1,6 millions d’emplois à temps plein en CDI sans 1 centime d’augmentation du déficit budgétaire de l’état ni des charges des entreprises (financement UNEDIC), donc sans impact négatif sur la compétitivité Française (pour info le temps de travail moyen/semaine constaté hors chômeurs aux USA est de 33.7h et 32.1 en GB…)! Le cercle vertueux attendu est : 1,6 millions d’emplois stables créés => 1.6 millions de familles retrouvant un réel pouvoir d’achat => + de consommation et de cotisations sociales=> + de croissance et - de déficits => encore moins de chômage et de précarité => réquilibrage du rapport de force salariés/employeurs => augmentation globale des salaires et donc du pouvoir d’achat pour tous.

    - application d’un impôt européen sur les bénéfices : mis en place aux USA après guerre pour lutter contre le dumping fiscal inter-états (il est de 40% au US contre 25% en moyenne en Europe!), certaines personnalités politiques européennes sont d’accord sur le principe.

    - Taxe européenne sur la spéculation financière (taxe Tobin améliorée) : même Edouard Balladur a déclaré fin 2007 qu’il était favorable à une telle taxe !

    - Indexation des salaires sur l’inflation : pratiqué depuis longtemps au Luxembourg et en Belgique.

    - Instauration de montants compensatoires avec la Chine pour lutter contre les délocalisations : mesures mises en place entre les états européens au début de la construction européenne pour éviter les déséquilibres économiques.

    Vous pouvez retrouver le détail de ces solutions sur le site de NG :
    http://www.nouvellegauche.fr/social.php5
    http://www.nouvellegauche.fr/europe1.php5
    http://www.nouvellegauche.fr/PDF/contribution_URGENCE_SOCIALE.pdf

    @ Denise Armand :
    L’économie et le social représentent effectivement l’urgence actuelle, d’où leur prépondérance dans les propositions présentes sur ce site.
    Pour les aspects plus “philosophiques” du modèle de société auquel nous aspirons, je vous conseille vivement de lire “Le Livre Noir du Libéralisme” de Pierre Larrouturou (président de NG), qui détaille ce projet de société sous tous ses aspects sur quasiment 400 pages…

  35. GARRIGUES Bernardon 02 jan 2009 at 22 h 06 min

    Merci. J’ai bien lu à peu près tout cela.

    Cependant, je ne parviens pas à comprendre le processus de la mise en place de montants compensatoires avec la Chine. Ce qui me rend incapable de l’expliquer et de diffuser l’idée.

  36. capdeboscqon 03 jan 2009 at 15 h 05 min

    1- la Chine fait partie de l’OMC, comme nous.Remettre en cause nos engagements internationaux (même partiellement criticables) ne serait pas sans conséquences plus dommageables pour nous que pour la Chine (en supposant même que cette remise en cause soit possible, dans le cadre de l’UE). Quels pays vont nous suivre ? Il faudrait aussi réfléchir à la remise en cause de nos relations avec Israel ou avec la Russie, parce que ces pays ne respectent pas les droits de l’homme.
    2- Il n’y a aucune chance que les délocalisations déjà faites soient remises en cause par la fermeture de nos frontières: il y aurait en revanche un grand risque que les entreprises déjà mondialisées s’en aillent encore plus du territoire français, et s’installent complètement là où se trouvent leurs principaux marchés (des centaines de millions de consommateurs contre quelques dizaines…) ne laissant en France que des entreprises trop petites et trop faibles pour développer des forces commerciales hors de France, et pour intéresser par leurs produits une clientèle internationale; trop faibles, de ce fait, pour assurer aux consommateurs français les mêmes avantages que les entreprises engagées dans le commerce international et capables de bénéficier du partage de l’intelligence et des travaux collectifs de différents pays. Une réflexion sur le protectionnisme ne pourrait se justifier que dans le cadre d’une réflexion sur la spécialisation des activités des entreprises françaises, dont certaines peuvent être attachées à notre territoire par quelque chose de plus que des bas salaires, par exemple une compétence non encore répandue, des brevets, une politique de soutien de la consommation nationale (pour des produits de santé ou des produits non polluants ou économes en énergie, etc…)
    3- la gauche devrait plutôt construire sa réflexion sur la meilleure façon de se réapproprier les sujets importants que Sarkosy a gâchés et détournés: l’emploi compétitif par la formation professionnelle, par l’éducation et la recherche, par la protection de la santé, par le Small Business Act, etc…
    Les Français ont bien montré lors des élections récentes qu’ils étaient assez intelligents pour ne pas écouter la gauche quand elle se contente de slogans simplistes.

  37. BAon 03 jan 2009 at 15 h 42 min

    Le secteur manufacturier français termine 2008 en chute libre.

    L’indice PMI a reculé à 34,9 points, son niveau le plus bas depuis 1998, et pour le septième mois consécutif sous les 50 points, signe d’une contraction de l’activité. L’industrie française fait face à un « effondrement de la demande », estime Markit Economics.

    http://www.lesechos.fr/info/france/300320338-le-secteur-manufacturier-francais-termine-2008-en-chute-libre.htm

    En clair :

    Première étape : l’Union Européenne, l’OMC, et les chefs d’Etat les plus puissants choisissent de développer le libre-échange mondial.

    Deuxième étape : les entreprises françaises se retrouvent donc en concurrence directe avec les entreprises chinoises, vietnamiennes, etc.

    Troisième étape : confrontées à cette concurrence chinoise, vietnamienne, etc. les entreprises françaises font faillite, ou alors les entreprises françaises délocalisent.

    Quatrième étape : confrontées à cette concurrence chinoise, vietnamienne, etc. les entreprises françaises restées en France sont obligées de maintenir des salaires le plus bas possible.

    Cinquième étape : les salariés français n’ont plus assez d’argent pour consommer, la demande s’effondre.

    Sixième étape : le 15 novembre 2008, le G20 réunit les 19 chefs d’Etat les plus puissants, ainsi que le président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet. Le 15 novembre 2008, le G20 écrit cette conclusion ahurissante (page 7) :

    « Nous soulignons combien il est vital de rejeter le protectionnisme et ne pas nous replier sur nous-mêmes en ces temps d’incertitudes financières. À cet égard, dans les douze mois à venir, nous nous abstiendrons d’ériger de nouvelles barrières à l’investissement ou au commerce des biens et des services, d’imposer des nouvelles restrictions ou de mettre en œuvre des mesures de stimulation des exportations contraires aux règles de l’OMC. »

    Septième étape : en 2009, l’Union Européenne fera tout pour faire ratifier le traité de Lisbonne, qui impose le libre-échange mondial.

    « Par l’établissement d’une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres. »

    Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Cinquième partie, Titre II, Article 206.

    Il faut sortir de l’Union Européenne.

  38. GARRIGUES Bernardon 03 jan 2009 at 18 h 32 min

    Tout cela n’explique nullement l’intérêt de la mise en place d’un processus de montants compensatoires entre UE et la Chine.

    Quel processus ?

  39. GARRIGUES Bernardon 07 jan 2009 at 22 h 37 min

    Apparemment personne parmi la Nouvelle Gauche n’est capable d’expliquer le système des montants compensatoires entre la chine et l’UE.

  40. Thomas Mazièreon 07 jan 2009 at 22 h 58 min

    Bonsoir Bernard,

    Nous avons bien pris en compte votre question, mais en ce moment nous sommes accaparés par la préparation de l’AG du 17 janvier ! Nous vous proposerons rapidement un article sur le sujet…

    Bien cordialement,

  41. GARRIGUES Bernardon 08 jan 2009 at 7 h 27 min

    Merci.

    J’aimerais bien que nous dépiautons sérieusement le truc.

  42. DRULHEon 08 jan 2009 at 8 h 29 min

    Bravo pour votre texte.
    Je crois qu’il faudrait insiter sur l’idée que protectionnisme ne veut pas dire fermeture et repli sur soi mais quête de compensations pour assurer une meilleure protection sociale et une ouverture culturelle sur notre monde qui ne se borne pas à des records individuels.
    Mes plus vifs encouragements accompagnés de mes meilleurs vœux pour 2009.
    MD

  43. Gourmelonon 17 jan 2009 at 22 h 08 min

    juste un petit commentaire pour recadrer notre relationnel à la Chine. La Chine signe des traités mais Kongfzy (Confucius) a dit… ce qui est valable aujourd’hui ne le sera peut-être plus demain => la valeur de la signature d’un Chinois sur un traité n’a pas le même poids que celle d’un occidental. Attention aux désillusions…

  44. GARRIGUES Bernardon 19 jan 2009 at 23 h 25 min

    A mon avis, il n’y a pas besoin d’un traité afin d’établir des “montants compensatoires” : seulement d’un consensus afin de définir les critères de convergence.

  45. Laurant Christineon 24 jan 2009 at 14 h 10 min

    Un projet social démocrate ou socialiste démocratique doit être possible. L’extrême gauche ne propose que des solutions irréalistes et usées. Le Parti Communiste est moribon et n’est plus un parti protestataire. Mais hélas, le projet social démocrate a été abandonné pour l’accompagnement du libéralisme. J’ai souvent craché sur Ségolène Royal, je l’ai accablée d’injures mais le mal vient de plus loin qu’elle. Le tournant de 1983, la 3° voie de Blair, oui, ce n’est que l’accompagnement du libéralisme. Que faire ? Quel réel projet alternatif proposer ? Et comment intégrer l’écologie à l’économie ? Bon courage Nouvelle gauche !

  46. GARRIGUES Bernardon 26 jan 2009 at 23 h 37 min

    Cela paraît peu avancer

  47. banque en ligneon 26 juil 2009 at 22 h 52 min

    merci pour cet article et pour votre analyse. je suis tout à fait d’accord avec vous!! peut etre pourriez vous en parler avec notre ancien 1er ministre M. raffarin qui est un spécialiste de la Chine??

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