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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Archive : 2009

Réduction du temps de travail : choisir ou subir ?

Par Nouvelle Gauche le 04/12/2009

3.888.300 chômeurs en France en juillet1, hors travailleurs précaires. Alors que les perfusions à l’économie, prime à la casse en tête, lui redonnent une stabilité de façade, le chômage explose. Et pour ceux qui gardent leur emploi, la pression s’accentue.

 

Quelles réponses à gauche ? Les socialistes organisent « une journée de l’emploi ». Leur meilleure proposition ? « 100.000 emplois aidés »… De façon évidente, nous pouvons faire mieux. N’ayons pas peur de faire le bilan. Mettons sur la table les nouvelles variables, les idées qui décoiffent. S’il est plus difficile de construire un projet de gauche, c’est parce que nos bonnes idées sont moins faciles à vendre que les slogans du sarkozysme ou le « bon sens » conservateur.

Quand on parle solution au chômage de masse, et qu’on est de gauche, la réduction du temps de travail nous vient naturellement à l’esprit. Les 35h ont été une étape, malheureusement mal ficelée et parfois, disons-le, contre-productive. Il était nécessaire de systématiser les embauches et conditionner strictement les aides, de rendre attractif plutôt qu’imposer, de protéger les bas salaires, d’articuler le dispositif avec les besoins de formation et l’épanouissement personnel. Pourquoi ne pas le reconnaître et accepter les progrès qui nous restent à faire ? Nous pensons que c’est non seulement possible, mais aussi indispensable.

 

400 entreprises sont déjà passées à 4 jours.

Et en réalité, ce chantier-là a déjà démarré. C’est la semaine de 4 jours à la carte, et 400 entreprises l’ont déjà mise en place avec succès. De l’usine de yaourts à l’auto-école, des entreprises qui n’avaient pas grand-chose en commun, pas les mêmes contraintes mais qui ont gagné en intelligence collective, en intérêt du travail, en temps libre et en productivité. S’appuyant notamment sur la valorisation du budget de l’UNEDIC, le bouclage macro-économique de la « formule Larrouturou » tient : maintien du potentiel de production, stabilité des coûts, stabilité (ou hausse) du revenu disponible des ménages, absence d’aggravation du déficit public.

Et 1.600.000 emplois en CDI à la clé2.

Face à la hausse phénoménale de la productivité au cours des dernières décennies, face aux perspectives de croissance tellement incertaines qu’il serait criminel (et idiot) d’y mettre tous nos espoirs, nous devons aujourd’hui faire un choix fondamental. Soit nous reprenons courageusement notre combat pour la RTT, avec la volonté d’édifier un nouveau pacte social, soit nous laissons faire les néo-libéraux qui eux, rappelons-le, n’ont pas besoin d’être courageux pour arriver à leurs fins.

 

Depuis plusieurs semaines, la durée hebdomadaire du travail dans les usines américaines est tombée à 33 heures, faute de demande. Un mouvement qui entretient la baisse des revenus salariaux et pourrait nourrir la faiblesse de la consommation dans les prochains mois3. 33 heures de durée réelle aux USA. 32 heures en Grande Bretagne… La question n’est donc pas « pour ou contre la RTT ? » mais « quelle RTT ? ». Une RTT faite de précarité et de violence sociale ou une RTT négociée collectivement, sans baisse de revenu pour le plus grand nombre et avec plus de 1.500.000 nouveaux emplois à la clef ?

 

Choisir ou subir la réduction du temps de travail, la question se pose plus que jamais.

 

Thomas MAZIERE

Secrétaire général de Nouvelle Gauche

www.nouvellegauche.fr



 

 

1. catégories A, B et C.

2. Pierre Larrouturou. Pour la semaine de quatre jours. La Découverte (1999)

3. Le Figaro – 3 octobre 2009


 

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Pierre Larrouturou le 8 décembre à l’IEP de Lille

Par Thomas MAZIERE le 02/12/2009

pierre larrouturou


Pierre Larrouturou sera à l’IEP de Lille (amphi A) le mardi 8 décembre à 18h.


Crise sociale, crise financière, crise écologique : comment gagner la course de vitesse ?



Pierre Larrouturou à l’IEP de Lille - Part 1-
par marcvasseur



La suite ici

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Cynisme et cosmétique

Par Nouvelle Gauche le 26/11/2009

La fusion ANPE-Assedic se réalise dans un contexte très difficile, ce qui permet de prétexter « la crise » pour masquer les modalités catastrophiques : fermetures de 30% des sites ouverts aux chômeurs, formations bâclées des agents, informatique en travaux, conditions d’accueil dégradées, déshumanisation et facturation à travers le 3949.


image

Les « renforts temporaires d’effectifs, dans certaines régions » qu’a concédé M. Sarkozy le 23 novembre, n’est qu’une goutte d’eau pour éteindre l’incendie qui se propage à Pôle emploi : 180 demandeurs d’emploi par conseiller ; embauche uniquement de CDD à Pôle emploi ; 47.000 agents en France, contre 70.000 en Grande-Bretagne ou 80.000 en Allemagne


L’excuse de dire « le chômage a doublé aux USA ou en Suède, pas en France » est un artifice de communication : le taux états-unien par rapport à la population active est certes passé de 5% à 10%… mais en deux ans (septembre 2007 à octobre 2009) ! De plus, les chômeurs « découragés » y sont comptabilisés alors qu’ils sont radiés et hors-stats en France. Aux USA, les travailleurs à temps partiel sont pris en compte, alors qu’ils sont dans les catégories B et C dans l’Hexagone… (source :  www.marianne2.fr/Aux-USA,-le-Dow-Jones-monte,-le-chomage-encore-plus_a182727.html) Enfin, la France prend bien soin chaque mois d’écarter des statistiques les DOM (Guyane, Réunion, Martinique, Guadeloupe). Une pratique à abolir.

Concernant la Suède, le chômage a certes doublé… mais en passant de 2% à 4% de la population active, donc avec des conséquences sociales beaucoup moins dramatiques.


La fusion mise en œuvre depuis le vote de la loi du 13 février 2008 n’est pas seulement un bouleversement pour les chômeurs et les conseillers à l’emploi : c’est aussi un démantèlement complet du service public de l’emploi, et du principe de l’égalité de traitement. Alors que le rapport Seibel a démontré récemment, après une étude sur plusieurs années, que le secteur public avait de meilleurs résultats que le secteur privé, et qu’il ait été démontré que le coût était bien moindre, la cession de pans entiers de ce « marché public de l’emploi » (dixit les premières phrases du débat à l’Assemblée Nationale…) continue aux profit immédiat des opérateurs privés, sous le prétexte d’une « saine concurrence ».


Les syndicats de Pôle emploi, ainsi que les associations de chômeurs, dénoncent sans relâche et depuis des années, les mesures coercitives visant à n’améliorer que des tableaux statistiques dépourvus de toute humanité face à l’urgence sociale.

Tandis que les salariés des ex-ANPE et ex-Assedic multiplient les jours de grève pour alerter l’opinion et manifester leur désarroi, les associations de chômeurs travaillent d’arrache-pied pour les soutenir et, par la pédagogie, limiter la colère en direction des conseillers pour l’emploi.

Malgré cela, sur  les trois premiers trimestres de l’année 2009, la Direction de Pôle emploi a avoué 3162 agressions verbales et menaces, ainsi que 116 agressions physiques. La réalité est sans doute là aussi, bien au-delà de ces chiffres.

Quant aux suicides (plusieurs) ou tentatives de suicide (nombreuses), Pôle emploi a trouvé la solution : ne plus communiquer aucun chiffre et supprimer le Comité National Hygiène Sécurité et Conditions de Travail, qui existait conventionnellement.


Alors que la fusion était prétextée par une personnalisation plus grande de l’accompagnement des chômeurs (objectif 30 à 60 demandeurs par agent), le chiffre reconnu par la Direction est aujourd’hui de 94, et le chiffre réel, en moyenne, est entre 170 et 200.


Le nombre de demandeurs d’emploi réel est désormais de 4 millions de personnes. En effet, une personne qui travaille quelques heures par semaine est comptabilisée dans les catégories B ou C, alors que bien évidemment elle cherche un travail lui permettant de vivre décemment.


Ce 23 novembre, M. Sarkozy revendique avoir apporté « plus de simplicité » avec cette fusion, ce que démentent l’ensemble des usagers et salariés concernés.
Un lieu unique aurait pu être conçu avec intelligence ; malheureusement, le mélange des métiers a engendré un chaos amplifié par la crise : peut-on confondre le médecin et le pharmacien, l’assureur et le garagiste ? Le fantasme de l’agent omnipotent a vécu. « Grâce à la fusion, nous pourrons mettre en 2010 1.300 agents de plus en contact avec le public » se vante M. Sarkozy. Tout ce désordre pour un agent de plus par lieu d’accueil ?!


La Direction de Pôle emploi et le gouvernement admettent « qu’il y aura peut-être quelques retards, que la situation est insatisfaisante dans de trop nombreux sites mixtes » et reconnaissent que « certaines réalisations sont encore inachevées ». Au mieux, ils pratiquent la litote ; au pire, ils font preuve d’un cynisme meurtrier.


Quant aux mesurettes concédées pour la création d’emplois et une relance économique indispensable, elles ne sont définitivement que de la cosmétique.


Nino

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Réforme de l’enseignement supérieur :
la colère monte en Europe et aux USA

Par Bertrand LAFORGE le 24/11/2009

La mobilisation dans les universités de plusieurs pays du monde s’organise en ce moment. Elle est provoqué par les dégâts de la marchandisation de l’enseignement supérieur à l’oeuvre aux USA depuis longtemps mais également depuis peu dans la plupart des pays d’Europe depuis que les gouvernements européens ont mis en place le processus de Bologne.


Ci-dessous une carte de la mobilisation dans le monde, n’hésitez pas à faire remonter les informations manquantes que vous pourriez connaître.




Unsere Unis (by zurPolitik.com) Agrandir le plan

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Intervention de P. Larrouturou
au meeting de EE du 14 novembre 2009

Par Nouvelle Gauche le 24/11/2009

pierre-europe-ecolo“Sortir de la crise : répondre à l’urgence sociale, transformer l’économie” avec Emmanuelle Cosse, Jean-Marc Brulé, Francine Bavay et Pierre Larrouturou, au Premier Forum Régional d’Île de France, à Issy-Les-Moulineaux, le Samedi 14 Novembre 2009.



3ème Table ronde - 2/2 - Premier Forum Régional
envoyé par Europe-Ecologie-IdF. - Regardez les dernières vidéos d’actu.

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La Recherche
V. Pécresse et N. Sarkozy au pied du mur

Par Bertrand LAFORGE le 20/11/2009

Dans un classement mondial de plus de 2000 institutions de recherche, le SCImago Institutions Ranking (SIR) World Report 2009, qui apparaît en numéro 1 ? Harvard, Princeton, le NIH, la NASA… ?


Non, le premier organisme de recherche mondial, c’est le CNRS, un organisme désuet que la politique gouvernementale n’a de cesse de dénigrer et dont les chercheurs, pour paraphraser le président de la république, viennent se prélasser confortablement dans leur laboratoire pour l’unique raison qu’ils sont chauffés (cf. son discours du 22 janvier 2009).


Alors pourquoi pas de mea culpa public ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucun communiqué sur ce classement international de la part du CNRS ou du Ministère alors que d’autres organismes français de premier plan le reconnaissent (en omettant de citer le classement du CNRS bien sûr, LRU oblige) et s’enorgueillissent d’y figurer en bonne place également ?


La réponse est simple : les résultats de l’évaluation ne collent pas avec la “vision” de la recherche de la droite dont l’objectif principal est la disparition des organismes actuels afin de les transformer avant tout en agences de moyens, c’est à dire en structure de support sans chercheurs propres.


Il va sans dire que cette insupportable démonstration de qualité d’un travail accompli par des chercheurs fonctionnaires d’Etat doit être tue par les thuréfaires de la “libéralisation” de la société française soumise à son “système public défaillant” qui pénalise son dynamisme.


Qui plus est, nul besoin de soulever encore un coin du tapis qui pourrait révéler, comme le précise un rapport tout récent de la cour des comptes, le scandale du CIR (crédit impôt recherche) qui, contrairement à tous les chercheurs brillants de nos grands organismes qui subissent un contrôle tatillon dans lequel le moindre euro dépensé doit être justifié, n’est l’objet d’aucune évaluation de la part du gouvernement et qui se révèle une gabegie sans nom des deniers publics. Je cite :


“ La réforme du CIR constitue une baisse, qui peut être qualifiée de déguisée, du taux normal de l’impôt sur les sociétés de l’ordre de 2 à 3 points et est ciblée de fait sur les grandes entreprises qui effectuent des dépenses de Recherche & Développement. Elle peut dès lors constituer un effet d’aubaine pour ces entreprises et favoriser des activités de R & D moins innovantes que celles menées par certaines PME, qui craignent moins de remettre en cause leurs marchés historiques.

Cette réforme est par ailleurs de nature défensive puisqu’elle vise à ralentir la baisse de la dépense privée de R&D, qui est déjà inférieur à celle des autres pays de l’OCDE, et la délocalisation des centres de R&D en France. Une évaluation des effets du nouveau CIR s’avère donc nécessaire” (p. 14)


Pour plus de détails, je vous invite à lire l’article de SLU à ce propos ou encore cet article un peu plus ancien sur le même sujet publié par SLR.


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Débat dans les Yvelines

Par Nouvelle Gauche le 12/11/2009

Le Conseil Local de la Gauche de Bois d’Arcy organise une rencontre le :


Vendredi 20 Novembre 20h30


“Sommes nous sortis de la crise ?

Quelles solutions pour demain ?”


 

avec

Catherine TASCA, ancien ministre de la Culture, vice-présidente du Sénat,

Pierre LARROUTUROU, économiste, membre du Conseil National du PS

 

 

Lieu du débat :postdarcy

Centre culturel, 12 rue Baragué, Bois d’Arcy.

Contact : moriv@wanadoo.fr , 06.07.33.53.96



Organisation :

 

Conseil  de la Gauche  BOIS D’ARCY, Expressions de Gauche FONTENAY LE FLEURY, Avançons ensemble St CYR L’ECOLE


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La capture actionnariale

Par Frédéric LUTAUD le 09/11/2009

Des exigences démesurées. Aucune économie ne peut se développer sans crédit. Le capitalisme ne se prive pas d’en rappeler la nécessité quand il faut justifier l’investissement privé. Pourtant celui-ci se transforme en véritable prédateur quand il laisse libre cours à ses appétits de profits.


Ces trente dernières années le capitalisme actionnarial a considérablement augmenté ses exigences de rentabilité au point qu’il ponctionne sous forme de dividendes ou de rachats d’actions plus d’argent qu’il n’en apporte aux entreprises.


capture-action

La dérive commence dans les années 80. Puis les 15 % de ROE («Return on Equity» ou retour sur fonds propres) exigés à la fin des années 90 inquiètent déjà de leurs retombées sur une économie qui peut raisonnablement tabler sur une croissance de 2 à 4 % par an. Aujourd’hui, ils avoisinent  couramment les 20 ou 25 % avec les conséquences dramatiques que cela entraîne.


Par exemple dans le textile français, plus de 320 000 emplois ont été supprimés depuis 1980 (bien avant les performances chinoises) pour atteindre des taux de marge, en moyenne, de 24 % en 2004.


Les entreprises boursières sont les premières assujetties à la capture actionnariale mais elles ne sont pas seules à écoper d’une telle pression sur leurs activités. Nos géants du CAC 40 répercutent sur leurs fournisseurs leurs exigences de rentabilité accrues. Les PME tributaires de ces grands groupes doivent s’aligner en baissant les marges et les salaires.


Un autre phénomène, loin d’être marginal, aggrave la situation : les LBO (Leveraged Buy-Out). Des fonds d’investissement (Private Equities), les plus souvent anglo-saxons, collectent d’énormes capitaux auprès des banques, des assurances, des fonds de pension et des grandes fortunes pour se spécialiser dans le rachat d’entreprises. Plus de 8000 actuellement de par le monde sont en leur possession. Un salarié américain sur quatre travaille pour eux. En France, c’est un salarié sur douze avec des entreprises comme TDF, Picard, Dim, les restaurants Quick, Buffalo Grill, les Pages jaunes, Allociné ou Afflelou…


Ces fonds apportent (en moyenne) 30 % de la somme, le reste est emprunté aux banques. Le prêt et ses intérêts seront remboursés avec les profits prélevés sur l’entreprise sur une durée de 4 ans. Elle est ensuite revendue, généralement a un autre fond d’investissement, qui fera de même et ainsi de suite. Lorsque l’on investit 30 et que l’on rembourse 70 sur le dos de l’entreprise et que l’on revend 130, cela fait du 300 % de taux de retour sur investissement en 4 ans. Certains attribuent à la cupidité de ces pratiques les vertus de la rationalisation. En fait de rationalisation, ce sont de véritables démantèlements de l’appareil de production qui sont mis en place.


Réduction des effectifs, compression des salaires, augmentation des cadences, suppression de pans d’activités pas assez rémunérateurs (bien que parfaitement viables) et délocalisation sont quelques-unes des méthodes draconiennes appliquées par les nouveaux propriétaires. Aucune pérennité n’est recherchée car seul prime l’objectif de rentabilité qui permettra de rembourser le prêt et de spéculer sur la revente à court terme.


Quant aux PMI, PME qui ne sont pas encore liées à de grands groupes côtés en bourse ou qui échappent à la rapacité des Private Equities, elles ne sont pas pour autant épargnées par ce mouvement de fond dont la première conséquence est la diminution des salaires donc du pouvoir d’achat d’une partie de leur clientèle. Tout le tissu économique, sans exception, se trouve affecté par la nocivité de la capture actionnariale.


Des conséquences sociales désastreuses. Depuis 35 ans, les salaires ont vu leur part diminuer de 11 % dans la valeur ajoutée pour satisfaire la rémunération des actionnaires. C’est une véritable régression dans la répartition des richesses à laquelle nous assistons. Sans compter un déséquilibre des salaires entre les différents groupes sociaux qui à ni plus ni moins rejoint celui des années 20.


Il se trouve malgré tout quelques « experts » pour nous expliquer avec aplomb que la part des salaires est restée « à peu près stable » ces 20 dernières années en France (quand elle a baissé entre 60 et 90 milliards et ceci sans intégrer l’impact de la croissance des loyers qui constituent un retour direct vers les détenteurs du capital) ou que celle-ci était trop importante dans les années 80 (de là à s’effondrer de 11 %, c’est considérable).


Les esprits les plus suspicieux rétorqueront que les petits salaires ont un meilleur niveau de vie qu’il y a 50 ans.FRANCE DEMONSTRATION C’est vrai que la grande distribution a donné accès à un nombre croissant de produits discounts ou de grande consommation. Si la part des salaires s’est effondrée, parallèlement les prix ont été tirés vers le bas. L’accès aux produits de grande consommation fabriqués dans les pays du Sud ont permis d’atténuer l’impact social de la dégradation des salaires dans les pays du Nord tout en augmentant les marges des producteurs. La Chine est devenue parmi les premiers fabricants mondiaux de produits bas de gamme et de denrées alimentaires mais aussi d’ordinateurs portables (70 % du marchée), téléphones mobiles (55 %), téléviseurs écrans plats (40 %), microprocesseurs.


65 % des exportations « made in China » sont réalisées par des groupes étrangers. Sur les 500 premières multinationales, 400 ont réalisé des investissements en Chine.


Certains spécialistes estiment que pour 100 euros produits sur le territoire chinois il en reste 20 à 25 dans le pays. Les grands groupes gagnent sur les deux tableaux : baisse des salaires dans les pays industrialisés et bénéfices sur les bas salaires dans les pays du Sud qui travaillent dans des conditions déplorables. 750 000 Chinois meurent chaque année en raison de la pollution, pour ne parler que des causes liées à la pollution industrielle. En Europe, un salarié sur cinq déclare souffrir de trouble de santé lié au stress au travail.


Moralement injustifiable, le déséquilibre dans la répartition des revenus pourrait passer pour un mal nécessaire au développement, s’il n’était pas responsable de l’exclusion croissante de milliers de salariés de la vie économique. Car, avec la pression sur les salaires, l’autre conséquence de la capture actionnariale, c’est l’augmentation de la précarité et du chômage.


La spéculation comme finalité. Les conséquences de la mondialisation sont souvent invoquées pour justifier la fatalité des pratiques libérales imposées par la concurrence déloyale des autres pays. On a vu que ce sont souvent les mêmes qui accentuent la pression sur les salariés du monde entier. Il faut aussi relativiser l’impact des délocalisations. Même s’il est réel dans certains secteurs de l’économie, il ne représente finalement que 5 % de la perte d’emploi sur le territoire Français.


D’autres activités sont venues prendre le relais et le bon niveau de formation comme la forte productivité des salariés français ont permis d’attirer un grand nombre d’investisseurs. En 2007, les travailleurs français sont troisièmes, juste derrière les Norvégiens et les Américains pour leur productivité par heure de travail. La France est aussi la seconde destination (avec la Grande-Bretagne) pour les capitaux étrangers après les Etats-Unis. Pourtant le chômage n’a fait qu’augmenter et cela bien avant la crise car les taux de rentabilité exigés par les actionnaires excluaient déjà les hommes et les femmes qui trouveraient parfaitement leur place dans une société où les détenteurs du capital estimeraient normal de gagner 4 % ou 5 % par an sur leurs investissements. L’explosion des taux de marge creuse la réduction de la masse salariale dans des pays industrialisés déjà frappés par un déséquilibre  de l’offre et de la demande de travail due à la révolution de la productivité.


C’est le rappel constant et brutal du droit au profit imposé par le pouvoir actionnarial à l’ensemble des populations. Les investissements ne sont plus destinés à développer l’appareil de production en fonction des besoins réels de la société (donc à créer de l’emploi) mais à faire des profits.  Au point ou une part importante des capitaux nécessaires au développement économique préfèrent s’orienter vers des placements spéculatifs beaucoup plus lucratifs. La banque de financement et d’investissement de la Société Générale a dégagé un ROE de 48,3 % au dernier trimestre 2006 quand le département « Securities Services » de JP Morgan dégageait un ROE de 58 %… nettement plus que l’économie réelle.


Keynes fut l’un des premiers à montrer que l’exigence d’un taux de rendement élevé contribuait au déclin de l’activité et de l’emploi en opérant une redistribution du revenu défavorable à la consommation populaire et favorable aux placements spéculatifs et pourtant depuis le début du XXIe siècle, la dérégulation financière n’a fait que s’accentuer.


La financiarisation de l’économie par la dérégulation bancaire et ses innovations a été l’étape ultime qui a permis de compenser la perte du pouvoir d’achat de milliers de salariés par l’accès au crédit (subprimes, prêts à la consommation, prêts automobile, cartes de crédit…). Mais surtout, elle a érigé en mode de vie le placement spéculatif des détenteurs du capital. Les hauts revenus par leur consommation débridée sont arrivés à tirer la croissance tout en paupérisant la grande majorité des salariés (aux USA, la montée de la part de la consommation est essentiellement attribuée aux 20 % de la population disposant des revenus les plus élevés. En France, 85 % des salariés ont vu leur revenus stagner ou régresser au profit des 5 % les mieux payés dont le 0,01 % les mieux payés qui ont augmenté leurs revenus de 51 % entre 1998 et 2005)… une concentration des richesses qui culmine jusqu’au crack boursier du 15 septembre 2008 (et que tout porte à croire qu’elle se prolonge encore).


Car la concentration du capital atteint de telles proportions dans son principe d’accumulation qu’il devient impossible de maintenir des investissements aux taux de rendement escomptés par les porteurs de capitaux. Un décrochage se produit entre une bulle financière totalement artificielle et une économie réelle déjà sacrifiée aux appétits des actionnaires.


Une réponse politique. Sans une remise en cause des pratiques actionnariales, soit par leur encadrement, soit par la mise en place d’une alternative (pôle d’investissement public), soit par la participation des salariés aux décisions de l’entreprise — soit par les trois à la fois —, il n’y aura aucune sortie de crise possible. Il n’y a aucune raison que la puissance actionnariale trouve d’elle-même les voies de la modération. La puissance va toujours au bout de ce qu’elle peut et, sans opposition, la démesure est sa pente. Si rien n’est fait pour y mettre un frein, le capital actionnarial explorera toujours plus profondément de nouvelles possibilités d’exploitation et s’opposera toujours à toute régulation. Car si l’instabilité du capital actionnarial est conjurée, c’est là profitabilité qui est menacée. Et quand la profitabilité est reconstituée, c’est l’instabilité qui est de retour. Le libéralisme est aveugle et sans projet. Seul le politique peut mettre un terme à la crise que nous traversons.


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La prochaine crise du crédit aux USA

Par Bertrand LAFORGE le 09/11/2009

Une vague alarmante de nouveaux crédits. Je viens de découvrir un documentaire américain (visible ci-dessous seulement en anglais malheureusement) qui donne des informations très précises sur l’état du marché du crédit aux USA. Il y est fait mention d’une étude de Crédit Suisse qui a établit les encours des crédits à taux variables dont les taux vont être révisés (à la hausse) contractuellement d’ici 2012, mettant ainsi une fraction importante des emprunteurs dans l’incapacité de rembourser leurs prêts (c’est déjà ce qui était arrivé avec les subprimes qui ont conduit à la déflagration du crédit que l’on a connu en 2008).


imfresets1Le graphe synthétique  de cette étude présenté ci-contre met à jour deux types de crédit dont le fonctionnement et l’encours font peser le risque d’une seconde crise du crédit au moins aussi importante que celle que nous venons de connaître. Les fautifs ont des noms exotiques et répondent aux doux noms de Pay Option ARMs (POA) et Alt-A Mortgage. Ces deux types de crédits ont été très utilisés dans le secteur du crédit immobilier aux USA aux cours des dernières années.


D’après ce graphe, nous sommes actuellement au creux d’une vague qui connaîtra ses prochains maxima en 2010 et 2011. Etant donné le niveau d’intervention des états lors de la première crise de 2008 et de leur situation d’endettement consécutive à leur prise en charge d’une grosse partie des actifs “pourris” des banques, seront-ils en capacité d’agir ?


La question du piège de la dette publique soulevée par Pierre Larrouturou sur ce blog est donc particulièrement importante et en passe de faire exploser le système financier international.  Sans capacité d’action, les états risquent de devoir assister, impuissants, à une récession sans précédent qui aurait des répercussions importantes sur l’équilibre de nos sociétés.


Une course de vitesse est engagée. Pour sortir du piège les marges de manoeuvre sont de plus en plus faibles et la situation appelle à une prise de décisions rapides et radicales pour s’en sortir. Le G20 n’a pas pris la mesure du problème et ne propose aucune mesure capable de nous sortir du mauvais pas actuel.


Des solutions s’imposent. Concernant le défaut de paiement, il me semble qu’il peut être abordé d’une manière radicalement différente que lors de la première crise. Une première mesure serait d’imposer aux établissements bancaires de ne pas faire varier les taux d’intérêts de ces prêts variables afin de ne pas étrangler les emprunteurs. Une seconde serait d’exiger des banques la restitution des intérêts résultant de la création monétaire qu’elles s’arrogent à chaque fois qu’elles accordent un crédit. En effet les banques ne prêtent seulement que 8% de capitaux propres (accords  Bâles I et II) lorsqu’elles accordent un crédit. Le reste du prêt repose sur de la création monétaire supervisée par les banques centrales. Par contre, les banques accordant les prêts gardent les intérêts sur la totalité de la somme prêtée. Le bien public (droit de création monétaire) est détourné au profit d’intérêts privés (ceux des établissements financiers et de leurs actionnaires  essentiellement)  alors que ce pactole serait particulièrement utile aujourd’hui aux états pour faire face aux mesures d’urgence nécessitées par la crise actuelle et les répliques à venir. Troisième axe pour prendre le taureau par les cornes, exiger des états qu’ils ne garantissent plus les actifs pourris des banques mais qu’ils se portent garant des emprunteurs individuels eux-mêmes. Ainsi, en garantissant les remboursements des emprunteurs, on réglerait en même temps celui des actifs “pourris” qui retrouveraient leur valeur initiale mais cette fois on ne mettrait pas les familles à la rue et l’impact social de la crise serait notablement amoindri.


Regardez le film, cela en vaut la peine :




Bertrand Laforge

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La recherche
n’est pas la priorité du gouvernement :
La preuve par 9

Par Bertrand LAFORGE le 21/10/2009

Henri Audier, directeur de Recherche au CNRS, ancien membre du conseil d’administration du CNRS, membre du bureau national du SNCS-FSU, analyse pour nous les données du livre “jaune” de la loi de finance 2010 qui vient d’être rendu public et qui produit les chiffres du financement de la recherche en 2007 et 2008 en France.


recherche par tkcdkr

Que sont devenues les deux promesses de Jacques Chirac qui affirmait en 2002,  «  En 2007, nous serons en tête de l’Europe pour l’effort de recherche » complétée par Nicolas Sarkozy en 2007 qui reprenait de plus belle, «  Il y aura 1,8 milliard de plus chaque année pour l’enseignement supérieur et la recherche » ?


Le résultat est sans appel, la part du PIB investit dans la recherche a baissé sensiblement depuis 2004. Notons qu’en  2008 les « financements budgétaires de la recherche » civile (incluant environ 10 % d’aide aux entreprises) ne représente plus que 0,53 % du PIB, la baisse de ce ratio étant de 31 % en cinq ans ! En euros constants, les budgets de la recherche ont même diminué.


Ainsi Henri Audier précise : “Nicolas Sarkozy affirmait « La France en seconde division de la science ne serait plus la France » . Or en deuxième division, nous y sommes : les dernières statistiques de l’OCDE donne comme chiffre provisoire (voir plus loin) pour l’effort de recherche de la France : 2,08 % du PIB, très loin de l’objectif des 3 % du PIB. Ce chiffre marque une nouvelle chute et confirme une décroissance constante depuis 2002 (2,24 % alors). La France est quatorzième mondialement et se situe significativement en dessous le la moyenne OCDE (2,29 %).”


Lisez la suite de l’analyse de Henri Audier ici.

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