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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Archive : janvier 2009

Grève interprofessionnelle du jeudi 29 janvier 2009

Par Thomas MAZIERE le 29/01/2009

Ce 29 janvier marque la cristallisation d’une contestation massive de la politique socio-économique développée par le gouvernement. Cette manifestation est le résultat d’une exaspération et d’une inquiétude croissante dans la population provoquées par l’application brutale et autoritaire des dogmes néolibéraux au plus grand mépris de toute justice sociale.

grève générale - ©CBS_Fan

Des sommes astronomiques ont été engagées par l’état pour enrayer la crise financière au risque de le conduire à sa propre faillite. L’argent injecté pour secourir les banques et les fleurons nationaux de l’automobile servent maintenant à rétablir les marges pendant que se poursuivent les licenciements. Les différentes centrales syndicales françaises jugent cette situation “intolérable et inadmissible” et appellent à la grève dans un mouvement unitaire rarement observé.

Les français semblent prendre conscience que la défense des services publics et des systèmes de protection sociale seront des atouts indispensables face à la crise. Cependant la prise de conscience doit encore se développer pour que chacun comprenne que la situation actuelle n’est pas une crise financière mais une crise sociale profonde encore aggravée par la politique du gouvernement.

Nouvelle Gauche s’associe pleinement à ce mouvement social et encourage l’ensemble des membres de son réseau à participer activement à la journée du 29 janvier et aux initiatives qui en découleront.

Racontez nous votre journée de grève, pourquoi avez-vous manifesté, avec qui, à quel endroit, pour quels mots d’ordre ?

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Pour une gestion des hommes…de gauche.

Par Vincent Dufau le 14/01/2009

Le libéralisme s’est insinué partout, comme le montre bien Pierre Larrouturou ou d’autres textes de Nouvelle Gauche concernant l’économie, où nous travaillons souvent avec des concepts libéraux sans même nous en rendre compte.

Il en est de même en ce qui concerne la gestion des hommes.

quality_management-fr1

Il nous paraît désormais normal, évident, de gérer les hommes avec des batteries d’indicateurs de performance, les fameux tableaux de bords (je me suis fait cette réflexion en préparant un cours de management pour des élèves de BTS) .

C’est cette méthode, issue de l’entreprise (version années 90/2000) avec les effets que l’on connaît sur les personnels que le gouvernement actuel essaie d’appliquer à l’éducation et aux hôpitaux, avec la réforme générale des politiques publiques (RGPP). Je pense que le gouvernement, comme ceux de ces dix dernières années se trompent sur les origines de la performance dans les services publics.

Pourtant, il me  semble que pour la santé, comme pour l’éducation, la performance est toujours venue du niveau de qualification élevé des personnels et de leur conscience professionnelle. H Mintzberg (1994, Structure et dynamique des organisations, Les Éditions d’organisation, Paris) , auteur canadien en management que parlait il voici une vingtaine d’années de modes de coordination différents selon les organisations : de mémoire supervision directe, standardisation des procédés, standardisation des résultats ou des qualifications, dans un graphique en forme de haricot…).

Il existe donc différents modes de coordination et donc de recherche de performance, variables selon les caractéristiques du métier, de l’organisation dont il est question. Comme pour la politique économique, nous devons refuser l’idée d’une pensée unique.

Dans l’éducation, comme dans le milieu médical la coordination se faisait autour des qualifications et des procédures : le médecin, l’enseignant savait en quoi consistait son métier, les tâches qu’il devait accomplir.

Ce que l’on applique au service public en ce moment est une imitation de ce qui se passe dans certaines entreprises, avec les conséquences que l’on connait au niveau des personnels (par exemple avec le stress au travail).

On va ainsi à l’encontre de ce qui se passait dans ces domaines. Les hussards noirs de la troisième République n’avaient pas besoin d’être contrôlés quand ils ont démocratisé l’école primaire !

En outre, les indicateurs de performance, panacée de la RGPP se prêtent mal aux secteurs de l’éducation ou au secteur hospitalier.

Les documents du ministère de l’Éducation nationale n’ont pas peur de parler de « Valeur ajoutée des établissements scolaires ». Comment mesurer une telle valeur ?  Comment ne pas s’empêcher de sourire  de cette analogie grossière faite avec le monde de l’entreprise, pris comme référence absolue ?

Les chefs de service hospitaliers sont eux aussi confrontés à des batteries de ratios à compléter (taux d’occupation des lits, taux de décès…).Leur métier n’est-il pas de soigner ? Ne seront-ils pas plus efficaces si on fait davantage confiance à leur formation.

Confiance…le mot est lâché.

La politique actuelle de gestion des personnels a pour effet de démotiver des personnels.

Pire, les objectifs, les indicateurs de performance aussi fallacieux que ceux évoqués plus haut détournent de ce qui fait la réelle qualité dans ces métiers : qualité de l’enseignement d’un côté, qualité des soins de l’autre.

Rien de plus facile que de « bidonner » un indicateur de performance scolaire : il suffit de par exemple de faire passer massivement les élèves de 3è lycée général pour améliorer l’indicateur lié à ce taux ! Quel que soit leur niveau réel des élèves,c’est-à-dire la véritable performance !

Dans un service hospitalier, on peut aussi s’arranger … pour que le patient décède dans un autre service !

Soyons sérieux ! Le copier/coller des méthodes de l’entreprise que nous propose ce gouvernement est absurde, il n’est que démagogie.

La gestion du personnel, le « management » que ce gouvernement veut appliquer actuellement dans les services publics pour utiliser ce mot à la mode infantilise et démotive le personnel.

Que serait alors un management de gauche ?

Nul ne peut critiquer l’intérêt de services publics performants. Je pense même que l’efficacité au service de la collectivité est la meilleure défense des services publics. Il ne s’agit pas non plus d’imaginer un monde idyllique dans lequel nous n’aurions pas de contraintes de financement, ou d’arbitrages. Mais ces services ne seront performants dans les cas présents que si la qualité des enseignements ou celle des soins est bonne. Ce n’est jamais la présence d’un contremaître ou un ratio qui a fait travailler un prof ou un médecin, mais sa volonté de bien soigner, de bien enseigner.

Un management de gauche serait un management qui part du postulat que les enseignants, les personnels soignants sont des personnes de valeur, conscientes de leur mission, qui choisirait de les motiver autour de véritables projets de service public, autour du cœur de leur métier, qu’ils ont choisi, qu’ils connaissent. Les inévitables recadrages qui interviennent dans toute organisation devront garder comme repère la qualité du service, et non des ratios artificiels mal perçus par les personnels et globalement inadaptés.

Vincent DUFAU

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Définir la croissance, avant de la décréter !

Par Alain Monnin le 06/01/2009

Tout le monde s’agite, à défaut d’agir, et parle de relancer la croissance.

Mais qu’entend-on par ce terme de croissance ?

En effet, si l’on ne vise que l’augmentation du PIB, les marges de manœuvre sont minuscules, et essentiellement axées sur de l’aide aux entreprises et à la consommation.

Ceci a 2 effets pervers immédiats :

  • On renforce les actionnaires et essentiellement les héritiers de fortunes et les fonds de pensions anglo-saxons, au détriment de la protection sociale et des retraites, comme de l’endettement de l’état : c’est la méthode Sarkozy.
  • On vise une augmentation en nombre, sans souci environnemental, et les gains de consommations seront d’abordés par des ménages modestes qui retrouveront un peu de pouvoir d’achat, mais pas au point de passer sur de l’exigence qualité, et encore moins environnementale.

Par contre on peut viser une croissance globale incluant le progrès social collectif. On met alors en positif des éléments qui apparaissent en négatif dans le PIB, comme l’éducation nationale par exemple (charge de l’état dans le calcul du PIB alors que l’enseignement privé apparaît comme une richesse évaluée à 30 milliards de dollars potentiels en Europe par l’OCDE).
Nous ne pouvons pas, en tant que socialistes, éviter ce débat.
D’autant plus que si le potentiel de croissance du PIB est de 1 à 3%, celui de la croissance sociale est de 20 à 40%.
Comment ?

growth - ©iChazEntre dans ce calcul la santé publique, on redonne un accès aux exclus de la CMU, et à ceux qui en sont en limite d’exclusion, et on peut développer une médecine préventive de masse porteuse d’économie pour l’ensemble de l’état.
Et les socialistes remettaient enfin l’éducation au cœur de leurs priorités ! Rien que de restituer à l’école publique les 39 000 enseignants qu’a supprimée la droite en 5 ans, ainsi que les 22 000 emplois de services et de proximités dans les écoles publiques (le privé ayant été épargné) redonnerait un regain de qualité à notre service public de l’éducation, tout en favorisant une proximité avec les familles.
La remise en oeuvre des services publics ruraux aurait un double effet économique et écologique : maintenir une activité dans ces zones oubliées du CAC 40, et limiter les déplacements automobiles générateurs de frais et de CO2.
La mise en place de la taxe carbone, qui implique le mieux disant écologique dans les fabrications redonnera une compétitivité nouvelle aux entreprises de l’UE soumise au protocole de Kyoto, et permettrait même d’aller plus loin en matière de progrès écologique et économique.
Etc… Il existe beaucoup de pistes de croissance sociale et éco-responsable à développer, mais qui n’entrent pas forcément dans le PIB, à exploiter, avant de dire simplement relancer la croissance.

 

Quelle croissance veut-on? Il est essentiel de le dire avant !

 

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C’était en 2007…

Par Thomas MAZIERE le 06/01/2009

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