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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Définir la croissance, avant de la décréter !

Par Alain Monnin le 06/01/2009

Tout le monde s’agite, à défaut d’agir, et parle de relancer la croissance.

Mais qu’entend-on par ce terme de croissance ?

En effet, si l’on ne vise que l’augmentation du PIB, les marges de manœuvre sont minuscules, et essentiellement axées sur de l’aide aux entreprises et à la consommation.

Ceci a 2 effets pervers immédiats :

  • On renforce les actionnaires et essentiellement les héritiers de fortunes et les fonds de pensions anglo-saxons, au détriment de la protection sociale et des retraites, comme de l’endettement de l’état : c’est la méthode Sarkozy.
  • On vise une augmentation en nombre, sans souci environnemental, et les gains de consommations seront d’abordés par des ménages modestes qui retrouveront un peu de pouvoir d’achat, mais pas au point de passer sur de l’exigence qualité, et encore moins environnementale.

Par contre on peut viser une croissance globale incluant le progrès social collectif. On met alors en positif des éléments qui apparaissent en négatif dans le PIB, comme l’éducation nationale par exemple (charge de l’état dans le calcul du PIB alors que l’enseignement privé apparaît comme une richesse évaluée à 30 milliards de dollars potentiels en Europe par l’OCDE).
Nous ne pouvons pas, en tant que socialistes, éviter ce débat.
D’autant plus que si le potentiel de croissance du PIB est de 1 à 3%, celui de la croissance sociale est de 20 à 40%.
Comment ?

growth - ©iChazEntre dans ce calcul la santé publique, on redonne un accès aux exclus de la CMU, et à ceux qui en sont en limite d’exclusion, et on peut développer une médecine préventive de masse porteuse d’économie pour l’ensemble de l’état.
Et les socialistes remettaient enfin l’éducation au cœur de leurs priorités ! Rien que de restituer à l’école publique les 39 000 enseignants qu’a supprimée la droite en 5 ans, ainsi que les 22 000 emplois de services et de proximités dans les écoles publiques (le privé ayant été épargné) redonnerait un regain de qualité à notre service public de l’éducation, tout en favorisant une proximité avec les familles.
La remise en oeuvre des services publics ruraux aurait un double effet économique et écologique : maintenir une activité dans ces zones oubliées du CAC 40, et limiter les déplacements automobiles générateurs de frais et de CO2.
La mise en place de la taxe carbone, qui implique le mieux disant écologique dans les fabrications redonnera une compétitivité nouvelle aux entreprises de l’UE soumise au protocole de Kyoto, et permettrait même d’aller plus loin en matière de progrès écologique et économique.
Etc… Il existe beaucoup de pistes de croissance sociale et éco-responsable à développer, mais qui n’entrent pas forcément dans le PIB, à exploiter, avant de dire simplement relancer la croissance.

 

Quelle croissance veut-on? Il est essentiel de le dire avant !

 

4 Commentaires

  1. GARRIGUES Bernardon 07 jan 2009 at 22 h 33 min

    Les salaires et leurs charges des fonctionnaires rentre dans le PIB. Il me paraît de bonne comptabilité de dire que chaque fois que l’on supprime un poste de fonctionnaire on réduit d’autant le PIB. Ce qui est étonnant c’est que les suppressions massives de postes de fonctionnaires ne soient pas parvenues à nous mettre plus tôt en récession.

    Si les flux financiers de capitaux spéculatifs s’élèvent chaque jour à 5 500 milliards de dollar alors que le PIB journalier mondial n’atteint que 100 milliards de dollar nous sommes dans une économie de type météorologique extrême (chaque point du territoire est dans l’oeil du cyclone !) (cf Monde diplo de novembre) ; le mot de croissance n’a plus aucun sens. Il suffit de placer une toute petite turbine sur les flux financiers pour produire, non de la croissance, mais du développement.

  2. Joseph Koerneron 09 jan 2009 at 8 h 48 min

    Ce qu’il manque au politique se sont deux choses:
    1) de l’éthique
    2) du social

    Si ces deux éléments étaient intégrés, par les politiques, dans leurs réflexions, alors des changements réels et profonds auraient lieu.

    Parler de millions, de PIB à des personnes asservies (le mot n’est pas trop fort) à leur compte bancaire ne peut pas porter de fruits.

    Par contre, organiser les gens pour qu’ils se rendent ‘indépendants” des flux financiers, alors, là, oui, des changements seront possibles.

    Lorsqu’il y a 40 ans un salarié voulait agir avec son syndicat, il avait des “ressources” à son niveau:
    1) le cahier chez l’épicier
    2) le poulet et les oeufs du fermier

    Donc, effectivement, l’approche société où le “vert” reprends ses couleurs et ces valeurs d’antan (précitées) permettra de changer sans trop de rupture avec le système passé notre société où le paradigme : “libéralisation” s’est écroulé ….comme le mur de Berlin.

    Autre remarque: le gouvernement dit que l’anticapitalisme n’est pas la solution.
    Mais le capitalisme à la “chinoise” avec ses inversions des valeurs : lutte des classes en libéralisation du marché tout en gardant le pouvoir
    Ce système doit être combattu; car c’est le chemin que nous prenons.

    Je souhaite donc qu’au travers de nouvelle, comme dans nouvelle gauche, cela devienne nouveau pour tout le monde.

  3. GARRIGUES Bernardon 11 jan 2009 at 19 h 25 min

    Je crois qu’il n”existe aucune morale sans consensus sur un corpus de valeurs et sans une autorité contraignante qui en obtienne le respect.

    L’équilibre et la cohérence ne doivent pas être trouvé uniquement entre le politique et le social, mais aussi ensemble avec l’économique et l’environnement (dont l’environnement technique qui devient de plus en plus dominant sans que cela soit intégré dans la réflexion politique des citoyens). Or, définir la croissance revient le plus souvent à se poser la question :”Quoi est techniquement possible ?” en dehors de toute réflexion sur l’intérêt social, politique et économique de ces possibilités techniques

  4. Pour un plan de relance écologique !on 04 fév 2009 at 10 h 37 min

    [...] Définir la croissance, avant de la décréter ! [...]

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