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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Archive : avril 2009

Mouvement universitaire :
communiqué de Presse de Nouvelle Gauche

Par Bertrand LAFORGE le 07/04/2009

La répression ne peut pas être

la réponse à la mobilisation

de l’enseignement supérieur et la Recherche


Une crise sans précédent secoue les universités et traverse l’ensemble du système éducatif national (des lycées professionnels aux IUT, en passant par les universités, les maternelles et les IUFM) depuis la rentrée. Elle a débouché sur une grève des universités débutée le 2 février 2009. En deux mois, les deux ministres concernés, arc-boutés sur une position idéologique, n’ont rien su proposer qui fût à la hauteur de la situation, dévoilant à la fois leur impuissance politique et leur incompétence sur des dossiers qu’ils ne maîtrisent pas et dont le traitement vise avant tout à réduire les dépenses de l’Etat dans le système d’enseignement français.

Il y a 2 semaines, la communauté universitaire (chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels de soutien à la recherche et à l’enseignement supérieur, étudiants), mobilisée contre des réformes qu’ils estiment désastreuses pour les universités et les organismes de recherche, a mené deux actions symboliques : l’occupation du siège du CNRS à Paris et la prise de la Sorbonne. Le gouvernement a commis un acte tout aussi symbolique en évacuant manu militari ces deux sites.

Par ailleurs, depuis une dizaine de jours, une « ronde des obstinés » composée de d’enseignants-chercheurs et d’étudiants, tourne en permanence en place de grève devant la mairie de Paris pour soutenir les revendications de la coordination nationale des universités. Sur place, un étudiant de Paris 7 a été gazé par les forces de l’ordre pour avoir refusé d’enlever les autocollants portant les revendications de la ronde qu’il portait encore sur ses vêtements alors qu’il s’éloignait de l’Hôtel de ville. Cet étudiant a eu le visage brulé et bénéficie d’une interruption de travail de plusieurs jours. Ceci n’a pas empêché le commissariat de quartier de refuser de prendre la plainte qu’a voulu déposer cet étudiant accompagné d’un témoin de la scène !

L’arrêt de la ronde est conditionné au retrait de la loi LRU et du pacte de la Recherche mis en place en 2004 et à l’ouverture d’un réel débat national visant à définir les conditions d’une réforme souhaitable pour l’enseignement et la recherche en France. Personne ne défend le statu quo et une base de discussion existe puisque la communauté universitaire a fait de nombreuses propositions lors des états généraux de la recherche en 2004 qui ont été pour l’instant soit négligées soit détournées mais qui restent sur la table.

Par ailleurs, les députés UMP, fidèles soutiens d’un Sarkozysme naviguant à vue dans la tempête de la crise sociale actuelle, ont décidé d’ajouter leur grain de sel dans la violence faite au Français et aux jeunes en particulier. Dans un projet de loi déposé en catimini par 92 d’entre eux le 21 janvier 2009, ils proposent la création de prêts bancaires étudiants garantis par l’état qui permettront de dégager des moyens supplémentaires pour les universités i.e. augmenter les frais d’inscription. A un moment où ce modèle s’écroule ailleurs (USA, UK en particulier), entraînant licenciements de professeurs et de chercheurs et abandon d’études pour de nombreux étudiants en qui les banques n’ont plus confiance, cette provocation supplémentaire est un message clair à destination des jeunes de notre pays et de leur famille : les français paieront et la jeunesse ne sera pas épargnée !

Alors que dans la bataille contre le chômage, la formation des jeunes est un outil clé, ces mesures vont priver beaucoup d’étudiants de la possibilité de faire des études supérieures. C’est une mesure inique que dénonce fermement Nouvelle Gauche.

Nouvelle Gauche, solidaire avec la communauté universitaire, demande le retrait des réformes entamées depuis 2004 et l’organisation d’un débat national qui seul peut permettre une évolution du service public d’enseignement supérieur et de la Recherche allant dans le sens de la construction d’une société humaniste et respectueuse de l’avenir de nos jeunes dans une Europe au service de ses citoyens.

Pierre Larrouturou, président de Nouvelle Gauche

Bertrand Laforge, membre du bureau de Nouvelle Gauche

 


 

 

Les élections européennes :
encore une occasion manquée !?

Par Alain Monnin le 03/04/2009

Ces élections, sous fortes tensions sociales et économiques, peuvent être une occasion unique de rompre avec l’orthodoxie financiaro-libérale qui règne au sein de l’UE et de proposer un nouveau cap novateur et porte de relance pour la construction européenne.

Je ne m’attarderai pas sur le lamentable spectacle que nous avons donné pour la composition de nos listes. Nous avons montré une nouvelle fois que l’hégémonie parisienne et clanique régnait en maître dans nos instances dirigeantes. Nous n’avons même pas été capables de nous imposer une limitation des mandats.

Non, le plus grave est notre manque d’analyse. Cette crise financière et sociale était une occasion de rupture.

Nous aurions du mettre en avant de nouveaux indicateurs de croissances basés sur le social et le développement humain. Au lieu de ça nous restons encore et toujours obnubilé par notre sacro-saint PIB. Nous rêvons d’une croissance forte pour sauver l’économie, et recréer l’emploi. Comme le premier boursicoteur venu ! Nous y rajouterons un zeste de social pour essayer de sauver les classes moyennes de la noyade et ne pas trop affoler les actionnaires.

© Alsimair

Plutôt que de reprocher leurs dérives monétaires aux USA et à la Chine, nous pouvons exiger un « protectionnisme » éco-social, porté par les indicateurs du PNUD, et les coûts carbone, y compris de transport des produits consommés au sein de l’UE.

Réveillons-nous ! Ce modèle économique, que nous essayons d’adoucir, est mort ! Relancer la croissance par la consommation c’est accélérer la destruction de notre planète, sans échappatoire.

Alors que si nous réfléchissions, et si nous proposions à l’Europe un modèle de croissance SOCIALE, nous serions dans notre rôle de Parti Socialiste.

Alors cela nous oblige à nous attacher à d’autres indicateurs L’enseignement public, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la santé publique, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la prévention sociale dans les parts de nos populations en voie d’exclusion, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la prévention des risques, qui s’inscrit en négatif dans le PIB, alors que la réparation des dégâts s’inscrit en positif…

Il y avait là des voies à explorer et à développer, et qui seraient porteuses de croissances sociales.

De même soucieux de ne pas effrayer le capital, nous n’osons pas aborder la question l’harmonisation fiscale européenne, ni celle de la démocratie parlementaire au détriment du pouvoir de la commission et des conseils des ministres européens avec leur sacro-sainte règle d’unanimité.

Nous acceptons même le traité de Lisbonne, négation de l’expression démocratique du peuple français, comme un paramètre de la construction européenne.

Jusqu’à quand renoncerons-nous à nos valeurs, à nos ambitions sociales, à l’exigence d’équité des populations européennes ?

Réveillons-nous. Il est encore temps de faire ces élections européennes une renaissance d’un projet de progrès populaire. Ca ne tient qu’à nous.

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Pôle emploi : 4 millions de chômeurs sont sur un bateau…

Par Nino le 02/04/2009

Une promesse électorale

Inscrite dans le programme de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, la fusion de l’ANPE et de l’Unédic est finalement ramenée, après étude, à la fusion de l’ANPE et des antennes Assédic. L’organisme gestionnaire de l’assurance chômage, l’Unédic conserve donc ses prérogatives et son fonctionnement paritaire.
A l’automne 2007, dans le plan initial, tout semble simple et beau. Les chiffres tombent juste, on va passer de soixante chômeurs suivis par agent (ils sont en réalité une centaine à cette période) à trente, et la ministre de l’Economie se voit généreusement accorder quinze jours (sic) par l’Elysée pour proposer un projet valable. Celui-ci sera présenté en Conseil des Ministres le 6 décembre 2007.

Une année 2008 mouvementée

Le texte est tout d’abord adopté en première lecture par le Sénat, après déclaration d’urgence, le 10 janvier. A l’Assemblée Nationale, les débats de janvier 2008 reflètent la grande valse-hésitation qui agite les responsables d’un projet bâclé qui est entériné le 23 janvier. C’est finalement le 13 février qu’est promulguée la loi de « réforme de l’organisation du service public de l’emploi ».
Les négociations entre les syndicats des deux organismes et les dirigeants de ceux-ci peuvent alors débuter, à peine interrompus par la nomination du jeune (32 ans) secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, le 18 mars.
Puis, le 28 avril, trois ans après son arrivée comme DG de l’ANPE, Christian Charpy est nommé à la tête de la nouvelle institution qui n’a encore ni nom, ni logo, ni statut…
Le 22 mai, c’est le rapport de l’IGAS (ou rapport Boulanger) qui est remis à la Ministre de l’Economie et le 19 juin, le secrétaire d’Etat à l’Emploi est auditionné par la commission des Affaires Sociales du Sénat.
Le 11 juin survient l’invention des chercheurs d’ORE (l’Offre Raisonnable d’Emploi), qui définit les contraintes à accepter sous peine d’être radié : ne pas refuser plus de deux fois une offre (même en CDD) se situant à trente kilomètres ou une heure de route maxi.
Un rapport rédigé par le secrétaire d’Etat Eric Besson est remis le 16 juillet, comparant les services publics de différents pays d’Europe. Il préconise le respect des différents métiers pratiqués au sein d’une même institution, mais ne sera pas entendu.

Un nom et un logo longs à venir… et coûteux

En août, le nom « Pôle emploi » est une première fois proposé, mais Bercy refuse : trop strict, pas assez dynamique. « Noé » doit alors être proposé le 9 septembre lors du conseil d’administration de la « Nouvelle Institution », mais le choix d’un nom définitif est repoussé sur injonction présidentielle !
C’est finalement le 16 octobre que le nom « Pôle emploi » est validé (moyennant une facture de plusieurs centaines de milliers d’euros), mais toujours sans logo !

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A Rethel (Ardennes), Sarkozy dévoile le très « bleu-blanc-rouge » logo ce 28 octobre. Ce logo sera d’ailleurs redessiné un peu plus tard, dans le plus grand secret (et moyennant un supplément), la première version ayant été jugée quelque peu bâclée.
Le 18 novembre, les instances représentatives du personnel sont convoquées par la DG pour entamer la discussion sur l’avenir de Pôle emploi, mais sans aucun document préalable… L’ensemble des syndicats quitte alors la table des négociations.
Avant les fêtes de fin d’année, les choses s’accélèrent : Pôle emploi naît officiellement le 19 décembre, date de la tenue de son premier conseil d’administration. Son DG prend ainsi de court les syndicats et fait valider par quatre (sur sept) d’entre eux, minoritaires en voix, deux accords sur la représentativité et les RH.

Une succession d’approximations

Toute l’année 2008 s’est déroulée sur le thème de l’improvisation, de l’essai-erreur et des bricolages aux conséquences à long terme. Depuis la présentation au Sénat après « déclaration d’urgence », jusqu’aux accords truffés d’erreurs et semblant rédigés sur un coin de nappe, l’institution chargée de l’accompagnement et de l’indemnisation des chômeurs, qui devait être exemplaire et solide, se révèle fragile et mal conçue.
De plus, le dernier trimestre a vu poindre la crise financière qui se mue désormais en crise économique et sociale. L’année 2009 est ainsi entamée par Pôle emploi dans les pires des conditions.

 

A suivre…

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