Mouvement universitaire :
communiqué de Presse de Nouvelle Gauche
La répression ne peut pas être
la réponse à la mobilisation
de l’enseignement supérieur et la Recherche
Une crise sans précédent secoue les universités et traverse l’ensemble du système éducatif national (des lycées professionnels aux IUT, en passant par les universités, les maternelles et les IUFM) depuis la rentrée. Elle a débouché sur une grève des universités débutée le 2 février 2009. En deux mois, les deux ministres concernés, arc-boutés sur une position idéologique, n’ont rien su proposer qui fût à la hauteur de la situation, dévoilant à la fois leur impuissance politique et leur incompétence sur des dossiers qu’ils ne maîtrisent pas et dont le traitement vise avant tout à réduire les dépenses de l’Etat dans le système d’enseignement français.
Il y a 2 semaines, la communauté universitaire (chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels de soutien à la recherche et à l’enseignement supérieur, étudiants), mobilisée contre des réformes qu’ils estiment désastreuses pour les universités et les organismes de recherche, a mené deux actions symboliques : l’occupation du siège du CNRS à Paris et la prise de la Sorbonne. Le gouvernement a commis un acte tout aussi symbolique en évacuant manu militari ces deux sites.
Par ailleurs, depuis une dizaine de jours, une « ronde des obstinés » composée de d’enseignants-chercheurs et d’étudiants, tourne en permanence en place de grève devant la mairie de Paris pour soutenir les revendications de la coordination nationale des universités. Sur place, un étudiant de Paris 7 a été gazé par les forces de l’ordre pour avoir refusé d’enlever les autocollants portant les revendications de la ronde qu’il portait encore sur ses vêtements alors qu’il s’éloignait de l’Hôtel de ville. Cet étudiant a eu le visage brulé et bénéficie d’une interruption de travail de plusieurs jours. Ceci n’a pas empêché le commissariat de quartier de refuser de prendre la plainte qu’a voulu déposer cet étudiant accompagné d’un témoin de la scène !
L’arrêt de la ronde est conditionné au retrait de la loi LRU et du pacte de la Recherche mis en place en 2004 et à l’ouverture d’un réel débat national visant à définir les conditions d’une réforme souhaitable pour l’enseignement et la recherche en France. Personne ne défend le statu quo et une base de discussion existe puisque la communauté universitaire a fait de nombreuses propositions lors des états généraux de la recherche en 2004 qui ont été pour l’instant soit négligées soit détournées mais qui restent sur la table.
Par ailleurs, les députés UMP, fidèles soutiens d’un Sarkozysme naviguant à vue dans la tempête de la crise sociale actuelle, ont décidé d’ajouter leur grain de sel dans la violence faite au Français et aux jeunes en particulier. Dans un projet de loi déposé en catimini par 92 d’entre eux le 21 janvier 2009, ils proposent la création de prêts bancaires étudiants garantis par l’état qui permettront de dégager des moyens supplémentaires pour les universités i.e. augmenter les frais d’inscription. A un moment où ce modèle s’écroule ailleurs (USA, UK en particulier), entraînant licenciements de professeurs et de chercheurs et abandon d’études pour de nombreux étudiants en qui les banques n’ont plus confiance, cette provocation supplémentaire est un message clair à destination des jeunes de notre pays et de leur famille : les français paieront et la jeunesse ne sera pas épargnée !
Alors que dans la bataille contre le chômage, la formation des jeunes est un outil clé, ces mesures vont priver beaucoup d’étudiants de la possibilité de faire des études supérieures. C’est une mesure inique que dénonce fermement Nouvelle Gauche.
Nouvelle Gauche, solidaire avec la communauté universitaire, demande le retrait des réformes entamées depuis 2004 et l’organisation d’un débat national qui seul peut permettre une évolution du service public d’enseignement supérieur et de la Recherche allant dans le sens de la construction d’une société humaniste et respectueuse de l’avenir de nos jeunes dans une Europe au service de ses citoyens.
Pierre Larrouturou, président de Nouvelle Gauche
Bertrand Laforge, membre du bureau de Nouvelle Gauche




