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Archive : août 2009


La droite a-t-elle faim
de la fin de l’état de droit ?

Par Fredback le 15/08/2009


Il a suffi que le verni mondain de notre ex-Premier ministre poète bonapartiste, Dominique de Villepin, s’écaille définitivement pour que la droite française révèle son vrai visage. L’ancien locataire de Matignon et son élégance aristocratique ont dû laisser la place après un duel fratricide. La chiraquie flanquée de ses énarques a plié bagages. Une nouvelle génération s’est installée au levier du pouvoir. Décomplexée et sans scrupule, elle ne s’embarrasse plus des états-d’âme de la droite gaulliste républicaine. Les chiens sont lâchés. L’heure a sonné pour la droite-pitbull.


sarkolepen1La droite-pitbull. N’hésitant pas à convoquer Jaurès et Guy Moquet sous la plume opportuniste d’Henri Guaino afin de s’offrir quelques vertus humanistes de façade, la droite fricote allègrement avec l’extrême droite. De Villiers devrait annoncer courant septembre son entrée au comité de liaison de la majorité présidentielle. Patrick Buisson, l’un des conseillers politiques les plus influents auprès de Nicolas Sarkozy est un ardent partisan du rapprochement avec le FN. C’est d’ailleurs sur ses conseils que Nicolas Sarkozy est parvenu à siphonner une partie de l’électorat frontiste, un électorat que Buisson connaît bien pour avoir dirigé le journal Minute. Celui-ci n’hésite pas d’ailleurs à se présenter comme appartenant à «la génération Occident». Tiens ! comme son collègue Patrick Devedjian, ministre de la relance qui lui aussi a fait ses classes dans le groupuscule d’extrême droite.

Sarkozy a finalement réussi ce que tout le monde redoutait : banaliser l’extrême droite, la rendre fréquentable. Il fut un temps où la droite gaulliste parlait de « cordon sanitaire » avec cette frange de son électorat. Aujourd’hui, la nouvelle droite appelle à la délation et pioche dans le programme sécuritaire de l’extrême-droite au détriment des libertés individuelles les plus fondamentales : Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration, fichages génétiques, caméras de surveillance bientôt déployées dans tout Paris, projet de contrôle d’Internet (ADOPI) rejetée par la Commission Européenne et le Conseil Constitutionnel, brutalités policières exercées en toute impunité comme en témoigne Jamel le CRS après 3 années d’enquête. Ce dernier livre des informations terrifiantes : humiliation dans des commissariats, violences contre des étrangers, dopage des élèves policiers, comportements racistes, homophobes et antisémites, passe-droits accordés aux policiers…. Mais aussi prisons surpeuplées, conditions de détention condamnées par Amnistie Internationale, chasse aux enfants d’immigrés et j’en passe… Tout ça pour aboutir à “une nouvelle confirmation de la hausse de la délinquance violente et même, cette fois-ci, à une explosion des cambriolages“.


Un certaine idée du pouvoir. La collusion avec les partis d’extrême droite et leurs idées nauséabondes s’arrête-t-elle à des alliances stratégiques ou s’accompagne-t-elle d’un véritable tournant dans l’exercice du pouvoir ? On peut malheureusement constater qu’elle ne se limite pas à des méthodes musclées à l’attention des minorités rebelles. Les principes républicains sont dévoyés avec une rare intensité : limitation du droit d’amendements au Parlement pour l’opposition. Mais aussi omniprésence de la parole présidentielle éclipsant le débat démocratique, mise sous tutelle présidentielle des chaînes de télévision publique au nom de la suppression de la publicité, inflation galopante du budget de l’Élysée pour arroser son aréopage, auto augmentation de 172 % du salaire présidentiel et le bouquet final avec 14 milliards de cadeaux fiscaux (loi TEPA) redistribuant les deniers de l’État à une centaine de millionnaires suffisamment indécents pour encaisser un chèque de 1,15 million d’euros en moyenne au moment où les Français se serrent la ceinture en période de crise.


Un modèle social en faillite. Combien de temps pourrons-nous supporter l’obscénité de cette mascarade démocratique ? Et que peut faire la gauche devant un tel jeu de massacre ? Que peut-elle espérer face à une telle débauche d’agressivité et de stratégies pernicieuses ? Rien ou si peu tant qu’elle n’acceptera pas de dire la vérité : le chômage de masse ne se résoudra pas en renouant avec la croissance. Les gains de productivité réalisés par la France ces 30 dernières années ont été confisqués par les actionnaires. La précarité met la pression sur les salaires et la crise a bon dos. « Ce n’est pas la faute à Sarkozy » entend-on répéter sur toutes les lèvres. Certe ! le maillon faible a lâché aux États-Unis mais la politique française n’est-elle pas complice depuis des années d’une économie libérale mondialisée ? La politique de Sarkozy n’est-elle pas calquée sur celle de Bush qui a conduit à la pire extrémité. Comme le dit Pierre Larrouturou, « l’histoire sera sans doute sévère avec les politiques qui refusent aujourd’hui de débattre sérieusement des gains de productivité et du temps de travail ». Mais pour l’heure, la droite-pitbull profite de la situation pour faire sa révolution conservatrice jusqu’à la prochaine crise. La prochaine crise… D’ici-là, notre modèle social aura vécu.



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Vive la rentrée

Par Fredback le 02/08/2009

Le soleil adouci les mœurs mais aiguise la volonté sociale. Les salariés de New Fabris se sont battus tout l’été. Air France pourrait tailler dans les effectifs, Molex est menacé de fermeture et ainsi de suite… En Allemagne, le taux de chômage remonte, pour l’heure, deux fois moins qu’en France. Devinez pourquoi ? Le Kurzarbeit, autrement dit, la diminution du temps de travail. Les libéraux auront beau qualifier la mesure de « chômage partiel », il n’en reste pas moins que le recours au Kurzarbeit, multipliée par dix en six mois, consiste à diminuer le temps de travail de 10 % pour les salariés allemands et a évité 1 point de chômage. Quand l’urgence économique rejoint l’application de mesures concrètes et réalistes, elle vient donner raison à Nouvelle Gauche.


La France doit-ellepetition_protest1 rester aveugle devant les impératifs qui s’imposent à son modèle social ? Travailler moins pour partager mieux ! Telle est la loi du progrès social. Exactement l’inverse de ce que préconise le modèle libéral. Une juste redistribution du temps de travail est aussi incontournable en France qu’un investissement massif dans les énergies durables et le logement. Pour cela il faudra partager les revenus de la production (qui sont considérables), n’en déplaise à l’UMP. C’est seulement à ce titre que nous pourrons sortir de la crise et renouer avec la prospérité économique pour tous et lutter efficacement contre le réchauffement climatique. La route est encore longue et la droite a malheureusement établi ses positions à l’Élysée.  Comme le dit Hubert Reeves : “Quand on a la raison pour soit, il faut la défendre sans hésitation”. Nouvelle Gauche n’a jamais eu un terrain aussi favorable pour imposer ses idées. Le Parti Socialiste est sans projet, la vieille garde mitterandienne est décrédibilisée, ses militants sont orphelins d’un vrai programme de gauche. Les partis progressistes, même s’ils font leur travail dans l’opposition, ne proposent aucune ligne claire et constructive comme alternative au libéralisme.


La rentrée doit nous permettre de renforcer notre crédibilité politique. Nous pouvons nous donner les moyens d’une vraie contribution militante. La force des idées jointe à notre mobilisation devrait convaincre les esprits en quête de renouveau politique. Donc vive la rentrée, pour que nous soyons enfin entendus et confirmés dans nos propositions.

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