PS : une analyse de la consultation
militante du 1er octobre 2009
Jeudi soir, les militants socialistes sont invités à voter dans le cadre d’une grande consultation militante. On pourrait voir dans cette procédure un regain de démocratie interne, mais, malheureusement, il ne s’agit que d’un miroir aux alouettes destiné à masquer les problèmes démocratiques récurrents qui marquent la vie de notre parti depuis 10 ans.
Comment être d’accord avec une consultation militante fermée alors que la crise actuelle du parti socialiste appelle à des débats ouverts et profonds ? Comment être d’accord avec une telle procédure de consultation quand certaines questions traitent de problèmes vastes et complexes auxquels on demande de répondre par oui ou par non ? Comment être d’accord avec un calendrier express qui ne laisse aux militants aucune marge de manoeuvre pour réfléchir sur ces questions, que ce soit individuellement ou au sein de leur section ou fédération ? Comment accepter un calendrier qui fait coïncider quasiment jour pour jour, ce vote et la mobilisation générale affichée des socialistes autour de la sauvegarde de la Poste et des services publics ?
Sur la forme, c’est donc un déni de démocratie et la confiscation d’un débat militant pourtant aujourd’hui indispensable.
Sur le fond, certaines questions sont importantes mais nécessitent un travail collectif conséquent avant de se matérialiser en propositions précises et comprises de tous les militants.
La question du non-cumul des mandats est un bon exemple de la confiscation du débat. Pourquoi par exemple interdire le cumul de plus de 3 mandats de chef d’un exécutif local mais pas celui de 3 mandats de parlementaires ? Pourquoi ne pas limiter le nombre de mandats simultanés dans des collectivités territoriales et limiter la constitution de baronnies locales ? Pourquoi ne pas aborder la question d’un statut de l’élu permettant la constitution d’assemblées en phase avec la structure de la population française et qui permettrait aux ouvriers, aux employés et aux cadres des entreprises d’accéder aux fonctions de parlementaire en ayant une vision de leur retour à la vie civile à l’issue de leur mandat ?
La question sur la constitution des listes électorales et de la représentation de la diversité est une question intéressante sur laquelle il est sain de travailler en profondeur et de développer un point de vue global. C’est d’autant plus important que le positionnement de la gauche nord-américaine donne à réfléchir. D’après certains intellectuels américains, la mise en avant d’un combat pour la reconnaissance de la diversité aux USA s’est accompagné de l’abandon du combat historique pour l’égalité sociale.
Par ailleurs, cette question de la sous-représentation chronique supposée de socialistes issus de la diversité ne serait-elle pas réglée naturellement par la mesure de déverrouillage des mandats rendu possible par le non-cumul ? Par ailleurs, est-ce bien raisonnable de laisser la question de ces désignations au seul bureau national en volant tout pouvoir décisionnel aux militants ?
La question centrale de l’organisation de primaires ouvertes à toute la Gauche est lancée sans qu’un débat de fond n’ait pu être organisé entre les militants du parti socialiste. Présentée comme une solution miracle au problème de leadership actuel du parti, elle interdit toute autre hypothèse de travail comme par exemple l’émergence de porteurs du projet socialiste issus d’un processus inédit de remise au travail du PS sur les questions économiques et sociales.
La discussion des conséquences d’une telle ouverture du Parti Socialiste sur l’extérieur est complètement escamotée. Le gagnant du processus des primaires risque de devenir celui qui aura été le mieux en mesure de lever des fonds de campagne ou le mieux en capacité d’activer efficacement ses réseaux médiatiques. Alors que nous dénoncions la personnalisation à outrance de la 5ème République, nous jouerons le même jeu au sein de notre parti. Ceci se fera au détriment du travail collectif normalement basé sur de profonds échanges internes entre militants fortement impliqués. Le remplacement de cette culture du travail de fond par une culture de clubs de supporters ouvrant les portes à la démagogie et au populisme est un écueil que nous devons éviter. Que les français dont le coeur est à gauche veuillent peser sur le choix du projet socialiste et de son porteur, c’est, somme toute, naturel mais qu’est-ce qui les empêche de le faire en rejoignant les rangs des partis de gauche et du PS en particulier ? De ce point de vue la question de la simplification des procédures d’adhésion au PS va dans le bon sens…
Certaines autres questions sont par contre totalement déroutantes. En particulier, la question ”Approuvez-vous la mise en œuvre dans les scrutins internes de notre parti, de nouveaux mécanismes, inspirés des règles et des moyens de la République, garantissant la sincérité et la fiabilité de nos votes ? ” possède une dimension comique aboutie.
Est-ce une vraie question de savoir si nous voulons que les instances du Parti Socialiste, garantes de son fonctionnement démocratique prennent toutes les mesures adéquates pour aboutir à l’organisation d’élections non truquée ?
Las de ces fausses questions, nous aurions aimé avoir la possibilité de nous exprimer sur des questions qui sont à nos yeux centrales comme :
Souhaitez-vous que le Parti Socialiste affiche comme première priorité la lutte contre le chômage et l’exclusion et qu’il entame un travail profond de rénovation de sa doctrine socio-économique permettant de proposer en France et à nos partenaires étrangers des mesures crédibles pour sortir de la crise et du chômage de masse ?
ou encore :
Souhaitez-vous que le Parti Socialiste relance le processus de construction européenne avec ses partenaires de la gauche européenne en organisant un cycle de travail dont le premier atelier aurait lieu à Paris en janvier prochain et dont l’objectif serait de rédiger les nouvelles bases d’un traité social européen ?
Colette Gros
Membre du Conseil National du Parti Socialiste
Bertrand Laforge
Membre du Conseil Fédéral PS de Seine Saint-Denis





Le principe de la taxe en lui-même. Faire payer chaque citoyen pour les émissions de Co2 qu’il relâche dans l’atmosphère, c’est déjà considérer que chaque citoyen est responsable de son mode de vie et de sa consommation d’énergie. Est-ce vraiment le cas ? Les citoyens sont-ils libres où non de ne pas circuler en voiture, de chauffer leurs appartements ? Si leur isolation est défectueuse et leurs équipements énergivores ce serait le résultat de leur inconséquence ?
Les entreprises sont responsables à 50% du réchauffement climatique. Le lien entre développement industriel et émissions de CO2 est manifeste. Les 50 % restants reviennent aux foyers mais ce sont les entreprises qui induisent nos comportements en faisant tout pour gagner des parts de marché sur lesquelles elles espèrent bâtir leur croissance. Le budget publicitaire mondial annuel atteint plusieurs centaines de milliards de dollars (de 230 milliards selon le AD Barometer à 1000 milliards selon Patrick Viveret de la Cour des comptes) et son impact marketing est décisif sur le consommateur.
Circuler sans réchauffer. La plus scandaleuse des inerties politiques reste, me semble-t-il, encore celle concernant les transports. Les transports sont responsables de 30% de réchauffement climatique. Le chine consommera prochainement à elle seule toute la production annuelle de pétrole de l’Arabie saoudite. D’autre pays en développement vont suivre et la demande va rapidement dépasser l’offre mondiale. L’essor de l’industrie du transport routier et de l’automobile individuelle sont dès lors compromises. Et pas simplement parce que les réserves pétrolières s’épuisent mais aussi parce que d’un parc automobile par habitants équivalent au notre par les pays émergeants nécessiterait une quantité de ressources naturelles à laquelle notre écosystème ne saurait pourvoir. C’est donc dès maintenant qu’il faut engager les réformes qui nous permettrons d’effectuer la reconversion de la masse salariale de l’industrie automobile. La transition vers un modèle de transport collectif est impératif tout en réservant le développement de la voiture électrique aux zones rurales. La démarche hypocrite qui consiste à taxer et culpabiliser le citoyen qui doit prendre sa voiture quand on ne lui offre aucune alternative relève de l’escroquerie politique.

Pour éviter qu’un débat confus ne débouche sur l’adoption de demi-mesures, il faut garder en tête ce qu’affirmait le chef économiste de l’Agence Internationale de l’Energie le 3 août dernier : « Les réserves de pétrole s’épuisent plus rapidement que prévu. Le temps du pétrole bon marché sera très bientôt derrière nous.» La production mondiale de pétrole devrait atteindre un maximum dans une dizaine d’années. La pénurie devrait se traduire par une augmentation forte et durable du prix du baril car la demande augmente et devrait dépasser l’offre disponible “dès 2010″.
Il ne suffit pas de vouloir « la maison commune » pour disposer d’une politique commune. Il nous faut d’abord clarifier nos positions, échanger sur notre offre politique. Ce n’est pas un hasard, si Pierre Larrouturou a été retenu comme interlocuteur privilégié car il est un des rares socialistes à proposer des solutions concrètes pour un nouveau pacte social.
La politique autrement. Le jeudi 24 septembre, nous vous invitons à faire la lumière sur les moyens de construire un nouveau projet fédérateur à gauche et à juger de la crédibilité des propositions de chacun. Nouvelle Gauche vous attend nombreux à ce rendez-vous qui doit permettre l’affirmation renouvelée d’une vision collective.