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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Comment sortir du piège ?

Par Pierre LARROUTUROU le 29/09/2009


C’est un chiffre inquiétant que vient de publier la Banque centrale américaine : en trois mois, la dette publique des Etats-Unis a augmenté de 520 milliards. En un an, elle a bondi de 2.000 Mds, soit 14 % du PIB. 2.000 milliards, c’est la totalité des réserves de change de la Chine. En un an, les Etats-Unis ont “brulé” l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans…


Quant à la Chine elle-même, c’est peu dire que son économie est instable : “88 % de la croissance vient de l’investissement. Jamais, dans aucun pays, on n’a vu une croissance aussi déséquilibrée” explique Stephen Roach, Chef-économiste de Morgan Stanley. La consommation stagne. Les exportations ne redécollent pas. 37 millions d’emplois ont été détruits en six mois… Pour éviter un effondrement de la croissance, le gouvernement chinois a ouvert tout grand les vannes du budget et du crédit. A court terme, cette politique a permis d’éviter un effondrement de l’économie et une explosion sociale mais personne ne pense que cette relance peut être durable.


Le rétablissement chinois n’est ni stable, ni solide, ni équilibré” admettait le 10 septembre le Premier Ministre, Wen Jiabao. Le même jour, Xu Xionian, Professeur à la China Europe International Business School, affirmait : “Pour apaiser sa soif, la Chine a bu du poison.”


Quoiqu’en disent les adeptes de la méthode Coué, la crise n’est pas finie. Loin de là !


En 1929, la Banque centrale américaine avait aggravé la crise en fermant tous les robinets du crédit. Depuis deux ans, au contraire, gouvernements et banques centrales ont ouvert tout grand les vannes. Cette politique était nécessaire mais elle est totalement insuffisante.


“Le plan Paulson est une transfusion sanguine à un malade souffrant d’une hémorragie interne” affirmait Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, en octobre 2008. Un an plus tard, rien n’a changé : on transfuse le malade à coup de trilliards de dollars sans soigner “l’hémorragie interne”. Soigner l’hémorragie devient pourtant une priorité absolue car nous ne pourrons pas continuer longtemps à accumuler des déficits publics pharaoniques.


Depuis qu’a commencé la crise, c’est uniquement grâce à la confiance de tous les acteurs dans la solidité financière des Etats, qu’on a évité l’effondrement du système : il y a un an, quand Paulson annonce qu’il met 700 milliards sur la table, quand Merkel, Brown et Sarkozy en annoncent 400, nul ne doute que les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France sont effectivement capables de trouver ces sommes considérables. En quelques jours, la confiance revient sur les marchés.


Mais depuis quelques semaines, à mesure que sont rendu publics de gigantesques déficits publics aux quatre coins de la planète, le doute s’installe sur la capacité qu’auront les Etats-Unis, le Japon ou la France à honorer leurs dettes dans dix ou vingt ans. Il y a quelques semaines, l’Allemagne voulait placer sur les marchés financiers quelques 6 milliards de bons du trésor. Elle n’est pas parvenu à placer l’intégralité de la somme. Que se passera-t-il si la confiance dans la solidité financière des états diminue ou disparaît ? Que se passera-t-il si, dans quelques années, nos gouvernements sont étranglés par le poids des intérêts de la dette et ne peuvent plus financer certaines dépenses courantes ? Nous subirons une crise qui échappera à notre contrôle et dont nul ne peut prévoir l’extrême gravité.


Peut-on soigner une gueule de bois avec un double whisky ? Peut-on sortir de la crise de la dette en accumulant plus de dette encore ? Dans tous les pays occidentaux, beaucoup s’alarment aujourd’hui de la fuite en avant des finances publiques mais tous ont conscience que, dans l’état actuel de nos économies, stopper les déficits amènerait à replonger dans une récession profonde… Alors que choisir ? La peste ou le choléra ? Sombrer dans le gouffre de la récession ou foncer dans le mur de la dette ? Telle est la question que les dirigeants du G20 n’ont pas voulu débattre en public mais c’est bien le dilemme qui les empêche de dormir.


Pour sortir du piège avant qu’il ne se referme sur nous, il est fondamental de comprendre où est “l’hémorragie interne” dont parle Stiglitz : pourquoi, dans tous nos pays, l’économie tombe-t-elle en récession si on cesse d’augmenter la dette ? Pourquoi nos économies sont-elles “accros” à la dette ? Comment les sevrer ?


C’est en observant l’évolution de la dette aux Etats-Unis sur les 50 dernières années qu’on comprend les causes profondes de cette addiction. Jusqu’en 1981, jusqu’à la victoire de Ronald Reagan, le ratio dette/PIB était parfaitement stable.

Dette totale des USA ©Nouvelle Gauche


L’économie n’avait pas besoin de dette pour croître régulièrement. Des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable de la productivité entre salariés et actionnaires. Ces règles collectives (ce « compromis fordiste ») ont permis aux Etats-Unis et à l’ensemble des pays occidentaux de connaître 30 ans de stabilité. Sans dette.


Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison blanche. Les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui favorise la dette publique. La dette augmente surtout parce que les politiques de dérégulation amènent à la baisse de la part des salaires dans le PIB. C’est à partir de là que des millions d’Américains commencent à s’endetter pour maintenir leur niveau de vie.


Les Etats-Unis ne sont pas une exception : dans l’ensemble des 15 pays les plus riches de l’OCDE, la part des salaires représentait 67 % du PIB en 1982. Elle ne représentait plus que 57 % en 2007.


Sans doute la part des salaires était-elle un peu trop élevée, à la fin des années 70 dans certains secteurs, mais 10 points de chute, c’est colossal. Ce déséquilibre du partage entre salaires et bénéfices a provoqué une euphorie croissante des marchés financiers : en 25 ans, pour ces 15 pays de l’OCDE, ce sont plus de 35.000 milliards de dollars qui sont allés aux actionnaires alors qu’ils seraient allés aux salariés si on avait gardé le partage salaires/bénéfices de la fin des années 1970. Plus de 35.000 milliards ! On comprend que certains aient perdu tout sens de la mesure…

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises - © Nouvelle Gauche


Mais cette baisse de la part des salaires a évidemment un effet négatif sur la consommation des ménages.

En juillet 2003 déjà, dans son rapport annuel, la Banque des Règlements Internationaux, la “Banque Centrale des Banques Centrales”, soulignait le risque d’une récession mondiale par manque de consommateurs : de même qu’un avion doit aller assez vite pour que la portance de ses ailes lui permette de rester en altitude, de même une “société de consommation” doit donner suffisamment de revenus aux consommateurs pour qu’ils puissent consommer. Quand la part des salaires diminue trop fortement, c’est l’ensemble de l’économie qui risque de s’effondrer comme un avion dont la portance n’est plus suffisante.


Pourquoi ?

Comment expliquer la baisse historique de la part des salaires ? Est-ce la faute des “actionnaires qui sont trop gourmands” ? Depuis qu’existe le capitalisme, les actionnaires ont toujours été gourmands : un actionnaire prend un risque quand il apporte du capital à une entreprise et, si l’entreprise prospère, il préfèrera toujours avoir le taux de retour le plus important possible. La nouveauté de ces vingt dernières années, ce n’est pas que les actionnaires soient gourmands, c’est qu’ils aient pu obtenir ce qu’ils voulaient car la négociation avec les salariés était de plus en plus déséquilibrée.


Dans tous nos pays, la peur du chômage a fortement déséquilibré la négociation sur les salaires : “Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs.” Avant même qu’éclate la crise des subprimes, il y avait au Japon 32 % d’emplois précaires. Avant même qu’éclate la crise, il y avait en Allemagne 4 millions de chômeurs et 6 millions de petits boulots. Il y avait aux Etats-Unis tellement de bad jobs à 10 ou 15 heures par semaine que la durée moyenne du travail était tombée à 33,7 heures (Source Economic Report of the President 2006).


Dans ce contexte de chômage de masse, puisque l’on a supprimé ou diminué les régulations collectives mises en place après la crise de 1929, quel(le) salarié(e) peut négocier une augmentation de salaire ? Qui peut refuser un surcroit de travail ? Qui peut “donner sa démission” en espérant trouver assez vite un autre emploi ? “Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs.” Dans tous nos pays, la peur d’être bientôt au chômage est dans toutes les têtes. Cette peur a profondément déséquilibré la négociation sur les salaires et la part des salaires est tombée à un plus bas historique. Pendant des années, le système n’a fonctionné que parce qu’on distribuait par la dette le pouvoir d’achat qu’on ne donnait pas en salaire…


“Les Français sont prêts à entendre la vérité” aime à dire Nicolas Sarkozy. Eh bien chiche ! Voilà la vérité : la crise de la dette n’est pas un incident de parcours dû à l’inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l’ensemble de la population, le néo-libéralisme a structurellement besoin chaque année d’un endettement plus élevé ! Pendant 25 ans, cette fuite en avant a été très rentable pour les actionnaires et les banquiers mais aujourd’hui, cette fuite en avant nous amène dans le mur !


Les racines de la crise financière, c’est 30 ans de crise sociale ! C’est à cause du chômage que la part des salaires a tant diminué. C’est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette. C’est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l’on sortira de la crise. Le chômage n’est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l’une des causes premières. Pour “sortir du piège”, pour stopper “l’hémorragie”, il faut s’attaquer frontalement au chômage.


Hélas, deux ans et demi après son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a toujours rien fait d’utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il annonce un Grenelle, un Grand Plan ou une Grande Mobilisation… mais contre le chômage, il n’a encore rien fait ! Le nombre de chômeurs a augmenté de 500.000 en un an (C’est du jamais vu depuis la deuxième guerre mondiale !) mais l’hyper-Président continue de regarder ailleurs…


Pourtant, dans ce domaine, pas besoin de réunir un consensus au G20 pour agir : le Danemark et les Pays-Bas ont montré avec les accords de Wassenaar qu’on pouvait, au niveau d’un pays, construire un nouveau contrat social et diviser par deux le chômage. Pourquoi Nicolas Sarkozy qui passe son temps à « exiger des résultats concrets» au niveau international, ne se fixe-t-il à lui-même aucun objectif concret dans ce domaine ?



Pierre LARROUTUROU est membre du Conseil National du PS et président de Nouvelle gauche.



70 Commentaires

  1. Costes Didieron 29 sept 2009 at 12 h 04 min

    Les richesses mondiales ne cessent d’augmenter mais sont captées par une minorité qui est de plus en plus riche…comment peut-on imaginer qu’ils parviennent à dépenser toutes ces fortunes qui sont confisquées aux travailleurs de tous les pays, et qui dorment au chaud dans des comptes secrets de paradis fiscaux. C’est maladif, engranger autant de fortunes qui seraient si utiles pour éradiquer la faim dans le monde et permettre une accession à une vie décente à une masse de gens….un changement radical doit survenir avant des révoltes de misérables : les pays riches devront répondre de leur inconséquence. Il faudrait rendre impossible l’accumulation de ces fortunes, en rendant la validité de la monnaie temporaire…..au départ ce ne devait être qu’une facilité pour échanger des biens, mais elle a été détournée de sa finalité…..facile à dire, mais difficile à mettre en œuvre! Je suis lecteur de la revue “La décroissance” et j’y trouve de très intéressantes contributions, même si certains points de vue sont un peu excessifs. La gauche doit être en pointe sur les questions environnementales, qui sont étroitement liées à la crise actuelle : gaspillages monstrueux, saccage de la planète et épuisement rapide de ressources naturelles , inégalités monstrueuses, tout est lié….et les dictatures des Pays en voie de développement qui possèdent des ressources naturelles ne sont pas près de disparaître avec des dirigeants comme les nôtres!
    Bon courage!

  2. dessaigneon 29 sept 2009 at 12 h 22 min

    Merci pour ce texte bien argumenté et on a envie de connaitre la solution des pays nordiques…

    Je ne suis ps sure qu’une pression plus forte des acteurs sociaux reglerait tout le probleme, ni une diminution drastiques des heures de travail-mais je suis d’accord avec cette necessité- si parallelement on ne mène pas deux actions : la revision de l’échelle des salaires qui a plus de 50 ans, et la limitation des exigences des actionnaires, voire un nouveau financement de l’économie par des emprunts garantis par des formes d’assurances mutuelles en cas de faillite ?
    Bon courage ! Christiane

  3. PRIGENT Georgeson 29 sept 2009 at 12 h 28 min

    Tout à fait d’accord avec P. Larrouturou, s’attaquer au chomage doit être la priorité des priorités…mais le pouvoir continue sa destruction des emplois, le cas de la Poste est d’actualité….
    De même que l’impot doit continuer à alimenter l’aide apporter au soutien social.

  4. charlec.charleryon 29 sept 2009 at 12 h 31 min

    C’est ce type de verite cachee au PS que l’on aimerait faire connaitre a tous les adherants La question est quand on fait la critique de mai 68 le mot d’ordre c’etait echelle mobile de salaire un ecart le plus reduit possible de 1 a 3 vous nous justifier maintenant que l’ecart est tel qu’il n’y a pas de chiffre a mettre devant un salarie a 1500€ un ministre a 15000€ faite en sorte que la ba se soit informe merci

  5. guillaumeon 29 sept 2009 at 12 h 46 min

    Exactement comme Dessaigne, j’imagine un système qui assurerait les entrepreneurs contre la faillite avec comme contrepartie l’établissement d’une limite inférieur de la part des salaires. Fini l’argument de la prise de risque pour justifier la gourmandise des détenteurs de capitaux. De plus cela amènerait un clivage entre petits (qui ont peur de la faillite) et gros entrepreneurs (qui en ont moins peur).

  6. capdeboscqon 29 sept 2009 at 13 h 26 min

    1- La question de la dette se pose à la fois, pour chaque pays,à travers la structure de l’impôt et la structure de la dépense. Il y a des dépenses structurantes et productives (on savait les analyser et les promouvoir pendant les 30 glorieuses, mais presque personne ne le fait plus… sauf Stiglitz, quand il souligne que le coût de la guerre en Iraq, et son financement exclusivement par l’emprunt a eu une grosse responsabilité dans le déclenchement de la crise financière américaine et internationale) et il y a des prélèvements obligatoires redistributifs ou non. C’est particulièrement important dans un pays comme la France où la part des prélèvements obligatoires dans le PIB est majeure. Si on ne parle que de la dette publique, et pas de la structure des recettes et des dépenses, on peut se faire accuser d’incohérence, quand on souligne la nécessité d’une relance de la consommation;
    2- La question de l’emploi est dépend aussi fortement du taux de change, dans une économie comme la notre, dans laquelle les échanges extérieurs représentent 40% du PIB. Et sur ce sujet (pb de l’euro, du rapport euro/dollar, du rapport euro/dollar/yen/£/yuan, etc…) qu’avons nous à dire, et comment être crédibles? la pression sur les salaires va continuer tant que les plus grandes entreprises françaises, dont l’activité a un effet d’entraînement majeur sur l’emploi, trouveront hors de France une demande plus forte associée à des conditions de production et distribution moins chères. Aujourd’hui, elle considèrent en général que le marché français est saturé, que leurs résultats ne peuvent croître que si elles vont vendre à l’étranger, et produire dans des conditions moins coûteuses. Elles ne font en cela que s’aligner sur le modèle de croissance de leurs concurrentes.
    La seule solution pour remédier à cette situation est de favoriser en France le développement d’entreprises répondant à une demande plus spécifiquement française et européenne, et faisant appel à des compétences adéquates et disponibles sur place.
    Mais il faut pour cela mobiliser - pour ce qui dépend des Pouvoirs Publics- les capacités d’investissement et les encouragements à la consommation en faveur d’activités nouvelles, sans ignorer que nous avons Barroso, Nelly Kroes, et des partenaires européens très droitiers.

  7. Sandrineon 29 sept 2009 at 13 h 32 min

    Une des solutions pour les pays riches en PIB, reposerait sur un vrai partage du travail (moins d’heures pour chacun, du travail pour tous) assortie d’un revenu minimum d’existence. Comment lutter contre la productivité des entreprises qui ne cesse d’augmenter et qui générera encore des milliers, voire des millions de pertes d’emploi en France, en Europe, aux USA… Limiter les bonus, limiter les hauts salaires et revaloriser les plus bas ne servira qu’à certains mais la question de l’emploi ne trouve plus d’issue, même s’il existe des réserves dans les services à la personne, il faudra les financer. On peut toujours dénoncer les excès du capitalisme financier, les licenciements, les privatisations des services publics, publiques ou pas une entreprise n’est pas une personne morale. Notre société est au bord de l’épuisement moral face à tant d’injustices. A part le gouvernement actuel, qui peut croire en l’avenir du travail dans les conditions actuelles. Le travail est précarisé, seule la finance rapporte. C’est intenable.

  8. Feferberg Thierryon 29 sept 2009 at 13 h 32 min

    Je ne connais pas beaucoup l’économie, mais je me souviens d’un jeu auquel je jouais quand j’étais enfant qui s’appelle le “Monopoly”. A la différence près qu’au “Monopoly” on ne fait pas de crédit, ce qui permet à la partie de ne pas trop s’éterniser, il me semble qu’il y a une similitude avec le macro économique tel que nous le vivons actuellement: nous arrivons à la fin de la partie.
    - la banque (l’Etat) n’a plus d’argent
    - il ne reste plus que quelques joueurs qui ont tout acheté; les autres n’ont presque plus d’argent ou sont déjà hors circuit.
    Si nous voulons continuer de jouer ensemble, et l’on ne peut pas faire autrement à moins de rayer de la carte une partie de l’humanité, il faudra bien REDISTRIBUER!

  9. p. reymondon 29 sept 2009 at 13 h 36 min

    Et l’abolition de la loi de 1973 sur le déficit publique et les traités européens subséquents ?
    A quand le retour du protectionnisme, qui seul permet de développer la demande interne ?

  10. get38on 29 sept 2009 at 13 h 39 min

    surtout que l’on voit quelle part de risque est assumee par les patrons : alors que la politique manageriale de france telecom (politique avalisee par ses actionnaires, donc par l’etat aussi) a fait plus de morts que la grippe a, son pdg reste bien en place et sa demission est “hors sujet” selon le gouvernement !
    un salaire minimum oui, mais salaire maximum aussi !

  11. A-J Holbecqon 29 sept 2009 at 13 h 56 min

    Intéressant article, néanmoins je relève ” Que se passera-t-il si la confiance dans la solidité financière des états diminue ou disparaît ? Que se passera-t-il si, dans quelques années, nos gouvernements sont étranglés par le poids des intérêts de la dette et ne peuvent plus financer certaines dépenses courantes ?”

    .. a ceci on peut répondre simplement: ce jour là, les gouvernement comprendront qu’avoir littéralement interdit aux États de créer leur propre monnaie (1973 pour la France avec l’article 25 de la loi du 4 janvier et article 104 de Maastricht) a été suicidaire : j’attends ce jour avec impatience, ce jour où on remboursera tranquillement toutes les obligations d’État aux “prêteurs”, lors des échéances, en faisant reprendre ces obligations par la banque Centrale, ce qui aura pour effet de transférer notre dette sur la banque centrale, mais de transformer une dette “payante” en une dette sans intérêts, sans augmentation de la masse monétaire en circulation (et même en réduction au fil des années car il ne sera pas nécessaire d’émettre, quelque part, de la monnaie complémentaire pour payer les intérêts)

    Je rajoute que nous avons payé , depuis 1973, plus de 1350 milliards d’euros d’intérêts, et que nous continuons à raison de 150 millions par jours . Je rajoute donc: que se passera t-il lorsque les taux d’intérêts augmenteront?

    A-J Holbecq, auteur de “la dette publique, une affaire rentable” (ed Yves Michel 2008)

  12. Yveson 29 sept 2009 at 14 h 00 min

    lE CAPITALISME EST MORIBOND, LA SOCIALE DEMOCRETIE A MONTREE SES LIMITES QUE NOUS RESTE T’IL ?… A REVER QUE L’HUMAIN DEVIENNE RAISONABLE ? CONTINUONS A REVER ET LA FIN EST PROCHE, SINON FAISONS EN SORTE QU’IL LE DEVIENNE? ET BATTONS NOUS POUR CRER UN MONDE MEILLEUR, MAIS SOMMES NOUS CAPABLE DE LE FAIRE ??? LE PASSE A PROUVE LE CONTRAIRE, ESPERONS QUE L’AVENIR LUI DONNERA TORD !!!

  13. Fuerteson 29 sept 2009 at 14 h 35 min

    Juste une question après ce formidable article.

    Pourquoi les Etats ne renieraient pas leurs dettes avec en contrepartie l’engagement obligatoire de ne plus présenter de budget en déficit ?

    Le poste de remboursement de la dette est en passe de devenir le 1er poste du budget de la France. Si vous l’enlevez, il n’ya plus de problème de déficits publics ni pour l’Etat qui serait largement excédentaires, ni,pour la sécurité sociale qui pourrait bénéficier d’une partie de ces excédents. Et Je ne parle même pas de la baisse des impôts, de l’allègement des charges et de l’augmentation des salaires qui seraient plausibles alors.

    Quelles seraient les conséquences pour les classes moyennes et populaires, pour les salariés, pour les fonctionnaires etc. d’une déclaration de banqueroute par l’Etat pour ne plus honorer ses dettes de + en + abyssales ?

    On entend jamais aucun économiste ni homme politique, évoquer cette “solution”. Que l’on m’explique alors pourquoi cette solution est jugée irréalisable ou + terrible.

    Merci bien !

  14. Bilbault Michelon 29 sept 2009 at 14 h 38 min

    Merci Pierre pour cette démonstation claire. Elle fait d’ailleurs suite aux nombreux échanges que nous avions eus par le passé…
    Cependant, je rajoutrai quelques causes secondaires à la crise structurelle.
    On est passé d’un capitalisme où, pour pouvoir avoir du rendement capitilistique, il fallait produire de la Valeur ajoutée donc du PIB au moindre coût (cette vérité est toujours valide) à un capitalisme qui génère du rendement sans Valeure ajoutée : en clair on fait de l’argent avec de l’argent sans aucune usine grace à des spécialistes des manipulations boursières (grassement payés). Ces manipulations se font par l’intémédiaire de paradis fiscaux que nos dirigeants, malgré leurs affirmations, ne veulent pas supprimer… Bien sur, cette augmentation de la masse monétaire s’est concentrée dans les mains de quelques-uns… Pourquoi s’encombrer d’usines pour faire du profit ? C’était le thème d’un de mes prof d’économie il y une vingtaine d’années…
    Mais il faut malgré tout des usines pour construire des biens : la Chine (entre autre) est devenue le pays de production de la planète : faibles salaires,pas de code du travail etc.. donc productivité capilistique optimum.
    On ne cesse de nous dire que le libre-échangisme est fondamental pour la survie de nos économies ! Mais comment peut-on défendre le libre échange quand les participants n’appliquent pas la même règle du jeu ?
    - pour les Etats Unis : le dollard est une monaie dont ils sont les seuls à pouvoir faire “varier la valeur” (via le crédit, substitu de la planche à billets) est qui sert AUSSI d’”Etalon”.
    - pour la Chine et autres, la libre concurrence est OBLIGATOIREMENT faussée car ils n’appliquent pas les même règles sociales. En France, il y a un endroit où le coût horaire est aussi faible : dans les prisons ! Devons-nous mettre toute nos usines dans le prisons ?
    Ces affirmations mériteraient un développement conséquent que certains brillants économistes feront peut-être ?
    Bien amicalement à tous
    Michel Bilbault
    Ancien militant PS en attente de renouveau…

  15. KONICKon 29 sept 2009 at 14 h 43 min

    Quelques idées/liens à explorer ? Au moins dans les grandes entreprises, il faut imposer un salaire maximum, un coéfficient de 10 à 1 par rapport aux salaires les plus bas. The sky should no longer be the limit! Voir aussi:

    Réduire le revenu maximum: http://www.europeecologie.fr/reseau/les-billets/reduire-le-revenu-maximum

    Maximum wage: http://en.wikipedia.org/wiki/Maximum_wage

    Google, fichier PDF: An International Comparison of Attitudes to Pay Differentials, http://www.russellsage.org/

  16. Florianon 29 sept 2009 at 14 h 46 min

    Je trouve cet exposé particulièrement pertinent, tant sur les raisons et les conséquences de la crise que nous traversons.
    Une des questions que je me pose le plus régulièrement est de savoir qui pourrait se permettre de déclarer un des pays du G20 en faillite… Autrement dis, comment peut on imaginer qu’un pays comme les USA ne puisse plus trouver des liquidités sur les marchés financier dont il est l’un des principaux acteurs ? Cela parait totalement impensable, notamment au vue de son potentiel militaire et sa présence à tous les niveaux mondiaux de décision .
    Par voie de conséquence, que se passerait il si les pays décidaient de ne plus payer leurs dettes ? Dettes contractées auprès d’organisations financières qui sont totalement dépendantes des pouvoirs publics à plusieurs titres et qui n’ont à priori pas les moyens de contester une décision collective prise par le G20 ou les nations unis.
    D’autant plus que la question sous-jacente essentielle est celle du partage des richesses. Plusieurs milliers de milliards ont été dépensé pour faire la guerre en IRAK pour quel résultat ??? Les vrais coupables de la crise mondiale sont toujours reçus dans les plus grands palaces tout au long de la planète…

  17. Renée CHAUVELon 29 sept 2009 at 14 h 48 min

    Il faudrait commencer par remettre en place un équilibre dans les impôts et cotisations sociales et savoir que si c’est un coût, c’est le seul moyen d’une certaine redistribution, peut être avant la mise en oeuvre d’un rapport revenus salariaux (déjà entre eux/revenus actionnaires plus normaux - Ce qui est terrible c’est que l’on ose parler d’industrie financière (juste dans les faits actuels) mais tout à fait inutile dans son principe (les valeurs des actions ne sont même plus reliées aux valeurs réelles des entreprises (même si l’on sait qu’il y a normalement perspectives dans le principe de la valeur d’une action) maintenant c’est l’argent qui fait de l’argent (la machine est folle)et l’on ne répond plus aux besoins réels ex:/

    Nous avons à MARLY LE ROI, une maison de retraite “ORPEA” surout créée pour personnes dépendantes en particulier “ALZHEIMER” le strict minimum à payer est 102,00€/chambre jour. Hors, une seule aide soignante la nuit + une auxiliaire de vie. Une personne de 84 ans, n’ayant plus qu’une jambe, tombe par 2 fois, il est demandé par la famille des barrières de lit, d’autant que le matelas est glissant, réponse il n’y en a pas de disponibles après une première réaction, il ne l’a pas demandé, ce serait de la maltraitance, (or, étant donné son état, il est tout à fait d’accord pour être protégé) lire le rapport sur l’actionnariat “ORPEA” “www.orpea.com” on le devinait mais…….. .

  18. BOURRELY Genevièveon 29 sept 2009 at 14 h 58 min

    Quelques réflexions impertinentes et candides :

    1) Les pays riches sont endettés, les pays pauvres aussi. Alors auprès de qui? des martiens ? La Chine me direz-vous? Pourtant son économie va mal aussi et elle doit “ouvrir les vannes du budget et du crédit”!!..Je rêve. Il y a comme un défaut?? ou une fuite quelque part. La fuite en avant.

    2) La totalité de la dette mondiale ne peut donc pas être “épongée”. Car en fait, elle ne correpond pas à l’économie réelle. C’est du vent. D’où la crise. Et pourtant des besoins existent en biens matériels et concrets (logements, hôpitaux, crèches etc…) y compris dans les pays dits riches comme la France.

    3) Le chômage cause et conséquence de la crise. Cause car, à la fin des années 70, on a dit l’inflation c’est mauvais. Pouquoi ? parce que cela pénalisait les banquiers qui voyainet leurs actifs fondre, donc il ne fallait plus augmenter les salaires. D’où perte de pouvoir d’achat, donc baisse de la demande, donc restriction en tous genres dans les entreprises, donc chômage etc…cercle vicieux enclenché. En revanche forte demande auprès des banques de la part des Etats obligés de s’endetter pour faire face aux besoins sociaux grandissants. Donc réenrichissement des banques. Bien joué!

    4) Une solution à la crise actuelle, c’est l’inflation. Attention c’est tabou!
    Mais pas n’importe laquelle inflation, celle de la planche à billets qui permet à l’Etat d’investir dans des investissements concrets et d’opérer un retour en terme d’emplois etc (Voir Keynes) et celle de l’augmentation des salaires (Voir évidence). Au moins là les dettes se résorbent d’elles mêmes (Vu pendant les 30 glorieuses mais pas à la TV) et les salariés mêmes pauvres peuvent accéder à la propriété.
    L’autre inflation c’est celle des banques. Quand elles offrent des crédits, elles créent aussi de l’inflation via le taux d’intérêt qui ne correspond pas à un bien réel. Cette inflation là on ne s’en plaint pas bizarrement et pourtant elle ne produit rien mais elle enrichit le monde de la finance. Et c’est celle là qui a produit la crise.

    C’est simple non? Qui a dit que l’économie c’était compliqué?!

  19. Foricher Gérardon 29 sept 2009 at 15 h 16 min

    Pour ma part, je ne suis nullement surpris par de tels chiffres. Jacques cheminade sur son site de solidarité&progrès, avait laissé entendre depuis longtemps que tous les plus grands déboires commenceraient en Octobre de cette année, tout comme Lyndon Larouche aux USA qui ne cesse de combattre la politique hautement désastreuse que combattent certains membres du congrès américain. Nos économistes parlent’ils le même langage,l’économie virtuelle prend le dessus sur l’économie physique. Les cotations sur les places financières ne cesse de grimper,la valeur marchande des entreprises diminue!!!
    Comment une banque comme BNP PARIBAS peut rembourser l’aide accordé par l’étatdans une situation qui ne cesse d’empirer de jour en jour?
    http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/09/29/bnp-paribas-va-rembourser-plus-tot-que-prevu-l-aide-publique-recue-durant-la-crise_1246701_1101386.html

  20. Frédéricon 29 sept 2009 at 15 h 48 min

    Remarquable synthèse, comme les maîtrise de mieux en mieux leur auteur, qui n’a pas la place politique et médiatique qu’il mérite depuis maintenant des années (hommage soit rendu à sa pugnacité).
    J’ajouterai cependant que l’infrastructure internationale qui a rendu possible cette fuite en avant par le recours à l’endettement est la réforme des statuts du FMI adoptée en 1976, entrée en vigueur à partir de 1978 (voir le décollement de la courbe de l’endettement US ; celle de l’endettement du Japon y est pratiquement superposable), réforme ayant consisté à libéraliser totalement les mouvements de capitaux, à supprimer la référence à l’or et à instaurer les taux de change flottants. Depuis, c’est “je te tiens, tu me tiens…” Il faut effectivement s’attaquer au chômage et au financement des retraites par une modification de la réduction du temps de travail (du chômage à une RTT digne de ce nom), mais on ne fera pas l’économie d’une modification de notre système monétaire international.

  21. Christianon 29 sept 2009 at 17 h 21 min

    C’est très bien argumenté, mais pour renverser la vapeur ne faut-il pas commencer par instaurer un salaire maximum, (30 x le SMIC), tout compris,(primes, bonus, stocks-options, pour tous (y compris les scandaleux salaires des sportifs de tous poils, monde du spectacle compris, etc…
    Il n’est pas normal d’avoir une majorité de personnes vivant avec 1500 euro et moins, et une importante minorité se goinfrer. Ils ont qu’à diminuer leur train de vie

    Il faut revenir à une égalité de l’impôt sur TOUS les revenus, bouclier et plafond fiscal annulé

    Quant aux banques qui elles aussi font des profits démesurés en faisant payé leurs services à nous pauvres clients très cher. Et pourtant nos comptes leurs rapportent!

    Il faudrait instaurer une taxe sur la spéculation à court terme, en taxant les plus values sur les titres conservés moins de 3 mois à 80%, de trois moi à un an à 50%, de un à trois ans à 30%, et à 10% au delà de 3 ans
    (voir journal des lecteurs de Marianne N°647 p.63 - Eradiquons la spéculation à court terme)
    J’ai trouvé cette proposition innovante

  22. Gérard DALLETon 29 sept 2009 at 17 h 34 min

    Texte très bien argumenté.Personnellement je souhaiterai ajouter que le libéralisme se fiche éperdument de réduire le chômage. C’est comme tu l’as souligné un moyen de pression que les patrons et les pouvoirs de droite emploient sans vergogne depuis 30 ans contre les salariés avec la dégradation que tu indiquais. C’est d’ailleurs pour ça qu’un Sarkozy ne fera strictement rien contre un chômage de masse en dehors de quelques gesticulations et rodomontades insignifiantes.

    Pour ce qui concerne la crise mondiale, je ne comprends pas que le PS ne se batte pas contre la spéculation. Elle est la base de la quasi totalité des crises que nous nous payons depuis 20 ans. Pourquoi le PS ne soutient-il pas une proposition de taxe pour contrecarrer celle-ci (et pas seulement la taxe Tobin beaucoup trop faible). Les mesurettes du G20 n’empêcheront pas les Isengrin de la finance de nous reconduire dans le mur à l’avenir. C’est en mettant un terme à la politique de casino, en mettant un terme au marché à terme d’actions et en obligeant les investisseurs à maintenir leur capital un temps minimum dans les entreprises qu’on évitera de telles dérives et tant de dégâts pour les populations modestes. Le capitalisme nomade ce matin ici, ce soir ailleurs doit être combattu. C’est le devoir de la gauche de dire cela… et de le faire quand elle reviendra au pouvoir.

  23. Jean Guiraudon 29 sept 2009 at 17 h 38 min

    “La crise mondiale aujourd’hui”, Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Economiques en 1988. Ed. Clément Juglar 1999.

    Cet auteur qui est et se dit “libéral” a prévu et annoncé la “crise” - il y a 10 ans en 1999 - et fait des propositions de réformes du système financier mondial décisives. Elles pourraient être qualifiées d’utopiques et farfelues si elles venaient d’un économiste “de gauche”.

    Qui ose les reprendre aujourd’hui ?

    ” les grandes institutions internationales sont bien plus préoccupées par les pertes des spéculateurs (indûment qualifiés d’investisseurs) que par le chômage et la misère suscités par cette spéculation”.

    Remèdes proposés par l’auteur au fonctionnement actuel des institutions financières et monétaires:

    1/Réforme du crédit

    toute création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul .(2) Les gains provenant de la création monétaire permettraient d’alléger très sensiblement les impôts actuels.(4)
    tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts au moins de même terme. Aucun emprunt à long terme ne peut être financé par des emprunts à court terme.

    Les moyens:

    Dissociation totale des activités bancaires et leur attribution à 3 catégories d’établissements distincts et indépendants:
    -Banques de dépôts: encaissements, paiements, garde de dépôts de leurs clients.
    -Banques de prêts: le montant global des prêts ne peut excéder le montant global des fonds empruntés.

    -Banques d’affaires: investissent dans les entreprises les fonds empruntés au public ou aux banques de prêts.

    2/Réforme de l’indexation:

    Indexation obligatoire de tous les engagements sur l’avenir: prêts, emprunts, salaires, etc… aussi bien entre particuliers, entreprises et Etat.

    But: libérer l’économie de toutes les contraintes attachées à l’incertitude de l’avenir, établir pleinement le principe d’ honnêteté dans l’exécution des contrats. En finir avec la spoliation des débiteurs ou des créanciers.

    3/Réforme des marchés boursiers:

    Le système actuel est fondamentalement anti-économique et défavorable à un fonctionnement correct des économies.

    Rendre impossible le financement des opérations boursières et de la spéculation par la création de moyens de paiement ex nihilo.
    Augmenter les garanties en liquidités.
    Supprimer la cotation en continu et la remplacer par une seule cotation par jour pour chaque place financière et pour chaque valeur.(3)
    Supprimer les programmes d’achat/vente automatiques.
    Interdire la spéculation sur les indices et les produits dérivés.(1)

    4/Réforme du système monétaire international:

    Abandonner le système de changes flottants pour un système de taux de changes fixes mais revisables
    Interdire toute dévaluation compétitive.
    Abandonner le dollar comme monnaie de compte, d’échange et de réserve.
    Etablir progressivement une unité de compte commune sur le plan international par un système approprié d’indexation.
    Interdire la spéculation aux banques sur les changes, les actions, obligations et produits dérivés.

    ”Il s’agit de réformes fondamentales qui intéressent la vie de tous les jours de millions de citoyens. Ces réformes indispensables n’ont été réalisées, ni même envisagées, ni par les libéraux justement préoccupés de favoriser l’efficacité de l’économie, ni par les socialistes justement attachés à l’équité de la distribution des revenus…. Les uns et les autres n’ont cessé d’être aveuglés par la répétition incessante de toutes parts de pseudo-vérités et par des préjugés erronés.”

    ————————————————————
    ————————————————————

    1)”Les énormes profits des hedge-funds impliquent d’énormes risques ……Inutilité de ces spéculations pour un fonctionnement normal de l’économie, mais également instabilité fondamentale qu’elles génèrent et risques considérables qu’elles font courir à l’ensemble de l’économie…..Interdire les spéculations sur les produits dérivés et dissoudre tous les hedge-funds…. On ne peut prendre le risque de déstabiliser l’économie mondiale sous le seul prétexte de maintenir les gains éventuels des spéculateurs.”
    ”L’organisation actuelle des marchés boursiers a été conçue dans le seul intérêt de ceux qui participent à la mise en œuvre de ces nouveaux instruments”.
    ”…cette organisation est fondamentalement nuisible pour l’ensemble de l’économie; elle est éminemment déstabilisatrice; elle favorise une volatilité excessive des marchés; elle se prête à toutes les manipulations; elle est génératrice de fraude et inutilement coûteuse”.
    ”Il paraît difficile de qualifier d’”investisseurs” des opérateurs dont la seule motivation est de spéculer sur le comportement grégaire de l’ensemble des spéculateurs. Il ne s’agit pas ici de décisions économiques d’investissements, mais de pures opérations de spéculation, où seuls les initiés peuvent effectivement gagner”.
    ”La spéculation sur les produits dérivés est en tout point comparable à ce que sont les spéculations sur les jeux de course , ou les spéculations sur les loteries” mais à la différence des courses et loteries la spéculation sur les produits dérivés peut avoir des conséquences économiques graves (ndlr).”Elles n’offrent réellement aucun avantage pour l’économie et elles ne peuvent que compromettre sa stabilité”.

    2)”Dans son essence la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique … à la création de monnaie par des faux monnayeurs….Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents”.

    3)”…soutenir que la cotation continue des cours est nécessaire revient à supposer que les opérateurs sont capables de déterminer immédiatement l’influence de l’indice…” des prix américains qui , par exemple, vient d’être connu, sur la valeur d’autres actions. “En réalité il n’existe aucun opérateur ayant cette capacité… Le seul cas où une information de dernière heure pourrait avoir une influence déterminante sur l’estimation, par exemple, de la valeur boursière des actions Peugeot en France relève en réalité d’un délit d’initié”.

    “La cotation continue des cours permet toutes les manipulations et elle permet toutes les opérations déshonnêtes des intermédiaires. Elle n’a qu’un seul résultat: tromper et spolier les épargnants”.

    4)Ces gains procurés aux Etats et que Maurice Allais estime, en France, presque aussi importants que ceux de l’impôt sur le revenu couvrent la dette de l’Etat. Cette dette, c’est de l’argent prêté à l’Etat alors qu’il en est le propriétaire réel.

    ————————————————-

    Dans Le Monde du 24 Août 2009, très timide proposition allant dans le sens de Allais:

    ”Certaines activités font gagner beaucoup d’argent aux banques, sur les marchés notamment, sans que l’on comprenne bien leur intérêt.
    …… En finance, se pose la question de l’utilité sociale de certaines activités, notamment sur les marchés.” Thomas Philippon, professeur à l’Université de New York - Le Monde 24/8/09.

  24. CONSTANTon 29 sept 2009 at 17 h 45 min

    Les faits expliqués plus hauts sont largement dus à l’abandon par le politique de son principal moyen d’action « la monnaie » qui est le régulateur économique et social par excellence.
    La BCE et sa mission actuelle constituent l’archétype de la gestion monétaire ploutocratique. Elle a deux missions :
    1) La stabilisation (= la momification ou stérilisation) de la monnaie, qui nous a fait passer du capitalisme entrepreneurial au capitalisme financier en rendant plus rentable la spéculation et le crédit à taux réel positif que l’investissement et le travail.
    2) L’affaiblissement des États par leur endettement progressif en leur faisant systématiquement payer un important tribut à la finance privée. Il est en effet scandaleux que la BCE puisse prêter à n’importe qui sauf aux États et à tous les organismes qui en dépendent, quelle force à emprunter à la finance privée.
    Le rôle de la monnaie, surtout depuis qu’elle est complètement virtuelle, ne devrait pas être la prévoyance et encore moins la thésaurisation, mais devrait être essentiellement centré sur les échanges et le partage.
    Le plus important des échanges est celui du travail (qu’il soit physique intellectuel ou de transmission de savoir) contre une part de la production de richesses.
    La première mission de la monnaie devrait donc être donc le plein-emploi de qualité.
    La monnaie, qui remplit le mieux vous ce rôle, est la monnaie fondante. Cela a été théorisé il y a plus d’un siècle, et son application, peut-être involontaire, a montré toute son efficacité pendant les 30 glorieuses. Nous n’étions pas riches, nous n’avions pas d’épargne ou et pourtant nous avons financé la reconstruction et le développement de nos infrastructures, l’allongement de la scolarité, les bases d’une sécurité sociale exemplaire, et nous nous sommes malheureusement même payé deux guerres (Indochine Algérie) tout cela sans endetter l’État (environ 20 % du PIB en 1980).
    Depuis que :
    Ø Le lobby de la finance a persuadé les politiques qu’ils étaient incapables de gérer la monnaie sans endettée l’État, car ils faisaient trop marcher la planche à billets pour satisfaire les citoyens.
    Ø Les politiques ont transmis le pouvoir monétaire à une instance indépendante la Banque centrale.
    Ø L’inflation a été vaincue, par une gestion soi-disant vertueuse,
    La France s’est endettée inexorablement, à tel point que la charge de la dette devient le plus gros poste de dépenses de l’État.
    Notre économie meure d’apoplexie monétaire. La monnaie qu’on injecte par la finance privée est stockée pour spéculer plutôt que prêtée pour investir.
    Faisons fondre la monnaie, elle s’investira immédiatement.
    Ce qui fait monter la bourse en ce moment, bien que personne ne le dise, est la peur de l’inflation.
    Nous sommes tous d’accord pour dire que le mal vient d’une trop grande accumulation de dettes des États, des entreprises et du peuple auprès de la finance privée. Il est juste de taxer fortement ces prélèvements excessifs.
    Le remède est bien connu c’est l’inflation.
    Au début de la crise, appliquée à hauteur de 10 % par an Cela aurait probablement été suffisamment efficace. Vu l’injection massive de capitaux, faite depuis, auprès des créanciers et non des débiteurs, elle sera difficile à la limiter à moins de 15 %, seuil au-delà duquel le remède risque d’être plus dangereux que la maladie. Plus on tarde à y recourir plus cela devient dangereux.
    À noter qu’une politique inflationniste doit être accompagnée de l’indexation systématique des minima sociaux et des salaires jusqu’au moins au niveau du salaire médian.

  25. palumbo vivianeon 29 sept 2009 at 18 h 57 min

    allez lire mes deux derniers articles sur mon blog Resistance83, je ne peux rien ajouter de plus. Vous avez tous raison, mais comment contraindre les dérégulateurs de continuer à nous mener dans le mur ? Il n’y a qu’une prise de conscience mondiale que le net est en passe d’assurer petit à petit car ne nous leurrons pas, nous ne verrons pas la fin du capitalisme même si ce système est irrécuperable dans son état actuel et qu’il faille revenir à la règle des trois tierspréconisée par Marx et en effet à l’origine des 30 glorieuses, mais aussi une lutte sans merci contre les fraudeurs (travail au noir, fausses déclarations de revenus, paradis fiscaux, j’en passe et des meilleures !!)
    bien à vous
    viviane encore membre du ps, membre de DA

  26. PRADELon 29 sept 2009 at 19 h 06 min

    Analyse pertinente d’une situation de crise à laquelle hélas nous nous habituons. Les déficits budgétaires sont même acceptés comme une thérapie indispensable Il est bien évident que la réduction du chomage est la seule issue raisonnable mais reste comment provoquer la décrue et là on peut regretter le manque de propositions concrêtes La relance de la consommation ne sera pas suffisantes Alors quelles autres pistes ?

  27. choucrouteon 29 sept 2009 at 19 h 23 min

    Certes la part des salaires baisse, mais parallèlement l’épargne populaire augmente. Les économies de prudence plombent également la croissance car la confiance en l’avenir se détériore.

  28. HABERTon 29 sept 2009 at 19 h 34 min

    arrêtons de taxer le travail!
    Ne laissons plus la création monétaire aux banques privées!

    Instaurons une vraie bonne grosse taxe carbone
    Instaurons un revenu de base inconditionnel

    et le capitalisme meurt enfin de sa belle mort!

    je vous conseille le lien :http://www.vivant-ostbelgien.org/fileadmin/Dokumente/Buch.Penser.Autrement.pdf

    jean pierre patron d’une TPE

  29. Gérardon 29 sept 2009 at 20 h 05 min

    L’épreuve de force est-elle évitable ? La guerre des classes inversées, riches contre pauvres, a commencé sous Reagan et se poursuit. La révolution conservatrice est en marche et nous la regardons faire sans intervenir…

  30. Brieuc Le Fèvreon 29 sept 2009 at 20 h 18 min

    Bonsoir,

    L’origine principale de la dette n’est pas tant dans le défaut de partage équitable entre salaire et actionnariat, mais, comme souligné dans plusieurs commentaires, le dogme de la stabilité des prix. Réfléchissons: à qui profite une monnaie stable? Aux créanciers. A qui est-elle défavorable? Aux emprunteurs. Ceci dit rapidement, la démonstration en est simple, mais un peu longue pour un commentaire d’article.

    Parallèlement à cette politique de stabilité des prix, et pour en assurer le succès, il a fallu retirer des mains des Etats le droit de battre monnaie. Les Etats, désormais privés du droit régalien qui n’aurait jamais dû cesser d’être leur et uniquement leur, se sont vus contraints à emprunter la monnaie des investissements collectifs auprès des financiers privés! Un comble! Nous payons notre propre monnaie pour construire nos propres infrastructures! Ce qui signifie que, à chaque fois que l’Etat “investit”, nous payons non seulement le prix de l’infrastructure par notre travail (direct ou via l’impôt), mais en plus, nous engraissons longuement les plus riches par le paiement d’intérêts à long terme. Si nous avions gardé notre droit de placer les dettes de l’Etat directement auprès de la banque centrale (BdF ou BCE), nous n’aurions payé que par notre travail, aurions nos routes, ponts, hôpitaux, crèches, universités, etc, et pas un centime de dette. De très nombreuses citations, analyses, études existent à ce propos, et je ne peux qu’inciter les internautes à se documenter sur ce sujet, qui est le coeur nucléaire de la dette (pour débuter, voir par exemple le site http://www.fauxmonnayeurs .org, ainsi que sa page de liens : cliquer “sites amis” dans le bandeau supérieur).

    Quant au “problème” du chômage, désolé de m’inscrire ici en faux, mais ce n’est pas un problème. C’est simplement la démonstration que la productivité mondiale a atteint un tel niveau que l’ensemble des bras humains n’est désormais plus nécessaire à la production des éléments indispensables ou plus futiles de notre quotidien. Le chômage de masse démontre que nous sommes entrés dans une ère d’abondance, mais que nous continuons à gérer notre société comme du temps de la rareté. Or cette gestion nous mène à la catastrophe, car elle nous conduit à épuiser les ressources naturelles, nous préparant par là-même le retour violent d’une rareté effective des ressources à un moment où notre population atteindra un maximum mondial! C’est suicidaire!

    L’humanité a aujourd’hui le choix de son avenir entre les mains : commencer à construire ensemble un “âge d’or” de l’abondance, ou bien nous épuiser mutuellement en guerres stériles pour la préservation d’un système de rareté artificielle.

    C’est pourquoi je pense qu’il est urgent de procéder non pas à une “réforme” du système financier et monétaire mondial, mais bien à une réfonte totale de ce système, après que nous ayons, collectivement, fait notre petite révolution intellectuelle ; les comportements de prédation et d’accumulation maladive de richesses réelles ou symboliques (argent, pouvoir) sont désormais à bannir et à pourchasser avec la dernière énergie.
    “La Terre contient assez pour les besoins de chacun, mais pas assez pour la cupidité de tous” (Gandhi)

  31. Bénoliel Henrion 29 sept 2009 at 20 h 45 min

    Je partage tout à fait les analyses de P. Larrouturou. Je voudrais toutefois souligner un point de méthode qui peut ne pas apparaître suffisamment clairement.
    ”La nouveauté de ces vingt dernières années, ce n’est pas que les actionnaires soient gourmands, c’est qu’ils aient pu obtenir ce qu’ils voulaient” écrit P L. Il indique ainsi l’OBJECTIF que s’étaient fixé les dirigeants et leurs mandants : réaliser le plus de profit possible et le plus rapidement. Les actions politiques et économiques de nos dirigeants de l’époque et d’aujourd’hui sont tournées vers la cible à atteindre. Et ils mettent dans le mille. Peu importe les dégâts sociaux que cela peu entrainer. Peu importe le temps que cela peut prendre. Il faut atteindre l’objectif.
    Alors je me dis que le fameux programme de la gauche, tant recherché devrait être aussi simple à définir : équilibrer la répartition des richesses produites par la nation pour le bien général. Les moyens à mettre en oeuvre sont probablement compliqués et variés. Ils sont affaires de spécialistes (ce que je ne suis pas) dont je suis certain la gauche ne manque pas. Mais là n’est pas la question.
    Ce qui me paraît indispensable et attendu par nombre de gens c’est la réaffirmation de la cible visée par le programme de la gauche, le principe général qui dirige sa pensée politique. Car enfin il y a plus de gens modestes que de nantis dans notre pays et la masse populaire devrait se reconnaître dans un programme dont l’idée directrice serait formulée simplement. Je ne pense pas à un slogan du genre mensongé (le fameux “travailler plus pour …”) mais à un principe directeur et supérieur qui guiderait la recherche des solutions et la politique de la gauche. Il servirait de fil rouge dans les discours politiques, de point de repère pour les propositions et les actions politiques et de contrôle pour jugées des résultats. Il devrait être opposables à tout instant et à l’égard de tous. La gauche s’en trouverait restaurée et probablement grandie.

  32. Françoison 30 sept 2009 at 1 h 03 min

    Voilà tant de choses intéressantes, passionnantes par nécessité et par la volonté politique de créer autre chose, à condition que cet autre chose soit cohérent.

    Faisons en sorte que ce débat petit à petit s’installe dans le débat médiatique , sur la place publique et pas seulement ici, mais au PS, dans toute la gauche, etc, …
    Ce serait alors un moyen à la gauche et au PS en particulier d’imposer l’ordre du jour des débats idéologiques, et d’effacer celui, minable, et à la petite semaine, imposé par Sarko aux médias par des pressions néo-seigneuriales, sur des sujets comme travailler alors qu’en arrêt maladie, ou l’imposition des I.J. des accidents du travail, …

    Proposition (subvservive, mais nécessaire?) : personne n’est choqué, en tout cas à gauche, outre mesure par le principe de nationalisation, a minima provisoire, lorsque l’intérêt général est remis en cause.

    Personne n’est encore moins choqué lorsqu’on gèle/saisit les avoirs des gens ou pays dangereux (dictateurs, …).

    Pourquoi ne pas réquisitionner/confisquer une proportion des richesses accumulées par quelques uns sur la base du principe qu’à partir d’un seuil, accumuler de la richesse revient à retirer une partie de la monnaie de la circulation, donc du pouvoir économique aux agents (dont les salariés ou petites entreprises). Cette accumulation, ce quasi racket, cette appropriation spoliante , et effectivement non fondée, non justifiée économiqueemnt, s’apparente réellement à du vol (Proudhon…).

    S’enrichir n’est pas scandaleux tant que cela n’obère pas la capacité des individus à exister, à titre individuel ou collectif, et à l’économie réelle, celle associée à cette existence, de prospérer.

    Mais à partir du moment où c’est à ce point que même les entités réputées les plus puissantes ne peuvent même plus disposer des moyens légitimant leur existence même (exemple : les états), alors il m’apparait légitime que toute la frange des fortunes (des personnes morales et physiques)qui contribue à ce phénomène doit être considérée comme autant de recel d’argent.

    C’est aussi nuisible que l’effondrement économique qui s’ensuivrait de la mise à disposition sur la place publique de fausse monnaie (cf. Hitler vs. l’Angleterre, …). On se rappellera tous des mentions sur les anciens billets selon laquelle créer de la fausse monnaie est passible de réclusion criminelle à perpétuité.

    Pour parvenir aux fins de cette porposition, pourquoi ne pas faire intervenir Tracfin, Interpol? Il n’y aurait alors plus de paradis fiscaux.

    Votre avis sur le sujet?

  33. GONTIER Georgeson 30 sept 2009 at 6 h 00 min

    Bien gentil votre histoire de reduire de moitié le chômage. Dans une société qui emploie de moins en moins pour des raisons d’améliorations technologiques, que ferez vous de ceux qui n’ont pas de diplôme ? De quelle maniére prétendez-vous faire rentrer l’argent nécessaire a vos engagements alors que le fric des grands industriels est partout et nul part ?

  34. A-J Holbecqon 30 sept 2009 at 6 h 11 min

    Allez donc voir la réponse faite à Didier Migaud , président “socialiste” de la commission des finances, sur http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/a-propos-de-la-monnaie-et-de-la-61708 , lequel Didier Migaud montre sa méconnaissance totale du fonctionnement du système monétaire!!
    A-J Holbecq, auteur de “la dette publique, une affaire rentable” (ed Yves Michel 2008)

  35. [...] J’ai relevé ce graphique dans l’excellent article de Pierre Larrouturou « Comment sortir du piège » que je vous recommande vivement de lire ICI. [...]

  36. Bertrand LAFORGEon 30 sept 2009 at 8 h 08 min

    @ Georges Gontier :

    Le niveau de chômage actuel n’est plus qu’une question de diplôme. Les gains de productivités massifs accomplis ces 30 dernières années ont eu comme conséquences que l’on produit quasiment 2 fois plus avec 10% de travailleurs en moins. La baisse du temps de travail effectif (nombre d’heures travaillées / nombre de personnes déclarant travaillées) est une réalité dans tous les pays y compris les USA où le temps de travail hebdomadaire moyen (hors chômeurs) est maintenant de 33,1 h.

    La massification de l’enseignement supérieur qui est une bonne nouvelle en soi, va contribuer à intensifier la compétition pour l’emploi des diplômés également. Déjà les salaires à l’embauche des techniciens supérieurs (BTS, DUT, …) ont magistralement dégringolé depuis une vingtaine d’années.

    La question de savoir s’il faut diminuer le temps de travail est un fait pas une question politique. La question politique est de savoir si on faut cette diminution par le marché, ce qui entraîne précarité et baisse généralisée des salaires, ou au contraire si on organise socialement cette diminution du temps de travail aux bénéfices de l’ensemble des salariés.

    Seules des mesures fortes jouant sur la répartition du temps de travail peuvent redonner à tous (les moins diplômés également) un travail stable. La semaine de 4 jours que nous proposons à Nouvelle Gauche est une mesure possible dont le financement a été étudiée en détails et qui permettrait selon une étude de l’INSEE de créer 1 600 000 emplois.

  37. Guy Labadieon 30 sept 2009 at 8 h 10 min

    Si on veut voir les choses en très noir, on peut les formuler ainsi: le gouvernement actuel poursuit le programme néolibéral/néoconservateur de privatisation du monde. En surendettant toujours plus l’Etat et les comptes sociaux par la diminution de ses revenus (baisses d’impôts pour les plus riches) et l’augmentation de ses dépenses (augmentation du chômage), il pousse le système à son paroxysme pour le faire exploser. Le moment venu, quand plus rien ne sera tenable, toutes les fonctions autres que régaliennes seront privatisées. L’Etat totalement appauvri ne concernera donc plus que les pauvres; les riches vivront en dehors de son giron avec des organisations privées.

  38. Françoise Meymerieon 30 sept 2009 at 9 h 32 min

    Je rejoins la question posée par Fuentes : que se passerait-il si les dettes étaient épongées d’un seul coup ? cela se fait pour certains pays africains, pour leur permettre de retrouver une “santé” économique.
    sinon, j’apprécie la qualité de l’article, la clarté de vue de son auteur. si on continue, on va effectivement dans le mur. la question est de savoir à quelle distance nous sommes du mur et à quelle vitesse va-t-on …

  39. A-J Holbecqon 30 sept 2009 at 9 h 38 min

    Vous écrivez ” dans l’ensemble des 15 pays les plus riches de l’OCDE, la part des salaires représentait 67 % du PIB en 1982. Elle ne représentait plus que 57 % en 2007.
    Sans doute la part des salaires était-elle un peu trop élevée, à la fin des années 70 dans certains secteurs, mais 10 points de chute, c’est colossal. ”

    Pourquoi pensez vous que la part des salaires était à la fin des années 1970, trop élevée (dans certains secteurs, précisez-vous) ? Y a t-il une norme quelconque (que je ne connais pas )?

    Je voudrais faire remarquer que le capital monétaire ne coûte rien à produire, c’est une simple ligne d’écriture. Il me semblerait donc “naturel” qu’il ne soit pas rémunéré. Quand au capital de production (les outils de production) il serait sans doute naturel donc (si on admet que le capital monétaire ne “coûte” rien et n’est donc pas rémunéré) que la rémunération des propriétaires soit limitée au simple amortissement augmenté de l’inflation.

    Ce qui ferait sans doute passer la rémunération logique du travail à plus de 80% (c’est juste une intuition en ce qui concerne ce dernier chiffre)

    A-J Holbecq, auteur de “les 10 plus gros mensonges sur l’économie” (ed Dangles)

  40. BAon 30 sept 2009 at 10 h 11 min

    La dette publique de la France s’envole.

    La dette publique de la France a augmenté de 61,1 milliards d’euros au deuxième trimestre 2009 pour atteindre le nouveau record de 1 428 milliards d’euros, soit 73,9 % du produit intérieur brut (PIB), selon les données publiées mercredi 30 septembre par l’Insee.

    http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/09/30/la-dette-publique-de-la-france-s-envole_1247033_1101386.html

    Lundi 28 septembre 2009 : un article d’une très grande importance, publié par le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM). C’est un article qui montre que certains pays pourraient choisir de répudier leur dette.

    En clair : dans les années qui viennent, certains pays pourraient dire à leurs créanciers : « Désolé, mais nous ne pouvons pas rembourser notre dette. Nous ne vous devons plus rien. Nous remettons les compteurs à zéro. Et merci encore. »

    Cette question de la répudiation de la dette se posera de plus en plus dans les années qui viennent.

    Cette question concernera les pays du Tiers Monde, mais aussi tous les pays développés qui sont asphyxiés par leur gigantesque dette.

    Cette question concernera donc les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, etc. Pour ces pays, il ne s’agira que d’une simple question de survie. Ils devront choisir entre la mort par asphyxie, ou la répudiation de leur dette.

    http://www.cadtm.org/Islande-Si-la-dette-ne-peut-pas

  41. Bernard GARRIGUESon 30 sept 2009 at 10 h 17 min

    Pierre,

    Il faudrait que tu nous expliques la logique des accords de Wassenaar.

    À ma connaissance, il s’agit d’un arrangement qui accorde des réductions de temps de travail contre une modération salariale.

    Pour le surplus, il me paraît certain (en France) que le truc de Giscard en 1973 qui a refilé aux banques le pouvoirs régalien d’émettre le gros de la monnaie a cassé la trajectoire du développement.

    Mais aussi, rappeler que le gros des transferts des richesses créées du travail vers le capital a été commis par des erreurs des socialistes au gouvernement.
    D’abord par Bérégovoy (le gros du paquet), ensuite par Jospin.

  42. A-J Holbecqon 30 sept 2009 at 13 h 41 min

    @BA
    On peut éviter de “répudier” la dette, simplement en la gelant à la Banque de France . Il “suffit” de répudier l’article 104 du Traité de Maastricht, et de faire financer par la BdF les dettes (OAT par exemple) arrivant à échéance pour rembourser le détenteur en évitant un appel au marché financier. Les dettes existeront toujours mais elle seront “stockées” à la BdF à qui l’Etat, au moins, ne devra pas d’intérêt.

  43. BAon 30 sept 2009 at 13 h 55 min

    AJH, pour la solution que vous proposez, je suis d’accord à 100 %. MAIS (et c’est là le problème insoluble) il faudrait l’accord des 26 autres Etats membres, sans aucune exception. Cet accord unanime des 27 Etats membres sur la solution que vous proposez n’arrivera JAMAIS.

    Une dernière nouvelle (mercredi 30 septembre) :

    Selon le projet de loi de finances 2010 présenté mercredi 30 septembre en conseil des ministres par Christine Lagarde (Economie) et Eric Woerth (Budget), la dette publique devrait passer de 67,4 % du PIB en 2008 à 77,1 % en 2009.

    Le budget 2010 prévoit que la dette publique atteindra 84 % l’an prochain, et continuera de progresser jusqu’à 90 % en 2012, ont annoncé Mme Lagarde et M. Woerth lors d’une conférence de presse à Bercy.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=acb79dc97bacf58549ce5d520cdd28d8

    Etant donné que dans les autres pays industrialisés, la dette publique atteint les mêmes pourcentages, voire davantage, la question 1 est :

    « LES ETATS OCCIDENTAUX POURRONT-ILS UN JOUR REMBOURSER LEUR DETTE PUBLIQUE ? »

    Réponse : non.

    Les Etats occidentaux ne pourront jamais rembourser leur dette publique. Leur dette publique va même continuer à augmenter (dépenses de santé qui explosent, vieillissement de la population, énergie qui va devenir de plus en plus chère, etc.)

    Question 2 : quelle solution les Etats occidentaux vont-ils choisir pour ne pas mourir asphyxiés par leur dette publique ?

    1- Première possibilité : la guerre (envahir les pays musulmans pour leur voler leur pétrole, etc.)

    2- Deuxième possibilité : l’inflation. Faire tourner la planche à billets à plein régime. Monétiser la dette. Dommages collatéraux : l’inflation à deux chiffres, l’euthanasie des créanciers et des rentiers.

    3- Troisième possibilité : la répudiation de la dette. Certains Etats occidentaux pourraient dire à leurs créanciers : « Désolé, mais nous ne pouvons pas rembourser notre dette. Nous ne vous devons plus rien. Nous remettons les compteurs à zéro. Et merci encore. »
    Un exemple d’actualité : l’Islande.
    Lisez cet article :

    http://www.cadtm.org/Islande-Si-la-dette-ne-peut-pas

  44. dutertre Elisabethon 30 sept 2009 at 13 h 56 min

    Enfin des explications claires pour moi qui ne comprend pas grand chose à l’économie ! merci… et continuez de nous informer.

  45. Section de L’AIGLE » Urgence sociale!on 30 sept 2009 at 14 h 04 min

    [...] Comment sortir du piège ? [...]

  46. leclereon 30 sept 2009 at 14 h 24 min

    Quelle nouvelle comptabilité financière (entreprises et monde ) sera capable de répartir une énorme production matérielle, issue de techniques rationnelles et se dégageant des forces humaines, à tous les vivants qui en sont à la fois : les propriétaires,les promoteurs et les bénéficiaires prévus.

  47. A-J Holbecqon 30 sept 2009 at 15 h 40 min

    àBA
    Monétiser la

  48. A-J Holbecqon 30 sept 2009 at 15 h 52 min

    @BA

    Désolé, faux mouvement, le message précédent est parti tout seul.

    Je voulais dire que monétiser la dette n’est pas synonyme d’inflation, car la monnaie nécessaire émise par la banque centrale ne le sera pas par les banques commerciales.
    Qui plus est l’effet inflationniste sera plus faible, car il ne sera pas nécessaire d’émettre la monnaie des intérêts.

    J’ai lu l’article du CADTM. On ne peut comparer l’Islande à la France mais de toute façon notre proposition ne va pas dans le sens de refuser le paiement de la dette aux détenteurs lorsque le support de cette dette (OAT, BTAN, obligations diverses) arrive à échéance… de l’ordre de 200 milliards d’euros par an, mais de faire renouveller cette dette (rembourser les obligations arrivant à échéance) par la Banque Centrale qui portera à son actif les titres de dette, de la même manière que n’importe quelle banque porte une créance à son actif pour émettre la monnaie correspondante. La Banque Centrale appartenant à l’État, même si nous nous payons des intérêts, ceci n’a aucun effet “néfaste”: nous aurons une dette envers nous même, quelle importance ? … il faut évidemment que cette dette (et donc la monnaie en circulation) corresponde à de vraies créations de richesses (investissements) correspondant à la réalité des créances à l’actif en Banque Centrale.

  49. A-J Holbecqon 30 sept 2009 at 15 h 55 min

    @BA, je rajoute
    Bien sur que “légalement” (Traités) il faut l’accord des 26 autres Etats… mais que se passerait-il si nous passions outre ? La RFA ou le RU ou Malte nous feraient-ils la guerre ?

  50. goueton 30 sept 2009 at 17 h 23 min

    Merci au sieur Larouturou pour sa grande pédagogie…

    Bête que son livre noir ne fasse pas plus d’échos au sein du PS…

    Un jour viendra.

  51. Jackieon 30 sept 2009 at 17 h 57 min

    Il n’y a pas 36 façons d’augmenter les salaires à la base.
    Il faut que le gvt impose le ratio salaire minimum / salaire maximum à 1pour 3 ou 4. Interdire à tout jamais le 1/40 ou 50
    Ainsi si le pdg veut plus d’argent il doit augmenter la base.
    Jackie

  52. Catherine GUILLERMon 30 sept 2009 at 21 h 27 min

    Vaste rigolade ! Chacun sa formation (je suis médecin ! …). Depuis la nuit des temps, la politique c’est “je bats de l’air”!!!
    On rappellera Pascal LAMY à l’OMC et DSK au FMI (emploiS défiscalisés et loin du SMIC …) : tout le gratin du PS ! … Vive l’emprunt russe. La Gauche est bien heureuse que Sarko I° fasse “le sale boulot” et devrait se souvenir de qui a commencé à démanteler le service public. Quant à mon cher confrère Kouchner … c’est trop triste ! … Il y a un moment où il faut prendre sa retraite … Les soixante huitards, je connais : c’est ma génération, ils sont restés sur leur nuage germanopratin.

  53. BETTON Philippeon 30 sept 2009 at 21 h 40 min

    Forte et simple analyse. On désespère de la voir prendre forme politique.

  54. BAon 30 sept 2009 at 23 h 08 min

    AJH écrit : ” Bien sur que “légalement” (Traités) il faut l’accord des 26 autres Etats… mais que se passerait-il si nous passions outre ? La RFA ou le RU ou Malte nous feraient-ils la guerre ? ”

    Non, ils ne nous feraient pas la guerre, mais si nous passions outre, nous sortirions DE FACTO de l’Union Européenne.

    A votre avis, AJH, quel dirigeant politique français prendrait la décision historique de faire sortir la France de l’Union Européenne ?

    Quel dirigeant politique français prendrait la décision historique de violer les traités européens ?

    Nicolas Sarkozy ?

    Martine Aubry ?

    Ségolène Royal ?

    Dominique Strauss-Kahn ?

    François Bayrou ?

    Votre solution est séduisante sur le papier. Malheureusement, elle ne se réalisera jamais (à moins que le peuple français vote pour un NONiste en mai 2012, et pour des députés NONistes en juin 2012).

    Seul espoir : l’éclatement de l’Union Européenne. Notre salut viendra de là.

  55. A-J Holbecqon 01 oct 2009 at 5 h 38 min

    @BA
    Je suis tout à fait d’accord avec vous …c’est - presque - la seule solution.

    Ceci dit si la dette n’était détenue que par des français, ce serait un demi mal (il suffirait de taxer les revenus financiers) … mais ce que j’espère c’est que la charge de la dette (imaginez une augmentation importante des taux) va devenir tellement lourde que l’évidence de la nécessité de faire monétiser la dette par la Banque Centrale (au lieu des banques privées) nous oblige à cette solution. Même Patrick Artus (de Natixis, pourtant), vient à cette idée.

  56. Bernard GARRIGUESon 01 oct 2009 at 8 h 01 min

    Bien sûr que le lobby bancaire pèse de tous son poids afin de conserver le monopole d’émettre la monnaie.

    Mais, économiquement, la situation est intenable à long terme pour les états et devra, d’une manière ou d’une autre, exploser. Aux EU, même si les banques disposent d’un pouvoir d’émettre plus de monnaie qu’en France, la Féd a conservé son droit régalien d’émettre autant de monnaie que les besoins internationaux de l’Etat l’exige. La Chine a une pratique encore plus maligne puisque la monnaie qu’elle émet est garantie par le dollar.

    Il existe tout de même un moyen afin que le règlement de la dette équivaille à une redistribution de la richesse produite : ce serait que les intérêts de la dette soient payés aux propriétaires individuels des fonds déposés à la banque

  57. Bernard GARRIGUESon 01 oct 2009 at 9 h 06 min

    “Le plan Paulson est une transfusion sanguine à un malade souffrant d’une hémorragie interne“.

    Stiglitz aurait pu aller plus, comme :” le plan Paulson est comme une transfusion sanguine à un cirrhotique en phase terminale.”

    Pour les règles comptables, il me semble immoral que les biens hypothéqués se retrouve dans l’actif des banques et qu’elles aient la compétence technique de les couper en 100 morceaux afin de les vendre à un prix comptable irréaliste (subprime). La valeur patrimoniale des biens hypothèques restent robuste et il paraissait logique qu’Obama mette en place un système comme celui celui du surendettement en France qui permette 1/ de maintenir la valeur patrimoniale de ces biens ; 2/ de conserver un logement correct à ceux qui s’étaient fait avoir.

  58. Jean Yves IZELon 01 oct 2009 at 9 h 54 min

    Bonjour,

    Vous dites: « Les racines de la crise financière, c’est 30 ans de crise sociale ! C’est à cause du chômage que la part des salaires a tant diminué. C’est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette ».

    Vous avez eu, là, Monsieur Larrouturou, un petit coup de fatigue !

    Le capitalisme financier c’est 30 ans de crise sociale ; les « trente piteuses » ne sont pas à, proprement parler les racines de la crise financière ! Les racines de la crise financière tiennent à des pratiques capitalistes cupides, sophistes et cyniques comme peut d’ailleurs être qualifié le capitalisme financier
    C’est le retour au capitalisme financier, de la mondialisation financière (utopie d’économistes libre- échangiste prenant leur rêve pour la réalité et l’imposant à tout le monde ), qui est la cause du chômage de masse dans les pays développé, lui également, ce capitalisme financier qui a fait que la part des salaires a diminuée.

    C’est à cause du capitalisme financier, d’une économie exclusivement à l’américaine, du seul endettement, donc sans aucun équilibre, on peut même dire même totalement déséquilibrée, que nos économies ont tant besoins de dette publique comme privée ! Nous aurions du écouter Keynes à l’époque de Bretton woods quand il proposait la création du « Bancor » (monnaie de compensation internationale), car, sauf à fausser tout le jeu économique mondial, aucun pays ne devrait avoir, comme les Etats-Unis avec le Dollar, une monnaie à la foi nationale et internationale ! Cette dualité leur à permis de berner tout le monde, ainsi exporter leur inflation tout en finançant leur économie au détriment dub reste du monde !

    Et que dire, pour l’Europe du « Théorème de Schmidt », à la fin des années 70 et début 80, la « grande imposture économique du 20 è siècle » ; théorème économique qui disait que « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain » ; à vrai dire et au bout du compte : nous les attendons toujours ces emplois ! En effet, car, si les efforts ont bien été faits et les profits bien réalisés, ceci, sur le dos des travailleurs, de la masse laborieuse, de la « plèbe », avec, en France, une perte de 10 points de répartition de la « Valeur Ajouté » pour les revenus du travail ; les investissements, quand ils ont eu lieu, ne se sont pas réalisés là où les efforts avaient été consentis, mais sous de cieux bien plus cléments pour le capital investis ! Ils ont été réalisés, capitalisme financier oblige, dans des pays émergeants à fort potentiel de croissance économique et forcément de croissance capitalistique ! C’est, là, en Europe, avec le retour du capitalisme financier, avec le retour d’une économie de la seule rente financière, pourtant déjà tristement expérimentée, le tout début de la mondialisation financière de l’économie ; là qu’ après ce que l’on a appelées les « trente glorieuses »… nous vivons les « trente piteuses », voire même plus, car dans le genre capitalisme financier, l’argent pour l’argent, ou celui du capital qui se regarde le nombril : nous sommes assez bien partis ! Nous persistons mêmes malgré la crise financière actuelle, qui, effectivement, est loin d’être terminée !
    En fait il n’y a plus de théorie économique, il n’y a que des pratiques systémiques, qui, quand elles ne se combattent pas, s’ignorent les une les autres ; en réalité nos difficultés sont bien plus fondamentales que ce que pensent la plupart des gens et surtout ceux qui nous dirigent ou entendent nous diriger ! Il faut repenser l’économie en fonction d’une autre logique, la penser en termes « histologiques » (en termes de tissu économique) et non exclusivement en termes d’individualisme méthodologique : du seul agent économique !

  59. BAon 01 oct 2009 at 10 h 12 min

    Réponse à AJH :

    nous sommes à peu près d’accord, sauf sur la faisabilité.

    Patrick Artus vient de retourner sa veste, certes. Patrick Artus vient de se déclarer pour la monétisation de la dette, certes.

    Et après ?

    Et après, que va-t-il se passer ?

    Réponse : rien.

    Les fanatiques qui dirigent la Banque Centrale Européenne ne font que faire ce que les traités européens leur disent de faire : LA STABILITE DES PRIX.

    Jean-Claude Trichet ne fera jamais tourner la planche à billets pour monétiser la dette publique car il ne pense qu’à la stabilité des prix.

    Pour conclure, je vous rappelle que l’Allemagne vient juste d’inscrire dans la Constitution Allemande un nouvel article : l’obligation d’un budget en équilibre. L’Allemagne est obsédée par la STABILITE DES PRIX pour des raisons historiques.

    Bref, la Banque Centrale Européenne ne monétarisera pas la dette publique, l’Allemagne combattra l’inflation de toutes ses forces, … et l’Union Européenne explosera dans quelques années.

    Le plus tôt sera le mieux.

  60. Jean Yves IZELon 01 oct 2009 at 10 h 40 min

    Cette crise financière est fabuleuse car elle est le résultat d’une véritable mystification de la part des banquiers, ceci, avec la complicité des économistes, et, bien sûr, celle des politiciens de tout bord : un véritable cercle vicieux car désormais les Etats sont pris à la gorge par les banquiers et ils ne peuvent que les aider ! On peut même parler de « grande escroquerie », comme celle que j’ai déjà évoquée concernant le théorème de Schmidt : voire d’un véritable hold-up !
    Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais ! Le monde de la banque est devenu un monde de larron en foire : en « marché » ! Avec les produits financiers sophistiqués actuels, les « dérivés » et autres « sous-jacents » de toutes sortes, les banques ne font rien d’autre que de la cavalerie financière entre elles, ce qu’elles interdisent de faire pour de simple commerçant et à raison !
    Poussons le raisonnement jusqu’a bout !

    Imaginez que vous soyez, vous, individu ou entreprise lambda, en difficulté financière, limite en faillite personnelle car très endetté, et, que, pour vous sortir d’affaire, il vous viendrait l’idée de faire de la cavalerie financière avec un autre commerçant ; autrement dit : de vous faire escompter des effets de commerce sans échange de marchandises (marchandises virtuelles) , ceci, pour vous financer tous les deux car les banquiers ne veulent plus vous prêter. Arrivé un moment de ce jeu stupide, une fois au tribunal de commerce, ce qui est inéluctable, vous seriez considéré comme un tricheur tenu responsable de ses difficultés et lourdement condamné !

    Mais continuons, arrivé là, au bord de la faillite, le système n’ayant pas fonctionné comme vous l’espériez (cercle vicieux en fait), imaginez, qu’après avoir fait de la cavalerie financière, vous trouviez encore un « prête-nom » qui emprunte de l’argent à votre place et, qui vous prête cet argent à un taux usuraire, (2 fois le taux du moment, même s’il est peu élevé, relève logiquement de l’usure) ; c’est précisément ce qui se passe entre l’Etat et les Banques !

    A l’évidence vous ne pourriez pas faire tout cela, et surtout pas avec l’aide des institutions, qui, bien au contraire, se retourneraient contre vous et vous feraient payer très cher ce type de pratiques !

    C’est pourtant bel et bien ce qui se passe entre les banquiers et les Etats-Nations pour ce qui est du plan de soutien bancaire ; bel et bien ce qui se passe également entre Banques et autres Zinzins, sur les marchés financiers avec les contrats sur dérivés qui sont purement et simplement de la cavalerie financière car il n’y a jamais d’échange de marchandises ; les positions pouvant être reportées …
    De la recherche de capitaux et la possibilité de se procurer rapidement des liquidités en cas de besoins impérieux ; ce qui était le rôle légitime de la bourse… celle des échanges. De la satisfaction de ces besoins financiers, mais réellement économiques et non exclusivement financier, aussi et plus récemment d’une couverture de risques somme toute légitime ! De tout cela, qui se tient économiquement, à la spéculation financière pure et à grande échelle… mondialisée : il y a là un sacré détournement de moyens élaborés sur les marchés financiers par ces beaux larrons en foire que sont les banquiers !

    L’économie financière fait 10 fois l’économie réelle : comment a-t-on pu en arriver là ? Par la cupidité des banquiers!

    Comment sortir du piège ? La solution consistant à réduire les primes aux traders est de la rigolade. Ce ne sont pas les traders qui font le système mais le sytème qui fait le trader: il faut abolir ce systme et réfléchir à un autre système financier mondial! Réfléchir également à un autre mode de règlement pour les échanges internationaux ! Il nous faut également repenser une science économique qui n’étudie pas réellement l’économie mais l’agite en fonction de principes essentiellement rationalo technoscientistes qui se regardent technoscientifiquement le nombril!

    Mais surtout en punisssant sérieusement les coupables de cette grande escroquerie financière planétaire : en les nationalisant !

  61. Bernard GARRIGUESon 02 oct 2009 at 7 h 44 min

    Il me semble que les maîtres du bordel sont ceux qui détiennent le pouvoir de gérer la monnaie, dont de l’émettre. Les politiques, surtout français, ne tiennent pas les manettes. Pas la peine d’attendre qu’ils s’en saississent.

    Faudrait trouver un moyen qui permette, simplement, à tout individu de détourner ce système totalitaire.

  62. Bertrand LAFORGEon 02 oct 2009 at 9 h 25 min

    La donnée que nous voulons mettre en avant en affirmant que la crise est avant tout une crise sociale correspond à une analyse que vous pouvez consulter sur notre site dans les onglets la crise et le diagnostic : l’absence de gestion des gains de productivité au cours de 40 dernières années. La productivité a augmenté d’un facteur supérieur à 5 entre 1960 et 2000 alors qu’elle avait seulement doublé entre 1820 et 1960. La révolution industrielle, l’invention de la machine à vapeur, l’invention de l’électricité, l’organisation du travail introduite par le taylorisme,… tout cela n’avait permis qu’un doublement de la richesse produite par individu. Avec la révolution des techniques informatiques et robotiques, c’est un phénomène inédit dans sa magnitude qui s’est mis en place. Maintenant une chaine de production moderne est pratiquement complètement automatisée et cela a créé le chômage de masse car dans le même temps le droit du travail n’a pratiquement pas bougé. Alors qu’entre la fin du XIXème et siècle et les années 60, le temps de travail a été diminué par 2, ce dernier n’a pas bougé depuis. Même le passage au 35 h modifié depuis par pas moins de 5 ou 6 lois modificatives pour assouplir le droit du travail se solde aujourd’hui par une durée du travail de 39,4 h/semaine pour les gens bénéficiant d’un emploi à plein temps et de 36,8h/semaine en moyenne pour l’ensemble des gens déclarant travailler (effet des temps partiels essentiellement subis). Dans le même temps, le chômage de masse a rompu l’équilibre de la négociation salariale qui s’est soldé par une diminution relative des salaires dans la répartition du PIB. Une telle baisse devait entrainer une baisse mécanique de la demande qui n’a été contenue que grâce à l’ouverture des vannes du crédits et donc grâce à l’endettement des ménages.

    La crise financière est donc largement due à une crise sociale même si l’ouverture des marchés à tout va et les mécanismes de l’innovation financière (titrisation, paradis fiscaux,…) ont leur part de responsabilité.

  63. Bernard GARRIGUESon 02 oct 2009 at 10 h 28 min

    Il ne faut pas recommencer le débat de la poule et de l’oeuf.

    A mon avis, la crise sociale est un symptôme ; celui du passage de la “politique” monétaire de l’intérêt public aux intérêts privés les plus cyniques. Aucun État qui ne maîtrise pas sa monnaie ne peut avoir de politique autonome, voire de politique tout court.

    La productivité est un concept assez fumeux sur le long terme, dont la plupart des décideurs ignore le sens ; si elle était calculée, par exemple, à partir d’une unité d’énergie ou à partir d’une unité d’heure de travail, les gains et les pertes de productivité seraient tout à fait différents ; donc généreraient des décisions différentes. Mais, sans conteste, le plus mauvais moyen de calculer la productivité est de la faire en unité monétaire.

  64. ROUGIER Jean-Pierreon 02 oct 2009 at 14 h 54 min

    Je partage complêtement le point de vue de JYI, et il faut une action mondiale pour changer quoique ce soit, et surtout casser ce systême capitaliste dont le moteur est la bourse. Les banques font chanter les états et les politiciens ne bougeront qu’à la marge, donc il faudra une révolution ou une mise en marche d’un processus de sape de la bourse, dont les banques ont besoin, pour qu’elles acceptent des changements.
    Si rien n’est fait par un grand mouvement citoyen et humanitaire pour démolir ce système au profit d’un autre, lui nous détruira, mais avec rien au bout.

  65. bruno frandemicheon 02 oct 2009 at 16 h 47 min

    5 regles pour modifier le systeme
    a dette : la banque de france prete à taux zero par projet à quiconque ayant un “bon” projet (1er projet : l’etat rembourse toutes ses dettes aux banques)
    b salaire : plage flottante de de 1 à 25 (en intégrant sous-traitance)
    c patrimoine : limité à 15ME sauf createur d’entreprise
    d succession : limité à 1.5ME par enfant
    e vision : exploiter la lune/mars

  66. clainon 02 oct 2009 at 17 h 01 min

    aprés cette brillante mais tendancieuse analyse je dis bravo ! mais je ne vois pas le début du commencement d’une proposition ou j’ai mal lu ou compris .La dette publique est un déficit de recette fiscale ou des dépenses excessives de l’Etat :les deux cumulés font que la dette est encore plus grande .Vous situez le début de ce dérapage à 1981 c’est drôle :pour les USA Reagan choisit la premiere solution , Mitterrand la seconde ou l’Etat grossit nationalisation et décentralisation Pour la perte de recette fiscale voyons déja les niches fiscales ( 73 milliards ) le baréme de l’impôt sur les revenus ( je vous rappelle le nom du ministre des finances qui baissa le premier l’IR ayant appellé une cagnotte un déficit moins élevé que prévu ? ) et corriger les bétises telles que le bouclier fiscal ,les droits de succession ,la TVA restauration et j’en oublie .Pour les dépenses de l’Etat il y a du gachis : lire tous les rapports de la Cour des Comptes il y en a pour toutes les a

  67. clainon 02 oct 2009 at 17 h 31 min

    je continue car j’ai glissé sur une touche
    il y en a pour toutes les administrations .La décentralisation serait aussi a examinée de prés .les doublons sont légions mais évidemment cela crée des postes de chefs de services Le prix de la démocratie pourrait etre un peu allégé par diminution du nombre des vice-présidents dans tout notre systéme .vous parlez des pays nordiques croyez vous que la gauche française prendrait tout en bloc notamment ceux qu’on désigne comme ” l’élite ” qui vit de la politique . ça c’est général maintenant un point personnel Lors du congrés de Reims il y avait une liste Larrouturou ,j’avais posé une question demandant un développement sur les 32 heures suite a vos arrangements internes je me suis retrouvé comme signataire sur la liste C d’Hamon ,j’ai réclamé des explications n’étant pas encarté au PS . Personne n’a répondu ni la NG ni le PS Est ce normal Merci et bon courage ça soulage
    Sur la répartition de la valeur ajoutée en salaire et capital ne pensez vous pas que la productivité vient en partie d’investissements plus importanten équipements de production (robots et informatiques )

  68. Bernard GARRIGUESon 02 oct 2009 at 22 h 01 min

    Attendre (ou travailler à) l’action mondiale réparatrice, c’est à peu prés aussi efficace que faire confiance à la providence.

    Il est vrai (et dommage) que la Nouvelle Gauche produise des analyses et ne réponde pas lorsque, dans le débat, nous demandons des explications sur le comment ça marche. Dans le cas présent sur les accord de Wasselaar. Mais nous n’avons pas eu d’explications non plus sur le comment ça marche le protectionnisme de gauche.

    Cela fait dix ou quinze ans que je rencontre AJH ou Pierre LARROUTUROU dans les coins bien fréquentés d’internet. Il ont tous les deux un discours bien construit basé sur des analyses robustes. Pour quelles raisons la mayonnaise ne prend-elle pas ?

  69. Robinon 04 oct 2009 at 10 h 51 min

    Le jour où les politiques placeront l’Homme au centre de leurs pensées et de leurs décisions, les peuples pourront grandir et vivre avec sérénité. Réduire l’Homme à des chiffres, à des rendements, à des cadences c’est tout simplement l’assassiner (voir france-télécom). C’est ce que font le président français et ses sonders commandos (fillon, bertrand, lefevre, darcos, woerth, alliot-marie, copé et tous les autres)

  70. G.Angon 12 nov 2009 at 15 h 08 min

    la concision et la clarté de l’article font honneur à son rédacteur. Pour avoir fait des études sur les prix et les coûts de revient, je constate toujours que les déséquilibres sont dus à la méconnaissance et une trés mlauvaise interprétation de ce que peut être la Valeur Ajoutée. La prééminence actuelle du système de type anglosaxon montre que
    1-les actionnaires prélèvent des revenus sans tenir compte de la capacité à les générer (dette). Il est pratiquement toujours impossible de générer 15 à 30% de résultat net. Aucun système ne le permet sauf peut être en cas d’esclavage déguisé.
    NB: que le capital soit rémunéré me parait juste, comme un salaire en somme, qui correspondrait à la VA apportée par ces investisseurs
    2- nous parlons économie, et eux parlent finance. Le déséquilibre est important car la base de création de “monnaie” fictive, pour 100 unités devait s’appuyer sur 25 réels. J’ai appris trés récemment que nous en sommes à 8 réels pour 100 créées!
    3-la déconnexion flagrante entre l’économie et la finance, permet sans aucune retenue de quelque sorte que ce soit de générer des fortunes réelles sur du fictif. Qu’on se rappelle la vente de l’industrie américaine “à la découpe” par de yuppies, il ya 20 ans environ et la difficulté à remonter cette économie, et l’on verra que cette leçon n’aura servi qu’à fuir vers la dette publique : on privatise les gains et on mutualise la dette. Il ne s’agit pas non plus de se tourner vers un dirigisme à la soviétique ou à la chinoise. Cela ne peut que masquer les erreurs de plannification absolues.
    4- tant que la valeur ajoutée des métiers par les hommes ne sera pas prise en compte dans l’évaluation des entreprises et de l’économie, tout raisonnement restera fallacieux, et voué aux échecs à moyen et long terme
    5- le débat est toujours repris par les “coupeurs de coûts”, avec pour seule perspective que les salaires, donc la VA ajoutée des métiers et des produits soit considérée comme une charge! incroyable mais vrai!!!
    et c’est comme cela qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont installés, au mépris de ceux qui travaillent, créent de la richessse par leur VA et qui consomment finalement…

    Et nous dans tout ça? Tout juste bons à servir de caution, payer de plus en plus pour combler ces déficits monstrueux et tueurs! et je ne parle pas des petits épargnants à qui on fait et on fera supporter le comblement de tous ces déficits, en leur ponctionnant ou dévaluant le peu qu’ils ont réussi à économiser après une dure vie de labeur!
    Il faudrait que le raisonnement s’appuie sur la valeur ajoutée véritable apportée par chacun des acteurs de l’économie

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