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Expression militante

Réduction du temps de travail : choisir ou subir ?

Par Nouvelle Gauche le 04/12/2009

3.888.300 chômeurs en France en juillet1, hors travailleurs précaires. Alors que les perfusions à l’économie, prime à la casse en tête, lui redonnent une stabilité de façade, le chômage explose. Et pour ceux qui gardent leur emploi, la pression s’accentue.

 

Quelles réponses à gauche ? Les socialistes organisent « une journée de l’emploi ». Leur meilleure proposition ? « 100.000 emplois aidés »… De façon évidente, nous pouvons faire mieux. N’ayons pas peur de faire le bilan. Mettons sur la table les nouvelles variables, les idées qui décoiffent. S’il est plus difficile de construire un projet de gauche, c’est parce que nos bonnes idées sont moins faciles à vendre que les slogans du sarkozysme ou le « bon sens » conservateur.

Quand on parle solution au chômage de masse, et qu’on est de gauche, la réduction du temps de travail nous vient naturellement à l’esprit. Les 35h ont été une étape, malheureusement mal ficelée et parfois, disons-le, contre-productive. Il était nécessaire de systématiser les embauches et conditionner strictement les aides, de rendre attractif plutôt qu’imposer, de protéger les bas salaires, d’articuler le dispositif avec les besoins de formation et l’épanouissement personnel. Pourquoi ne pas le reconnaître et accepter les progrès qui nous restent à faire ? Nous pensons que c’est non seulement possible, mais aussi indispensable.

 

400 entreprises sont déjà passées à 4 jours.

Et en réalité, ce chantier-là a déjà démarré. C’est la semaine de 4 jours à la carte, et 400 entreprises l’ont déjà mise en place avec succès. De l’usine de yaourts à l’auto-école, des entreprises qui n’avaient pas grand-chose en commun, pas les mêmes contraintes mais qui ont gagné en intelligence collective, en intérêt du travail, en temps libre et en productivité. S’appuyant notamment sur la valorisation du budget de l’UNEDIC, le bouclage macro-économique de la « formule Larrouturou » tient : maintien du potentiel de production, stabilité des coûts, stabilité (ou hausse) du revenu disponible des ménages, absence d’aggravation du déficit public.

Et 1.600.000 emplois en CDI à la clé2.

Face à la hausse phénoménale de la productivité au cours des dernières décennies, face aux perspectives de croissance tellement incertaines qu’il serait criminel (et idiot) d’y mettre tous nos espoirs, nous devons aujourd’hui faire un choix fondamental. Soit nous reprenons courageusement notre combat pour la RTT, avec la volonté d’édifier un nouveau pacte social, soit nous laissons faire les néo-libéraux qui eux, rappelons-le, n’ont pas besoin d’être courageux pour arriver à leurs fins.

 

Depuis plusieurs semaines, la durée hebdomadaire du travail dans les usines américaines est tombée à 33 heures, faute de demande. Un mouvement qui entretient la baisse des revenus salariaux et pourrait nourrir la faiblesse de la consommation dans les prochains mois3. 33 heures de durée réelle aux USA. 32 heures en Grande Bretagne… La question n’est donc pas « pour ou contre la RTT ? » mais « quelle RTT ? ». Une RTT faite de précarité et de violence sociale ou une RTT négociée collectivement, sans baisse de revenu pour le plus grand nombre et avec plus de 1.500.000 nouveaux emplois à la clef ?

 

Choisir ou subir la réduction du temps de travail, la question se pose plus que jamais.

 

Thomas MAZIERE

Secrétaire général de Nouvelle Gauche

www.nouvellegauche.fr



 

 

1. catégories A, B et C.

2. Pierre Larrouturou. Pour la semaine de quatre jours. La Découverte (1999)

3. Le Figaro – 3 octobre 2009


 

21 Commentaires

  1. Marcel Bariouon 06 déc 2009 at 11 h 55 min

    En effet la question est posée plus que jamais. Comme le rappelle Thomas Mazière, dans les faits, le temps moyen de travail des actifs aux USA converge vers 32 heures de manière subie.

    En France de 2003 à 2005 la durée moyenne du travail pour les salarié à temps plein oscillait autour de 39 heures (39,24) - Enquête INSEE du 19/07/2009. Ceci met à mal la thèse comme quoi, en France, on travaille peu et moins qu’ailleurs. Professions intellectuelles et cadres travaillent plus, mais le haut dev l’affiche est largement tenu par les agriculteurs, les commerçants et artisans. A côté bien sûr 5 millions de personnes sont exclues sous une forme ou une autre du marché du travail.

    Néanmoins, la thématique de réduction du temps de travail terrorise, fait peur à beaucoup de salariés (en activité essentiellement) et aux politiques. Au 1er mai 2011, soit 30 ans après le 1er mai 1981, soit une génération, la gauche aura gouverné 15 ans et la droite 15 ans. Bien que les objectifs étaient en 1981 des 39 heures, on parlait déjà des 35 heures et des 4 jours. Le débat sur la productivité était déjà là, pas aussi prégnant qu’aujourd’hui, (Reagan et Tatcher commençaient leurs méfaits). Où sont les mesures audacieuses, créant de l’activité et de l’emploi, dynamisant le tissu économique ? A catégories similaires il y avait à l’époque 1,7 millions de chômeurs, nous sommes aujourd’hui à 2,8 millions. En outre la gauche à honte des 35 heures et n’ose même plus en parler. La droite a bâti contre les 35 heures son discours idéologique, mais elle ne les supprimera jamais et pour cause.

    La mise en place des 35 heures, telle qu’elle fut faite, fut une aubaine pour écouler le sur-stock de productivité. Pas de contrepartie, peu de création d’emplois (une arithmétique sommaire permettait d’espérer entre 1,5 Millions et 2,5 millions), il y avait quand même une réduction du volume d’offre theorique de travail de 10,3% (absorbée sans problème), peut-on revendiquer 300 000 emplois du au 35 heures ? Peut-être.

    Or le problème est crucial, on ne peut pas laisser 5 millions de personnes au bord de la route. On ne le dira jamais assez, sans être un idôlatre, le travail restera encore et pour longtemps le lieu principal de création du lien social, aussi faible soit-il. Il n’y a pas d’autres lieux équivalents et le chômeur est souvent un mutilé social. Tout ceux qui veulent travailler, forgent les bases de leur identité par le travail, sauf quelques privilégiés je vous l’accorde. Pourquoi tolérer encore que les jeunes à partir de 18 ans doivent attendre 5 à 10 ans pour rejoindre un emploi régulier et à plein temps, les privant ainsi d’un fondation forte de leur personnalité en fin d’adolescence et en début de vie de jeune adulte. Pourquoi auraient-ils une conscience d’engagement collectif, alors que la collectivité du travail les rejettent. A partir de 45 ans tout est mis en oeuvre pour exclure progressivement, les salariés, d’une position stable. C’est en place depuis 20 ans et ça continue et ça continue …

    Et pourtant, les bonnes thèses et propositions de Nouvelle Gauche ont un faible écho. Pourquoi ? Quelques pistes :

    1) la gauche honteuse tétanisée sur les 35 heures a transmis sa peur, de la réduction du temps de travail, à une grande majorité de nos concitoyens,
    2) la gauche n’a jamais parler haut et fort de la création basique et nécessaires de nouvelles activités sur notre territoire, elle s’est toujours contenté de parler d’accompagnement social du chômage jamais d’accompagnement économique, il s’agissait de faire passer la pilule, fi de la création de nouvelles activités,
    3) la droite a forgé son discours au cours des 15 dernières années, en capitalisant sur la réduction du temps de travail et la précarité, elle a inscrit dans les esprits de nos concitoyens que réduction de travail et impôts sont les pires des maux,
    4) la droite a inscrit dans les têtes, durablement, que la réforme des services publiques passe uniquement par la réduction des emplois,

    La droite inclut dans son corpus sémantique le vocabulaire de la gaucche en le travestissant totalement, et ça passe. Donc il faut réagir, les mots étant dépouillés de leur sens.

    Pour ceux qui n’ont pas compris, la droite s’est offerte un droit de copyright du vocabulaire dans les esprits. Donc la signification de certains mots s’est totalement altérée. La droite américaine l’avait fait avant la droite fançaise, actuellement la droite européenne est en phase de recopie.

    Face à cela il faut forger un autre discours et le porter haut et fort.

    1) Ne parlez plus de réduction de temps de travail mais de réorganisation du temps de travail,
    2) Ne parlez plus de gratuité, mais de prise en charge collective,
    3) Précédez l’accompagnement social du chômage, par l’accompagnement économique des entreprises par une véritable politique industrielle, et notamment un véritable soutien conditionné, par des mesures fiscales audacieuses pour conduire les PME/PMI vers une véritables autonomie de création d’activité, produits, services et les sortir des sous traitances captives dont elles sont trop souvent les victimes,
    4) Mettez la formation pour les travailleurs et la R&D pour les entreprises au coeur de votre programme de transformation économique et sociale,
    5) Essayez de comprendre que la droite a créé dans les têtes, avec le silence complice d’une gauche sans idées, un abcès de fixation source de peur face à la réduction du temps de travail chez ceux qui travaillent, l’impôts (ça ne leur empêchera pas de taxer plus) et l’initiative chez tout le monde.

    Donc contournez le problème. Pour exemple, restons aux 35 heures mais REORGANISONS ce temps d’une autre manière en donnant sa pleine place à la formation pour les travailleurs et à la R&D pour les entreprises.

    Dites pour commencer : REORGANISONS LE TEMPS DE TRAVAIL, 35 heures = 4 jours X 8 + 3 heures de formation obligatoires pour tous. Introduisez concrètement la SECURISATION DU PARCOURS PROFESSIONNEL de 18 à 60 ans et pour tous.

    Il s’agit de travailler autrement, de vivre autrement, de se former autrement tout au long de notre vie et avec une autre économie. NOUVELLE GAUCHE à de bonnes idées, mais vous êtes à ce jour ensablé et à défaut de changer de vocabulaire, la droite a encore de beaux jours devant elle, car elle a investi dans la peur et ça semble porteur pour elle. Tant que vous ne changerez pas de vocabulaire, votre discours restera inaudible.

    Bien à vous

  2. MKLon 06 déc 2009 at 14 h 35 min

    Marcel,

    Oui, pourquoi pas une présentation de la S4J sous la forme 32h+3h.

    Mais de l’expérience des quelques débats que j’ai pu avoir ces derniers temps sur le web à ce sujet, pour peu qu’on donne quelques arguments précis et chiffrés, ainsi que des témoignages récents (voir ceux que j’ai postés sur le forum), on arrive tout-à-fait à convaincre une partie de l’auditoire.

    Par contre il faut impérativement parler de “semaine de 4 jours” et plus de “32 heures” qui sèment inévitablement la confusion avec les 35h.

    Ci-dessous quelques exemples de débats récents que j’ai pu déclencher :

    http://www.liberation.fr/economie/0102605263-52-000-chomeurs-de-plus-en-octobre:sortBy-lastCommented:page-1:target-1326625#1326632

    http://www.liberation.fr/economie/0102605263-52-000-chomeurs-de-plus-en-octobre:sortBy-lastCommented:page-1:target-1326625#1326625

    http://www.liberation.fr/economie/0102605263-52-000-chomeurs-de-plus-en-octobre:sortBy-lastCommented:page-1:target-1326625#1329644

    http://www.bulle-immobiliere.org/forum/viewtopic.php?f=4&t=58844&start=12

    Mais je confirme que cette mesure ne se “vend” pas d’elle-même, et qu’elle nécessite un gros travail d’explication.

  3. Marcel Bariouon 06 déc 2009 at 20 h 50 min

    @MKL,
    Je suis tout à fait d’accord sur la difficulté. Mais je crains que 4×8 tout seul ou la formation seule soit encotre bien plus difficile à vendre.

    As tu lu les documents qui ont été préparé sur le sujet 4×8 + 3h de formation ?
    Il y a une note de 5O pages, deux présentations, une en 60 transparents et l’autre en 17 transparents. La diminuation de salaire n’est pas nécessaire. Je le place dans un débat plus large si ça intéresse Nouvelle Gauche, pour le moment Nouvelle Gauche me semble crispé sur le 4×8…

    Donc pour ma part, je ne vois pas l’intérêt d’aller plus loin dans le débat sur 4×8 + 3 heures de formation… avec Nouvelle Gauche sauf évolution contraire attendue dans la section Ile de France, donc à voir …

    J’ai parcouru rapidement les liens donnés, par toi, seul le 4×8 est abordé. Sauf à avoir mal lu je n’ai pas où le 4×8j + 3 h de formation hebdo sont abordés. Mais je constate qu’il y a débat. J’ai tenté plusieurs fois à Mediapart, aucun écho. J’en donne toutes les raisons dans mon commentaire précédent… la gauche honteuse et sans programme mais je n’en ferais pas polémique … Pourtant plus réformiste que moi tu meurs ! Enfin presque…

    Comme je ne connais pas la politique de publication de NouvelleGauche et si tout le monde est GooGlelisé où pas dans l’attente, les documents concernés sont récupérables ici :
    http://www.brasnah.fr/Formation4j.pdf
    http://www.brasnah.fr/Formation4jLight.pdf
    http://www.brasnah.fr/formation_4jours.pdf

    Bien à toi et bon courage
    Amicalement

    Marcel

  4. Marcel Bariouon 06 déc 2009 at 21 h 03 min

    @MKL
    Une remarque, les activités ne sont pas un gâteau de définition finie. Sa dimension est une fonction du temps et d’autres paramètres. Cela dit, ça ne remet pas en cause la nécessité des 4j + 3h…

  5. zimmermannon 07 déc 2009 at 13 h 59 min

    Bonjour, allez lire ce lien ci-dessous sur marianne2.fr et vous y lirez des extraits d’un article de Jeremy Rifkin sur une aautre organisation du travail qui rejoint votre analyse
    http://www.marianne2.fr/Travailler-moins-pour-tous-travailler-L-Espagne-d-abord,-et-puis-l-Europe_a183005.html
    Cordialement

  6. Marcel Bariouon 08 déc 2009 at 7 h 04 min

    @Thomas Mazière
    Merci d’indiquer dès la page d’accueil que les commentaires sont possibles
    Bonne journée

  7. MKLon 09 déc 2009 at 17 h 48 min

    Marcel,

    Effectivement je ne mentionne pas de temps précis de formation associé à la S4J car j’essaie d’insister sur les “4 jours” qui je pense sont plus parlants pour la majorité des salariés (dont beaucoup ne comptent plus leurs heures, même sans avoir le statut cadre), sauf demande expresse d’un interlocuteur.

    Par contre dans le petit comparatif S4J/35h que je donne quand on m’envoie l’objection : “35h = preuve que la RTT ne marche pas”, je précise systématiquement qu’un important plan de formation est associé à la S4J pour que les postes créés soient pourvus très rapidement.

    Cet aspect est pour moi primodial dans la “crédibilisation” de cette mesure.

  8. Marcel Bariouon 10 déc 2009 at 8 h 22 min

    MKL
    OK comprenons nous bien. En ce qui concerne, la formation d’adaptation aux 4 jours, est pour moi la parfaite caricature de la formation. Sur ce point je suis en total désaccord avec Nouvelle Gauche, qui sans vouloir offenser quiconque y a très peu réfléchi voire pas du tout. Ce type de formation est celle dont rêve Andersen/Accenture. Elle est nécessaire mais marginale, elle est le pendant de toute formation liée à un investissement et doit être prise en compte en tant que tel dans les postes comptables, c’est à dire qu’elle doit être immobilisée et amortie au même titre que les investissements corpoorels ou incorporels auxquels ces formations se rattachent. C’est de l’investissemlent pour l’entreprise seule, un point c’est tout.

    La formation au sens premier du terme (Actif pour le salarié et l’entreprise), j’en parle longuement dans les documents suivants :
    http://www.brasnah.fr/Formation4j.pdf
    http://www.brasnah.fr/Formation4jLight.pdf
    http://www.brasnah.fr/formation_4jours.pdf

    Pour ton information, MKL, la suppression du DIF est dans le tunnel et le pouvoir actuel ne rêve que d’une chose, c’est de mettre le maximum de chômeur en formation parking. Les règles qui y conduisent ont été définies dans le rapport Cahuc/Zylberberg en Juillet 2006. Le premier étage c’était la création de pôle emploi. Si je ne m’abuse ça a été fait. Par contre la gauche démissionnaire s’interroge par exemple de savoir si Rama Yade doit prendre les têtes de liste PS des Hauts de Seine (C’était Il ya un mois). On est où là ?

    J’ai passé ma vie entière dans des entreprises industrielles, je pense connaître un peu le sujet. Du moins je le mets en débat. Je pense que la vrai formation tout au long de la vie est un sujet aussi fondamental que la R&D dans les entreprises et personnellement je lie les deux.

    Je ne veux pas être brutal, tu le sais aussi bien que mois, il y a 5 millions d’exclus partiels ou total du champ du travail, et ça va s’accroître en l’état, ça ou la précarisation totale. Aujourd’hui, descendre en dessous de 35 heures fait peur à tous les salariés ou presque, la formation (pour 27 Mia € quand même) c’est comme le syndicalisme => INEXISTANT . Il faut bien trouver un angle d’attaque nouveau pour arriver aux 4 jours. En direct c’est impossible (car il ya forcément diminution de salaire) et personne ne suivra, personne, personne, personne. Donc il faut trouver une autre démarche sans diminution de salaire. C’est le sens de ma proposition, sinon selon moi, on use le soleil.

    Bon courage, fais moi part de ta réflexion, merci

    Marcel

  9. MKLon 11 déc 2009 at 11 h 58 min

    Marcel,

    Conjuguer la S4J à une formation continue tout au long de la vie professionnelle ne me pose aucun problème, cela revient à associer la lutte radicale contre le chômage à la sécurisation du parcours professionnel, autre thème central de NG.

    La seule réserve que j’émettrai est dans le ressenti de l’opinion lors la présentation de ce concept.
    Celle-ci aura, je pense, aura encore plus de mal à imaginer qu’on puisse créer de 1.5 à 2 millions d’emplois en restant à 35h, même sur 4 jours (l’objection principale qu’on m’envoie systématiquement “à la figure” est : “35h = 0 emploi créé ou presque”).

    D’autre part, tu dis :”descendre en dessous de 35 heures fait peur à tous les salariés ou presque”.

    Je ne serai pas aussi affirmatif à ce sujet :

    Une enquête publiée dans un n° de « Futuribles » il y a quelques mois, et reprise en résumé dans un article des Echos.fr, indique que 65% des français souhaitent travailler moins.

    http://www.lesechos.fr/info/analyses/4853210-travaillez–prenez-de-la-peine—.htm

    Dans un débat auquel j’avais participé il y a quelques mois sur le forum Bulle Immobilière (http://www.bulle-immobiliere.org/forum/viewtopic.php?f=3&t=52584&start=0), de nombreux intervenants ont déclaré être prêts à travailler nettement moins même avec une perte de salaire.

    Enfin, par exemple, dans l’entreprise où je travaille actuellement, depuis que la direction RH a assoupli sa politique en matière de temps partiel, de nombreuses femmes ont choisi (de leur plein gré) la formule du 4/5e, malgré la perte de salaire correspondante.

    Je pense vraiment que l’idée de la nécessité d’une baisse drastique du temps de travail commence à faire son chemin dans l’esprit de la majorité de nos concitoyens.

  10. Marcel Bariouon 11 déc 2009 at 19 h 27 min

    OK MKL, mais l’acitvité productive n’est que de 32 heures, donc 3 heures en moins car ces trois heures sont transférées vers la formation en totalité. Elles ouvrent la nécessité d’ouverture de postes productifs, sans parler du besoin de formateurs. Il y a nécessité d’un débat là-dessus, pour mieux apprécier tout cela,

    Par ailleurs la crainte de réduction de temps de travail, c’est le risque de baisse de salaire. Dans le schéma proposé on reste dans un premier temps à 35 heures au total. Outre l’intérêt de la formation, c’est un outil de négociation, contre toute baisse de salaire. Maintenant je n’ai pas de chiffres ni d’enquête d’opinion pour étayer tout cela. Dans ton exemple c’est un troc de temps partiel contre 4/5, me trompai-je ?

    Bien à toi amicalement et bon courage

  11. MKLon 13 déc 2009 at 9 h 57 min

    La semaine de 4 jours et Pierre Larrouturou mentionnés dans un article sur le site d’Usine Nouvelle :

    http://www.usinenouvelle.com/emploi/management-9/5-une-journ-e-de-travail-en-d-cembre-2029.3027.html

  12. Paul Caspion 18 déc 2009 at 11 h 45 min

    J’ai écouté sur Internet la brillante conférence de PL à l’IEP de Lille. C’est très séduisant et je ne suis pas loin de partager ses idées, c’est d’ailleurs pour cela que j’ai adhéré à NG, mais je me suis parfois demandé si c’était plus brillant que solide et je pense par ailleurs que ce dont nous avons besoin en ces temps difficiles c’est de rigueur intellectuelle.

    Prenons le partage du temps de travail, c’est une idée naturelle, 32 heures pour tous au lieu de 40 pour les uns et 0 pour les autres. Mais peut-on faire l’impasse sur le fait que cette idée n’est pas populaire car cela veut quand même dire gagner moins pour certains pour partager avec d’autres. N’est-ce pas cela qui a fait perdre Jospin en 2002 (avec l’aide des écolos, n’est-ce pas qui n’ont rien dit ni fait pour défendre les 35heures)?

    Ensuite l’idée de regagner de la part de salaires dans le revenu global est-elle bien compatible avec les 32 heures? Les 35 heures s’étaient accompagnées de modération salariale qui n’avaient pas aidé à modifier le partage des revenus.

    L’idée d’exonérer les entreprises passant aux 32 heures de cotisation chômage est élégante et à creuser, mais, si cela se généralise et comme ce ne sera pas suffisant pour résorber tout le chômage, qui va payer les cotisations pour les chômeurs restants?

    Enfin, faire plier la Chine et la pousser à une politique sociale plus juste sous peine de taxes d’importation est une bonne idée, mais que ce passera-t-il en attendant pour un commerce extérieur en berne ?

    Voilà donc des questions à creuser. Bon courage quand même.

    Paul

  13. MKLon 18 déc 2009 at 14 h 40 min

    @ Paul Caspi,

    Ce n’est pas le principe même de la RTT qui est devenu impopulaire, mais les effets “indésirables” des 35h…

    Voir le sondage récent que j’ai évoqué plus haut.

    En ce qui concerne EE et la RTT, jetez un oeil au chapitre “emploi” de leur programme, vous y trouverez la volonté d’imposer une durée maximale légale de travail au niveau européen de 1500h/an.
    Faite le calcul, cela revient aux 32h :

    http://www.europeecologie.fr/contenu/le-pilier-emploi

    Aucune précision n’est donnée pour le moment sur les modalités de mise en oeuvre, mais on peut imaginer que Pierre y travaille actuellement (pour la France en tout cas).

    Les 35h ont été accompagnées d’une modération salariale qui aurait du être très temporaire si des emplois avaient été créés en masse, ce qui n’a pas été le cas.

    Le rapport de force employeur/salarié n’a donc pas pu être rééquilibré, comme cela devrait se produire avec une RTT beaucoup massive comme la S4J.

    Pour donner un exemple concret, dans mon secteur d’activité, l’informatique gros systèmes de gestion d’entreprise, le besoin en recrutement est supérieure à l’offre en termes de profils disponibles sur le marché.
    Résultat, il est relativement facile d’obtenir une augmentation, au besoin en quittant son actuel employeur pour la concurrence (pour ma part j’ai changé 4 fois d’employeur en 9 ans, de mon plein gré, et ce n’est pas un record)…

  14. Paul Caspion 20 déc 2009 at 14 h 32 min

    @MKL
    Oui, c’est vrai que les RTT ne sont pas impopulaires en soi. Mais quand même un sondage ne remplace pas une élection où un candidat a été élu sur le slogan «travailler plus pour gagner plus» Il me semble qu’il y a un gros travail pour inverser la tendance.
    -
    Oui, je n’ai pas lu le programme d’EE. Mais il y a loin d’un programme à ce qu’on met en avant et qu’on défend publiquement. Je ne suis pas les choses de près mais je n’ai pas entendu des gens d’EE défendre publiquement les RTT, ni aujourd’hui, ni en 2002 d’ailleurs. La seule défense des 35 heures, que j’ai vue publiquement, c’étaient les affichettes de la LCR «touche pas aux 35 heures» au temps de Raffarin. J’ai trouvé ça très hypocrite de la part de gens qui avaient tout fait pour couler Jospin.
    -
    Il me semble que la modération salariale est quand même liée à la concurrence extérieure des pays émergents, quelque soit par ailleurs le partage équitable ou non du temps de travail. Ce sont deux aspects en quelque sorte indépendants. C’est pourquoi l’attitude vis-à-vis des pays émergents est fondamentale. Comment leur permettre de se développer sans nous mettre sur la paille? Une réponse à cette question est la clé de toute vision politique aujourd’hui.

  15. Paul Caspion 20 déc 2009 at 14 h 41 min

    Une autre question est celle de l’immigration. Il est curieux de voir comment cette question se pose en quelque sorte à front renversé:

    - La droite qui prétend que «le travail crée le travail» devrait hurler quand on expulse des travailleurs sans papier.

    - Au contraire, la gauche qui veut partager le travail devrait applaudir à cette même expulsion.

    Que faut-il en penser ?

  16. Defranceon 26 déc 2009 at 18 h 26 min

    Je ne vois rien au sujet du télé travail ?

    Je suis ingénieur informaticien telecom et je pense qu’il y a une piste a prospecter pour améliorer le sort des milliers de personnes qui se déplacent chaque jour dans les transport en commun, sur la route…. généralement vers Paris ou quelques grande ville de France. Pendant 40 ans j ai fait l aller retour Paris -Picardie (2000 km A/R — 3-4 h/j) pour exercer mon métier!
    Le Télé travail pourrait s accommoder a beaucoup de métier et permettrai d améliorer la vie de famille, d’éviter des frais de gardes quand les deux parents travaillent…
    Pourquoi ce sujet semble tabou ?
    Quand j en ai parlé , il y a maintenant prés de 10 ans a mon employeur il m a été répondu que le contrôle ne serait plus possible, ce qui est faux bien sur, que les réunions seraient difficile, ce qui est aussi faux , Bref un mystère semble exister dans ce domaine . On fait des recherche pour doter les téléviseur d’exhausteur d’odeur, mais pas grand chose, sinon rien dans le domaine du TÉLÉ TRAVAIL qui si vous réfléchissez bien ramènerai la vie familiale aux annees 20 ou trente ou le travail était toujours a portée de bicyclette ? Seuls les Avocats spécialistes des divorces seraient perdant !

  17. Defranceon 26 déc 2009 at 18 h 44 min

    Le travail ne crée pas le travail, sauf si la rémunération du travail permet d alimenter la consommation ? L immigration est a voire autrement car ce sont en fait bien souvent les plus faibles , vivant mal dans leur pays (que l’occident a pillé pendant des décennies) qui viennent chercher a survivre chez nous. Les renvoyer chez eux est presque synonyme d assassinat car il vont y revenir ENCORE PLUS PAUVRE qu’avant!

  18. Marcel Bariouon 28 déc 2009 at 14 h 34 min

    @Defrance & Caspi
    Pour une société de plein emploi, seule l’innovation (au sens très large du terme) qu’elle soit technologique ou sociale est susceptible de créer de l’activité. Par ailleurs elle est nécessaire, dans notre société en l’état, car sinon la productivité se charge de cannibalisé la demande de travail, en détruisant de l’emploi. Les emplois, les métiers, dans une configuration donnée sont mortels, en général et à terme toujours. Par contre de nouvelles activités, préservent pour partie l’existant en terme d’emplois et créent aussi de nouveaux métiers, ou appellent des mutations dans l’existant. D’où la nécessité fondamentale d’intégrer totalement la formation dans l’emploi, à forte dose (>= 10%) c’est un facteur de créativité, d’apport de réelle valeur ajoutée appelant des emplois qualifiés. on en est loin… on prend plutôt le chemin inverse par les temps qui courrent

    @De France
    Le télétravail aura longtemps, mauvaise presse, malgré tous les arguments évidents qu’il y a en sa faveur. Il n’y a pas que des arguments en sa faveur, mais soit passons. Le problème, c’est qu’une forte majorité (Pas tous) de la corporations des cadres et cadrillons d’encadrement, qui sont juste, et pour beaucoup d’entre eux des chiens de garde, ils y perdraient leur prérogatives et seraient obligés de faire un vrai travail et non celui de garde chiourne. Un exemple frappant au cours des 20 dernières années, c’est l’explosion des services avec demandes de tâches sans cahier des charges (Sinon pour les tâches répétitives). J’y vois deux raisons, 1 - emplois moindrement qualifiés, peut être fortement industrialisé et répétitifs (donc sans intérêt ou si peu) l’encadrement se limite à la surveillance d’exécution (cf. France télécom / Orange médiatisé mais l’arbre qui cache la forêt, tous les centres d’appels, etc..) et un flic ça travaille beaucoup au contrôle de faciès de tous les instants, donc à portée de vue c’est mieux, mais ça se modernisera et on fera du télétravail demain. 2 - la généralisation de la vue à court terme, le refus de l’engagement, le principe de précaution au mauvais sens du terme, la remise en cause de tous les instants ce qui a été dit quelques minutes plus tôt (J’exagère à peine). En conséquence pour un décérébré comme notre système les aime tant la communication orale est privilégiée à tout. Pourquoi essayer de réfléchir en s’inscrivant dans le long et moyen terme, alors que tout est à géométrie variable et qu’on a des galériens (new look) sous la main pour leur demander de refaire dix fois la même chose, sans bien sûr laisser la moindre trace écrite (par mail c’est beaucoup plus difficile) et sous spécifications n’en parlons. Là aussi une fois que la culture de la géométrie variable aura formaté les esprits et sera devenue la norme, on pourra envisager le télétravail. A moins que, à moins que … des espoirs seraient ils permis, ou désespoir nous tiens tu ?

    Bien à vous

  19. Bertrand LAFORGEon 20 jan 2010 at 1 h 05 min

    La réduction du temps de travail ne signifie pas forcement gagner moins. En effet, dans le montage que nous proposons la masse salariale est inchangée car l’hypothese est :

    - la masse salariale diminue de 8.3 % par suppression des cotisations unedic
    - le personnel augmente de 10%

    cela représente donc une variation de masse salariale qui passe de 100 % à 110*(1-0.083) = 101,97 % dans l’hypothèse ou la pyramide des salaires reste la même. En réalité beaucoup de postes nouveaux seront occupés par des jeunes sans ancienneté et les 1,97% seront compensés. Par ailleurs, ces 1,97% représentent environ l’inflation sur une année… Sans compter que si on fait rien les salaires vont continuer à être compressés et les 1,97% seront bien vite perdus ! Et ceci sans que les salariés ne bénéficient d’un jour supplémentaire de congé par semaine et sans que nos proches au chômage ne puissent trouver un emploi !

    Sur la question du diagnostic, je vous conseille la lecture de la France du Travail, ouvrage collectif de chercheurs de l’IRES paru en septembre dernier qui démontre que :
    1) sur le moyen et long terme il n’y a pas de correlation entre création d’emploi et croissance du PIB car la croissance de la productivité suit celle du PIB
    2) entre 1949 et 2007, la quasi totalité de l’emploi créé a été dû aux différentes mesures de diminution du temps de travail
    3) le chômage de masse est responsable de l’écrasement des salaires, du développement du temps partiel subi et du déséquilibre des comptes sociaux (avec le vieillissement de la population)

    Le taux de chômage correspondant à la population indemnisée est de moins de 10% de la population active donc les dépenses sont déjà là et seront allégés par le passage aux 4 jours à la carte.

    La semaine des 4 jours n’est pas une solution miracle et doit s’accompagner de mesures complémentaires en ce qui concerne la mise au point d’une fiscalité plus redistributive et plus juste. A l’heure actuelle les revenus du capital sont bien moins taxés que ceux du travail, il faudra y remédier ! En particulier, au niveau européen nous devons retrouver les marges budgétaires pour construire une Europe qui protège du dumping fiscal et social, cela peut passer par la mise en place d’un impôt européen sur les sociétés, y compris les très grandes qui échappent largement à l’impôt aujourd’hui entrainant une surtaxation des salariés, des PME et des PMI. Nous devrons également remettre sur le tapis la question de la création monétaire qui a été mise complétement entre les mains des banques privées qui touchent des intérêts indus sur de l’argent qu’elles n’ont pas. Un reversement de ces intérêt aux budgets sociaux serait juste et très efficace pour dégager les moyens supplémentaires dont nous avons besoin pour répondre aux besoins sociétaux.

  20. MKLon 20 jan 2010 at 16 h 19 min

    Merci Bertrand pour ces précisions.

    Juste un point, je ne suis pas pas expert comptable ni responsable RH mais il me semble bien que le taux de cotisation Unedic est passé de 8,3 à 6,4% depuis 2007 (part patronale : 4 et salariale : 2,4).
    Pour un maximum de clarté et crédibilité, il faudrait peut-être revoir les calculs sur cette base (ça ne doit pas changer fondalementalement grand-chose).

  21. Bertrand LAFORGEon 28 jan 2010 at 12 h 17 min

    @ MKL

    Merci pour cette précision… En fait il y a je pense une volonté de rendre moins opérant ce montage financier tout en continuant à diminuer les charges sur les entreprises (et soigner l’électorat de l’UMP) dont plusieurs études ont montré qu’elles n’ont pas d’effet particulièrement important sur l’emploi (cf La France du Travail, 2009, Ed. de l’Atelier).

    Si on prend ce nouveau taux, le surcout est :
    110*(1-0.064) = 102,96 %

    La conclusion de mon message précédent n’est pas changé sur le fond par ce nouveau taux car je pense que le recrutement massif de jeunes (échelles basses des salaires) compenserait largement ces 2,96 % d’augmentation. Une autre source de financement que l’on peut mettre en place serait une contribution solidarité supplémentaire sur les très hauts salaires qui ont explosé depuis une dizaine d’années (la part de la masse salariale allant aux 1% des salariés les mieux payés a augmenté d’un point entre 1996 et 2006, ce qui représente plus du quart de la masse salariale absorbée par l’ensemble des salariés au SMIC ! - source La France du Travail, 2009).

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