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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Archive : janvier 2010


Conserver un système de retraite par répartition

Par Bertrand LAFORGE le 28/01/2010

Une interview intéressante de Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, invité de France Inter ce 27 janvier pour parler du système de répartition des retraites et de ses évolutions souhaitables :




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De la mascarade à la manipulation

Par Fredback le 28/01/2010

Fredback /2010/01/28/


sarko-tf1

Il m’a paru important de réagir à l’événement d’hier soir : Sarkozy face aux Français. Les commentaires vont bon train dans la presse du lendemain. Le directeur de Libération Laurent Joffrin a vu “un Sarkozy de crise, au “profil bas“. Pour Patrick Fluckiger, éditorialiste de L’Alsace, “l’hyperprésident qui avait une solution pour tout a cédé, hier soir, la place à un homme modeste“. Francis Brochet, du Progrès de Lyon, se gausse d’ailleurs de “ce mélange inimitable de précision techno et de virtuosité populo“. Ou encore : “Bien entendu, Nicolas Sarkozy n’a aucune baguette magique dans sa poche, mais il a montré qu’il n’ignorait rien des difficultés ou des souffrances des Français“, insiste Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro… On peut gloser à l’infini sur la performance de Sarkozy à l’issue de son intervention et décortiquer le florilège de contrevérités teinté de démagogie obscène. Nous n’en sommes pas à la première mascarade médiatique de nos politiques. La télévision nous offre depuis longtemps le spectacle de débats édulcorés où les puissants évitent la confrontation avec la réalité du pays. Mais hier soir, le procédé était inédit dans sa forme et finalement lourd de conséquences.


Une escalade dans la manipulation. Je passerai sur la première partie classique de l’interview en face à face, dans le décor du 20 heures, avec Laurence Ferrari, nommée par Sarkozy lui-même, pour évincer le pourtant très consensuel PPDA. Mais la deuxième partie, avec des Français qui témoignent et lui posent des questions sur leurs problèmes, est un exercice auquel nous n’étions pas habitués. Nous avons bien eu un avant-goût de ce genre d’émission quand une pluralité de candidats se livrait à une compétition navrante de sollicitude dans le cadre de la course à la fonction suprême. Mais aujourd’hui Sarkozy est seul Président dans l’exercice de ses fonctions et nous sommes en droit d’avoir des explications. Personne ne s’attendait à trouver chez celui-ci — pas plus que chez tous les autres — une volonté de dialogue sincère et transparent sur son bilan. A la différence près que ses prédécesseurs se prêtaient au moins au jeu d’un semblant de débat démocratique. Depuis plusieurs années en effet, l’information était travestie à l’avantage de l’invité, les sujets qui fâchent évités et les contradicteurs trop pointilleux écartés. Aux téléspectateurs de compléter l’omission des élites et de se faire une opinion par eux-même. Mais la méthode Sarkozy vient de franchir un nouveau pas très inquiétant dans la trahison des principes républicains et tout le monde se comporte comme si cela allait de soi. Nous sommes passés, sans coup férir, de la mascarade à la manipulation d’opinion.


Des citoyens-participants pris en otages. L’exercice auquel s’est prêté Sarkozy, sur TF1, relève de la propagande pure et simple. Intellectuellement malhonnête, le procédé n’en est que plus scandaleux. Quelle contradiction peut naître d’un panel d’invités triés sur le volet face à un professionnel de la politique comme Sarkozy ? Chacun témoigne avec sincérité, mais ne peut que servir la soupe au Président. Quand leur cause n’est pas acquise au gouvernement comme cette auto-entrepreneuse qui a déjà été reçue à Matignon, aucune personne sur le plateau n’est en mesure de dépasser sa problématique individuelle pour traiter de la complexité des dossiers. On pouvait reprocher à certains journalistes chevronnés leur complaisance vis à vis du pouvoir mais comment accabler un chômeur qui manque d’expérience et d’arguments pour répliquer à autant de mauvaise foi démagogique ? Mais surtout, les participants ne sont investis d’aucun pouvoir pour s’opposer à la parole présidentielle. Ces gens n’ont aucune légitimité représentative. Ils ne possèdent aucun mandat et aucune maîtrise télévisuelle. Le débat est complètement déséquilibré et ce n’est pas l’intervention d’un syndicaliste recadré par Jean-Pierre Pernaut qui changera la donne. Les citoyens-intervenants sont pris en otages par la perversité du rapport de force qui se dissimule sous leurs yeux, en pleine lumière d’une télé-réalité abjecte. Le spectacle d’un monarque s’adressant au bon peuple avec condescendance est révulsant pour la conscience démocratique. L’exposition publique de la vie de nos concitoyens sombre dans un pathétique consommé indigne de la fonction présidentielle et nous ne pouvons qu’assister, impuissants, à leur dégradante instrumentalisation. Comment ne pas protester devant à la négation des principes démocratiques par l’annulation des contre-pouvoirs et des forces d’opposition. Ne nous laissons pas prendre au piège des commentaires fallacieux sur la prestation de Sarkozy (et nous ne doutons pas qu’elle soit habile) lors de cette parodie de parole de proximité, c’est le procédé dans son ensemble qu’il faut condamner car il est une atteinte aux valeurs de la République.

 

Fredback, Paris

 


Un film intéressant sur les paradis fiscaux

Par Bertrand LAFORGE le 20/01/2010

A l’initiative d’un collectif de lutte contre les paradis fiscaux (http://www.stopparadisfiscaux.fr) , un film en trois parties, présentant les mécanismes d’évasion fiscales mis en oeuvre grâce à l’existence des paradis fiscaux.  A voir absolument !






Paradis Fiscaux, La Grande Évasion Part 1
envoyé par williwauller. - Regardez les dernières vidéos d’actu.







Accédez à la partie 2 et à la partie 3.





Sur le sujet vous lirez également avec intérêt l’enquête d’Alternatives Economiques présentant en particulier les avoirs des banques françaises dans les paradis fiscaux.




 


Le discrédit des experts

Par Fredback le 16/01/2010

expert1Relayer l’information erronée, serait devenue la norme chez nos experts ? Armés de leurs statistiques, les combats chiffrés se multiplient sur les plateaux de télévision ou dans les éditoriaux des magazines afin d’évangéliser les masses maintenues trop longtemps dans l’ignorance. Il faut convaincre des contraintes économiques d’une époque où le fatalisme se dispute à l’impuissance. Les contrevérités se succèdent avec outrance jusqu’au moment où le démenti cinglant de la crise sociale sanctionne le mépris des experts pour leur propre science.


L’Amérique au bord du gouffre. On nous a vendu les États-Unis pendant des décennies comme le modèle économique à suivre. Le chômage y était au plus bas et la consommation élevée avec un taux de croissance supérieure à celui de la France. Aujourd’hui nous constatons avec effarement que le taux de chômage officiel y atteint 10 %1 comme dans les autres pays industrialisés et encore celui-ci n’intègre pas les chiffres cachés. Déjà, dans les années 90, le chiffre officiel du chômage de 4% ne tenait pas compte des millions de travailleurs découragés et par conséquent sortis des statistiques du chômage auxquelles il fallait ajouter un taux d’incarcération le plus élevé au monde avec 0,7% de la population sous les verrous (mieux que la chine). Les 4 % affichés dissimulaient, en fait, un taux chômage équivalent à celui de l’Europe et ne disaient rien des 25 % de la population contraints d’accepter un emploi à temps partiel. Quant à la consommation, elle a été soutenue toutes ses années par des ménages écrasés par l’endettement. La croissance américaine n’a dû son salut qu’à une forte immigration et à la surconsommation des 20 % les plus riches. Le désastre social est total. En 1992, la pauvreté y était déjà plus élevée qu’a aucune autre époque depuis 1962, et depuis cela n’a fait qu’empirer. Les deux tiers de l’ensemble des augmentations de revenus entre 2002 et 2007 sont allés aux 1% des Américains les plus riches2. L’extrême pauvreté a augmenté de 26% entre 2000 et 2005 aux USA. Et comme si cela n’était pas suffisant, 64% d’américains sont obèses ou en surpoids (l’obésité provoque 400 000 morts par an aux Etats-Unis). Les Etats-Unis sont les plus gros pollueurs de la planète avec 25 % des émission de gaz à effet de serre et ils viennent de communiquer à l’économie mondiale une des pires crises financières de son histoire. Le dollar reste la principale monnaie de réserve mais « pour éviter un effondrement complet de leur économie, les Etats-Unis ont “brulé” en quinze mois l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans »3. Que se passera t-il si les État-Unis n’ont plus les moyens d’affronter une nouvelle crise ? Le rêve américain ne s’est pas brisé, il s’est muté en cauchemar victime de sa propre illusion.


Pas d’exception pour le Royaume-Unis. En Europe, ce fut l’Angleterre que l’on montra en exemple avant que la crise des subprimes n’éclate et révèle le taux d’endettement record de ses ménages. Son taux de chômage, selon la méthode de calcul anglaise, était sensé être aussi parmi les plus bas avec 4,7 % en 2005. Mais le chiffre se trouva invalidé par les méthodes de calcul du BIT qui ont relevé un taux de 9,6 %, juste en dessous de celui de la France (9,8 %)4. Le Royaume Unis avait sorti de ses statistiques 2,7 millions de malades inemployables victimes de la désindustrialisation brutale. Mais surtout, l’emploi à temps partiel était beaucoup plus développé en Angleterre (25,5 %), avec des salaires réduits en conséquence alors que la France restait à 17,2 % d’emplois partiels5. Bien avant la crise financière, le miracle néo-libéral n’a pas eu lieu.


Quand la France se fourvoie. De l’autre côté de la Manche, Nicolas Sarkozy, toujours prompt à enfourcher les choix politiques désastreux, affirme dès 2004 que la croissance des Français passe par l’endettement. Au menu de son programme présidentiel, il propose, ni plus ni moins, l’importation en France du crédit hypothécaire rechargeable responsable de la crise aux États-Unis.

Mais le sommet de l’ineptie économique est atteint avec son slogan « travailler plus pour gagner plus » et la mise en place d’exonération de charges et d’impôts sur les heures supplémentaires. Au moment même où les forces productives imposent leur révolution informationnelle et détruisent plus d’emplois qu’elles n’en créent, de telles mesures ne sont pas loin d’être qualifiées de socialement criminelles. Elles permettent à l’employeur d’augmenter la charge de travail des salariés sans avoir à embaucher quand pas moins de 21,526 millions de personnes en juin 2009 sont exclues du marché du travail en Europe6.


Une issue sans alternative. Aujourd’hui, la crise a fait voler en éclats le modèle anglo-saxon. L’écroulement des marchés financiers ne fut qu’un des symptômes révélateurs d’une économie qui ne subvient plus aux besoins des populations. Il manque, au bas mot, 4 millions d’emplois en France. Qui peut prétendre créer prochainement assez d’emplois sans répartir le travail existant ? Le chômage technologique détruit tous les jours de l’activité dans les pays développés et nous ne sommes qu’au début de la 3ème mutation industrielle. Entre 2002 et 2008, l’industrie française a perdu 476.000 emplois7 alors que celle-ci produit toujours plus. L’énorme disparité des salaires et la capture des bénéfices aux profits des actionnaires8 ne permet pas une redistribution des gains de productivité au bénéfice de tous. Alors allons-nous continuer à parquer les exclus du travail dans des ghettos urbains et remplir les prisons comme aux Etats-Unis ou bien renouer avec une justice fiscale créatrice d’emplois ? Car il n’y aura aucune relance économique durable sans un rééquilibrage des salaires, sans une révision de la durée légale du travail et sans une reprise en main par le secteur public du crédit bancaire à destination des besoins sociaux. Tout autre politique est une trahison envers les millions de citoyens dont l’espoir est suspendu au dépassement de la crise économique.

Qu’attendent nos experts pour prendre leurs responsabilités ?


Fredback, NG Ile de France









Cliquer sur la note pour accéder au site de référence :


6 Eurostat

7 Le Monde 23 février 2008

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Les voeux de Nouvelle Gauche pour 2010

Par Nouvelle Gauche le 06/01/2010

Le bureau de Nouvelle Gauche et Pierre Larrouturou, son Président, vous adressent leur meilleurs voeux pour 2010.


Dans une France marquée par une crise structurelle sans précédent depuis les années 30, nous mesurons les difficultés traversées par de nombreuses familles bouleversées par le chômage, la diminution du pouvoir d’achat et l’interrogation réelle sur leur avenir dans notre société de plus en plus porteuse d’exclusion sociale. Nous affirmons notre solidarité avec tous ceux qui souffrent de l’incapacité de notre société à créer les conditions d’insertion sociale pour chacun d’entre nous, jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes, formés et moins bien formés, actifs ou retraités.


Notre association est porteuse d’un projet que nous pensons susceptible de changer la donne sur les questions du chômage de masse, de la redistribution des richesses  et de l’avènement d’une nouvelle structuration sociale respectueuse de la condition humaine. Nous mesurons la responsabilité qui est la notre dans la mise en débat public de ce projet afin que les propositions que nous portons puissent pénétrer les programmes politiques de la gauche républicaine.


Si du côté du parti socialiste, nos adhérents et en particulier nos deux membres au conseil national du PS ne se sont jamais trouvés en capacité de faire passer nos propositions au sein du PS (absence de convention militante programmatique en 2009 comme depuis maintenant plus de 8 ans), l’année écoulée a néanmoins été marquée par une structuration importante de notre association qui a maintenant des groupements locaux dans un grand nombre de régions françaises. Ces derniers ont été en mesure d’organiser une activité militante notable sur le terrain (organisation de débats publics, mise en place de groupes de travail sur des sujets nouveaux comme par exemple le lien entre temps de travail et formation, rédaction de documents de synthèse et de vulgarisation de nos propositions) que nous espérons voir se développer sur tout le territoire national en 2010.


Par ailleurs, l’émergence de Europe Ecologie et la préparation des futures élections régionales ont permis à un certain nombre de nos adhérents d’être en position de présenter et défendre nos propositions de manière publique. Certaines sont en train d’être incorporées dans les programmes pour les régionales de 2010 et plus globalement dans le programme de Europe Ecologie.


Depuis quelques mois, plusieurs gouvernements veulent nous faire croire que la reprise est en marche. De notre point de vue, au contraire, nous sommes dans l’oeil du cyclone et si rien n’est fait en profondeur pour changer la structure du capitalisme et de la redistribution des richesses, les mêmes causes produiront les mêmes effets et ceci à des échéances courtes.  En effet, les signes des crises à venir sont déjà là, comme le soulignent - depuis plusieurs mois déjà- d’éminents économistes (dont certains prix Nobel).


En ce début d’année, notre voeu le plus fort est celui de voir des changements structurels fondamentaux intervenir rapidement pour résorber cette crise systémique.


Pour cela, il faut un sursaut citoyen : aidez nous à le déclencher et à le porter autour de vous.


Le bureau de Nouvelle Gauche

le 3 janvier 2010

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