Conserver un système de retraite par répartition
Une interview intéressante de Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, invité de France Inter ce 27 janvier pour parler du système de répartition des retraites et de ses évolutions souhaitables :


Intéressante intervention. Il cite son ouvrage “Pour un Nouveau Système de Retraite” consultable en ligne ici:
http://www.jourdan.ens.fr/piketty/fichiers/public/978-2-7288-0413-9.pdf
Deux petites remarques:
Ceux qui parlent de l’espérance de vie qui augmente pour justifier l’augmentation de l’âge de la retraite oublient le concept -cher à Nouvelle Gauche- d’augmentation de la productivité, qui peut aussi bien se répercuter (ou se répartir) sur le temps de travail que sur le temps de retraite.
Et rappelons aussi que dans les systèmes par capitalisation, se sont aussi les actifs qui payent pour les inactifs…
38% d’actifs au-delà de 55 ans sont en activités, donc 62% hors du champ de l’activité. Aujourd’hui le débat des retraites est destiné à effrayer les gens en occultant les anomalie présentes, la principale étant le taux de chômage parmi les cinquantenaires (sans oublier les jeunes). Remettons ces 62% au travail et les caisses se rempliront, les régimes ne seront plus déficitaires. Comment imaginer une seconde, qu’en allongeant par la voie obligatoire l’âge de faire valoir ses droits à la retraite ce taux calamiteux se renversera ? En l’état toutes démarches dans ce sens est une véritable escroquerie intellectuelle, ayant une double visée : casser le régime par répartition, en le disqualifiant par tous les moyens, baisser le niveau des retraites afin d’en faire un gisement de profits futurs pour les usurpateurs voyous et voleurs du CAC 40. Tout ceux qui abondent dans ce sens, même à mots couverts et hypocritement, s’en font les complices de cette démarche et trahissent toutes les luttes de nos anciens pour la conquête de ces solidarités et nous condamnent à une misère future.
Tant que le problème de la création d’activités, pour tous, ne sera pas posé, que ce soit par des politiques industrielles audacieuses, par la réorganisation du temps de travail, sur tout le cycle de vie, en ouvrant la voie notamment à de nouveaux services via la formation intensive, des politiques coopératives de valorisation de la recherche publique vers nos réseaux de PME/PMI et/ou la mise en place d’un « small business act », la conversion progressive vers une économie verte et durable et un véritable soutien coopératif au développement des PMA, tant que ce débat prioritaire n’est pas posé, le débat sur la retraite est destiné à le masquer et à abuser les citoyens. Ce sont là nos priorités et nos tâches immédiates, le reste n’est que de la voyouterie destinée à appauvrir encore plus les plus pauvres et à escroquer nos vies en les détruisant.
Que ceux qui ont leurs annuités puissent prendre leur retraite à 60 ans, cela doit demeurer. Que ceux qui ont des travaux pénibles puissent partir avant. Que certain veulent travailler plus c’est leur droit, mais d’abord et avant tout, aujourd’hui, créer des activités pour que tout le monde ait du travail jusqu’à 60 ans, tout le reste n’est que filouterie, escroquerie et massacre social. Voilà nos priorités créer de l’activité et combattre le chômage par tous les moyens.
Il me semble que le problème des retraites doit considérer trois éléments principaux, la démographie, l’activité et l’immigration: la démographie, c’est évident, tout le monde le dit, l’immigration, bien que personne n’en parle, parce que dans toute l’Histoire les flux migratoires ont servi à corriger les questions démographiques, l’activité, qu’il ne faut pas confondre avec le chômage, parce qu’on ne peut répartir que les richesses que l’on produit.
Ceci posé, il me semble qu’il n’y a que deux attitudes dans cette question:
L’attitude de droite postule que le travail crée le travail et, donc, que retarder l’âge de la retraite ne peut en aucun cas, et au contraire, nuire au travail des jeunes ou à l’embauche des chômeurs. Cette attitude est cohérente, sinon démontrée en pratique. Mais ce que l’on ne peut pas comprendre, c’est la rage de la droite à expulser des travailleurs sans papier qui viennent chez nous créer du travail et payer les retraites. Quand on les interroge, ils disent que c’est parce qu’il y a du chômage. Mais s’il y a du chômage à quoi sert de retarder l’âge de la retraite ? L’incohérence est totale.
La gauche, elle, pense qu’il faut répartir le travail, parce qu’on produit assez et même trop avec moins de travail. Mais dans ce cas, répartir le travail dans la durée de vie ne devrait pas lui sembler extravagant. Et non plus l’expulsion de travailleurs sans papiers. En tout cas, le problème de partage du travail devrait lui sembler indépendant de celui de la retraite. Si on diminue le chômage en réduisant le temps de travail, il y a plus de cotisants mais qui cotisent moins et le problème de retraite reste entier.
Bref, j’attends encore un discours cohérent, à droite comme à gauche sur la question
« Le déficit des retraites, de la santé, du budget de l’Etat, mais aussi le chômage et la précarité, ne sont que les multiples symptômes d’une même maladie. Celle de l’explosion des inégalités au cours des 30 dernières années, suite aux dérégulations qui ont laissé le champ libre à la goinfrerie sans bornes des dirigeants des grands groupes financiers et de leurs principaux actionnaires…” - Lire la suite de l’Appel « Retraites, Chômage - Arrêtons la désinformation ! » et les premiers signataires sur http://reparti.free.fr/a090210.pdf
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98435
Info qui m’a été communiquée par un syndicaliste CFTC : l’état organiserait un pillage en règle des caisses Agirc-Arrco pour alimenter celles du public :
Entretien avec Pierre-Édouard du Cray, Directeur des études à Sauvegarde Retraites
http://www.sauvegarde-retraites.org/
Dans une étude intitulée « Agirc-Arrco : main basse sur nos retraites », vous venez de lever un lièvre incroyable : l’État s’apprête à « piquer » dans la caisse des retraités du privé pour alimenter celle du public. Pouvez-vous nous en dire plus ?
C’est un pillage en règle. L’opération doit consister à siphonner plusieurs milliards d’euros dans les caisses complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco), pour alimenter le régime des fonctionnaires contractuels et des élus (Ircantec). Alors que les prestations servies par l’Ircantec sont près de deux fois meilleures que celles des régimes de droit commun, Agirc et Arrco, à cotisation égale. Pour reprendre l’expression, très juste, du journaliste de l’hebdomadaire « Le Point » qui a repris l’étude de Sauvegarde Retraites, « c’est Robin des bois à l’envers » : on vole aux pauvres pour donner aux riches !
L’Ircantec est-elle en si mauvaise situation financière ?
Pour mettre en œuvre ce plan honteux, l’État prétexte du changement de statut de La Poste qui devient une société anonyme (SA). Les nouveaux embauchés de cette entreprise publique vont être affiliés, non plus à l’Ircantec, mais à l’Agirc-Arrco. Or, les administrateurs de l’Ircantec estiment avoir un droit de propriété sur les futurs embauchés de La Poste pendant 50 ans – un demi-siècle ! Entendez bien : « un droit de propriété sur des cotisants » dont, au surplus, beaucoup ne sont pas encore nés !
Bien que l’Ircantec ait eu la chance, au cours des dix dernières années, de recueillir 643 000 nouveaux cotisants, cette caisse est incapable, aujourd’hui, d’assumer financièrement le niveau des prestations qu’elle accorde à ses affiliés. Pour préserver coûte que coûte ces avantages, la solution de facilité consiste alors à puiser, à pleines mains, dans les autres caisses de retraite …
Et comment expliquez-vous que personne n’ait réagi ?
Cela paraît effectivement invraisemblable et c’est la question que nous nous sommes posée. Pour autant, quand on regarde de plus près, on s’aperçoit que tous les protagonistes de cette affaire y trouvent un intérêt. L’État sÂ’est engagé à « sécuriser » le régime de retraite Ircantec auquel est affiliée une partie des fonctionnaires. Dans ce contexte, la ponction opérée dans les caisses Agirc-Arrco lui apporte un ballon dÂ’oxygène. Les syndicats sont majoritairement dirigés par des fonctionnaires. Leur priorité est donc de préserver les avantages des agents publics, même au détriment des salariés du privé.
Par exemple, on serait en droit d’attendre que le syndicat des cadres, la CFE-CGC, réagisse pour défendre les intérêts de l’Agirc, cÂ’est-à-dire la retraite complémentaire des cadres. Mais c’est sans compter sur le fait que la CFE-CGC assure la présidence de l’Ircantec ! Enfin, le principe même de cette ponction a été voté et donc validé au Sénat par le biais d’un amendement déposé lors des dernières discussions sur la loi relative au changement de statut de La Poste. Ce n’est pas un hasard : la Haute assemblée est élue au suffrage universel indirect par les élus locaux. Élus qui sont tous, en tant que tels, affiliés à l’Ircantec… Au bout du compte, tous se sont mis d’accord pour nous tondre la laine sur le dos !
Que peut-on faire pour empêcher ce hold-up d’État ?
On ne peut pas rester les bras croisés. Maintenant, que lÂ’information a été dévoilée, il faut absolument la diffuser. À Sauvegarde Retraites, nous avons lancé une campagne auprès de tous les médias. L’hebdomadaire « Le Point » a déjà relayé lÂ’information et ce n’est qu’un début. Nous nous sommes également adressés directement au Président de la République, au Premier ministre, au ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, qui a manigancé, en bonne partie, cette opération.
Nous avons également interpelé tous les parlementaires, les 577 députés et les 331 sénateurs, les administrateurs des caisses de retraite, pour qu’ils renoncent à cette funeste entreprise. Les 87 000 membres de Sauvegarde Retraites vont être mobilisés, nous allons lancer une pétition nationale par courrier et par Internet. Enfin, il faut que chacun, à son échelle, informe ses proches et ses connaissances de ce scandale. Nous ne devons négliger aucun moyen d’action. Nous pouvons réussir. Si un tel scandale éclate au grand jour, je doute que nos politiques puissent l’assumer électoralement …
http://www.sauvegarde-retraites.org/
à MLK
Il n’est pas inutile de préciser :
Qu’il y a toujours eu des « compensations démographiques » importantes, de l’ordre de 8 milliards d’euros, entre les divers régimes de retraites. Tout simplement parce certains régimes ont beaucoup plus de retraités que d’actifs (les mineurs, les salariés agricoles …) et que c’est l’inverse pour d’autres régimes.
Que le collectif “sauvegarde-retraite” est spécialisé dans la dénonciation des “privilèges” des fonctionnaires, des salariés d’EDF, des élus, des “technocrates Européens” … et que “Sauvegarde-retraites” prône le remplacement de la retraite par répartition par une retraite par capitalisation. Et que l’animateur du collectif, Pierre-Edouard du Cray, a été candidat FN à Nozay en Loire-Atlantique (voir http://elections.rfo.fr/cantonales/2001/resultats/CO_44028.html)
Lisez plutôt l’appel « Retraites, Chômage - Arrêtons la désinformation ! » sur http://reparti.free.fr/a090210.pdf
En janvier 2010 la même officine a dénoncé les retraites dites exorbitantes des fonctionnaires européens de BRUXELLES sans remarquer que ces nouvelles retraites là sont ridicules par rapport aux retraites chapeau des patrons des grands groupes. Et sans dire que si chacun de nous paye bien les retraites de ces fonctionnaires européens il paie aussi les princières retraites - chapeaux des plus riches patrons, puisque des provisions financières pour les garantir sont déposées en lieu réputé sûr, ces provisions étant prélevées sur les ventes de produits ou de services que nous achetons à ces grands groupes. Une information encore très orientée pour pointer tout ce qui n’est pas profit privé des plus riches.
Pierre Edouard du Cray est chargé de recherches à « Contribuable Associés » et membre de sauvegarde retraites (directeur des études); il s’est présenté aux élections cantonnales sous l’étiquette FN en 2001. Ses contributions sont largement reprises par les sites internet de droite libérale et d’extrême droite.
Il faut simplement le savoir.
@ andré martin et Pierre J,
Merci pour ces précisions.