Ces élections, sous fortes tensions sociales et économiques, peuvent être une occasion unique de rompre avec l’orthodoxie financiaro-libérale qui règne au sein de l’UE et de proposer un nouveau cap novateur et porte de relance pour la construction européenne.
Je ne m’attarderai pas sur le lamentable spectacle que nous avons donné pour la composition de nos listes. Nous avons montré une nouvelle fois que l’hégémonie parisienne et clanique régnait en maître dans nos instances dirigeantes. Nous n’avons même pas été capables de nous imposer une limitation des mandats.
Non, le plus grave est notre manque d’analyse. Cette crise financière et sociale était une occasion de rupture.
Nous aurions du mettre en avant de nouveaux indicateurs de croissances basés sur le social et le développement humain. Au lieu de ça nous restons encore et toujours obnubilé par notre sacro-saint PIB. Nous rêvons d’une croissance forte pour sauver l’économie, et recréer l’emploi. Comme le premier boursicoteur venu ! Nous y rajouterons un zeste de social pour essayer de sauver les classes moyennes de la noyade et ne pas trop affoler les actionnaires.

Plutôt que de reprocher leurs dérives monétaires aux USA et à la Chine, nous pouvons exiger un « protectionnisme » éco-social, porté par les indicateurs du PNUD, et les coûts carbone, y compris de transport des produits consommés au sein de l’UE.
Réveillons-nous ! Ce modèle économique, que nous essayons d’adoucir, est mort ! Relancer la croissance par la consommation c’est accélérer la destruction de notre planète, sans échappatoire.
Alors que si nous réfléchissions, et si nous proposions à l’Europe un modèle de croissance SOCIALE, nous serions dans notre rôle de Parti Socialiste.
Alors cela nous oblige à nous attacher à d’autres indicateurs L’enseignement public, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la santé publique, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la prévention sociale dans les parts de nos populations en voie d’exclusion, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la prévention des risques, qui s’inscrit en négatif dans le PIB, alors que la réparation des dégâts s’inscrit en positif…
Il y avait là des voies à explorer et à développer, et qui seraient porteuses de croissances sociales.
De même soucieux de ne pas effrayer le capital, nous n’osons pas aborder la question l’harmonisation fiscale européenne, ni celle de la démocratie parlementaire au détriment du pouvoir de la commission et des conseils des ministres européens avec leur sacro-sainte règle d’unanimité.
Nous acceptons même le traité de Lisbonne, négation de l’expression démocratique du peuple français, comme un paramètre de la construction européenne.
Jusqu’à quand renoncerons-nous à nos valeurs, à nos ambitions sociales, à l’exigence d’équité des populations européennes ?
Réveillons-nous. Il est encore temps de faire ces élections européennes une renaissance d’un projet de progrès populaire. Ca ne tient qu’à nous.