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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Archives 'Europe et international'

Eva Joly, Joseph Stiglitz, Edgar Morin et Pierre Larrouturou en direct samedi sur LeMonde.fr

Par Nouvelle Gauche le 10/02/2010

Samedi 13 février 2010 à 9h30, en direct sur LeMonde.fr :

debat 13fevrier2010 joly morin stiglitz larrouturou LeMonde.fr

Les réactions à chaud de Pierre Larrouturou et Eva Joly avant que l’on vous indique où voir ou revoir ce débat qui a été une très grande réussite. Espérons que les suivants (1 à Bruxelles dans quelques mois et le dernier dans un des pays de l’ex-bloc de l’est ) seront aussi passionnants :

 

Conference a La Defense, reaction d’Eva Joly
envoyé par Resistance2007. - L’actualité du moment en vidéo.


Conférence a La Defense, reaction de Pierre Larrouturou
envoyé par Resistance2007. - L’info video en direct.

>> 51 commentaires


La prochaine crise du crédit aux USA

Par Bertrand LAFORGE le 09/11/2009

Une vague alarmante de nouveaux crédits. Je viens de découvrir un documentaire américain (visible ci-dessous seulement en anglais malheureusement) qui donne des informations très précises sur l’état du marché du crédit aux USA. Il y est fait mention d’une étude de Crédit Suisse qui a établit les encours des crédits à taux variables dont les taux vont être révisés (à la hausse) contractuellement d’ici 2012, mettant ainsi une fraction importante des emprunteurs dans l’incapacité de rembourser leurs prêts (c’est déjà ce qui était arrivé avec les subprimes qui ont conduit à la déflagration du crédit que l’on a connu en 2008).


imfresets1Le graphe synthétique  de cette étude présenté ci-contre met à jour deux types de crédit dont le fonctionnement et l’encours font peser le risque d’une seconde crise du crédit au moins aussi importante que celle que nous venons de connaître. Les fautifs ont des noms exotiques et répondent aux doux noms de Pay Option ARMs (POA) et Alt-A Mortgage. Ces deux types de crédits ont été très utilisés dans le secteur du crédit immobilier aux USA aux cours des dernières années.


D’après ce graphe, nous sommes actuellement au creux d’une vague qui connaîtra ses prochains maxima en 2010 et 2011. Etant donné le niveau d’intervention des états lors de la première crise de 2008 et de leur situation d’endettement consécutive à leur prise en charge d’une grosse partie des actifs “pourris” des banques, seront-ils en capacité d’agir ?


La question du piège de la dette publique soulevée par Pierre Larrouturou sur ce blog est donc particulièrement importante et en passe de faire exploser le système financier international.  Sans capacité d’action, les états risquent de devoir assister, impuissants, à une récession sans précédent qui aurait des répercussions importantes sur l’équilibre de nos sociétés.


Une course de vitesse est engagée. Pour sortir du piège les marges de manoeuvre sont de plus en plus faibles et la situation appelle à une prise de décisions rapides et radicales pour s’en sortir. Le G20 n’a pas pris la mesure du problème et ne propose aucune mesure capable de nous sortir du mauvais pas actuel.


Des solutions s’imposent. Concernant le défaut de paiement, il me semble qu’il peut être abordé d’une manière radicalement différente que lors de la première crise. Une première mesure serait d’imposer aux établissements bancaires de ne pas faire varier les taux d’intérêts de ces prêts variables afin de ne pas étrangler les emprunteurs. Une seconde serait d’exiger des banques la restitution des intérêts résultant de la création monétaire qu’elles s’arrogent à chaque fois qu’elles accordent un crédit. En effet les banques ne prêtent seulement que 8% de capitaux propres (accords  Bâles I et II) lorsqu’elles accordent un crédit. Le reste du prêt repose sur de la création monétaire supervisée par les banques centrales. Par contre, les banques accordant les prêts gardent les intérêts sur la totalité de la somme prêtée. Le bien public (droit de création monétaire) est détourné au profit d’intérêts privés (ceux des établissements financiers et de leurs actionnaires  essentiellement)  alors que ce pactole serait particulièrement utile aujourd’hui aux états pour faire face aux mesures d’urgence nécessitées par la crise actuelle et les répliques à venir. Troisième axe pour prendre le taureau par les cornes, exiger des états qu’ils ne garantissent plus les actifs pourris des banques mais qu’ils se portent garant des emprunteurs individuels eux-mêmes. Ainsi, en garantissant les remboursements des emprunteurs, on réglerait en même temps celui des actifs “pourris” qui retrouveraient leur valeur initiale mais cette fois on ne mettrait pas les familles à la rue et l’impact social de la crise serait notablement amoindri.


Regardez le film, cela en vaut la peine :




Bertrand Laforge

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Pierre Larrouturou invité sur LeMonde.fr

Par Thomas MAZIERE le 08/05/2009

Pierre Larrouturou est invité à tenir une tribune permanente sur LeMonde.fr, sur le thème “à quoi sert l’UE face à la crise ?
Cela prend la forme d’un blog “L’Europe à deux voix” qu’il partage avec Christian Saint-Etienne.

http://crise-europe.blog.lemonde.fr/

 

Les élections européennes :
encore une occasion manquée !?

Par Alain Monnin le 03/04/2009

Ces élections, sous fortes tensions sociales et économiques, peuvent être une occasion unique de rompre avec l’orthodoxie financiaro-libérale qui règne au sein de l’UE et de proposer un nouveau cap novateur et porte de relance pour la construction européenne.

Je ne m’attarderai pas sur le lamentable spectacle que nous avons donné pour la composition de nos listes. Nous avons montré une nouvelle fois que l’hégémonie parisienne et clanique régnait en maître dans nos instances dirigeantes. Nous n’avons même pas été capables de nous imposer une limitation des mandats.

Non, le plus grave est notre manque d’analyse. Cette crise financière et sociale était une occasion de rupture.

Nous aurions du mettre en avant de nouveaux indicateurs de croissances basés sur le social et le développement humain. Au lieu de ça nous restons encore et toujours obnubilé par notre sacro-saint PIB. Nous rêvons d’une croissance forte pour sauver l’économie, et recréer l’emploi. Comme le premier boursicoteur venu ! Nous y rajouterons un zeste de social pour essayer de sauver les classes moyennes de la noyade et ne pas trop affoler les actionnaires.

© Alsimair

Plutôt que de reprocher leurs dérives monétaires aux USA et à la Chine, nous pouvons exiger un « protectionnisme » éco-social, porté par les indicateurs du PNUD, et les coûts carbone, y compris de transport des produits consommés au sein de l’UE.

Réveillons-nous ! Ce modèle économique, que nous essayons d’adoucir, est mort ! Relancer la croissance par la consommation c’est accélérer la destruction de notre planète, sans échappatoire.

Alors que si nous réfléchissions, et si nous proposions à l’Europe un modèle de croissance SOCIALE, nous serions dans notre rôle de Parti Socialiste.

Alors cela nous oblige à nous attacher à d’autres indicateurs L’enseignement public, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la santé publique, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la prévention sociale dans les parts de nos populations en voie d’exclusion, qui s’inscrit en négatif dans le PIB ; la prévention des risques, qui s’inscrit en négatif dans le PIB, alors que la réparation des dégâts s’inscrit en positif…

Il y avait là des voies à explorer et à développer, et qui seraient porteuses de croissances sociales.

De même soucieux de ne pas effrayer le capital, nous n’osons pas aborder la question l’harmonisation fiscale européenne, ni celle de la démocratie parlementaire au détriment du pouvoir de la commission et des conseils des ministres européens avec leur sacro-sainte règle d’unanimité.

Nous acceptons même le traité de Lisbonne, négation de l’expression démocratique du peuple français, comme un paramètre de la construction européenne.

Jusqu’à quand renoncerons-nous à nos valeurs, à nos ambitions sociales, à l’exigence d’équité des populations européennes ?

Réveillons-nous. Il est encore temps de faire ces élections européennes une renaissance d’un projet de progrès populaire. Ca ne tient qu’à nous.

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Comme en 1930, une course de vitesse est engagée

Par Thomas MAZIERE le 24/03/2009

Nous sommes en 1930. La crise a éclaté quelques mois plus tôt. Partout le chômage augmente mais rien d’irréversible ne s’est encore produit. Nulle part la crise sociale n’a encore débouché sur la barbarie. En 1930, dans son premier livre, Contribution aux Etats-Unis d’Europe, Pierre Mendès France écrit que, pour éviter le chaos, “une course de vitesse est engagée”, et pour gagner cette course de vitesse, Mendès France affirme qu’il faut créer une monnaie unique européenne dotée d’une vraie gestion politique et investir sur le plan social les marges de manoeuvre créées par cette monnaie unique.

La suite sur LeMonde.fr

 

C’était en 2007…

Par Thomas MAZIERE le 06/01/2009

>> 2 commentaires

Le bon et le mauvais protectionnisme

Par Thomas MAZIERE le 21/12/2008

Nous sommes en 1930. La crise de 1929 vient d’éclater mais nulle part la crise sociale n’a encore débouché sur la barbarie. En 1930, le chômage augmente dans tous les pays occidentaux mais rien d’irréversible ne s’est produit. En 1930, Pierre Mendes France écrit que pour éviter le chaos “une course de vitesse est engagée” et pour gagner cette “course de vitesse“, Mendès affirme qu’il faut créer très vite une monnaie unique européenne avec une gestion clairement politique et que tous les bénéfices de cette politique doivent être utilisés pour un projet social. L’idée est lumineuse ! Hélas, Mendès France n’est pas écouté. Et Trois ans plus tard, après l’arrivée de Hitler, plus personne ne proposera un sursaut européen… En 1930, il était encore possible d’agir. Trois ans plus tard, il était trop tard.
Nous sommes en 2008. Comme en 1930, la bulle a éclaté. Le miracle libéral tourne au cauchemar… Après 30 ans de crise sociale, dans tous nos pays ce qui va aux salaires est trop faible pour maintenir la consommation. Et Plutôt que d’augmenter les salaires, on a poussé les ménages à s’endetter. A s’endetter toujours plus. Jusqu’à ce que la bulle éclate.
Rien d’irréversible ne s’est encore produit mais nul ne peut nier la gravité de la crise. Et nul ne peut garantir que ce qui s’est passé en Allemagne dans les années 30 ne se passera pas en Chine dans les années qui viennent avec Taïwan dans le rôle de l’Alsace Lorraine. Comme en 1930, une course de vitesse est engagée. Nous autres socialistes européens, nous avons une responsabilité historique.
Voilà pourquoi nous voulons provoquer un sursaut européen et nous voulons que l’Europe agisse vite et fort pour changer les règles du commerce mondial. Et pour cela nous avançons des propositions concrètes. Elles ont été souvent caricaturées comme protectionnistes. Comme si le protectionnisme était forcément une abomination.

Le protectionnisme c’est comme le cholestérol. Il y a le bon et le mauvais. Le mauvais protectionnisme, ce serait de dire : dès aujourd’hui, sans avertissement, l’Europe met des taxes à ses frontières. Immédiatement, on arrête d’acheter les produits qui viennent de Chine. Alors que la croissance est déjà en train de s’effondrer en Chine et que les tensions sociales sont de plus en plus graves, une telle politique serait totalement irresponsable.

chinese worker ©Xiaming
Par contre, rien ne nous empêche d’agir pour obliger la Chine à respecter les conventions sociales qu’elle a signées avant d’adhérer à l’OMC. La Chine a signé 22 Conventions sociales au B.I.T. Plus que les Etats-Unis ! Officiellement, personne en Chine ne devrait travailler plus de 8 heures par jour. Officiellement, Tous les salariés devraient avoir un salaire et un logement décent… La Chine a signé 22 Conventions sociales mais elle n’en respecte quasiment aucune ! Voilà pourquoi tant d’entreprises délocalisent vers la Chine. Si nous ne réagissons pas, une grande partie de notre industrie va disparaître. Il faut obliger la Chine à respecter ses engagements.

Ce que nous demandons, ce n’est pas que l’Europe ferme ses frontières, c’est qu’elle ouvre les yeux et sorte de sa naïveté. Aujourd’hui, l’Europe est le premier client de la Chine. Quand on est le premier client, on a un vrai pouvoir de négociation : L’Europe doit fixer un calendrier contraignant pour obliger la Chine à respecter les conventions sociales qu’elle a signées.
Voilà le discours à tenir au Président chinois : Monsieur Hu Jintao, nous savons quelles difficultés vous affrontez. Nous ne ferons rien pour les aggraver. Mais, dans 3 ans, si vous ne respectez pas vos engagements, dans 3 ans, si vous n’avez pas fait des progrès considérables en matière sociale et écologique, nous taxerons tous vos produits.

Si l’Europe tenait ce discours, les délocalisations chuteraient immédiatement : plus aucun industriel ne prendrait le risque de délocaliser vers la Chine. D’ici 3 ans, soit les salaires ont augmenté, soit les produits seront taxés. Dans les deux cas, l’Europe a sauvé son industrie.

Si l’on sort des caricatures, si l’on débat vraiment de nos propositions, qui peut s’y opposer ? Après tout, ce que nous proposons, c’est simplement de généraliser ce qui a existé pendant 40 ans en Europe : des montants compensatoires. Pendant 40 ans, l’Europe a fonctionné avec un système de montants compensatoires entre l’Italie, la France, le Bénélux et l’Allemagne. Ce système a permis aux 6 pays fondateurs de l’Europe de converger lentement mais sans douleur vers un marché unique et une monnaie unique. C‘est tout simplement ce système que nous voulons que l’Europe mette en place dans ses relations commerciales avec la Chine.

Pierre Larrouturou

Congrès de Reims du Parti Socialiste, novembre 2008

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