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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Archives 'Non classé'

Retraites : tous ensemble, tous ensemble !

Par Nouvelle Gauche le 07/09/2010



La (contre)réforme envisagée par le gouvernement est inique car elle va avoir trois effets insupportables :

1) elle va entraîner des baisses spectaculaires des retraites, en particulier des femmes.

2) elle va contribuer à l’augmentation massive du chômage des jeunes et donc faire pression à la baisse sur les salaires de tous

3) elle ne va pas régler le problème à long terme du financement des retraites tout comme la réforme de 2003. Le problème majeur des retraites est celui du chômage de masse pas un problème de ressources financières.


En conséquence, nous appelons chacun d’entre vous à manifester pour demander une réforme crédible mettant fin au chômage de masse et donc au problème des retraites.

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Chômage : les 4 vérités que Christine Lagarde ne vous dira pas

Par Pierre LARROUTUROU le 07/09/2010

source Eco89


Depuis quelques jours, Christine Lagarde est dans tous les médias pour « se féliciter » des bons chiffres du chômage. Hélas, si l’on s’intéresse vraiment à la vie des salarié(e)s (actifs ou au chômage) et si l’on regarde de près les chiffres du ministère du Travail, on constate qu’il n’y a aucune raison de se féliciter des évolutions en cours.



1) Le nombre total des inscrit(e)s n’a jamais été aussi élevé

Ils sont 4 574 000 inscrit(e)s, sans compter 300 000 chômeurs de plus de 58 ans dispensés de recherche d’emploi et 217 000 chômeurs dans les départements d’outre-mer. En deux ans, le nombre total de chômeurs a augmenté de 1 150 000. C’est du jamais vu dans notre pays.

Evolution du nombre d'inscrits à Pôle emploi depuis juillet 2006

2) Le « flux » des nouveaux arrivants est toujours aussi impressionnant

Pas moins de 505 000 hommes et femmes se sont inscrits au chômage en juillet, et 505 000 en un mois, c’est absolument catastrophique !

D’où vient l’impression d’accalmie qui permet à Chiristine Lagarde de parler d’une « stabilisation du chômage » ? Pourquoi la courbe qui récapitule le « stock » de chômeurs ne monte-t-elle pas de façon verticale ?

Parce que, dans le même temps, 495 000 personnes ont quitté Pôle emploi. Mais sur ces 495 000 sorties, il n’y en a que 104 000 qui déclarent avoir retrouvé un emploi. Il y a un flou pour 100 000 d’entre eux, mais le ministère lui-même admet que « moins de 40% de ceux qui quittent Pôle emploi retrouvent un emploi ».


3) La majorité de ceux qui quittent Pôle Emploi sont en fin de droits

Ils ont été licenciés il y a un an ou deux et n’ont plus droit aux indemnités. Ils sont dans la précarité la plus totale : ils vont survivre -ou sousvivre- avec le RMI-RSA… ou n’auront droit à aucune allocation si leur conjoint a un revenu correct. En deux ans, le revenu du couple a été divisé par deux, mais leur problème n’apparaît dans aucune statistique.

L’Insee estime que 400 000 ménages vont être confrontés cette année à cette situation : voir leurs revenus divisés par deux ! Mais ils ne sont plus comptés comme chômeurs, et Christine Lagarde ou Eric Woerth ne les croisent pas dans les dîners en ville…


4) Les CDD de moins de un mois représentent plus de 60% des embauches

Quant à celles et ceux qui retrouvent un emploi (il y en a quand même, heureusement), ils doivent de plus en plus se contenter d’emplois très précaires : l’Acoss, qui reçoit toutes les déclarations d’embauche, a publié en juillet une étude sur les embauches au deuxième trimestre.

Répartition des déclarations d'embauche au cours du 2e trimestre 2010

En résumé : jamais le chômage n’a atteint un tel niveau et jamais le marché du travail n’a connu une telle précarité. N’en déplaise à Christine Lagarde, il n’y a donc aucune raison de se féliciter de quoi que ce soit.

Alors que la croissance ralentit fortement en Chine et aux Etats-Unis, il faut en finir avec les mensonges et la méthode Coué. Il est urgent de mesurer la gravité de la crise et de se mettre au travail pour inventer une nouvelle politique de l’emploi. C’est l’objectif desEtats généraux de l’emploi et de l’écologie qu’Europe Ecologie - Les Verts viennent de lancer à Nantes.

Pierre Larrouturou - Djamila Sonzogni


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Retraites : la durée de vie n’est pas le problème

Par Nouvelle Gauche le 26/05/2010


Nous vous livrons ici l’analyse sur la question des retraites élaborée au sein du collectif Grand Projet Socialiste auquel notre association s’est associé dans le cadre le convention nationale du PS sur un nouveau modèle sociale, économique et écologique.


La politique de suppression systématique des grands services publics touche principalement l’éducation, l’assurance-chômage, la santé et les systèmes de pensions. Nous voulons montrer dans cette partie que la question du financement des systèmes solidaires doit être examiné avec un regard extrêmement critique sans quoi la privatisation de tous ces services publics est devant nous.

La question des retraites est fondamentale pour l’avenir de nos sociétés et symptomatique de la régression sociale dont souffre notre époque. On tente de nous faire croire que la France n’aurait pas les moyens de son régime de retraites par répartition.

La question des retraites repose la question de la solidarité entre les générations et plus largement les logiques de solidarités au sein de la société française. Ainsi le système français repose sur un système où la collectivité finance la formation et la santé des jeunes qui à leur tour financent les retraités quand ils accèdent au marché de l’emploi. Cette belle mécanique est train de se briser sous les coups de boutoirs des réformes néolibérales : marchandisation de l’enseignement supérieur (dont la LRU est un prémisse), marchandisation de la santé (avec le développement d’une couverture assurancielle et non plus mutualisée), marchandisation de la retraite (avec le développement de la retraite par capitalisation).


Le débat médiatique actuel ne propose d’autres issues possibles au vieillissement de la population que l’allongement de la durée des cotisations ou la baisse des pensions. Nous devons sortir de cette pensée unique et remettre les faits économiques au coeur du débat.

En effet, le sens commun admet parfaitement qu’avec la baisse du nombre d’actifs cotisant alors que le nombre de retraité augmente, il faut faire évoluer le financement des retraites. Quand aujourd’hui il y a 1,8 cotisants par retraité et qu’on en annonce 1,2 en 2050, comment douter qu’il va falloir réduire les prestations ou l’âge auquel on peut y prétendre ? Et pourtant, c’est faux ! Ce qui compte ce n’est pas le nombre de cotisants mais ce qu’ils produisent.


Deux composantes majeures du financement doivent en effet être considérées : l’augmentation de la productivité du travail et la croissance attendue des richesses entre 2010 et 2050. L’hypothèse la plus pessimiste du rapport du conseil d’orientation des retraites (COR) publié le 14 avril 2010, table sur une croissance de la productivité annuelle du travail de 1,5% et d’une croissance molle du PIB de 1.7% par an. Dans l’hypothèse d’un allongement de la durée de la vie et de prévisions démographiques qui estiment que la proportion de retraités devrait augmenter de 23 % en 2005 à 33 % en 2050 pour une population totale en augmentation de 15% et une population active sensiblement constante, il faudra trouver 115 Milliards d’euros supplémentaires en 2050 pour payer les retraites d’après ce rapport.

Mais dans le même temps le PIB sera passé de 1950,1 Milliards d’euros en 2008 à 3830 Milliards d’euros en 2050, soit près de 2 fois plus de richesses produites. L’augmentation de la productivité horaire du travail sur la même période sera de 181%. Cela signifie qu’un actif en 2050 créera 1,8 fois plus de richesse qu’un actif actuel. En terme de cotisants actuels, le nombre de cotisants par retraité en 2050 sera donc de 1,2*1,81 = 2,17. Cela signifie qu’en maintenant les cotisations constantes par rapport à la richesse produite, les cotisations dégagées pour payer chaque retraité en 2050 seront 20% plus élevées qu’à l’heure actuelle où ce nombre de cotisants par retraité n’est que de 1,8. Ceci signifie qu’il y a une marge de manoeuvre pour augmenter les cotisations sans pénaliser le niveau de vie des actifs en redistribuant une partie des fruits des gains de productivité au service de la solidarité intergénérationnelle. D’ici 2050, les cotisations devront passer de 13 % du PIB à 16 %.


Notons que ce raisonnement est bien validé par le passé récent : Alors que la population n’a cessé d’augmenter et de globalement vieillir entre 1980 et 2000, l’augmentation du coût des retraites sur cette période a été de 2,3 points de PIB et cela sans poser de problème car dans le même temps la richesse produite a considérablement augmenté ce qui a permis d’en dédier une partie à cette question de solidarité envers nos anciens.


Pas de problème à long terme, mais il faut gérer le papy-boom


S’il y a problème, c’est l’augmentation soudaine de retraités avec le papy-boom qui va créer une montée en puissance sur 30 ans entre 2005 et 2035 environ. Le papy-boom crée une urgence de financement qui n’aurait pas lieu si nous ne vivions pas dans une intense période de chômage.

S’il y a un problème de finances, il est donc ponctuel et réside dans l’augmentation soudaine de retraités avec le papy-boom. Il s’agit d’une montée en puissance sur 30 ans entre 2005 et 2035 (environ). Ce coût supplémentaire perdurera jusque 2045 puis baissera pour disparaître vers 2060 selon les prévisions. Le Fond de Réserve des Retraites était la seule solution logique pour résoudre ce problème mais il n’a pas été financé par la droite au pouvoir. Au contraire, la droite « gestionnaire » a placé le fond existant sur les marchés et il a perdu près de 20% de sa valeur avec la crise en 2008 !


Le problème n’est donc pas comment créer des richesses (le ratio actifs/retraités est compensé largement par l’augmentation de la productivité) mais comment garantir le maintien des taux de cotisations actuels !

A système constant, le problème n’est pas l’espérance de vie ou la durée de cotisation mais bien le taux de prélèvements ! Ce n’est pas un hasard si les prévisions catastrophiques partent sur une base immuable de 13 points de PIB donnés aux retraités…


Le vrai problème, c’est donc la répartition et le chômage


Quand un salarié solde sa retraite aujourd’hui, il est au chômage depuis 3 ans en moyenne. Rendre obligatoire une année de cotisation supplémentaire sans avoir fait radicalement reculer le chômage ne sert à rien : cela revient à demander aux gens de travailler plus longtemps alors qu’ils manquent de travail.


Tant que le chômage et la précarité resteront à ce niveau, les ressources de l’État, des collectivités et de la Sécurité Sociale (fondées essentiellement sur les salaires et la consommation) stagneront et nous aurons les plus grandes difficultés à financer les retraites. Plus il y a du chômage et plus il est difficile d’augmenter les salaires et donc les cotisations retraites.


« Les inégalités entre générations ne viennent pas du problème des retraites mais de l’emploi. Le vrai problème c’est le chômage. »

Jean Paul Fitoussi, Président de l’OFCE, le Monde 2001

Aujourd’hui en moyenne, les salariés soldent leur retraite à 61 ans et moins de 30 % des salariés ont encore un emploi.


Cotiser plus longtemps = 10 % de moins sur les retraites


Cotiser plus longtemps, c’est gagner moins. Quand la droite, exige une année de cotisation supplémentaire sans avoir rien fait pour faire reculer le chômage, elle sait très bien que concrètement, pour 70 % des salariés, il manquera une année de cotisation, soit 4 trimestres, cela signifie une décote de 10 % sur leur pension de retraite.

L’âge moyen auquel on solde sa retraite est de plus de 61 ans, l’âge de fin d’activité est plutôt proche de 58,5 ans. On remarque de plus que la réforme Fillon de 2003, loin de provoquer un prolongement dans l’activité à produit l’effet inverse à celui recherché (raccourcissement de l’age moyen de la retraite de l’ordre d’une année). Elle contribue à creuser le déficit des retraites tout en ayant fait diminuer les pensions d’environ 20%.


Avec l’argument “l’espérance de vie a augmenté, donc il faut cotiser plus longtemps”, on prépare une baisse généralisée du niveau de vie des retraites de la sécurité sociale.


Ceux qui veulent développer les systèmes d’assurances privées sont évidemment très favorables à cette réforme (Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas Sarkozy est le PDG du groupe d’assurance-santé, assurance-retraite Médéric), mais on comprend que les syndicats s’opposent à ce nivellement par le bas.


« D’autres réformes seront nécessaires. Elles donneront aux assureurs complémentaires un rôle de plus en plus important. » (Guillaume Sarkozy, La Tribune 2006)


« La bonne piste est de compléter le système actuel avec des dispositifs d’assurance privée. » (François Fillon, Les Échos 2006)


« Depuis 2003, la France a mis en place, avec du retard par rapport à ses principaux voisins européens, un cadre législatif permettant l’accès de tous les citoyens à un dispositif complet d’épargne retraite (…) Selon les hypothèses du COR, le taux de remplacement servi par les régimes obligatoires, de base et complémentaire, diminuerait de 83,6 % en 2003 à 75,6 % en 2020 et 64,4 % en 2050 pour un salarié non cadre. La baisse serait encore plus importante pour un cadre salarié : de 64,1 % en 2003 à 55,5 % en 2020 et 42,7 % en 2050. » (Rapport MARINI au Sénat, 30 avril 2008)


Voilà l’avenir que nous prépare la droite libérale : la retraite par capitalisation pour ceux qui en ont les moyens. Pour les autres la baisse des retraites et l’impact des politiques des fonds de pensions sur la gouvernance de nos entreprises qui se solde invariablement par une contraction des salaires, des délocalisations et du chômage de masse. Nous pensons qu’il ne faut pas sortir du système de solidarité nationale intergénérationnelle. Si la droite veut compléter le système actuel avec des dispositifs d’assurance privée, c’est qu’elle admet que l’on puisse aller chercher ailleurs que par des cotisations sur le travail le financement des retraites. Aussi, s’il faut garantir le maintien des taux de cotisations actuels, l’État trouvera les ressources nécessaires en mettant en oeuvre la redistribution des gains de productivité au service de la solidarité intergénérationnelle. Régler la question du chômage en organisant le travail au bénéfice de tous sera le plus sûr moyen d’augmenter le nombre et le montant des cotisations et de répondre au besoin de la société toute entière.







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Une orientation pour le PS, soutenez le GPS

Par Nouvelle Gauche le 25/04/2010

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A Nouvelle Gauche, nous oeuvrons depuis plusieurs années pour que le Parti Socialiste fasse un travail sur le fond pour répondre à l’urgence sociale que nous connaissons depuis plusieurs années et qui s’est encore aggravée avec la crise. En 2010, les choses bougent puisque pas moins de 4 conventions thématique du PS sont programmées et nous comptons à cette occasion prendre notre part dans le travail de reflexion.

Malgré un calendrier plus que tendu, Nouvelle Gauche a travaillé avec d’autres militants du PS rassemblés au sein de la plateforme de rassemblement trans-courants Grand Projet Socialiste afin de contribuer à ce travail de rénovation du projet politique de la gauche dans la perspective de 2012. Nous venons de déposer notre synthèse alternative « Une Urgence sociale et écologique » à l’occasion de la Convention nationale pour un nouveau modèle de développement.

Le GPS veut donner une orientation au PS afin de s’attaquer sans hypocrisie au chômage de masse, revaloriser les salaires et récupérer l’intérêt de la création monétaire, actuellement capté par les banques privées, et financer ainsi les budgets publics.


Un groupe GPS a été créé sur la Coopol pour défendre le texte auquel nous avons contribué, le rendre accessible à chacun d’entre vous et d’en assurer la large diffusion. N’hésitez pas à rejoindre ce groupe et à y contribuer. Le texte défend en particulier le passage à la semaine de 4 jours qui nous est si cher car nous pensons que c’est une arme redoutable contre le chômage de masse.

S’il vous paraît aller dans le bon sens, vous pouvez écrire à : gps.donnonsunsensauprojet@gmail.com pour signifier votre soutien (indiquez vos prénoms, nom, section et responsabilités ou mandats éventuels) et obtenir plus d’informations. Un site dédié à la mise en discussion de ce texte au sein du PS est en cours de finalisation : www.grandprojetsocialiste.fr


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Pourquoi faut-il partager le travail ?

Par Fredback le 20/03/2010

La question prêterait à sourire si la période actuelle ne poussait pas à l’exclusion de millions de salariés et cela bien avant la crise économique. Toute l’histoire du capitalisme industriel ne repose t-elle pas sur l’efficacité de la division du travail ? Assigner des fonctions de plus en plus spécialisées à chaque employé a permis des gains de productivité considérables qui ont débouché sur la production de masse. Les nouvelles technologies n’ont fait qu’accélérer un processus qui traverse le développement des moyens de production. La technique n’a d’autre objet que d’économiser le travail de l’homme. Réduite à sa base primordiale, l’histoire n’est que la poursuite de l’économie du temps de travail. De 7 jours par semaine au début du XXe siècle, nous sommes passés à 5 jours alors que la productivité augmentait assez peu. Mais la durée légale du temps de travail n’est pas suffisante pour prendre toute la mesure du partage du travail. Il faut intégrer les congés payés, l’interdiction de travailler avant 16 ans, des cycles d’études de plus en plus long, le départ à la retraite à 60 ans, le travail des femmes, l’immigration et une démographie galopante. Aussi, depuis 40 ans, nos économies avancées ont quintuplé leur productivité et elles se dirigent vers des durées de temps de travail tous emplois confondus se rapprochant de 30h par semaine1 .


open-spacePourtant certains économistes soutiennent que « le travail ne se partage pas2 ». Leur principal argument retient l’idée qu’une « masse fixe d’heure de travail devant être partagée est fausse ». Ou bien que « le travail demandé par les entreprises n’est pas une donnée intangible qui peut se partager ». Effectivement, la masse d’heures travaillées n’est pas fixe et pour cause, elle diminue. En France, entre 1949 et 2007, le nombre d’heures travaillées a baissé exactement de 12,7 % et la population active est passée de 19,5 millions à près de 28 millions. Mais dire que la masse de travail ne se partage pas, c’est bien mal connaître son organisation. Loin d’être une donnée intangible, elle est le fruit d’une organisation collective complexe qui requière coordination et créativité dans la répartition des tâches. On est en droit de se demander si ces personnes ont pris la peine de s’informer des recherches menées sur la division du travail qui font le succès du capitalisme industriel3 ?

Les détracteurs opposent encore à la diminution du temps de travail que les entreprises qui possèdent la meilleure productivité embauche le plus. Personne ne conteste cet état de fait. Il est reconnu qu’une entreprise qui améliore son cycle de production gagne en compétitivité, baisse ses prix, élargie sa clientèle, doit produire plus donc embauche et dynamise son secteur d’activité. Mais la diminution de la masse totale d’heures travaillées conteste encore une fois la généralisation macroéconomique. L’entreprise qui embauche ne détruit t-elle pas de l’emploi chez la concurrence en gagnant des parts de marché quand celui-ci arrive à saturation ?

En dernier lieu, pour les tenants de l’économie de marché, « la destruction créatrice d’emplois serait le principal moteur de la croissance4 ». Par extension le marché du travail reste imprévisible et inquantifiable. Il n’est pas question, ici, de remettre en cause la destruction d’activités qu’entraîne le progrès technologique, pas plus qu’il ne fallait renoncer au moteur à explosion pour conserver le maréchal-ferrant, mais de contester le caractère automatique de la compensation d’emplois par la croissance.


Globalement le capitalisme industriel en développant ses outils de production a décimé la main d’œuvre agricole pour la « déverser » dans l’industrie lourde puis absorbé celle-ci dans l’économie du tertiaire suite à l’automatisation et la désindustrialisation des pays riches. L’histoire nous montre que les effets de percolation (la destruction créatrice) n’ont jamais pu compenser la destruction d’emplois. Seule l’économie de guerre de 1940 a sorti les Etats-Unis de la dépression liée à la première révolution industrielle et ceci malgré le New Deal. Quant au taux de chômage chez les noirs Américains descendants de la main d’œuvre agricole, il est toujours resté très élevé jusqu’à nos jours. Mais surtout, les grands chantiers de reconstruction d’après guerre en Europe sont aujourd’hui terminés. La troisième révolution industrielle détruit des emplois dans le tertiaire en reconfigurant entièrement les modèles de distribution (Internet) et l’organisation hiérarchique des entreprises (mise en réseau, concentration des tâches sur un poste informatique, intelligence artificielle, production à flux tendu…). Ce n’est pas la création de postes ultra-qualifiés dans les secteurs high-tech ni même de postes assez bassement qualifiés du service à la personne (qui ont contribué à un ralentissement de la diminution des emplois peu qualifiés depuis 1985 en France car dans ce secteur les gains de productivité sont plus faibles du fait d’une présence humaine forte difficilement remplaçable) qui absorbera le nombre de chômeurs laissés pour compte dans la destruction massive d’emplois tertiaires et l’hyper productivité dans tous les domaines de l’économie. Entre 1995 et 2002, la production industrielle globale a augmenté de 30 % et la productivité de 4,3 % par an, tandis que chaque année, l’emploi industriel a chuté dans toutes les régions du monde jusqu’à perdre 31 millions d’actifs5. Même si on retranche les emplois intérimaires, qui sont désormais comptabilisés dans les services aux entreprises, le compte n’y est pas. Si la productivité crée de nouveaux emplois, c’est en nombre insuffisant pour compenser les pertes. Que faire ?


Pendant les trente glorieuses (1949-1974), nous observons en France avec l’Insee, une décrue du nombre d’heures travaillées de 45,7 Mds à 42,3 Mds, soit une baisse de 6% dans une conjoncture où la croissance du PIB dépassait les 5% par an. Sur cette période, contrairement aux idées reçues, c’est la diminution du temps de travail qui a maintenu le quasi-plein-emploi malgré l’augmentation de la population active. Elle est passée d’environ 45,5h par semaine à un alignement sur la durée légale, soit 40h. Mais entre 1974 et 2007 le volume d’heures travaillées connaît une nouvelle décrue de 6 %. La croissance ralentie mais le PIB reste malgré tout en constante augmentation6. Entre temps, nous sommes passés à 39h puis officiellement à 35h. Mal déployées, les 35h n’ont diminué à l’époque que de 4 % la durée moyenne tous secteurs confondus7 et ont depuis largement été déconstruites par les aménagements successifs de la droite8. Sur cette période la diminution de la durée légale du temps de travail s’est révélée insuffisante pour compenser les destructions d’emplois et enrayer la monté du chômage. Ce dernier aurait pu être contenu par une réduction annuelle du travail de l’ordre de 16% au lieu des 10,5% constatés. La richesse créée ayant dans le même temps (1974-2007)  augmentée de plus que 240% en volume, nous aurions pu maintenir les salaires. En synergie avec nos partenaires économique, notamment en Europe, nous pouvions choisir d’équilibrer le coût du travail et aligner les prestations sociales par le haut, au lieu de recourir à la financiarisation de l’économie.


Il est important de noter que cette diminution du volume global d’heures travaillées s’accompagne de l’augmentation du nombre d’heures effectuées sous le statut de salarié. Le capitalisme en généralisant le salariat consacre la victoire de la productivité de l’entreprise par la division du travail sur les professions indépendantes. Mais le recours croissant au temps partiel creuse les inégalités. Si le temps de travail diminue, sa répartition est anarchique sous la pression du chômage. En 2007, déjà plus de 2 millions de chômeurs effectuaient 0 heure, 2 autres millions faisaient au mieux quelques heures par semaine de manière subie, 19 millions d’actifs travaillaient plein pot (parfois trop, en moyenne 41h par semaine pour les titulaires d’un CDI ) et 4 millions à temps partiel (CDD ou intérim). La question qui se pose à nous aujourd’hui serait plutôt « quelle réduction du temps de travail voulons-nous ? » ou « jusqu’où pouvons-nous descendre la durée légale du temps de travail ? ». Comme toujours, nous ne pouvons laisser seul le marché décider.


Des leçons instructives. Les 35h sont la cible de nombreuses critiques pour contester une nouvelle diminution du temps de travail. Son application autoritaire a en grande partie compromis son succès. L’expérience du passage à 32h pour plus de 400 entreprises avec la loi de Robien nous paraît un exemple beaucoup plus pertinent pour avoir fait ses preuves9. Ces entreprises ont toutes embauché et gagné en productivité. Comment faire bénéficier de cette expérience à l’ensemble du tissu économique sans que cela soit vécu comme une contrainte imposée de l’extérieure mais comme une chance unique d’améliorer la productivité ? Il faut se donner les moyens d’accompagner les entreprises suivant leur rythme et par branche pour optimiser la division du travail afin de permettre l’intégration de nouveaux travailleurs sans augmenter la masse salariale et sans baisser les salaires. Les grandes réformes nécessitent beaucoup de pédagogie, de diplomatie et l’ajustement d’un dispositif fiscal. Celui-ci a fait l’objet d’un bouclage macroéconomique très poussé réclamé par la Confédération européenne des syndicats. Entre indemniser des chômeurs ou permettre aux entreprises d’embaucher, notre choix est fait. Les énormes gains de productivité doivent êtres impérativement redistribués à travers un meilleur partage de la valeur ajoutée et du temps de travail. D’autre part, les services qualifiés autour du temps libre sont l’industrie de l’avenir tout comme la formation continue permise par le temps libéré répond à la montée en compétence que demandent nos changements de société. Comme le dit William Green10 : « Le temps libre est une certitude. À nous simplement de choisir entre loisir et chômage ». Même si la réduction du temps de travail n’est pas la seule solution au chômage, elle y contribue fortement.



1 France 36,3h ; Allemagne 35,8h ; Danemark 34,6h, Etats-Unis 33,7h ; Pays-Bas 31,4h ; Eurostat 2008.
2 P. Cahuc & A. Zylberberg, Le chômage, fatalité ou nécessité ?, Flammarion 2004.
3 Voir les entreprises Kellog’s, Télérama, Monique Ranou, Brioche Pasquier, Danone, Volvo, etc…
4 Joseph Schumpeter, Théorie de l’évolution économique, 1934
5 New York Times, 4 juillet 2008.
6 De 1978 à 1994, le PIB va augmenter de 40 %, Insee. 7 Insee
8 En particulier les heures supplémentaires défiscalisées qui ont détruit environ 90 000 emplois, Insee, 2010
9 Les travaux de l’OFCE, le rapport du Sénat, Evaluation BIP, Pierre Larrouturou : la semaine de 4 jours.
10 William Green, ex-président de la Fédération américaine du travail.


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Les voeux de Nouvelle Gauche pour 2010

Par Nouvelle Gauche le 06/01/2010

Le bureau de Nouvelle Gauche et Pierre Larrouturou, son Président, vous adressent leur meilleurs voeux pour 2010.


Dans une France marquée par une crise structurelle sans précédent depuis les années 30, nous mesurons les difficultés traversées par de nombreuses familles bouleversées par le chômage, la diminution du pouvoir d’achat et l’interrogation réelle sur leur avenir dans notre société de plus en plus porteuse d’exclusion sociale. Nous affirmons notre solidarité avec tous ceux qui souffrent de l’incapacité de notre société à créer les conditions d’insertion sociale pour chacun d’entre nous, jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes, formés et moins bien formés, actifs ou retraités.


Notre association est porteuse d’un projet que nous pensons susceptible de changer la donne sur les questions du chômage de masse, de la redistribution des richesses  et de l’avènement d’une nouvelle structuration sociale respectueuse de la condition humaine. Nous mesurons la responsabilité qui est la notre dans la mise en débat public de ce projet afin que les propositions que nous portons puissent pénétrer les programmes politiques de la gauche républicaine.


Si du côté du parti socialiste, nos adhérents et en particulier nos deux membres au conseil national du PS ne se sont jamais trouvés en capacité de faire passer nos propositions au sein du PS (absence de convention militante programmatique en 2009 comme depuis maintenant plus de 8 ans), l’année écoulée a néanmoins été marquée par une structuration importante de notre association qui a maintenant des groupements locaux dans un grand nombre de régions françaises. Ces derniers ont été en mesure d’organiser une activité militante notable sur le terrain (organisation de débats publics, mise en place de groupes de travail sur des sujets nouveaux comme par exemple le lien entre temps de travail et formation, rédaction de documents de synthèse et de vulgarisation de nos propositions) que nous espérons voir se développer sur tout le territoire national en 2010.


Par ailleurs, l’émergence de Europe Ecologie et la préparation des futures élections régionales ont permis à un certain nombre de nos adhérents d’être en position de présenter et défendre nos propositions de manière publique. Certaines sont en train d’être incorporées dans les programmes pour les régionales de 2010 et plus globalement dans le programme de Europe Ecologie.


Depuis quelques mois, plusieurs gouvernements veulent nous faire croire que la reprise est en marche. De notre point de vue, au contraire, nous sommes dans l’oeil du cyclone et si rien n’est fait en profondeur pour changer la structure du capitalisme et de la redistribution des richesses, les mêmes causes produiront les mêmes effets et ceci à des échéances courtes.  En effet, les signes des crises à venir sont déjà là, comme le soulignent - depuis plusieurs mois déjà- d’éminents économistes (dont certains prix Nobel).


En ce début d’année, notre voeu le plus fort est celui de voir des changements structurels fondamentaux intervenir rapidement pour résorber cette crise systémique.


Pour cela, il faut un sursaut citoyen : aidez nous à le déclencher et à le porter autour de vous.


Le bureau de Nouvelle Gauche

le 3 janvier 2010

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Réforme de l’enseignement supérieur :
la colère monte en Europe et aux USA

Par Bertrand LAFORGE le 24/11/2009

La mobilisation dans les universités de plusieurs pays du monde s’organise en ce moment. Elle est provoqué par les dégâts de la marchandisation de l’enseignement supérieur à l’oeuvre aux USA depuis longtemps mais également depuis peu dans la plupart des pays d’Europe depuis que les gouvernements européens ont mis en place le processus de Bologne.


Ci-dessous une carte de la mobilisation dans le monde, n’hésitez pas à faire remonter les informations manquantes que vous pourriez connaître.




Unsere Unis (by zurPolitik.com) Agrandir le plan

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La capture actionnariale

Par Fredback le 09/11/2009

Des exigences démesurées. Aucune économie ne peut se développer sans crédit. Le capitalisme ne se prive pas d’en rappeler la nécessité quand il faut justifier l’investissement privé. Pourtant celui-ci se transforme en véritable prédateur quand il laisse libre cours à ses appétits de profits.


Ces trente dernières années le capitalisme actionnarial a considérablement augmenté ses exigences de rentabilité au point qu’il ponctionne sous forme de dividendes ou de rachats d’actions plus d’argent qu’il n’en apporte aux entreprises.


capture-action

La dérive commence dans les années 80. Puis les 15 % de ROE («Return on Equity» ou retour sur fonds propres) exigés à la fin des années 90 inquiètent déjà de leurs retombées sur une économie qui peut raisonnablement tabler sur une croissance de 2 à 4 % par an. Aujourd’hui, ils avoisinent  couramment les 20 ou 25 % avec les conséquences dramatiques que cela entraîne.


Par exemple dans le textile français, plus de 320 000 emplois ont été supprimés depuis 1980 (bien avant les performances chinoises) pour atteindre des taux de marge, en moyenne, de 24 % en 2004.


Les entreprises boursières sont les premières assujetties à la capture actionnariale mais elles ne sont pas seules à écoper d’une telle pression sur leurs activités. Nos géants du CAC 40 répercutent sur leurs fournisseurs leurs exigences de rentabilité accrues. Les PME tributaires de ces grands groupes doivent s’aligner en baissant les marges et les salaires.


Un autre phénomène, loin d’être marginal, aggrave la situation : les LBO (Leveraged Buy-Out). Des fonds d’investissement (Private Equities), les plus souvent anglo-saxons, collectent d’énormes capitaux auprès des banques, des assurances, des fonds de pension et des grandes fortunes pour se spécialiser dans le rachat d’entreprises. Plus de 8000 actuellement de par le monde sont en leur possession. Un salarié américain sur quatre travaille pour eux. En France, c’est un salarié sur douze avec des entreprises comme TDF, Picard, Dim, les restaurants Quick, Buffalo Grill, les Pages jaunes, Allociné ou Afflelou…


Ces fonds apportent (en moyenne) 30 % de la somme, le reste est emprunté aux banques. Le prêt et ses intérêts seront remboursés avec les profits prélevés sur l’entreprise sur une durée de 4 ans. Elle est ensuite revendue, généralement a un autre fond d’investissement, qui fera de même et ainsi de suite. Lorsque l’on investit 30 et que l’on rembourse 70 sur le dos de l’entreprise et que l’on revend 130, cela fait du 300 % de taux de retour sur investissement en 4 ans. Certains attribuent à la cupidité de ces pratiques les vertus de la rationalisation. En fait de rationalisation, ce sont de véritables démantèlements de l’appareil de production qui sont mis en place.


Réduction des effectifs, compression des salaires, augmentation des cadences, suppression de pans d’activités pas assez rémunérateurs (bien que parfaitement viables) et délocalisation sont quelques-unes des méthodes draconiennes appliquées par les nouveaux propriétaires. Aucune pérennité n’est recherchée car seul prime l’objectif de rentabilité qui permettra de rembourser le prêt et de spéculer sur la revente à court terme.


Quant aux PMI, PME qui ne sont pas encore liées à de grands groupes côtés en bourse ou qui échappent à la rapacité des Private Equities, elles ne sont pas pour autant épargnées par ce mouvement de fond dont la première conséquence est la diminution des salaires donc du pouvoir d’achat d’une partie de leur clientèle. Tout le tissu économique, sans exception, se trouve affecté par la nocivité de la capture actionnariale.


Des conséquences sociales désastreuses. Depuis 35 ans, les salaires ont vu leur part diminuer de 11 % dans la valeur ajoutée pour satisfaire la rémunération des actionnaires. C’est une véritable régression dans la répartition des richesses à laquelle nous assistons. Sans compter un déséquilibre des salaires entre les différents groupes sociaux qui à ni plus ni moins rejoint celui des années 20.


Il se trouve malgré tout quelques « experts » pour nous expliquer avec aplomb que la part des salaires est restée « à peu près stable » ces 20 dernières années en France (quand elle a baissé entre 60 et 90 milliards et ceci sans intégrer l’impact de la croissance des loyers qui constituent un retour direct vers les détenteurs du capital) ou que celle-ci était trop importante dans les années 80 (de là à s’effondrer de 11 %, c’est considérable).


Les esprits les plus suspicieux rétorqueront que les petits salaires ont un meilleur niveau de vie qu’il y a 50 ans.FRANCE DEMONSTRATION C’est vrai que la grande distribution a donné accès à un nombre croissant de produits discounts ou de grande consommation. Si la part des salaires s’est effondrée, parallèlement les prix ont été tirés vers le bas. L’accès aux produits de grande consommation fabriqués dans les pays du Sud ont permis d’atténuer l’impact social de la dégradation des salaires dans les pays du Nord tout en augmentant les marges des producteurs. La Chine est devenue parmi les premiers fabricants mondiaux de produits bas de gamme et de denrées alimentaires mais aussi d’ordinateurs portables (70 % du marchée), téléphones mobiles (55 %), téléviseurs écrans plats (40 %), microprocesseurs.


65 % des exportations « made in China » sont réalisées par des groupes étrangers. Sur les 500 premières multinationales, 400 ont réalisé des investissements en Chine.


Certains spécialistes estiment que pour 100 euros produits sur le territoire chinois il en reste 20 à 25 dans le pays. Les grands groupes gagnent sur les deux tableaux : baisse des salaires dans les pays industrialisés et bénéfices sur les bas salaires dans les pays du Sud qui travaillent dans des conditions déplorables. 750 000 Chinois meurent chaque année en raison de la pollution, pour ne parler que des causes liées à la pollution industrielle. En Europe, un salarié sur cinq déclare souffrir de trouble de santé lié au stress au travail.


Moralement injustifiable, le déséquilibre dans la répartition des revenus pourrait passer pour un mal nécessaire au développement, s’il n’était pas responsable de l’exclusion croissante de milliers de salariés de la vie économique. Car, avec la pression sur les salaires, l’autre conséquence de la capture actionnariale, c’est l’augmentation de la précarité et du chômage.


La spéculation comme finalité. Les conséquences de la mondialisation sont souvent invoquées pour justifier la fatalité des pratiques libérales imposées par la concurrence déloyale des autres pays. On a vu que ce sont souvent les mêmes qui accentuent la pression sur les salariés du monde entier. Il faut aussi relativiser l’impact des délocalisations. Même s’il est réel dans certains secteurs de l’économie, il ne représente finalement que 5 % de la perte d’emploi sur le territoire Français.


D’autres activités sont venues prendre le relais et le bon niveau de formation comme la forte productivité des salariés français ont permis d’attirer un grand nombre d’investisseurs. En 2007, les travailleurs français sont troisièmes, juste derrière les Norvégiens et les Américains pour leur productivité par heure de travail. La France est aussi la seconde destination (avec la Grande-Bretagne) pour les capitaux étrangers après les Etats-Unis. Pourtant le chômage n’a fait qu’augmenter et cela bien avant la crise car les taux de rentabilité exigés par les actionnaires excluaient déjà les hommes et les femmes qui trouveraient parfaitement leur place dans une société où les détenteurs du capital estimeraient normal de gagner 4 % ou 5 % par an sur leurs investissements. L’explosion des taux de marge creuse la réduction de la masse salariale dans des pays industrialisés déjà frappés par un déséquilibre  de l’offre et de la demande de travail due à la révolution de la productivité.


C’est le rappel constant et brutal du droit au profit imposé par le pouvoir actionnarial à l’ensemble des populations. Les investissements ne sont plus destinés à développer l’appareil de production en fonction des besoins réels de la société (donc à créer de l’emploi) mais à faire des profits.  Au point ou une part importante des capitaux nécessaires au développement économique préfèrent s’orienter vers des placements spéculatifs beaucoup plus lucratifs. La banque de financement et d’investissement de la Société Générale a dégagé un ROE de 48,3 % au dernier trimestre 2006 quand le département « Securities Services » de JP Morgan dégageait un ROE de 58 %… nettement plus que l’économie réelle.


Keynes fut l’un des premiers à montrer que l’exigence d’un taux de rendement élevé contribuait au déclin de l’activité et de l’emploi en opérant une redistribution du revenu défavorable à la consommation populaire et favorable aux placements spéculatifs et pourtant depuis le début du XXIe siècle, la dérégulation financière n’a fait que s’accentuer.


La financiarisation de l’économie par la dérégulation bancaire et ses innovations a été l’étape ultime qui a permis de compenser la perte du pouvoir d’achat de milliers de salariés par l’accès au crédit (subprimes, prêts à la consommation, prêts automobile, cartes de crédit…). Mais surtout, elle a érigé en mode de vie le placement spéculatif des détenteurs du capital. Les hauts revenus par leur consommation débridée sont arrivés à tirer la croissance tout en paupérisant la grande majorité des salariés (aux USA, la montée de la part de la consommation est essentiellement attribuée aux 20 % de la population disposant des revenus les plus élevés. En France, 85 % des salariés ont vu leur revenus stagner ou régresser au profit des 5 % les mieux payés dont le 0,01 % les mieux payés qui ont augmenté leurs revenus de 51 % entre 1998 et 2005)… une concentration des richesses qui culmine jusqu’au crack boursier du 15 septembre 2008 (et que tout porte à croire qu’elle se prolonge encore).


Car la concentration du capital atteint de telles proportions dans son principe d’accumulation qu’il devient impossible de maintenir des investissements aux taux de rendement escomptés par les porteurs de capitaux. Un décrochage se produit entre une bulle financière totalement artificielle et une économie réelle déjà sacrifiée aux appétits des actionnaires.


Une réponse politique. Sans une remise en cause des pratiques actionnariales, soit par leur encadrement, soit par la mise en place d’une alternative (pôle d’investissement public), soit par la participation des salariés aux décisions de l’entreprise — soit par les trois à la fois —, il n’y aura aucune sortie de crise possible. Il n’y a aucune raison que la puissance actionnariale trouve d’elle-même les voies de la modération. La puissance va toujours au bout de ce qu’elle peut et, sans opposition, la démesure est sa pente. Si rien n’est fait pour y mettre un frein, le capital actionnarial explorera toujours plus profondément de nouvelles possibilités d’exploitation et s’opposera toujours à toute régulation. Car si l’instabilité du capital actionnarial est conjurée, c’est là profitabilité qui est menacée. Et quand la profitabilité est reconstituée, c’est l’instabilité qui est de retour. Le libéralisme est aveugle et sans projet. Seul le politique peut mettre un terme à la crise que nous traversons.


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La recherche
n’est pas la priorité du gouvernement :
La preuve par 9

Par Bertrand LAFORGE le 21/10/2009

Henri Audier, directeur de Recherche au CNRS, ancien membre du conseil d’administration du CNRS, membre du bureau national du SNCS-FSU, analyse pour nous les données du livre “jaune” de la loi de finance 2010 qui vient d’être rendu public et qui produit les chiffres du financement de la recherche en 2007 et 2008 en France.


recherche par tkcdkr

Que sont devenues les deux promesses de Jacques Chirac qui affirmait en 2002,  «  En 2007, nous serons en tête de l’Europe pour l’effort de recherche » complétée par Nicolas Sarkozy en 2007 qui reprenait de plus belle, «  Il y aura 1,8 milliard de plus chaque année pour l’enseignement supérieur et la recherche » ?


Le résultat est sans appel, la part du PIB investit dans la recherche a baissé sensiblement depuis 2004. Notons qu’en  2008 les « financements budgétaires de la recherche » civile (incluant environ 10 % d’aide aux entreprises) ne représente plus que 0,53 % du PIB, la baisse de ce ratio étant de 31 % en cinq ans ! En euros constants, les budgets de la recherche ont même diminué.


Ainsi Henri Audier précise : “Nicolas Sarkozy affirmait « La France en seconde division de la science ne serait plus la France » . Or en deuxième division, nous y sommes : les dernières statistiques de l’OCDE donne comme chiffre provisoire (voir plus loin) pour l’effort de recherche de la France : 2,08 % du PIB, très loin de l’objectif des 3 % du PIB. Ce chiffre marque une nouvelle chute et confirme une décroissance constante depuis 2002 (2,24 % alors). La France est quatorzième mondialement et se situe significativement en dessous le la moyenne OCDE (2,29 %).”


Lisez la suite de l’analyse de Henri Audier ici.

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L’affaire Jean Sarkozy
ou comment devenir la risée du monde

Par Nouvelle Gauche le 16/10/2009

Des pratiques d’un autre temps. Alors que Nouvelle Gauche se réjouit en général de toute proposition permettant de redonner aux actifs français une activité professionnelle, nous dénonçons la manière intolérable dont les institutions françaises sont mises au service de la carrière du fils du président de la République, Jean Sarkozy.


Les pratiques qui se sont développées autour de l’exercice du pouvoir de Nicolas Sarkozy sont celles d’un autre temps et d’un autre régime et constituent une insulte à l’Esprit des Lumières et aux progrès de l’Esprit Humain dont parlait si justement Condorcet.


Dans un premier temps Jean Sarkozy a profité de la main mise de son père sur l’UMP pour être intronisé Dauphin dans le département des Hauts de Seine. Etre propulsé à la tête du conseil général par la simple volonté du monarque ne suffisait certainement pas puisque déjà se profile une nouvelle opportunité professionnelle pour ce dernier : la direction de l’EPAD,  organisme gérant le développement du site de la Défense.


L’indignation internationale. Mais cette fois, l’affaire de la probable “nomination” de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, fait grand bruit. Même la majorité “soudée derrière son leader” se fissure sur cette question malgré les tentatives désespérées  de F. Fillon et X. Bertrand pour calmer la tempête.


Loin de se tasser, l’affaire prend une dimension internationale dans les médias au détriment de la crédibilité de la France et de ses institutions. Les chinois, les anglais comme beaucoup de peuples du monde, peuvent se gausser en toute légitimité et sont en situation de pouvoir donner à la France des leçons de démocratie :



 

 

État de services : fils de président… Alors que toute la politique de Nicolas Sarkozy se nourrit à longueur d’année des mots “compétence” et “évaluation”, pouvons-nous tolérer la nomination d’un “modeste” étudiant de deuxième année de droit à la tête d’un établissement public dont l’action est déterminante pour la vie économique de l’Ile de France ?

 

Il est en effet utile de rappeler que Jean Sarkozy, loin d’être la “bombe intellectuelle” dont le statut de “génie” aurait pu motiver une telle anomalie de carrière, est en fait déjà âgé de 23 ans, ce qui pour un étudiant de 2ème année de fac est déjà vénérable (5 ans après l’âge d’obtention du baccalauréat, il n’a acquis qu’un niveau bac+1). Encore un exemple patent de l’échec en premier cycle universitaire…

 

 

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