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Archives 'Recherche et enseignement supérieur'


Sarkozy ne comprend vraiment rien…
et cela dure

Par Bertrand LAFORGE le 17/03/2010

Alors que nous connaissons une augmentation drastique du chômage, en France mais aussi partout dans le monde, Nicolas Sarkozy a réaffirmé ce 14 janvier son opposition frontale à la notion de partage du travail.  ”Nous avons mis fin au carcan des 35 heures” a-t-il affirmé,  mais où sont les résultats bénéfiques de cette “nouvelle” politique ?


Dans tous les pays du monde occidental (même là les 35 h n’ont jamais existé !), on observe le même phénomène : malgré le développement technologique et l’innovation censés d’après les libéraux créer de nouvelles activités et préparer les emplois de demain, le nombre d’heures travaillées diminuent régulièrement avec le temps. L’émergence de secteurs gigantesques comme l’informatique, l’électronique ou la robotique ont détruit au final beaucoup plus d’heures de travail qu’ils n’en n’ont créé. C’est un fait comme le montre la figure ci-dessous tirée d’un rapport de l’OCDE de 2001 :

Par ailleurs, la population mondiale a dans le même temps cru dans une proportion très importante (à un taux de croissance de 1.2% à 2.2% par an depuis 1950 comme le montre la figure suivante compilant les données du US Census Bureau).


Fichier:World population increase history.svg


Au cours du XXème siècle, l’augmentation de la productivité du fait des progrès technologiques et d’organisation des unités de production n’est jamais compensée par la croissance de l’activité. Il n’y a pas de changement qualitatif sur ce point avec le siècle que nous entamons.  Par ailleurs, ce problème est rendu d’autant plus aigu avec la croissance démographique que nous connaissons qui apporte un nombre d’actifs en nette augmentation alors que la consommation n’augmente pas dans les mêmes proportions.


Par ailleurs, l’augmentation continuelle de la consommation de biens matériels est elle-même un leurre dans un monde aux ressources naturelles finies.


Alors Monsieur Sarkozy, qu’avez-vous à répondre à ces arguments ? Quand sortirez-vous du credo  ”la croissance = solution au chômage de masse” et quand passera-t-on au crible d’une analyse solide les résultats de la politique que vous avez menée ?


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La Recherche
V. Pécresse et N. Sarkozy au pied du mur

Par Bertrand LAFORGE le 20/11/2009

Dans un classement mondial de plus de 2000 institutions de recherche, le SCImago Institutions Ranking (SIR) World Report 2009, qui apparaît en numéro 1 ? Harvard, Princeton, le NIH, la NASA… ?


Non, le premier organisme de recherche mondial, c’est le CNRS, un organisme désuet que la politique gouvernementale n’a de cesse de dénigrer et dont les chercheurs, pour paraphraser le président de la république, viennent se prélasser confortablement dans leur laboratoire pour l’unique raison qu’ils sont chauffés (cf. son discours du 22 janvier 2009).


Alors pourquoi pas de mea culpa public ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucun communiqué sur ce classement international de la part du CNRS ou du Ministère alors que d’autres organismes français de premier plan le reconnaissent (en omettant de citer le classement du CNRS bien sûr, LRU oblige) et s’enorgueillissent d’y figurer en bonne place également ?


La réponse est simple : les résultats de l’évaluation ne collent pas avec la “vision” de la recherche de la droite dont l’objectif principal est la disparition des organismes actuels afin de les transformer avant tout en agences de moyens, c’est à dire en structure de support sans chercheurs propres.


Il va sans dire que cette insupportable démonstration de qualité d’un travail accompli par des chercheurs fonctionnaires d’Etat doit être tue par les thuréfaires de la “libéralisation” de la société française soumise à son “système public défaillant” qui pénalise son dynamisme.


Qui plus est, nul besoin de soulever encore un coin du tapis qui pourrait révéler, comme le précise un rapport tout récent de la cour des comptes, le scandale du CIR (crédit impôt recherche) qui, contrairement à tous les chercheurs brillants de nos grands organismes qui subissent un contrôle tatillon dans lequel le moindre euro dépensé doit être justifié, n’est l’objet d’aucune évaluation de la part du gouvernement et qui se révèle une gabegie sans nom des deniers publics. Je cite :


“ La réforme du CIR constitue une baisse, qui peut être qualifiée de déguisée, du taux normal de l’impôt sur les sociétés de l’ordre de 2 à 3 points et est ciblée de fait sur les grandes entreprises qui effectuent des dépenses de Recherche & Développement. Elle peut dès lors constituer un effet d’aubaine pour ces entreprises et favoriser des activités de R & D moins innovantes que celles menées par certaines PME, qui craignent moins de remettre en cause leurs marchés historiques.

Cette réforme est par ailleurs de nature défensive puisqu’elle vise à ralentir la baisse de la dépense privée de R&D, qui est déjà inférieur à celle des autres pays de l’OCDE, et la délocalisation des centres de R&D en France. Une évaluation des effets du nouveau CIR s’avère donc nécessaire” (p. 14)


Pour plus de détails, je vous invite à lire l’article de SLU à ce propos ou encore cet article un peu plus ancien sur le même sujet publié par SLR.


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La recherche
n’est pas la priorité du gouvernement :
La preuve par 9

Par Bertrand LAFORGE le 21/10/2009

Henri Audier, directeur de Recherche au CNRS, ancien membre du conseil d’administration du CNRS, membre du bureau national du SNCS-FSU, analyse pour nous les données du livre “jaune” de la loi de finance 2010 qui vient d’être rendu public et qui produit les chiffres du financement de la recherche en 2007 et 2008 en France.


recherche par tkcdkr

Que sont devenues les deux promesses de Jacques Chirac qui affirmait en 2002,  «  En 2007, nous serons en tête de l’Europe pour l’effort de recherche » complétée par Nicolas Sarkozy en 2007 qui reprenait de plus belle, «  Il y aura 1,8 milliard de plus chaque année pour l’enseignement supérieur et la recherche » ?


Le résultat est sans appel, la part du PIB investit dans la recherche a baissé sensiblement depuis 2004. Notons qu’en  2008 les « financements budgétaires de la recherche » civile (incluant environ 10 % d’aide aux entreprises) ne représente plus que 0,53 % du PIB, la baisse de ce ratio étant de 31 % en cinq ans ! En euros constants, les budgets de la recherche ont même diminué.


Ainsi Henri Audier précise : “Nicolas Sarkozy affirmait « La France en seconde division de la science ne serait plus la France » . Or en deuxième division, nous y sommes : les dernières statistiques de l’OCDE donne comme chiffre provisoire (voir plus loin) pour l’effort de recherche de la France : 2,08 % du PIB, très loin de l’objectif des 3 % du PIB. Ce chiffre marque une nouvelle chute et confirme une décroissance constante depuis 2002 (2,24 % alors). La France est quatorzième mondialement et se situe significativement en dessous le la moyenne OCDE (2,29 %).”


Lisez la suite de l’analyse de Henri Audier ici.

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