Newsletter

Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
Adhérez !
Faites un don !

Archives 'Société'

Eva Joly, Joseph Stiglitz, Edgar Morin et Pierre Larrouturou en direct samedi sur LeMonde.fr

Par Nouvelle Gauche le 10/02/2010

Samedi 13 février 2010 à 9h30, en direct sur LeMonde.fr :

debat 13fevrier2010 joly morin stiglitz larrouturou LeMonde.fr

Les réactions à chaud de Pierre Larrouturou et Eva Joly avant que l’on vous indique où voir ou revoir ce débat qui a été une très grande réussite. Espérons que les suivants (1 à Bruxelles dans quelques mois et le dernier dans un des pays de l’ex-bloc de l’est ) seront aussi passionnants :

 

Conference a La Defense, reaction d’Eva Joly
envoyé par Resistance2007. - L’actualité du moment en vidéo.


Conférence a La Defense, reaction de Pierre Larrouturou
envoyé par Resistance2007. - L’info video en direct.

>> 51 commentaires


La recherche
n’est pas la priorité du gouvernement :
La preuve par 9

Par Bertrand LAFORGE le 21/10/2009

Henri Audier, directeur de Recherche au CNRS, ancien membre du conseil d’administration du CNRS, membre du bureau national du SNCS-FSU, analyse pour nous les données du livre “jaune” de la loi de finance 2010 qui vient d’être rendu public et qui produit les chiffres du financement de la recherche en 2007 et 2008 en France.


recherche par tkcdkr

Que sont devenues les deux promesses de Jacques Chirac qui affirmait en 2002,  «  En 2007, nous serons en tête de l’Europe pour l’effort de recherche » complétée par Nicolas Sarkozy en 2007 qui reprenait de plus belle, «  Il y aura 1,8 milliard de plus chaque année pour l’enseignement supérieur et la recherche » ?


Le résultat est sans appel, la part du PIB investit dans la recherche a baissé sensiblement depuis 2004. Notons qu’en  2008 les « financements budgétaires de la recherche » civile (incluant environ 10 % d’aide aux entreprises) ne représente plus que 0,53 % du PIB, la baisse de ce ratio étant de 31 % en cinq ans ! En euros constants, les budgets de la recherche ont même diminué.


Ainsi Henri Audier précise : “Nicolas Sarkozy affirmait « La France en seconde division de la science ne serait plus la France » . Or en deuxième division, nous y sommes : les dernières statistiques de l’OCDE donne comme chiffre provisoire (voir plus loin) pour l’effort de recherche de la France : 2,08 % du PIB, très loin de l’objectif des 3 % du PIB. Ce chiffre marque une nouvelle chute et confirme une décroissance constante depuis 2002 (2,24 % alors). La France est quatorzième mondialement et se situe significativement en dessous le la moyenne OCDE (2,29 %).”


Lisez la suite de l’analyse de Henri Audier ici.

>> 8 commentaires


PS : une analyse de la consultation
militante du 1er octobre 2009

Par Bertrand LAFORGE le 29/09/2009

flyeraffichengpsJeudi soir, les militants socialistes sont invités à voter dans le cadre d’une grande consultation militante. On pourrait voir dans cette procédure un regain de démocratie interne, mais, malheureusement, il ne s’agit que d’un miroir aux alouettes destiné à masquer les problèmes démocratiques récurrents qui marquent la vie de notre parti depuis 10 ans.


Comment être d’accord avec une consultation militante fermée alors que la crise actuelle du parti socialiste appelle à des débats ouverts et profonds ? Comment être d’accord avec une telle procédure de consultation quand certaines questions traitent de problèmes vastes et complexes auxquels on demande de répondre par oui ou par non ? Comment être d’accord avec un calendrier express qui ne laisse aux militants aucune marge de manoeuvre  pour réfléchir sur ces questions, que ce soit individuellement ou au sein de leur section ou fédération ? Comment accepter un calendrier qui fait coïncider quasiment jour pour jour, ce vote et la mobilisation générale affichée des socialistes autour de la sauvegarde de la Poste et des services publics ?


Sur la forme, c’est donc un déni de démocratie et la confiscation d’un débat militant pourtant aujourd’hui indispensable.


Sur le fond, certaines questions sont importantes mais nécessitent un travail collectif conséquent avant de se matérialiser en propositions précises et comprises de tous les militants.


La question du non-cumul des mandats est un bon exemple de la confiscation du débat. Pourquoi par exemple interdire le cumul de plus de 3 mandats de chef d’un exécutif local mais pas celui de 3 mandats de parlementaires ?  Pourquoi ne pas limiter le nombre de mandats simultanés dans des collectivités territoriales et limiter la constitution de baronnies locales ? Pourquoi ne pas aborder la question d’un statut de l’élu permettant la constitution d’assemblées en phase avec la structure de la population française et qui permettrait aux ouvriers, aux employés et aux cadres des entreprises d’accéder aux fonctions de parlementaire en ayant une vision de leur retour à la vie civile à l’issue de leur mandat ?


La diversité contre l'égaliéLa question sur la constitution des listes électorales et de la représentation de la diversité est une question intéressante sur laquelle il est sain de travailler en profondeur et de développer un point de vue global. C’est d’autant plus important que le positionnement de la gauche nord-américaine donne  à réfléchir.  D’après certains intellectuels américains, la mise en avant d’un combat pour la reconnaissance de la diversité aux USA s’est accompagné de l’abandon du combat historique pour l’égalité sociale.

Par ailleurs, cette question de la sous-représentation chronique supposée de socialistes issus de la diversité ne serait-elle pas réglée naturellement par la mesure de déverrouillage des mandats rendu possible par le non-cumul ? Par ailleurs, est-ce bien raisonnable de laisser la question de ces désignations au seul bureau national en volant tout pouvoir décisionnel aux militants ?



La question centrale de l’organisation de primaires ouvertes à toute la Gauche est lancée sans qu’un débat de fond n’ait pu être organisé entre les militants du parti socialiste. Présentée comme une solution miracle au problème de leadership actuel du parti, elle interdit toute autre hypothèse de travail comme par exemple l’émergence de porteurs du projet socialiste issus d’un processus inédit de remise au travail du PS sur les questions économiques et sociales.


La discussion des conséquences d’une telle ouverture du Parti Socialiste sur l’extérieur est complètement escamotée. Le gagnant du processus des primaires risque de devenir celui qui aura été le mieux en mesure de lever des fonds de campagne ou le mieux en capacité d’activer efficacement ses réseaux médiatiques.  Alors que nous dénoncions la personnalisation à outrance de la 5ème République, nous jouerons le même jeu au sein de notre parti. Ceci se fera au détriment du travail collectif normalement basé sur de profonds échanges internes entre militants fortement impliqués. Le remplacement de cette culture du travail de fond par une culture de clubs de supporters ouvrant les portes à la démagogie et au populisme est un écueil que nous devons éviter. Que les français dont le coeur est à gauche veuillent peser sur le choix du projet socialiste et de son porteur, c’est, somme toute, naturel mais qu’est-ce qui les empêche de le faire en rejoignant les rangs des partis de gauche et du PS en particulier ? De ce point de vue la question de la simplification des procédures d’adhésion au PS va dans le bon sens…


Certaines autres questions sont par contre totalement déroutantes. En particulier, la question  ”Approuvez-vous la mise en œuvre dans les scrutins internes de notre parti, de nouveaux mécanismes, inspirés des règles et des moyens de la République, garantissant la sincérité et la fiabilité de nos votes ? ” possède une dimension comique aboutie.

Est-ce une vraie question de savoir si nous voulons que les instances du Parti Socialiste, garantes de son fonctionnement démocratique prennent toutes les mesures adéquates pour aboutir à l’organisation d’élections non truquée ?


Las de ces fausses questions, nous aurions aimé avoir la possibilité de nous exprimer sur des questions qui sont à nos yeux centrales comme :


Souhaitez-vous que le Parti Socialiste affiche comme première priorité la lutte contre le chômage et l’exclusion et qu’il entame un travail profond de rénovation de sa doctrine socio-économique permettant de proposer en France et à nos partenaires étrangers des mesures crédibles pour sortir de la crise et du chômage de masse ?


ou encore :


Souhaitez-vous que le Parti Socialiste relance le processus de construction européenne avec ses partenaires de la gauche européenne en organisant un cycle de travail dont le premier atelier aurait lieu à Paris en janvier prochain et dont l’objectif serait de rédiger les nouvelles bases d’un traité social européen ?


Colette Gros

Membre du Conseil National du Parti Socialiste


Bertrand Laforge

Membre du Conseil Fédéral  PS de Seine Saint-Denis


>> 4 commentaires


Comment sortir du piège ?

Par Pierre LARROUTUROU le 29/09/2009


C’est un chiffre inquiétant que vient de publier la Banque centrale américaine : en trois mois, la dette publique des Etats-Unis a augmenté de 520 milliards. En un an, elle a bondi de 2.000 Mds, soit 14 % du PIB. 2.000 milliards, c’est la totalité des réserves de change de la Chine. En un an, les Etats-Unis ont “brulé” l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans…


Quant à la Chine elle-même, c’est peu dire que son économie est instable : “88 % de la croissance vient de l’investissement. Jamais, dans aucun pays, on n’a vu une croissance aussi déséquilibrée” explique Stephen Roach, Chef-économiste de Morgan Stanley. La consommation stagne. Les exportations ne redécollent pas. 37 millions d’emplois ont été détruits en six mois… Pour éviter un effondrement de la croissance, le gouvernement chinois a ouvert tout grand les vannes du budget et du crédit. A court terme, cette politique a permis d’éviter un effondrement de l’économie et une explosion sociale mais personne ne pense que cette relance peut être durable.


Le rétablissement chinois n’est ni stable, ni solide, ni équilibré” admettait le 10 septembre le Premier Ministre, Wen Jiabao. Le même jour, Xu Xionian, Professeur à la China Europe International Business School, affirmait : “Pour apaiser sa soif, la Chine a bu du poison.”


Quoiqu’en disent les adeptes de la méthode Coué, la crise n’est pas finie. Loin de là !


En 1929, la Banque centrale américaine avait aggravé la crise en fermant tous les robinets du crédit. Depuis deux ans, au contraire, gouvernements et banques centrales ont ouvert tout grand les vannes. Cette politique était nécessaire mais elle est totalement insuffisante.


“Le plan Paulson est une transfusion sanguine à un malade souffrant d’une hémorragie interne” affirmait Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, en octobre 2008. Un an plus tard, rien n’a changé : on transfuse le malade à coup de trilliards de dollars sans soigner “l’hémorragie interne”. Soigner l’hémorragie devient pourtant une priorité absolue car nous ne pourrons pas continuer longtemps à accumuler des déficits publics pharaoniques.


Depuis qu’a commencé la crise, c’est uniquement grâce à la confiance de tous les acteurs dans la solidité financière des Etats, qu’on a évité l’effondrement du système : il y a un an, quand Paulson annonce qu’il met 700 milliards sur la table, quand Merkel, Brown et Sarkozy en annoncent 400, nul ne doute que les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France sont effectivement capables de trouver ces sommes considérables. En quelques jours, la confiance revient sur les marchés.


Mais depuis quelques semaines, à mesure que sont rendu publics de gigantesques déficits publics aux quatre coins de la planète, le doute s’installe sur la capacité qu’auront les Etats-Unis, le Japon ou la France à honorer leurs dettes dans dix ou vingt ans. Il y a quelques semaines, l’Allemagne voulait placer sur les marchés financiers quelques 6 milliards de bons du trésor. Elle n’est pas parvenu à placer l’intégralité de la somme. Que se passera-t-il si la confiance dans la solidité financière des états diminue ou disparaît ? Que se passera-t-il si, dans quelques années, nos gouvernements sont étranglés par le poids des intérêts de la dette et ne peuvent plus financer certaines dépenses courantes ? Nous subirons une crise qui échappera à notre contrôle et dont nul ne peut prévoir l’extrême gravité.


Peut-on soigner une gueule de bois avec un double whisky ? Peut-on sortir de la crise de la dette en accumulant plus de dette encore ? Dans tous les pays occidentaux, beaucoup s’alarment aujourd’hui de la fuite en avant des finances publiques mais tous ont conscience que, dans l’état actuel de nos économies, stopper les déficits amènerait à replonger dans une récession profonde… Alors que choisir ? La peste ou le choléra ? Sombrer dans le gouffre de la récession ou foncer dans le mur de la dette ? Telle est la question que les dirigeants du G20 n’ont pas voulu débattre en public mais c’est bien le dilemme qui les empêche de dormir.


Pour sortir du piège avant qu’il ne se referme sur nous, il est fondamental de comprendre où est “l’hémorragie interne” dont parle Stiglitz : pourquoi, dans tous nos pays, l’économie tombe-t-elle en récession si on cesse d’augmenter la dette ? Pourquoi nos économies sont-elles “accros” à la dette ? Comment les sevrer ?


C’est en observant l’évolution de la dette aux Etats-Unis sur les 50 dernières années qu’on comprend les causes profondes de cette addiction. Jusqu’en 1981, jusqu’à la victoire de Ronald Reagan, le ratio dette/PIB était parfaitement stable.

Dette totale des USA ©Nouvelle Gauche


L’économie n’avait pas besoin de dette pour croître régulièrement. Des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable de la productivité entre salariés et actionnaires. Ces règles collectives (ce « compromis fordiste ») ont permis aux Etats-Unis et à l’ensemble des pays occidentaux de connaître 30 ans de stabilité. Sans dette.


Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison blanche. Les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui favorise la dette publique. La dette augmente surtout parce que les politiques de dérégulation amènent à la baisse de la part des salaires dans le PIB. C’est à partir de là que des millions d’Américains commencent à s’endetter pour maintenir leur niveau de vie.


Les Etats-Unis ne sont pas une exception : dans l’ensemble des 15 pays les plus riches de l’OCDE, la part des salaires représentait 67 % du PIB en 1982. Elle ne représentait plus que 57 % en 2007.


Sans doute la part des salaires était-elle un peu trop élevée, à la fin des années 70 dans certains secteurs, mais 10 points de chute, c’est colossal. Ce déséquilibre du partage entre salaires et bénéfices a provoqué une euphorie croissante des marchés financiers : en 25 ans, pour ces 15 pays de l’OCDE, ce sont plus de 35.000 milliards de dollars qui sont allés aux actionnaires alors qu’ils seraient allés aux salariés si on avait gardé le partage salaires/bénéfices de la fin des années 1970. Plus de 35.000 milliards ! On comprend que certains aient perdu tout sens de la mesure…

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises - © Nouvelle Gauche


Mais cette baisse de la part des salaires a évidemment un effet négatif sur la consommation des ménages.

En juillet 2003 déjà, dans son rapport annuel, la Banque des Règlements Internationaux, la “Banque Centrale des Banques Centrales”, soulignait le risque d’une récession mondiale par manque de consommateurs : de même qu’un avion doit aller assez vite pour que la portance de ses ailes lui permette de rester en altitude, de même une “société de consommation” doit donner suffisamment de revenus aux consommateurs pour qu’ils puissent consommer. Quand la part des salaires diminue trop fortement, c’est l’ensemble de l’économie qui risque de s’effondrer comme un avion dont la portance n’est plus suffisante.


Pourquoi ?

Comment expliquer la baisse historique de la part des salaires ? Est-ce la faute des “actionnaires qui sont trop gourmands” ? Depuis qu’existe le capitalisme, les actionnaires ont toujours été gourmands : un actionnaire prend un risque quand il apporte du capital à une entreprise et, si l’entreprise prospère, il préfèrera toujours avoir le taux de retour le plus important possible. La nouveauté de ces vingt dernières années, ce n’est pas que les actionnaires soient gourmands, c’est qu’ils aient pu obtenir ce qu’ils voulaient car la négociation avec les salariés était de plus en plus déséquilibrée.


Dans tous nos pays, la peur du chômage a fortement déséquilibré la négociation sur les salaires : “Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs.” Avant même qu’éclate la crise des subprimes, il y avait au Japon 32 % d’emplois précaires. Avant même qu’éclate la crise, il y avait en Allemagne 4 millions de chômeurs et 6 millions de petits boulots. Il y avait aux Etats-Unis tellement de bad jobs à 10 ou 15 heures par semaine que la durée moyenne du travail était tombée à 33,7 heures (Source Economic Report of the President 2006).


Dans ce contexte de chômage de masse, puisque l’on a supprimé ou diminué les régulations collectives mises en place après la crise de 1929, quel(le) salarié(e) peut négocier une augmentation de salaire ? Qui peut refuser un surcroit de travail ? Qui peut “donner sa démission” en espérant trouver assez vite un autre emploi ? “Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs.” Dans tous nos pays, la peur d’être bientôt au chômage est dans toutes les têtes. Cette peur a profondément déséquilibré la négociation sur les salaires et la part des salaires est tombée à un plus bas historique. Pendant des années, le système n’a fonctionné que parce qu’on distribuait par la dette le pouvoir d’achat qu’on ne donnait pas en salaire…


“Les Français sont prêts à entendre la vérité” aime à dire Nicolas Sarkozy. Eh bien chiche ! Voilà la vérité : la crise de la dette n’est pas un incident de parcours dû à l’inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l’ensemble de la population, le néo-libéralisme a structurellement besoin chaque année d’un endettement plus élevé ! Pendant 25 ans, cette fuite en avant a été très rentable pour les actionnaires et les banquiers mais aujourd’hui, cette fuite en avant nous amène dans le mur !


Les racines de la crise financière, c’est 30 ans de crise sociale ! C’est à cause du chômage que la part des salaires a tant diminué. C’est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette. C’est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l’on sortira de la crise. Le chômage n’est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l’une des causes premières. Pour “sortir du piège”, pour stopper “l’hémorragie”, il faut s’attaquer frontalement au chômage.


Hélas, deux ans et demi après son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a toujours rien fait d’utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il annonce un Grenelle, un Grand Plan ou une Grande Mobilisation… mais contre le chômage, il n’a encore rien fait ! Le nombre de chômeurs a augmenté de 500.000 en un an (C’est du jamais vu depuis la deuxième guerre mondiale !) mais l’hyper-Président continue de regarder ailleurs…


Pourtant, dans ce domaine, pas besoin de réunir un consensus au G20 pour agir : le Danemark et les Pays-Bas ont montré avec les accords de Wassenaar qu’on pouvait, au niveau d’un pays, construire un nouveau contrat social et diviser par deux le chômage. Pourquoi Nicolas Sarkozy qui passe son temps à « exiger des résultats concrets» au niveau international, ne se fixe-t-il à lui-même aucun objectif concret dans ce domaine ?



Pierre LARROUTUROU est membre du Conseil National du PS et président de Nouvelle gauche.



>> 71 commentaires


La diversion de la Taxe carbone

Par Fredback le 25/09/2009

Sans vouloir entrer en opposition avec la motivation première de la taxe carbone qui reste une incitation louable à maîtriser sa consommation d’énergie, nous pouvons nous interroger sur le degré de pertinence d’un tel dispositif. Là où elle a été testée, la taxe carbone semble avoir eu un effet positif. En Suède, elle est en place depuis 1991. Son prix avoisine les 100 euros la tonne de CO2 et elle a contribué à faire baisser les émissions de CO2 de 9 %. Mais est-elle transposable dans le contexte économique Français et permettra-t-elle de relever le défi écologique qui nous attend ?


co2Le principe de la taxe en lui-même. Faire payer chaque citoyen pour les émissions de Co2 qu’il relâche dans l’atmosphère, c’est déjà considérer que chaque citoyen est responsable de son mode de vie et de sa consommation d’énergie. Est-ce vraiment le cas ? Les citoyens sont-ils libres où non de ne pas circuler en voiture, de chauffer leurs appartements ? Si leur isolation est défectueuse et leurs équipements énergivores ce serait le résultat de leur inconséquence ?

Dans ce cas, la taxe carbone serait la solution fiscale pour moraliser la consommation d’énergie et inciter à entreprendre des travaux de réhabilitation. Mais nous pouvons ici douter de la sanction qui consiste à faire payer les « irresponsables » 14 euros la tonne de carbone. Quand un jour dans une école primaire, le directeur a décidé de faire payer les parents d’élèves qui arrivaient en retard pour chercher leurs enfants, celui-ci a vu le nombre de retard exploser. Les parents en payant se sont sentis dédouanés de leurs obligations en vers l’établissement scolaire. Rien ne dit qu’avec une contribution aussi faible, la taxe carbone n’agira pas de la sorte sur les esprits. L’exemple suédois, avec ses 9% de baisse d’émission de Co2, serait tenté de nous rassurer. Mais la comparaison reste à relativiser. Le montant de la taxe carbone en Suède est de 100. Les consommateurs suédois disposent en moyenne de ressources et d’un pouvoir d’achat largement supérieurs à la majorité des autres consommateurs européens. Ils sont habitués à un niveau de vie plus élevé que dans la plupart des autres pays européens et ont des attentes élevées. Les consommateurs suédois, avant la crise, dépensaient de plus en plus et les 9% réduction d’émission de gaz à effet de serre se situaient aussi avant la crise.


La taxe n’est pas non plus un impôt progressif ou dégressif en fonction des revenus. Elle risque d’apparaître aussi inéquitable que la TVA. Tout le monde paie la même contribution, quelle que soit sa condition économique et financière. Elle « va alourdir la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui ont les moyens » comme l’ont très bien expliqué Cécile Duflot et Jean-Paul Besset. Et même en reversant 150 € (le  fruit la taxe carbone sous forme de “prime climat énergie”), cela ne suffira pas, en pleine crise, pour les foyer les plus modestes, à engager des travaux d’isolation ou de réhabilitations de leur équipement de chauffage.


Il n’est donc pas certain que le faible taux de la taxe carbone incite ceux qui ont les moyens à changer leur mode de consommation et elle ne présente pas non plus l’avantage de soutenir l’investissement des plus pauvres.

Le principal intérêt de le taxe carbone consiste à inscrire durablement la prise de conscience collective du réchauffement climatique dans un impôt citoyen et sur son encouragement à rendre prévoyant les futurs investissements.


La question de la liberté du citoyen vis-à-vis de son mode de consommation reste entière. Renvoyer chacun d’entre nous à sa responsabilité individuelle n’est-il pas le meilleur moyen de détourner l’attention des enjeux collectifs qui nous permettraient de diviser efficacement par 4 les gaz à effet de serre ? La taxe carbone ne fait-elle pas diversion pour que les vrais coupables du réchauffement climatique ne soient pas inquiétés ? L’effort serait alors supporté par la population pendant que les pratiques néfastes d’une industrie consumériste se prolongeraient en toute impunité.


taxe-carboneLes entreprises sont responsables à 50% du réchauffement climatique. Le lien entre développement industriel et émissions de CO2 est manifeste. Les 50 % restants reviennent aux foyers mais ce sont les entreprises qui induisent nos comportements en faisant tout pour gagner des parts de marché sur lesquelles elles espèrent bâtir leur croissance. Le budget publicitaire mondial annuel atteint plusieurs centaines de milliards de dollars (de 230 milliards selon le AD Barometer à 1000 milliards selon Patrick Viveret de la Cour des comptes) et son impact marketing est décisif sur le consommateur.

Pourquoi ne pas commencer par taxer lourdement les entreprises à la hauteur de leurs préjudices ? Alors que les grandes industries polluantes (pétrole, sidérurgie…) ont le droit de dépasser les quotas qui leur ont été fixés en rachetant les quotas d’autres entreprises, qui n’atteignent pas le seuil d’émissions fixé et font du chantage à l’emploi quand on leur impose le respect des normes écologiques.

Depuis trente ans, 11 points du PIB ont fui les salaires vers le capital. Récupérer quelques points pour la lutte contre le réchauffement climatique ne serait que justice. Cela aurait des répercussions immédiates pour le consommateur qui trouverait à sa disposition, plus nombreux, des biens de consommation “responsables”. C’est d’ailleurs ce que l’on a pu constater avec l’impact de la taxe carbone sur les entreprises en Suède.


De vrais choix de politique industrielle. On peut aussi s’interroger sur le manque d’efficacité d’un gouvernement dont seules les banques ont visiblement les faveurs. Le remplacement de toutes les ampoules par des ampoules basse tension à des prix qui ne soient pas pénalisants pour les ménages les plus modestes devrait déjà être en place depuis longtemps. La substitution du chauffage au gaz et au fioul par des énergies renouvelables devrait faire l’objet d’un plan d’aménagement à l’échelle du territoire national. Et surtout arrêter l’équipement en chauffage électrique que continue de proposer EDF. 90% de l’électricité utilisée en Europe pour le chauffage l’est en France. C’est proprement scandaleux quand on sait que le rendement énergétique du chauffage électrique nécessite de faire tourner à plein régime toutes les centrales au gaz et au charbon pour fournir l’électricité nécessaire pendant l’hiver. Le bilan Co2 du chauffage électrique est tout simplement catastrophique comme le signale Pierre Larrouturou. Nous pourrions remplacer l’énergie électrique par des énergies renouvelables, mais cela nécessite un courage politique pour s’opposer au lobby du nucléaire français que n’a pas notre gouvernement.


Le fléau des industries de l’électronique, du téléphone portable, de la console vidéo « représentent actuellement un peu plus de 500 millions de tonnes d’émissions de CO2 et une facture électrique de 80 milliards de dollars chaque année ». A terme, le foisonnement des gadgets numériques pourrait compromettre les efforts des gouvernements pour assurer leur indépendance énergétique et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, prévient l’AIE. Si rien n’est fait pour améliorer l’efficacité énergétique de ces appareils, leur consommation va doubler d’ici à 2022 et tripler d’ici à 2030. C’est en légiférant sur la mise en circulation d’appareils électroniques à basse consommation que nous pourrions juger de la volonté politique d’un gouvernement en matière d’écologie. Car la consommation de ces appareils pourrait être réduite de moitié en utilisant les technologies existantes les plus performantes. Un ordinateur portable standard par exemple consomme ainsi en moyenne trois fois moins d’énergie qu’un ordinateur fixe car les fabricants de portables ont un intérêt commercial à concevoir les modèles les plus économes possibles. Pourquoi ne pas commencer par imposer les mêmes normes aux constructeurs pour leurs appareils de bureau ?


Le modèle alimentaire. Depuis les années 50, la consommation mondiale de viande a quintuplé. En 2030, le tiers-monde consommera près des deux tiers de la viande mondiale. Résultat, 29 % de la surface terrestre est défriché sous forme de pâturages et de cultures fourragères et représente actuellement 20% du réchauffement climatique. Depuis quelques années, c’est même la forêt amazonienne qui recule devant de nouvelles variétés de sojas appréciant le climat tropical. En mangeant donc de la viande bien française, nous participons indirectement à la perte de la biodiversité amazonienne. C’est aussi l’élevage qui explique le succès du maïs, ce boit-sans-soif qui vide les nappes phréatiques et rend exsangues les rivières. Gros consommateur d’engrais et de pesticides, il pollue l’air, le sol et l’eau. La Bretagne, qui élève un cheptel faramineux de porcs et de volailles, en sait quelque chose. « Il faudrait produire moins de viande, mieux entretenir le territoire et gérer les cycles biologiques », dit Christian Mouchet, professeur d’économie rurale à l’Agrocampus de Rennes. De plus les ruminants sont responsables de 16% des émissions de méthane en général et de 37% des émissions liées aux activités humaines.


La surconsommation de viande est nuisible à notre hygiène alimentaire et pourtant des campagnes publicitaires vantant les mérites de la viande et autres produits à forte valeur ajoutée en protéines animales ne cessent de voir le jour. Aucune mesure n’est prise pour éduquer les populations et interdire une propagande publicitaire dangereuse pour l’équilibre écologique et sanitaire. Nous avons fait reculer la consommation de tabac, il suffirait d’un gouvernement qui prenne ses responsabilités pour que nous fassions évoluer notre modèle alimentaire.


taxe_carbone_pot_ech_14021b2Circuler sans réchauffer. La plus scandaleuse des inerties politiques reste, me semble-t-il, encore celle concernant les transports. Les transports sont responsables de 30% de réchauffement climatique. Le chine consommera prochainement à elle seule toute la production annuelle de pétrole de l’Arabie saoudite. D’autre pays en développement vont suivre et la demande va rapidement dépasser l’offre mondiale. L’essor de l’industrie du transport routier et de l’automobile individuelle sont dès lors compromises. Et pas simplement parce que les réserves pétrolières s’épuisent mais aussi parce que d’un parc automobile par habitants équivalent au notre par les pays émergeants nécessiterait une quantité de ressources naturelles à laquelle notre écosystème ne saurait pourvoir. C’est donc dès maintenant qu’il faut engager les réformes qui nous permettrons d’effectuer la reconversion de la masse salariale de l’industrie automobile. La transition vers un modèle de transport collectif est impératif tout en réservant le développement de la voiture électrique aux zones rurales. La démarche hypocrite qui consiste à taxer et culpabiliser le citoyen qui doit prendre sa voiture quand on ne lui offre aucune alternative relève de l’escroquerie politique.

Nous pourrions dès maintenant déclarer la gratuité des transports comme c’est déjà le cas en France à Châteauroux, Gap, Vitré, Compiègne, et en Flandre à Hasselt. Il n’y a pas meilleure incitation à abandonner sa voiture. Déployer un réseau de voitures électriques en libre service dans les grandes villes sur le modèle du Vélib et reformer les compagnies taxis afin que leur tarifs soient revus à la baisse permettrait de répondre à différents types de besoins de locomotion dans les espaces urbains. Ces efforts devront s’accompagner d’un réaménagement du territoire qui met en place une mixité fonctionnelle entre locaux professionnels et locaux d’habitations. Ceci permettant de limiter la quantité de déplacements nécessaires. Cette tentative de limiter les transports doit aussi s’appliquer aux marchandises en relocalisant une partie de l’agriculture.


Un train de retard. La plus grande réforme à entreprendre reste encore celle des transports ferroviaires. La démission des pouvoirs publics concernant l’aménagement du territoire est édifiante. Dans le secteur des voyageurs comme celui du fret, la SNCF a laissé le soin à d’autre de remplir sa mission de proximité. Elle marque une orientation qui va sacrifier l’entretien des lignes régionales au seul profit des sillons les plus rapides. Une rapidité qui s’accompagne d’une flambé des prix qui fait du TGV, sur certaines correspondances, un produit de luxe réservé à une clientèle aisée. A contrario les trains qui circulent aujourd’hui entre Toulouse et Paris, via Brive et Limoge, sont moins rapides qu’il y a vingt-cinq ans. Tout est sacrifié à une logique de rentabilité irresponsable débouchant sur la discrimination des territoires.

La banlieue parisienne représente 60% des voyageurs transportés chaque jour par la SNCF. Le grenelle de l’environnement et le Groupement des autorités des transports publics (ART) estiment la totalité des travaux de rénovation à 27 milliards d’euros. Mais Sarkozy préfère soutenir la construction de nouvelle lignes par les grands groupes des travaux publics, plutôt que d’investir dans la rénovation du réseau francilien géré par un conseil régional socialiste.


Personne ne s’étonnera plus du manque d’ambition à changer les comportements liés aux déplacements motorisés. Après les primes à la casse accordées par le gouvernement pour soutenir l’industrie automobile et la dérégulation des prix contraignante (plus on réserve tard, plus c’est cher) mis en place par la SNCF, nous nous situons à l’opposé d’une politique d’incitation à la sobriété énergétique.


La taxe carbone n’en devient que plus suspecte de la part d’un gouvernement aussi irresponsable. La droite agite cette mesure comme un hochet qui jette la discorde dans les rangs de la gauche. Les querelles autour de la taxe carbone masquent les vrais enjeux. Les véritables solutions sont ailleurs, dans la réponse du politique qui implique une rupture avec le libéralisme, mais aussi un grand débat citoyen pour orienter notre économie vers une transformation sociale respectueuse de l’environnement.


>> 3 commentaires


De l’actionnaire entrepreneur à l’actionnaire prédateur !

Par Alain Monnin le 18/09/2009

Sans remonter au moyen âge et aux premières sociétés par actions, les sociétés ANONYMES si bien nommées, ou personne et aujourd’hui toujours plus qu’hier n’est responsable de rien, nous assistons quotidiennement à une dérive de plus en plus marquée de l’actionnaire entrepreneur vers l’actionnaire prédateur..

 

Il est aisé de situer 3 époques dans l’histoire de ce type d’entreprise ; il en est tout aussi facile de comprendre comment le libéralisme à perverti ce modèle économique, pour aboutir à la crise actuelle.

 

Crise qui phagocyte les finances publiques, pour défendre des intérêts exclusivement privés, et où il n’y a aucun responsable… et bien sûr encore moins de coupable !

 

Par contre il y a toujours le même payeur : le contribuable.

 

0n peut distinguer 3 grandes périodes dans l’histoire moderne
des actionnaires :

  • Le XIXe siècle. Age d’or de l’actionnaire entrepreneur. Ce fut, avec la révolution industrielle, l’époque ou les bourgeois découvrent l’investissement dans des entreprises importantes, qui vont avoir un effet de levier fantastique sur la rentabilité des leurs capitaux. Le développement des chemins de fers et des outils de communications (télégraphe, poste), des réseaux bancaires favorisent l’esprit d’entreprise, les projets industriels foisonnent. Les entrepreneurs ont besoins de capitaux importants, qu’ils n’arrivent plus à trouver dans le patrimoine familial, pour développer leurs projets. Ils font alors appel, déjà via la bourse et des banques d’affaires, à des apporteurs de capitaux, les actionnaires, auxquels ils font partager leurs ambitions. L’actionnaire devient un co-entrepreneur par la confiance qu’il accorde au projet et le retour sur investissement qu’il en attend, légitimement. Si dés cette époque l’opposition entre monde ouvrier et possédants du capital se creuse, une valeur commune existe : faire vivre l’outil de production. Les conflits portent sur le partage de la valeur ajoutée, déjà !

  • De la fin du XIXe aux années 80. L’actionnaire cesse progressivement d’être un entrepreneur pour devenir un rentier. L’investissement est porté par l’état à travers les objectifs de guerre et les reconstructions. L’état apporte des projets aux entreprises et les leur fait réaliser dans un univers protégé de la concurrence. Les entreprises investissent à minima et ont des marges juteuses assurées par des non mise en concurrence. La recherche et le développement sont essentiellement portés par la recherche publique, et les entreprises privatisées (CNES, EDF et le nucléaire, SNIAS devenue EADS et l’aéronautique, L’Université,…). A cette époque les actionnaires se goinfrent sans risque, c’est également le début du règne des héritiers. Cette politique se traduit également au niveau européen avec l’arrivée de la Grande Bretagne au sein de la CEE, qui refusait les investissements et n’acceptait que les bénéfices, ce fut le célèbre « I want my money back » de Margaret Thatcher : investir le moins possible et récupérer le plus possible, fi de l’avenir !

  • Des années 80 à aujourd’hui. Voici venu le temps des prédateurs, les notions de projets n’existent plus chez les actionnaires, les seuls termes qui retiennent leur attention sont rentabilité immédiate, cash flow, plus values. C’est le règne des héritiers, les dirigeants du MEDEF en étant la plus parfaite illustration, il n’y a aucun créateur dans ce club de gens très riches et très attachés à leurs privilèges, juste des enfants et petits enfants de… C’est également le domaine de chasse des fonds de pensions anglo-saxons. Ces sociétés disposent de capitaux colossaux et ne possèdent aucune culture d’entreprise, leurs critères de choix pour leurs cibles : des entreprises à fortes rentabilités immédiates et à gain de valeur faciale de l’action à la revente d’ici 5 à 8 ans ! Quand on a été racheté par ces entités, et que les 1er mots de votre nouveau patron sont : « nous allons augmenter la rentabilité de l’entreprise de 15% cette année », on se pose légitimement des questions sur le projet de ces nouveaux propriétaires ; par contre on n’est pas déçu dans les actes, ça commence de suite par des licenciements et la remise en cause des coûts de R&D ! Solution facile qui si elle répond bien aux exigences de (très) court terme des actionnaires est également le début de la fin pour beaucoup d’entreprises. La suite logique de cette attitude est la création d’outils financiers douteux (subprimes) mais également le développement des hedge funds et des LBO qui pour avoir toujours plus de rentabilité immédiate, et sans aucune préoccupation de l’avenir, se sont spécialisées dans les achats à crédits d’entreprises et les ventes à la découpe.

 

Cette évolution (qui pourrait être superposée à l’histoire de Goldman Sachs racontée dans Rolling Stone) est « normale » dans le modèle libéral que nous propose la filiale française de la droite mondiale, et défendue bec et ongles par les sarkozystes. Il est même illusoire de vouloir s’y opposer dans le modèle économique actuel, qu’il soit défendu par la droite ou la social-démocratie, en effet sa remise en cause ne pourrait se faire que une remise en cause fondamentale du modèle de gestion actuellement défendu dans les démocraties occidentales.

 

Devons-nous nous résigner pour autant ?

Non, bien sur que non. Des solutions existent et peuvent être facilement développées dans nos démocraties ; encore faudrait-il trouver des politiciens courageux pour proposer des politiques radicalement nouvelles.

 

La taxe Tobin, telle qu’elle est défendue par ATTAC, en est une piste : les taux de taxation sur les transactions financières seraient inversement proportionnels à la durée de conservation du capital par l’actionnaire, de 100% sur de la courte durée à 0.01% pour des porteurs de très longues durées (+ de 10 ans).

 

Il existe également d’autres pistes comme la taxation maximale des héritages, jusqu’à 90%, comme du rétablissement de l’impôt sur le revenu proportionnel, 85% pour les hauts revenus américains de Roosevelt à Reagan, contre 25% aujourd’hui.

 

L’instauration d’un droit d’appropriation des salariés sur les entreprises (outils + stocks) fermées illégitimement, pour cause de délocalisation ou de renforcement de monopoles…Le champ de l’imagination reste ouvert.

 

A nous femmes et hommes de gauche d’avoir ce courage. Il est évident que ces choix nous éloignent de la social-démocratie, il y a un refus de la gestion en adoucissant les maux et un objectif de substitution de modèle : on passe d’un modèle d’accompagnement à un modèle de transformation sociale.

 

Alain MONNIN


>> 3 commentaires


La solution : le Chèque carbone

Par Pierre LARROUTUROU le 09/09/2009

pierrePour éviter qu’un débat confus ne débouche sur l’adoption de demi-mesures, il faut garder en tête ce qu’affirmait le chef économiste de l’Agence Internationale de l’Energie le 3 août dernier : « Les réserves de pétrole s’épuisent plus rapidement que prévu. Le temps du pétrole bon marché sera très bientôt derrière nous.» La production mondiale de pétrole devrait atteindre un maximum dans une dizaine d’années. La pénurie devrait se traduire par une augmentation forte et durable du prix du baril car la demande augmente et devrait dépasser l’offre disponible “dès 2010″.


Le pétrole était à 15 dollars le baril en 1998. L’an dernier, il est monté à 150 dollars avant que la crise ne fasse chuter le prix de toutes les matières premières, mais il a déjà recommencé à augmenter et une majorité d’économistes pensent qu’on n’échappera pas à une flambée des prix dans les dix prochaines années. En 2005 déjà, Patrick Artus, Directeur des études à la Caisse des Dépôts, affirmait que le prix du baril pourrait atteindre 300 euros en 2015 et que « la croissance mondiale pourrait s’arrêter en raison de la hausse très forte du prix des matières premières énergétiques


Le débat n’est donc pas “Pour ou contre une augmentation du prix de l’énergie ?” puisque de toutes façons le prix de l’énergie va fortement augmenter dans les prochaines années. La vraie question est “Quelle augmentation ?” : une augmentation progressive, compensée et gérée collectivement ou une augmentation un peu plus tardive mais nettement plus violente, dévastatrice pour les plus faibles revenus et pour l’ensemble de notre économie ?


Et si les prix augmentent, où ira l’argent ? Sur les comptes en banque des actionnaires des compagnies pétrolières et des dirigeants des états pétroliers ou ces sommes resteront-elles sur le territoire européen pour financer des investissements d’avenir et donc créer de l’emploi ?


C’est un point fondamental à rappeler : si nous voulons éviter un choc pétrolier dévastateur, nous devons radicalement changer nos modes de vie. Une course de vitesse est engagée pour sortir de notre dépendance au pétrole.


Deuxième point fondamental : ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy a relancé le débat de façon assez “politicienne” que nous devons oublier la gravité du dérèglement climatique. Le Président du Groupe International d’Etude du Climat (GIEC), Rajendra Pachaury, est venu à Paris il y a quelques mois pour présenter des études récentes qui, toutes, confirment que le dérèglement climatique est plus grave et plus rapide que ne le prévoyaient les scénarios les plus pessimistes.


La fonte des glaciers est une vraie “bombe à retardement” : les glaciers de l’Himalaya fondent de plus en plus tôt au printemps, ce qui signifie que, en été, les cours d’eau que ces glaciers alimentaient sont vides (ou n’ont qu’un très faible débit) lorsque des millions d’habitants ont besoin d’eau pour leur alimentation et pour les cultures. Dans certaines zones, les glaciers de petite taille pourraient avoir complètement disparu dans 30 ans, et ainsi une source très sûre d’eau potable pourrait disparaître. Or ce sont souvent dans ces zones subtropicales, où vit déjà 70 % de la population mondiale, que la population va continuer de croître à un rythme rapide.


De moins en moins d’eau disponible pour une population de plus en plus importante… Si le dérèglement climatique se poursuit, combien de centaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants vont devoir quitter ces territoires ? Et pour aller où ? Que faire si les zones côtières, elles aussi très peuplées, deviennent nettement moins hospitalières à cause de la montée des eaux et des ouragans de plus en plus nombreux ?


Pour éviter que le dérèglement climatique ne débouche sur des conflits majeurs (guerre de l’eau ou conflit pour les territoires habitables), le GIEC a montré que les pays occidentaux doivent diviser par 4 leur production de gaz à effet de serre.


Eviter un choc pétrolier et éviter l’aggravation du dérèglement climatique : tel est le double objectif (la double course de vitesse) que doivent en permanence avoir en tête les dirigeants chargés de trancher le débat sur la fiscalité Carbone.


Avec la proposition de François Fillon d’une taxe carbone fixée l’an prochain à 14 euros par tonne de CO2, le système perd toute efficacité. Comme l’ont expliqué Cécile Duflot et Jean-Paul Besset en quittant l’Elysée la semaine dernière, “une contribution aussi faible va alourdir la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui ont les moyens”.


Le rapport Rocard avait retenu l’idée d’une taxation de 32 euros par tonne de CO2 en 2010. Ce chiffre était déjà le fruit d’un compromis. Il semble impossible de créer une taxe plus faible. Et pour qu’une taxe d’un tel niveau soit acceptable politiquement et socialement, la meilleure solution est de créer d’abord un Chèque Carbone : avant tout nouveau prélèvement, il faut que chaque ménage reçoive en janvier prochain un chèque de 150 euros.


Le système de compensation que propose François Fillon est tardif (l’Etat rembourse après coup les sommes prélevées) et très peu lisible (une petite baisse des cotisations par ci, une petite baisse des impôts par là, un peu plus de prime à la cuve…). Avec une telle complexité et une telle opacité, nombreux seront les citoyens qui penseront que, une fois encore, on leur a menti et qu’on les a taxés de façon indue. Du coup, en 2011, un an avant la Présidentielle, nul ne prendra le risque d’augmenter le niveau de la taxe. Si l’on s’en tient au projet de François Fillon, la taxe est créée à un niveau trop faible pour être efficace et, faute de soutien populaire, elle restera durablement à ce niveau.


Par contre, si la même semaine, en janvier prochain, nous recevons tous un chèque de 150 euros alors qu’aucune nouvelle taxe n’a encore été créée, nul ne pourra contester l’honnêteté du dispositif. Dans tous nos immeubles, tous nos quartiers et tous nos villages, un débat s’amorcera entre voisins sur le thème « On va vraiment vers une crise majeure (sinon, ils ne nous auraient pas envoyé ce chèque). Comment utiliser ces 150 euros pour diminuer notre consommation et notre facture ? »


Avec un Chèque Carbone reçu en début d’année, tous ceux et celles qui feront des efforts pour diminuer leur consommation d’énergie sauront qu’ils sont gagnants en terme de pouvoir d’achat. Seuls seront perdants ceux qui continueront à rouler plus pour consommer plus…


Si l’on crée un Chèque Carbone avant de créer la taxe Carbone, l’augmentation progressive de la taxe devient tout à fait possible. Et pourquoi ne pas imaginer que chaque année, au moment où les citoyens reçoivent leur Chèque Carbone, un débat au Parlement et une soirée de débat sur une des chaines publiques de télévision permettent de faire le point sur l’état d’avancement de notre combat collectif contre le dérèglement climatique ?


Comment financer ce Chèque carbone ? Les travaux de la Fondation Hulot et de la Commission Rocard montrent que ce chèque pourrait être intégralement financé par le fruit de la taxe Carbone si l’on retient l’idée d’une taxe à 32 euros par tonne de CO2 produit (en Suède, la taxe est de 100 euros par tonne).


Toutes les enquêtes montrent qu’une majorité de Français ont conscience de la gravité de la crise climatique et que si l’intégralité de la future “contribution climat-énergie” était reversée aux ménages par le biais d’un chèque, seule une minorité s’opposerait à sa création.


En mai 1961, dans un discours resté célèbre, John F. Kennedy affirmait que les Etats-Unis se donnaient comme objectif d’envoyer des hommes sur la lune avant la fin de la décennie. Huit ans plus tard, le rêve devenait réalité… Aujourd’hui, nous sommes des millions à rêver que notre pays prenne enfin au sérieux la question de l’énergie et du climat et que tous ensemble, nous nous donnions les moyens d’être les pionniers qui prouveront, grandeur nature, qu’il est possible de diviser par 4 notre production de gaz à effet de serre sans renoncer -au contraire !- à une certaine qualité de vie. Pour y parvenir, il n’y pas de solution magique. Agir sur la fiscalité ne suffira pas. Mais la création d’un Chèque Carbone d’abord et d’une Contribution Climat ensuite, serait un premier pas très important.

 

Pierre Larrouturou

>> 5 commentaires


Vive la rentrée

Par Fredback le 02/08/2009

Le soleil adouci les mœurs mais aiguise la volonté sociale. Les salariés de New Fabris se sont battus tout l’été. Air France pourrait tailler dans les effectifs, Molex est menacé de fermeture et ainsi de suite… En Allemagne, le taux de chômage remonte, pour l’heure, deux fois moins qu’en France. Devinez pourquoi ? Le Kurzarbeit, autrement dit, la diminution du temps de travail. Les libéraux auront beau qualifier la mesure de « chômage partiel », il n’en reste pas moins que le recours au Kurzarbeit, multipliée par dix en six mois, consiste à diminuer le temps de travail de 10 % pour les salariés allemands et a évité 1 point de chômage. Quand l’urgence économique rejoint l’application de mesures concrètes et réalistes, elle vient donner raison à Nouvelle Gauche.


La France doit-ellepetition_protest1 rester aveugle devant les impératifs qui s’imposent à son modèle social ? Travailler moins pour partager mieux ! Telle est la loi du progrès social. Exactement l’inverse de ce que préconise le modèle libéral. Une juste redistribution du temps de travail est aussi incontournable en France qu’un investissement massif dans les énergies durables et le logement. Pour cela il faudra partager les revenus de la production (qui sont considérables), n’en déplaise à l’UMP. C’est seulement à ce titre que nous pourrons sortir de la crise et renouer avec la prospérité économique pour tous et lutter efficacement contre le réchauffement climatique. La route est encore longue et la droite a malheureusement établi ses positions à l’Élysée.  Comme le dit Hubert Reeves : “Quand on a la raison pour soit, il faut la défendre sans hésitation”. Nouvelle Gauche n’a jamais eu un terrain aussi favorable pour imposer ses idées. Le Parti Socialiste est sans projet, la vieille garde mitterandienne est décrédibilisée, ses militants sont orphelins d’un vrai programme de gauche. Les partis progressistes, même s’ils font leur travail dans l’opposition, ne proposent aucune ligne claire et constructive comme alternative au libéralisme.


La rentrée doit nous permettre de renforcer notre crédibilité politique. Nous pouvons nous donner les moyens d’une vraie contribution militante. La force des idées jointe à notre mobilisation devrait convaincre les esprits en quête de renouveau politique. Donc vive la rentrée, pour que nous soyons enfin entendus et confirmés dans nos propositions.

>> 1 commentaire

Signez l’appel du 2 mai !

Par Thomas MAZIERE le 05/05/2009

www.appeldu2mai.fr

800 000 chômeurs de plus d’ici fin 2010 ?

Il y a déjà 3,7 millions de chômeurs inscrits au Pôle Emploi et l’OFCE annonce 800.000 chômeurs supplémentaires en France d’ici fin 2010 !

Hélas, dans la lutte contre le chômage, depuis deux ans qu’il est élu, Nicolas Sarkozy n’a rien fait. Rien de sérieux ! C’est la première fois depuis 30 ans qu’une équipe arrive au pouvoir et affiche une telle désinvolture sur cette question.

Le 5 février, lors de son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a dit qu’il envisageait de réunir un Grenelle social. Vu la gravité de la situation, il ne suffit pas l’envisager. Il faut le faire. Et vite !

Nous, signataires de cet Appel, nous exigeons du Président de la République la convocation immédiate d’Etats généraux de l’emploi. Ces Etats généraux de l’emploi doivent rassembler tous ceux et celles qui peuvent faire des propositions contre le chômage et la précarité : syndicats, patronats, économistes, mouvements de chômeurs, collectivités, élus issus de toutes les forces politiques du pays, associations…

Pour que les résultats de ces Etats généraux soient à la hauteur des enjeux et ne déçoivent pas les citoyens, il faut que toutes les forces en présence se fixent un objectif mobilisateur et qu’elles acceptent de travailler ensemble aussi longtemps qu’il le faudra pour construire un nouveau Pacte social permettant de diviser par deux le chômage.

> Créer 2 millions d’emplois

Oui, voilà l’objectif : créer 2 millions d’emplois -de vrais emplois- pour diviser par 2 le chômage, rééquilibrer le partage salaires / bénéfices et redonner du pouvoir d’achat à l’ensemble des ménages.

Le 19 février, le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, a insisté sur le “caractère ponctuel des mesures sociales” annoncées la veille par le Président. “Ce sont des mesures pour 2009. Ce ne sont pas des mesures qui ont vocation à être reconduites.”

Nous ne pensons pas qu’on pourra sortir de la crise uniquement avec des mesures ponctuelles. Nous pensons au contraire que la crise doit être l’occasion d’un véritable sursaut collectif, l’occasion de construire un nouveau pacte social.

En 1982, à Wassenaar aux Pays-Bas, les partenaires sociaux ont pris quelques mois pour négocier un nouveau contrat social : temps de travail, formation, fiscalité, aides aux PME, code du travail, politique de recherche, indemnisation des chômeurs, financement des retraites… Tout a été mis sur la table, sereinement, afin d’arriver à un ensemble de propositions qui a permis, en quelques années, de diviser par deux le chômage et la précarité.

De même, en France, au bout de 30 ans de crise, il est temps de “prendre la taureau par les cornes” et de réunir pendant deux ou trois mois tous les acteurs concernés, afin de construire un nouveau contrat social qui permettra de diviser par deux le chômage et la précarité.

Pour atteindre cet objectif, les Etats généraux devront étudier sans tabou ni exclusive toutes les propositions présentes dans le débat public, y compris -notamment- les 7 propositions du collectif Nouvelle Donne.

Le 5 février, lors de son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a dit qu’il envisageait de réunir un Grenelle social. Vu la gravité de la situation, il ne suffit pas l’envisager. Il faut le faire. Et vite ! Il en va de l’avenir de notre République.

JE SIGNE L’APPEL

Appel du 2 mai

>> 3 commentaires

Grève interprofessionnelle du jeudi 29 janvier 2009

Par Thomas MAZIERE le 29/01/2009

Ce 29 janvier marque la cristallisation d’une contestation massive de la politique socio-économique développée par le gouvernement. Cette manifestation est le résultat d’une exaspération et d’une inquiétude croissante dans la population provoquées par l’application brutale et autoritaire des dogmes néolibéraux au plus grand mépris de toute justice sociale.

grève générale - ©CBS_Fan

Des sommes astronomiques ont été engagées par l’état pour enrayer la crise financière au risque de le conduire à sa propre faillite. L’argent injecté pour secourir les banques et les fleurons nationaux de l’automobile servent maintenant à rétablir les marges pendant que se poursuivent les licenciements. Les différentes centrales syndicales françaises jugent cette situation “intolérable et inadmissible” et appellent à la grève dans un mouvement unitaire rarement observé.

Les français semblent prendre conscience que la défense des services publics et des systèmes de protection sociale seront des atouts indispensables face à la crise. Cependant la prise de conscience doit encore se développer pour que chacun comprenne que la situation actuelle n’est pas une crise financière mais une crise sociale profonde encore aggravée par la politique du gouvernement.

Nouvelle Gauche s’associe pleinement à ce mouvement social et encourage l’ensemble des membres de son réseau à participer activement à la journée du 29 janvier et aux initiatives qui en découleront.

Racontez nous votre journée de grève, pourquoi avez-vous manifesté, avec qui, à quel endroit, pour quels mots d’ordre ?

>> 6 commentaires

Suivants »