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Crise financière, crise économique : comprendre pour agir
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Cynisme et cosmétique

Par Nouvelle Gauche le 26/11/2009

La fusion ANPE-Assedic se réalise dans un contexte très difficile, ce qui permet de prétexter « la crise » pour masquer les modalités catastrophiques : fermetures de 30% des sites ouverts aux chômeurs, formations bâclées des agents, informatique en travaux, conditions d’accueil dégradées, déshumanisation et facturation à travers le 3949.


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Les « renforts temporaires d’effectifs, dans certaines régions » qu’a concédé M. Sarkozy le 23 novembre, n’est qu’une goutte d’eau pour éteindre l’incendie qui se propage à Pôle emploi : 180 demandeurs d’emploi par conseiller ; embauche uniquement de CDD à Pôle emploi ; 47.000 agents en France, contre 70.000 en Grande-Bretagne ou 80.000 en Allemagne


L’excuse de dire « le chômage a doublé aux USA ou en Suède, pas en France » est un artifice de communication : le taux états-unien par rapport à la population active est certes passé de 5% à 10%… mais en deux ans (septembre 2007 à octobre 2009) ! De plus, les chômeurs « découragés » y sont comptabilisés alors qu’ils sont radiés et hors-stats en France. Aux USA, les travailleurs à temps partiel sont pris en compte, alors qu’ils sont dans les catégories B et C dans l’Hexagone… (source :  www.marianne2.fr/Aux-USA,-le-Dow-Jones-monte,-le-chomage-encore-plus_a182727.html) Enfin, la France prend bien soin chaque mois d’écarter des statistiques les DOM (Guyane, Réunion, Martinique, Guadeloupe). Une pratique à abolir.

Concernant la Suède, le chômage a certes doublé… mais en passant de 2% à 4% de la population active, donc avec des conséquences sociales beaucoup moins dramatiques.


La fusion mise en œuvre depuis le vote de la loi du 13 février 2008 n’est pas seulement un bouleversement pour les chômeurs et les conseillers à l’emploi : c’est aussi un démantèlement complet du service public de l’emploi, et du principe de l’égalité de traitement. Alors que le rapport Seibel a démontré récemment, après une étude sur plusieurs années, que le secteur public avait de meilleurs résultats que le secteur privé, et qu’il ait été démontré que le coût était bien moindre, la cession de pans entiers de ce « marché public de l’emploi » (dixit les premières phrases du débat à l’Assemblée Nationale…) continue aux profit immédiat des opérateurs privés, sous le prétexte d’une « saine concurrence ».


Les syndicats de Pôle emploi, ainsi que les associations de chômeurs, dénoncent sans relâche et depuis des années, les mesures coercitives visant à n’améliorer que des tableaux statistiques dépourvus de toute humanité face à l’urgence sociale.

Tandis que les salariés des ex-ANPE et ex-Assedic multiplient les jours de grève pour alerter l’opinion et manifester leur désarroi, les associations de chômeurs travaillent d’arrache-pied pour les soutenir et, par la pédagogie, limiter la colère en direction des conseillers pour l’emploi.

Malgré cela, sur  les trois premiers trimestres de l’année 2009, la Direction de Pôle emploi a avoué 3162 agressions verbales et menaces, ainsi que 116 agressions physiques. La réalité est sans doute là aussi, bien au-delà de ces chiffres.

Quant aux suicides (plusieurs) ou tentatives de suicide (nombreuses), Pôle emploi a trouvé la solution : ne plus communiquer aucun chiffre et supprimer le Comité National Hygiène Sécurité et Conditions de Travail, qui existait conventionnellement.


Alors que la fusion était prétextée par une personnalisation plus grande de l’accompagnement des chômeurs (objectif 30 à 60 demandeurs par agent), le chiffre reconnu par la Direction est aujourd’hui de 94, et le chiffre réel, en moyenne, est entre 170 et 200.


Le nombre de demandeurs d’emploi réel est désormais de 4 millions de personnes. En effet, une personne qui travaille quelques heures par semaine est comptabilisée dans les catégories B ou C, alors que bien évidemment elle cherche un travail lui permettant de vivre décemment.


Ce 23 novembre, M. Sarkozy revendique avoir apporté « plus de simplicité » avec cette fusion, ce que démentent l’ensemble des usagers et salariés concernés.
Un lieu unique aurait pu être conçu avec intelligence ; malheureusement, le mélange des métiers a engendré un chaos amplifié par la crise : peut-on confondre le médecin et le pharmacien, l’assureur et le garagiste ? Le fantasme de l’agent omnipotent a vécu. « Grâce à la fusion, nous pourrons mettre en 2010 1.300 agents de plus en contact avec le public » se vante M. Sarkozy. Tout ce désordre pour un agent de plus par lieu d’accueil ?!


La Direction de Pôle emploi et le gouvernement admettent « qu’il y aura peut-être quelques retards, que la situation est insatisfaisante dans de trop nombreux sites mixtes » et reconnaissent que « certaines réalisations sont encore inachevées ». Au mieux, ils pratiquent la litote ; au pire, ils font preuve d’un cynisme meurtrier.


Quant aux mesurettes concédées pour la création d’emplois et une relance économique indispensable, elles ne sont définitivement que de la cosmétique.


Nino

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Pôle emploi : 4 millions de chômeurs sont sur un bateau…

Par Nino le 02/04/2009

Une promesse électorale

Inscrite dans le programme de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, la fusion de l’ANPE et de l’Unédic est finalement ramenée, après étude, à la fusion de l’ANPE et des antennes Assédic. L’organisme gestionnaire de l’assurance chômage, l’Unédic conserve donc ses prérogatives et son fonctionnement paritaire.
A l’automne 2007, dans le plan initial, tout semble simple et beau. Les chiffres tombent juste, on va passer de soixante chômeurs suivis par agent (ils sont en réalité une centaine à cette période) à trente, et la ministre de l’Economie se voit généreusement accorder quinze jours (sic) par l’Elysée pour proposer un projet valable. Celui-ci sera présenté en Conseil des Ministres le 6 décembre 2007.

Une année 2008 mouvementée

Le texte est tout d’abord adopté en première lecture par le Sénat, après déclaration d’urgence, le 10 janvier. A l’Assemblée Nationale, les débats de janvier 2008 reflètent la grande valse-hésitation qui agite les responsables d’un projet bâclé qui est entériné le 23 janvier. C’est finalement le 13 février qu’est promulguée la loi de « réforme de l’organisation du service public de l’emploi ».
Les négociations entre les syndicats des deux organismes et les dirigeants de ceux-ci peuvent alors débuter, à peine interrompus par la nomination du jeune (32 ans) secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, le 18 mars.
Puis, le 28 avril, trois ans après son arrivée comme DG de l’ANPE, Christian Charpy est nommé à la tête de la nouvelle institution qui n’a encore ni nom, ni logo, ni statut…
Le 22 mai, c’est le rapport de l’IGAS (ou rapport Boulanger) qui est remis à la Ministre de l’Economie et le 19 juin, le secrétaire d’Etat à l’Emploi est auditionné par la commission des Affaires Sociales du Sénat.
Le 11 juin survient l’invention des chercheurs d’ORE (l’Offre Raisonnable d’Emploi), qui définit les contraintes à accepter sous peine d’être radié : ne pas refuser plus de deux fois une offre (même en CDD) se situant à trente kilomètres ou une heure de route maxi.
Un rapport rédigé par le secrétaire d’Etat Eric Besson est remis le 16 juillet, comparant les services publics de différents pays d’Europe. Il préconise le respect des différents métiers pratiqués au sein d’une même institution, mais ne sera pas entendu.

Un nom et un logo longs à venir… et coûteux

En août, le nom « Pôle emploi » est une première fois proposé, mais Bercy refuse : trop strict, pas assez dynamique. « Noé » doit alors être proposé le 9 septembre lors du conseil d’administration de la « Nouvelle Institution », mais le choix d’un nom définitif est repoussé sur injonction présidentielle !
C’est finalement le 16 octobre que le nom « Pôle emploi » est validé (moyennant une facture de plusieurs centaines de milliers d’euros), mais toujours sans logo !

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A Rethel (Ardennes), Sarkozy dévoile le très « bleu-blanc-rouge » logo ce 28 octobre. Ce logo sera d’ailleurs redessiné un peu plus tard, dans le plus grand secret (et moyennant un supplément), la première version ayant été jugée quelque peu bâclée.
Le 18 novembre, les instances représentatives du personnel sont convoquées par la DG pour entamer la discussion sur l’avenir de Pôle emploi, mais sans aucun document préalable… L’ensemble des syndicats quitte alors la table des négociations.
Avant les fêtes de fin d’année, les choses s’accélèrent : Pôle emploi naît officiellement le 19 décembre, date de la tenue de son premier conseil d’administration. Son DG prend ainsi de court les syndicats et fait valider par quatre (sur sept) d’entre eux, minoritaires en voix, deux accords sur la représentativité et les RH.

Une succession d’approximations

Toute l’année 2008 s’est déroulée sur le thème de l’improvisation, de l’essai-erreur et des bricolages aux conséquences à long terme. Depuis la présentation au Sénat après « déclaration d’urgence », jusqu’aux accords truffés d’erreurs et semblant rédigés sur un coin de nappe, l’institution chargée de l’accompagnement et de l’indemnisation des chômeurs, qui devait être exemplaire et solide, se révèle fragile et mal conçue.
De plus, le dernier trimestre a vu poindre la crise financière qui se mue désormais en crise économique et sociale. L’année 2009 est ainsi entamée par Pôle emploi dans les pires des conditions.

 

A suivre…

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L’Offre Raisonnable d’Emploi

Par Alain Monnin le 01/12/2008

L’Offre Raisonnable d’Emploi : nouvelle attaque de ce gouvernement contre les acquis salariaux

En développant la précarité et le chômage de masse depuis 5 ans les gouvernements de droite avaient déjà fortement écorné le niveau des salaires. Pour faire oublier cette vérité notre omniprésident nous a agité devant les yeux travailler plus pour gagner plus. Mais comment travailler plus quand il y a moins de travail, quand la croissance est négative, et que hors spéculation le PIB ne progresse quasiment plus en Europe ?


Toutes les personnes en recherche d’emploi savent qu’elles ont dû rabattre de 20 à 30% leurs légitimes prétentions salariales depuis ces 5 dernières années, même quand des conventions collectives étaient censées les protéger, tant la précarité voulue, et orchestrée par la droite, a défavorisé les salariés face aux employeurs.

Ce n’était pas assez, l’ordonnance du 13 octobre 2008, mettant en œuvre l’Offre Raisonnable d’Emploi (ORE) est un nouveau coup de couteau dans les revenus des salariés.

Non seulement elle impose aux demandeurs d’emploi au chômage depuis plus de 4 mois de s’engager par écrit à accepter une offre proposant 95% de leur ancien salaire, et 85% au 7e mois, tout cela à moins d’une heure de trajet du domicile du salarié. Et bien sur rien n’interdit de baisser encore plus…

Mais en plus, comme cette ordonnance est bien faite, elle crée une faute professionnelle pour les agents de l’ex-ANPE qui ne contractualiseraient pas systématiquement cette obligation avec le demandeur d’emploi.
Et comme Pôle Emploi (fusion des ASSEDIC et de l’ANPE) a désormais un statut privé, ses ex-agents de l’état, devenus salariés de droit commun, seront désormais beaucoup plus licenciables s’ils mettaient de la mauvaise volonté à appliquer ces règles.

Les conséquences en sont transparentes : les employeurs ont tout intérêt à proposer des salaires les plus bas possibles, foin des conventions collectives et des accords de branches, les chômeurs n’ont plus le droit de revendiquer un juste salaire pour leur travail.
Sinon, pas d’ambiguïté, les sanctions sont prévues : suppression temporaire au 1er refus puis définitive des allocations de chômage. Et comme ce sont les fainéants de chômeurs qui refusent de travailler, auront-ils droit aux aides sociales RMI, ASS ?
Personne ne peut le garantir à ce jour. Il s’agira de la bonne volonté, et des finances disponibles des décideurs politiques locaux.

Bien évidemment les employeurs deviennent les rois du marché, l’offre est pléthorique et la demande très bien contrôlée par le MEDEF et ses obligés politiques.
L’entretien d’embauche deviendra explicite : tu veux bosser ? OK tu baisses ton salaire de 20%, sinon je te dénonce (des employeurs le pratiquent déjà régulièrement), et en plus je prends un chômeur de longue durée qui lui n’a même plus le droit de discuter.

Encore quelques projets comme celui-là et le SMIC deviendra un idéal au lieu d’une exigence minimale.

Alain MONNIN