Il est intéressant de constater que la réflexion sur la réduction du temps de travail dépasse les clivages gauche/droite même si malheureusement la droite libérale est peu enclin à l’appliquer. Elle occupe la pensée économique depuis le début du capitalisme industriel jusqu’à nos jours.
Suède : Volvo réduit de 20% le temps de travail
Après les négociations avec les syndicats, près de 600 emplois seront préservés dans sa division Volvo Powertrain. Le temps de travail de 37 h par semaine a été réduit de 20% en Juin 2009.
Allemagne : la réduction du temps de travail pour contrer la récession
Les économistes allemands expliquent que l’Allemagne pourrait connaître cette année une récession d’une ampleur sans précédent depuis la réunification de 1990. Pourtant, ils estiment que moins de personnes perdront cette fois leur travail. La raison tient en un mot “Kurzarbeit”, c’est-à-dire la réduction du temps de travail. 2009 Reuters
Des chefs d’entreprises s’expriment
« Pour lutter contre le chômage, il faut réduire significativement la durée du travail. Car, si vous la réduisez de quelques heures, la productivité absorbera la diminution des horaires. Il faut avoir la volonté de descendre à 32 heures, soit quatre jours par semaines. Cela nécessitera toute une nouvelle organisation du travail, et obligera toutes les industries et services à embaucher fortement. »
Antoine Riboud, P.D.G. de B.S.N.-Danone, septembre 1993
« La croissance reviendra peut-être, mais le volume de travail baissera encore. Le choix est simple : ou s’acheminer vers une société à la Mad Max où une minorité riche se ruinera pour se protéger d’une majorité sans espoir, ou avoir le courage de lire les signes du temps, d’inventer de nouveaux modes de fonctionnement dans lesquels l’économique et le social soient indissociables, où l’économie sociale est la part qui lui revient. Ce nouveau modèle doit-il s’appeler partage du travail ? Je préfère « partage solidaire », car demain il faudra partager bien au-delà du travail : une part des revenus, certes, mais aussi le temps libéré, la culture, l’engagement social et civique. »
Antoine Martin, président de l’A.N.P.E., ancien directeur général des ressources humaines de B.S.N.-Danone
« Aux patrons qui dirigent des entreprises en bonne santé, je les encouragerais vivement à nous imiter [passage à 32h en 1994] sans attendre le déblocage des crédits de l’État. Avec imagination, sans tout révolutionner, on peut progresser et gagner en qualité de vie. »
André le Saux, Directeur général de l’A.E.F.R. (association française d’épargne retraite)
« Même si la reprise a lieu, il ne faut pas s’attendre à des miracles. La crise nous a appris à produire avec moins de salariés. Ils faut donc réduire le temps de travail de manière significative (…) Les politiques doivent agir vite. Quitte à imposer cette mesure, sans prendre en compte l’avis des partenaires sociaux, dans un délai de six à huit mois. On pourra ensuite discuter des accords de branche et d’entreprise pour mettre en place plus de flexibilité dans le travail. Car le problème est trop grave. Il faut réagir.
Dominique Artaud Directeur Général de la division sièges de bureau de Steelcase-Strafor (Entreprises et Carrières, 02/11/1993)
« Je suis moi-même prêt a travailler 4 jours par semaine. Vous savez, on a trop tendance à se croire indispensable ; quand je ne suis là huit jours, la société tourne. Cela fait longtemps que j’ai envie de faire davantage de sport. J’en profiterai. Si j’avais un jours de liberté supplémentaire dans la semaine, je pourrai en profiter pour faire tout ce que je n’ai pas le temps de faire aujourd’hui ! Par ailleurs, quand on s’arrête de travailler, on réfléchit. On prend un peu de recul. »
Kleber Beauvillain Président de Helwett Packard (Libération, 4/11/1993)
« La réduction du temps de travail est incontournable pour résorber le chômage. Il est indispensable d’adapter la durée du travail au niveau de l’activité des branches et de l’économie nationale et internationale. À l’État de compenser la perte de salaire correspondant afin de maintenir les rémunérations. »
Christian Boiron PDG des laboratoires Boiron (Enjeux-Les Echos, Avril 1993)
« La durée annuelle du travail n’a pas bougé depuis dix ans alors que la tendance de long terme est irréversible. Ce dossier a été mal administré depuis 10 ans. Je donne donc un accord de principe aux 32 heures. (…). Avec une durée de travail de 32 heures et un allégement massif de charges sociales. »
Xavier Bouthillon, PDG de Paris-Ouest Immobilier (Les Échos, 9/11/1993)
Le temps de travail a été divisé par deux depuis un siècle, et cette évolution doit se poursuivre grâce au progrès technologique. (…)
C’est possible pour tous, y compris pour les dirigeants. J’ai moi-même réduit d’un cinquième mon temps de travail pour prouver – comme d’autre l’avaient fait avant moi – que même un patron peut travailler moins et rester aussi efficace ; tout irait beaucoup mieux si on disait « nous » au lieu de « Je ».
Claude Bébéar, Président de AXA (le Monde, 13/03/1996)
« A terme, le durée de travail hebdomadaire de chaque individu pourrait être de quatre jours, celle de l’entreprise demeurant fixée à cinq ou six jours. Une telle organisation bouleverserait les conditions d’existence des personnels, en allégeant considérablement le coût et la fatigue des trajets domicile-travail, qui sont souvent des déplacements banlieue-centre ville, et en augmentant le temps disponible hors travail. A productivité du travail constante, elle conduirait à créer de l’emploi dans l’exacte proportion de la réduction du temps de la durée individuelle du travail. »
Jean Peyrelevade, PDG du Crédit Lyonnais (Le Monde, 08/06/1993)
Des salariés et des responsables syndicaux s’expriment
« Les cadres plébiscitent la semaine de quatre jours. La semaine de
quatre jours pourrait être une réponse à la fois au stress des cadres et au chômage. »
La Tribune Desfossés, 23 Janvier 1995
« C’est agréable de travailler dans une entreprise à taille humaine où les rigidités sont absentes. Le nouvel aménagement du temps de travail est un exemple ».
Simone Gioffe, conseillère Ile de France
« Dépêchez-vous de faire passer la semaine de quatre jours avant qu’on nous renvoie à la cuisine ! »
Une salariée
« Je n’ai pas encore décidé la façon dont j’allais occuper ce jour de repos. Mais je souhaite en profiter pour me créer un espace de vie personnel en dehors de ma famille et de mon activité professionnelle ».
Cyrille Bourneuf, directeur de service informatique
La réduction du temps de travail correspond à un « besoin urgent pour travailler mieux, autrement, pour se former, pour avoir le temps de vivre. C’est un élément de lutte contre le chômage. La perspective de la productivité et les mutations technologiques rendent possible un allègement de la charge et de la durée du travail suffisant pour garantir des emplois nouveaux ».
Gérard Alezard, Secrétaire national de la CGT (Témoignage Chrétien, 18/12/1993)
« En 1976, j’ai écrit un article pour la semaine de 4 jours, 36 heures. Récemment, j’ai écrit un papier pour dire « En l ‘an 2000, les 30 heures. » Pour moi cela s’inscrit dans une orientation tout-à-fait indispensable, normale,… »
Marc Blondel, Force ouvrière (Francoscopie, 29/01/1994)
« La CFDT revendique une loi-cadre pour abaisser significativement la durée du temps de travail et aboutir progressivement aux 32 heures hebdomadaires. Cette réduction doit être déclinée en termes revendicatifs au plus près de la réalité des branches professionnelles et des entreprises. »
43ème Congrès de la CFDT Résolution générale (mars 1995)
« L’UGICT a inscrit à son programme la semaine de 4 jours de trente-deux heures »
Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT (Le Monde, 22/03/96)
« Aujourd’hui, on a plus des trois millions de personnes sans emplois, sans compter les deux millions qu’on a poussés vers la sortie avant qu’ils ne le souhaitent. Nous sommes sur une bombe et, quand on est sur une bombe, on ne cherche pas à discuter pour savoir sir dans 2000 ans elle sera usée. Il faut une accélération forte sur le temps de travail, pour ceux qui le souhaitent, très négociée, très terrain, très local, entreprise par entreprise, branche par branche. On ne peut pas y échapper.
Nous affichons la semaine de 4 jours sans réduction de salaire. 4 jours, parce que dans les très grande villes, les conditions de vie sont telles (transport,…) que chez les jeunes se développera la pratique du travail professionnel sur 4 jours et du temps de vivre, vivre sa vie, sa vie familiale, sa vie culturelle, sa vie spirituelle. »
Alain Deleu Secrétaire général de la CFTC (Radio Notre dame, 3 Janvier 1996)
Des responsables politiques s’expriment
« La semaine de quatre jours est la formule la plus créatrice d’emplois et la plus porteuse d’initiatives personnelles et de développement convivial ».
Jacques Delors, le Monde, 7 Octobre 1997
« La proposition de passer d’une semaine de cinq à quatre jours me semble pouvoir être un objectif mobilisateur pour le pays et ses entreprises. Il ne s’agit pas, contrairement à la caricature que certains ont voulu dresser de cette proposition, d’une réflexion malthusienne, mais d’une avancée possible pour permettre à chacun l’emploi et l’activité… Au total, j’y suis favorable pour deux raisons. La première, parce que s’engager dans cette voie constituerait un choc bien supérieur aux mesures – techniques et utiles – que nous prenons en ce moment, de nature à bouleverser les comportements. La mobilisation de toutes la société contre l’exclusion des « sans-travail » prendrait un éclat manifeste à la hauteur de l’enjeu. Deuxièmement, parce que, au-delà du chômage, la semaine de quatre jours serait un premier acte décisif vers la société post-productiviste, objet de glose plus que de progrès réels. Cet acte frapperait les imaginations et encouragerait les consciences individuelles à se détacher de la morale du travail pour le travail et à évoluer vers un meilleur équilibre. »
Michel Barnier, Vers une mer inconnue, Hachette, paris, 1994
« Ne l’écrivez pas dans vos journaux mais ce n’est qu’un premier pas
(à propos de la loi de Robien). Un jour, il faudra baisser la durée légal du travail. »
Gilles de Robien, vice-président UDF de l’assemblée, dans une interview au Parisien.
« Ne l’écrivez pas dans vos journaux mais ce n’est qu’un premier pas. Un jour, il faudra baisser la durée légale du travail. »
Yves Nicollin député UDF
« Je me demande pourquoi ce qui se fait chez Brioche Pasquier ne se fait pas ailleurs. »
Jacques Chirac en 1995 du passage à la semaine de quatre jours de Brioche Pasquier
« La culture, c’est très important car dans quelques années nous travaillerons tous 32 heures par semaine. Nous aurons du temps pour la culture. Il nous faut préparer cette évolution ».
Philippe Douste-Blazy 1993
Pour l’emploi, « la première réforme nécessaire serait la baisse du temps de travail. Elle devra s’accompagner de la baisse des revenus individuels, même si celle-ci n’est pas proportionnelle à celle-là. »
René Monory Président du Sénat (Parsi Match, 15/02/1994)
« L’organisation actuelle du travail ne répond plus, dans nombre de cas, aux attente des salariés qui aspirent à un temps mieux choisi, pour mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. C’est un constat de société, mais c’est aussi un constat économique. Diminuer et mieux organiser le temps de travail, c’est donner aussi un souffle nouveau et durable à la consommation. »
« J’ajoute que la nécessité d’aller de l’avant en matière d’aménagement et de réduction du temps de travail, vaut pour le secteur public qui doit donner l’exemple. »
Alain Jupé, Premier Ministre (Allocution du Premier Ministre, Sommet du travail et de l’emploi, 21/12/95)
« Les trente-deux heures ou plutôt les quatre jours, cela a le mérite d’être parlant, d’être clair, d’avoir une signification (…). Cette bataille pour les quatre jours me paraît éminemment sympathique (…). En ce qui concerne le salaire, il faut qu’il y ait des mesures de compensation, et ces mesures de compensation ne peuvent venir que d’une redistribution des revenus ou d’une intervention de l’État.
François Mitterrand (France 2, 25/10/1993)
« La semaine de 4 jours est un objectif urgent et responsable. »
« Dans la boîte à outil antichômage, il n’y a pas d’instrument plus puissant. »
« L’idée de partage du travail est à la hauteur de ce beau mot qu’est celui du partage. Il nous faudra la développer et lui donner tout son sens, celui d’une réorganisation des activités qui va très au-delà de l’aménagement de la seule durée du travail… »
Michel Rocard (ce que j’ai dit, 1993)
« La semaine de quatre jours n’est pas forcément une utopie pour certains secteurs de notre économie, notamment dans l’industrie, si elle est associée à une réorganisation du travail qui permette d’améliorer la rentabilité du capital et si elle est fiancée par une diminution des charges sociales et par des accords salariaux. »
Philippe Seguin Président de l’Assemblée Nationale(Discours devant le COORACE le 24/09/1993)
« (…) La primauté reconnue dans la politique à une certaine conception de l’homme en dépit de la mécanisation progressive de nos sociétés, voilà bien, n’est-il pas vrai ? Ce que sont nos grands intérêts dans l’univers qui s’annonce. »
Général de Gaulle (Mémoires de guerre, « Le salut » - « Le Rang », dialogue avec Churchill)
Des experts s’expriment
« Pour partager un vaste mouvement de réduction de la durée du temps de travail qui ne soit pas limité aux entreprises en difficulté (avec menace d’un chantage au chômage) mais qui soit un pas vers un nouveau modèle de société ou le temps libre soit valorisé par ce qu’il permet l’épanouissement personnel et de présence auprès des siens, il faut une incitation générale fixant des objectifs importants (comme le passage à 35 heures ou 30 heures par semaines)… »
Commission sociale économique et internationale (C.S.E.I) de la Fédération protestante de France, Face au chômage, changer le travail, octobre 1993.
“Le taux de chômage en France pourrait atteindre 14 % en l’an 2000 à moins que l’on ne « remette en cause fondamentalement le rapport de nos sociétés au travail, par le partage du travail ou par la subvention massive d’emplois non marchands ».
Étude parue dans l’Économie Internationale, n°55
« Votre idée ne recoupe pas le clivage droite-gauche. Elle montre les divisions profondes des partis sur une question que tous présentent comme fondamentale. La semaine de quatre jours creuse un fossé entre les anciens et les modernes. Il faut trois qualités pour s’approprier votre projet : comprendre la gravité de la crise, refuser de s’en tenir aux politiques classiques et avoir le courage de se désolidariser des autres membres du parti. Vous ne trouverez pas grand monde pour vous aider. »
Un journaliste à Pierre Larrouturou
« La semaine de quatre jours est la formule la plus créatrice d’emplois et la plus porteuse d’initiatives personnelles et de développement convivial ».
Jean Baptiste Foucauld, ancien commissaire général au Plan
« La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, elle est d’échapper aux idées anciennes qui ont poussé leur ramifications dans tous les recoins de l’esprit des personnes ayant reçu la même formation… »
« Vers la fin de ce siècle, nous travaillerons trente heures par semaine, sinon moins. »
John Maynard Keynes Essays in Persuasion
« en l’an 2000, nous travaillerons 30 heures par semaine ».
Karl Marx
« Il n’est pas interdit d’imaginer les terrains privilégiés où pourraient se déployer les activités humaines engendrées par le temps libre. (…) Une production artistique et culturelle, faite enfin d’amateurs, pourrait se déployer et favoriser des micro-cultures plus génératrices de sens que l’actuel tissu standard fabriqué par les médiats. Cette culture immédiate stimulerait la vie communautaire et le « ré-enchantement » du monde. »
Échanges et projet, op.cit.
« La semaine de quatre jours n’est pas un mirage. Elle sera, une réalité pour tout le monde. Mais ce ne sera pas, contrairement à ce que l’on dit, un enfant de la récession. Ce sera un enfant de la croissance. »
Jean Boissonnat, Économiste (La Croix, 03/11/1993)
« La réduction du temps de travail constitue un des rares moyens dont on dispose pour créer un nombre d’emplois correspondant aux exigences de la situation actuelle. »
Jean-Michel Charpin Directeur des études économiques B.N.P(Liaisons Sociales Mensuel, Mars 1993)
« Seule une action de choc est à même de jouer le rôle déclencheur d’une véritable solution au chômage de masse. Je dénonce ceux qui clament tous azimuts que la réduction du temps de travail est une utopie. Cessons d’en parler, saisissons-là à bras le corps pour la traduire en une réalité immédiate dans os entreprises. C’est la seule solution d’ensemble à un problème que l’angoisse de la surépargne ne fait qu’amplifier. »
Claude Odier Directeur département Etudes, SOFRES-Ressources Humaines(Entreprises et Carrières, 12/10/1993)
« Si on imagine une réduction du temps de travail, nous savons déjà qu’elle doit être précédée par un changement important de l’organisation du travail, dans les ateliers comme dans les bureaux, qui générera automatiquement une amélioration de 5 % de la productivité (…). Le financement des telles mesures reste à négocier. D’une part avec les syndicats : on peut penser que pour une réduction de 15% du temps de travail, le personnel accepterait un ajustement à la baisse de 5% à 6 %. D’autre part, pour les 7 à 9% restant, avec l’Etat et l’UNEDIC : l’enjeu est, ont le voit, un transfert à l’entreprise des sommes qu’auraient coûté à la collectivité des chômeurs embauchés (…). Nous savons que ce serait une solution immédiate, efficace, une contribution majeure des entreprises à la lutte contre le chômage. »
Antoine Martin, Ancien DRH de BSN-Danone (Stratégie Ressource Humaines, n°8)
« L’instauration de la semaine de quatre jours est une occasion triplement historique :
• D’abord parce qu’elle permettrait de donner du travail à ceux qui n’en ont pas.
• Mais aussi d’améliorer la qualité de vie de ceux qui ont déjà un travail mais qui aimeraient en avoir un peu moins pour faire d’autres choses.
• Et puis également de recréer une cohésion sociale qui a été mise à mal depuis quelques années. »
Gérard Mermet Sociologue (Francoscopie sur RFI, 29/01/1994)
« Ainsi, on peut facilement imaginer le passage à la semaine de quatre jours pour les salariés et six jours pour les machines… Ce qui accroît leur capacité de production de 1/3 par rapport à la situation standard d’une semaine de 39 heures. Le partage du travail réalisé dans ces conditions permet une forte baisse du chômage (1,5 million) et une expansion de la production. Il n’a pas le caractère malthusien parfois dénoncé.
Cette situation où une évolution collectivement favorable ne se produit pas faute d’incitations individuelles justifie l’intervention de l’État. Celle-ci pourrait prendre la forme d’une loi-cadre fixant un délai suffisamment long pour que toutes les entreprises puissent s’adapter. Une négociation décentralisée, sans interventions et sans incitations publiques, a peu de chance d’aboutir si elle n’est pas contrainte par une décision collective d’ordre supérieur car les négociateurs au niveau des l’entreprise ne prennent pas en compte le bien collectif que représente la diminution du chômage. »
Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) (Lettre de l’OFCE n°112, 3/03/1993)
« sur vingt-quatre millions de personnes « actives », vous avez trois millions de chômeurs et cinq millions de travailleurs précaires : un tiers de gens blessés dans leur dignité ! On est techniquement sur-développé et humainement sous-développé ; je suis frappé d’entendre la même phrase prononcée aussi bien par des militants de la CFDT, des patrons du CNPF ou encore d’autres interlocuteurs sociaux : « Nous sommes à la fin d’une logique ». Eh bien, sortons en ! »
Mgr Rouet Président de la commission sociale de l’épiscopat (La Vie 30/09/1993)
« Si la semaine de quatre jours n’est pas lancée, j’augure mal de ce qui peut se passer. La semaine de quatre jours permet de revaloriser la négociation de branches, de donner un rôle aux syndicats et reconstituer le corps patronal intermédiaire. Il ne s’agit pas de partager le travail tel que le travail existe, mais transformer son contenu. Cela n’a rien n’a voir avec la semaine de 39 heures. »
« La semaine de quatre jours va contraindre à une refonte de l’organisation du travail dans les entreprises et dans les administrations. C’est la porte ouverte au travail qualifiant, à une réelle flexibilité quantitative dans le travail, à une modification de l’exercice du pouvoir dans les entreprises. »
Henri Vacquin Sociologue d’entreprise (La Tribune, 9/11/1993)
« La baisse de la durée du travail est normalement un facteur de gains de productivité (moindre fatigue, moindre absentéisme, nécessité d’achever le travail en quatre jours…). »
Patrick Artus, directeur des études économiques de la Caisse des Dépôts
« La question de fond : déréglementation salariale ou réduction du temps de travail ? »
« L’idée forte sur la réduction du temps de travail est le contraste entre l’extrême importance du problème, qui est admise par tout le monde, et l’extrême lenteur des solutions qui se dégagent.
Tout le monde admet que les solutions tourneront en partie autour de la réduction du temps de travail.
On connaît bien ce que sont les questions, maintenant. Est-ce qu’on doit faire un grand saut ou le faire progressivement ? Est-ce que ça doit se faire au plan national ou de manière différenciée. Est-ce que ça peut se faire en France ou est-ce que ça doit se faire en Europe ? Est-ce que ça doit se faire avec ou sans réduction de salaire, proportionnellement ou pas proportionnellement ? on voit bien les esprits avancent et qu’au-delà des gens qui avaient lancé le thème comme Pierre Larrouturou ou la CFDT, les principaux politiques explorent cette direction, mais on en est toujours à l’exploration.
Alain Duhamel Journaliste (Libération 4/03/1994), (Europe 1, 7 mars 1996)
1 • La semaine de 4 jours « à la carte »
ou la création 1 600 000 emplois en CDI à temps plein.
FAISABILITÉ
CE QU’ILS EN PENSENT
2 • Investir massivement dans la construction de logements
pour favoriser l’emploi et répondre à des attentes fondamentales. Tripler le budget du logement en utilisant Le Fond de Réserve des Retraites comme l’on fait les Pays-Bas (3,5 millions de personnes mal logées dont 600 000 personnes sans logis en France) peut créer entre 100 000 et 150 000 emplois.
3 • Une vraie politique d’économie d’énergie
elle aussi, peut créer massivement des emplois. Le Bureau International du Travail (BIT) estime que la France peut créer 300 000 empois verts.
4 • Réfléchir aux adaptations administratives et fiscales
qui seraient les plus favorables au développement des petites entreprises.
Exonérer complètement de cotisations le 1er emploi.
5 • Créer un bonus-malus précarité
qui incite les entreprises à transformer en emplois stables leurs emplois précaires.
6 • Favoriser les groupements d’employeurs
et la mise en réseau des PME (sur le modèle italien). On a su regrouper les communes. Pourquoi ne pas inciter les PME à mettre en commun leur effort de recherche ou de marketing ?
7 • Investir dans la formation
(des salariés comme des patrons) c’est aussi donner à notre économie une nouvelle source de compétitivité…
8 • La cogestion dans l’entreprise
Le personnel est représenté aux conseils de surveillance en tant que personnel.
Favoriser la création de scops et d’associations.

