Le personnel représenté aux conseils de surveillance
La crise actuelle et l’impasse dans laquelle le capitalisme non régulé nous a menés nous oblige à construire de nouvelles régulations au niveau international et au niveau national, mais aussi à nous interroger sur l’exercice du pouvoir dans l’entreprise : les actionnaires doivent-ils être les seuls à décider des stratégies de l’entreprise ? Ne doit-il pas y avoir un dialogue avec les salariés, tous ceux et celles qui apportent leur intelligence, leur temps, leur force ? La négociation doit également porter sur cette importante question. L’actionnariat salarié n’est pas la solution. Il ne s’agit pas de donner un strapontin aux salariés en leur permettant d’avoir 3 % du capital. Il s’agit de leur donner une vraie place, en tant que salariés. Inspirons-nous de l’Allemagne où le personnel est représenté aux conseils de surveillance, en tant que personnel. La cogestion permet aux salariés de mieux connaître la stratégie de l’entreprise pour pouvoir soit l’infléchir, soit montrer qu’avec une même stratégie industrielle, plusieurs stratégies «Ressources humaines » sont possibles. Pour relancer l’axe franco- allemand et donner consistance à un modèle social européen, la voie d’une cogestion de l’entreprise paraît tout indiquée…
Favoriser la création de scops et d’associations
Si la crise actuelle nous oblige à construire de nouvelle régulation et à repenser la place des salariés dans l’entreprise, des milliers d’entreprises et d’associations ont déjà basé leur mode d’organisation sur les principes d’une économie sociale et solidaire réparties en :
• 730 000 associations, 170 000 employeurs, 1 780 000 salariés
• 21 000 entreprises coopératives employant 900 000 salariés. Les Scop (Société Coopérative de Production) sont des sociétés commerciales qui vivent et se développent dans le secteur concurrentiel avec les mêmes contraintes de gestion et de rentabilité que toute entreprise. Son originalité : les salariés sont associés majoritaires de l’entreprise dont ils détiennent au moins 51% du capital. Tous les salariés ont vocation à devenir associés dans des modalités définies par les associés existants et avec leur accord. Les décisions stratégiques se prennent en assemblée générale selon le principe « une personne = une voix ». Chaque membre a le même poids, quel que soit son apport en capital.
• 21,4 millions de sociétaires, 33 000 salariés au sein des mutuelles d’assurances
Auxquelles il faut ajouter à leurs côtés :
• Près de 2000 fondations, 31 700 salariés dans les 546 entreprises d’insertion.
(sondage MHF/IPSOS 2007)
Le nombre d’établissements de l’économie sociale a augmenté de 5 % entre 2000 et 2006. La Masse salariale s’élève à près de 57 milliards d’euros. Plus de 2,6 millions d’emplois.
L’économie sociale représente un des gisements les plus fertiles en création d’emplois et un pôle de stabilité important dans les périodes de crise ou la logique de rentabilité actionnariale (délocalisations, réductions budgétaires, restructurations) prédomine souvent sur le maintien le maintien des bassins d’activités. Elle constitue un axe de plus en plus important des politiques régionales de développement ainsi qu’une économie alternative et concrète au service de l’intérêt collectif. Une vraie politique de soutien doit être accordé à leurs réseaux pour qu’ils créent la situation de confiance permettant aux entrepreneurs de se lancer et de faire perdurer leurs entreprises.
Liens :
1 • La semaine de 4 jours « à la carte »
ou la création 1 600 000 emplois en CDI à temps plein.
FAISABILITÉ
CE QU’ILS EN PENSENT
2 • Investir massivement dans la construction de logements
pour favoriser l’emploi et répondre à des attentes fondamentales. Tripler le budget du logement en utilisant Le Fond de Réserve des Retraites comme l’on fait les Pays-Bas (3,5 millions de personnes mal logées dont 600 000 personnes sans logis en France) peut créer entre 100 000 et 150 000 emplois.
3 • Une vraie politique d’économie d’énergie
elle aussi, peut créer massivement des emplois. Le Bureau International du Travail (BIT) estime que la France peut créer 300 000 empois verts.
4 • Réfléchir aux adaptations administratives et fiscales
qui seraient les plus favorables au développement des petites entreprises.
Exonérer complètement de cotisations le 1er emploi.
5 • Créer un bonus-malus précarité
qui incite les entreprises à transformer en emplois stables leurs emplois précaires.
6 • Favoriser les groupements d’employeurs
et la mise en réseau des PME (sur le modèle italien). On a su regrouper les communes. Pourquoi ne pas inciter les PME à mettre en commun leur effort de recherche ou de marketing ?
7 • Investir dans la formation
(des salariés comme des patrons) c’est aussi donner à notre économie une nouvelle source de compétitivité…
8 • La cogestion dans l’entreprise
Le personnel est représenté aux conseils de surveillance en tant que personnel.
Favoriser la création de scops et d’associations.

