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Un choix de société

5 • Renouveler la citoyenneté

picto_repLa république pour tous. L’homme est-il simplement un acteur économique, un producteur-épargnant-consommateur ? C’est parfois l’impression que donne le discours politique. Ne souhaite-t-il pas développer vraiment d’autres dimensions de son être, dimension affectives, spirituelles, intellectuelles, artistique ou citoyennes ? C’est peut-être l’occasion de repenser nos modes de vie. Il y a d’autres activités que les activités marchandes qui méritent notre attention, qui donne du sens à notre vie. La citoyenneté est en crise. Le signe le plus visible en est l’abstention électorale.


« La république est le régime où chacun a assez de temps et de liberté pour s’occuper de la chose commune. » affirmait Jaurès. La semaine de quatre jours doit donner l’accès à une sphère d’activité citoyenne, associative et politique. C’est choisir une nouvelle efficacité contre le chômage, améliorer la formation, améliorer structurellement l’économie de la presse pour accroitre son indépendance et augmenter son accessibilité, donner à chacun plus de temps libre, éduquer mieux les enfants à la responsabilité et à l’action en équipe, développer la vie associative, améliorer  le statu des élus et limiter strictement le cumul des mandats… Voilà qui nous permettra sans doute de ranimer notre démocratie !


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1 • La formation tout au long de sa vie

picto-formation21Le fait d’aménager le temps de travail dans une entreprise est l’occasion de mettre en place des organisations qualifiantes. C’est-à-dire que le contenu du travail et l’organisation du travail évoluent. L’absence du chef une journée par semaine oblige à vérifier que chacun connait bien sa mission, que chacun est bien formé.
C’est l’occasion de réfléchir à un co-investissement formation. D’un côté l’entreprise finance la pédagogie et tous les frais annexes liés à la formation et, de l’autre, le salarié donne son temps. Avec les mêmes budgets et avec moins de désorganisation du travail, le volume de formation peut être beaucoup plus important. Cette notion de co-investissement formation est essentiel et révolutionnaire.
Il peut aussi y avoir un investissement formation choisi uniquement par le salarié. La faiblesse de la formation initiale et la grande difficulté à changer de métier une fois que l’on est sur des rails sont un des principaux regrets des Français.
Une chose est sûre : il faut sortir du système cloisonné qui existe actuellement. Notre vie est coupée en trois : formation, vie active, inactivité. En termes aussi bien de compétitivité que d’équilibre de vie, il est souhaitable d’avoir une formation initiale moins théorique, puis une vie active avec du temps libre et un accès permanent à la formation. Enfin, une retraite bien mérité où on continuera d’autres activités non marchandes que l’on a commencé dans sa vie active. Il faut permettre une plus grande unité sur toute la vie.

2 • La vie de famille

picto-famille2Il nous paraît clair que le passage des adultes à la semaine de quatre jours, ce changement de rythme des parents doit permettre de changer la donne pour les enfants, de leur naissance à leur entrée dans la vie active. Les parents travaillant moins pourront être plus présent auprès de leurs enfants, que ce soit dans les premiers mois et les premières années de la vie ou à l’adolescence.
Ce qui est révolutionnaire : dans une société de masse où soit, l’on est jamais seul, soit, l’on est trop seul, à certain, la semaine de quatre jours donne du temps pour être deux, sans les enfants. À d’autre, elle permet de rester seul pour une activité nouvelle. À d’autre encore, elle permet de régler tous les problèmes logistiques en semaine pour que le week-end soit agréable. La liberté que donne les 4 jours aux parents devrait simplifier les problèmes de garde d’enfants. Pour éduquer un enfant, il faut du temps. Or la plupart d’entre nous manquons de temps. La semaine de 4 jours devrait nous donner ce temps si précieux.

3 • Personnaliser l’éducation

picto-formationbisAujourd’hui le débat sur l’école est pollué par le fort taux de chômage des jeunes. On impute ce taux de chômage élevé à un dysfonctionnement de l’école. Passons à quatre jours, crevons l’abcès du chômage et nous verrons alors que l’un des principaux reproches faits à l’école était en grande partie injustifié. Nous pourrons nous attaquer alors sereinement aux deux principaux problèmes : le 10% à 15% qui sortent du système sans aucune qualification et l’évolution globale du contenu de l’éducation pour former les adultes du XXe siècle.
Les premières années, maternelle et CP, sont essentielles. C’est là qu’il faut concentrer nos efforts. C’est là qu’une présence plus massive d’adultes, bien coordonnés par les enseignants, pourrait vraiment limiter la casse. Donner plus de temps aux adultes et les mettre plus nombreux au service des petits-enfants devrait permettre de personnaliser les premières années d’école. Le développement affectif, psychomoteur de l’enfant ne se commande pas. Cela ne se synchronise pas par classe de vingt-cinq ou trente et c’est trop important pour que l’on accepte le taux d’échec actuel. Pour ces raisons, il faut garder les avantages de l’enseignement actuel et, progressivement, le personnaliser. Ce sera l’occasion, sans doute, de revoir, pour certains niveaux, les programmes qui sont devenus trop lourds.
Il faudrait probablement mieux informer les parents, et améliorer le système d’orientation. L’accès permanent à la formation grâce à la semaine de quatre jours dont nous avons parlé offrirait néanmoins une porte de sortie.

4 • Du temps pour la culture

icon-artTout le monde n’est pas égal devant la culture. Des incitations tarifaires seront certainement utiles. On pourrait par exemple encourager les visites de musée en semaine. À Berlin, les musées sont gratuits pour les Berlinois, pour inciter les habitants à s’y rendre en semaine, après le travail. Il faut rappeler que de nombreuses activités sont moins chères en semaine que le week-end (cinéma, par exemple). On peut penser que si la fréquentation augmente, les prix baisseront encore.
En 1997, un million de personnes ont profité des chèques vacances. Pourquoi ne pas créer sur le même modèle des chèques « sport et culture ».
Le mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoir (MRERS). Des dizaines de milliers des personnes en font déjà partie. Les participants échangent leurs connaissances ; cela ne leur coûte rien, et chacun trouve sa place, aussi bien pour profiter (pour apprendre de quelqu’un d’autre) que pour donner (soi-même, transmettre un savoir). Quelqu’un va prendre des cours d’espagnol ou recevra  des cours de guitare et donnera des cours de cuisine… Ce mouvement n’a pas qu’un intérêt économique : il permet aussi d’instaurer plus de convivialité. Avec plus de temps libre, nous serons sans doute nombreux à nous impliquer dans des structures associatives sportives et culturelles.


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