Pour un équilibre stable de taux de natalité
et de mortalité bas
Au cours des 45 dernières années, la population du globe s’est accrue de plus de 100% pour atteindre 6,4 milliards d’individus. Les experts jugent que dans les 45 prochaines années, elle atteindra 9 milliards d’individus (en l’espace d’une vie) et au prochain siècle 14 milliards et même davantage avant d’atteindre son point de stabilisation.
L’accroissement des populations exerce une pression considérable sur les ressources naturelles de notre planète. Il est impératif de stabiliser la population mondiale.
94 % de cet accroissement se situe dans les pays en voie de développement. La destruction des cultures traditionnelles et l’appauvrissement des populations a entraîné cette inflation démographique. Avec un taux mortalité très élevée et en l’absence de sécurité sociale, de système de retraite, les parents comptent sur leurs enfants arrivés à l’age adulte pour prendre soin d’eux quand ils seront vieux. Mais la grande probabilité que leurs descendants meurent jeunes les pousse à avoir beaucoup d’enfants dans l’espoir que certains survivront. D’autre part, dans des économies de subsistance, les enfants sont autant de main d’œuvre disponible pour contribuer aux tâches indispensables à la survie de la famille.
On retrouvait ces phénomènes encore récemment dans les pays occidentaux. La mutation démographique des pays riches ne s’est pas effectuée avant les années 30 et même plus tard dans certains cas. C’est donc en venant en aide au pays du Sud que nous pourrons résoudre la crise de surpopulation.
La dette
Les sociétés occidentales ont largement leur part de responsabilités dans le retard pris par les pays du tiers-monde en matière de développement et possèdent les moyens d’y remédier. Quand les pays du sud ont obtenu leur indépendance politique, ils se sont tournés vers les banques occidentales pour emprunter l’argent qui leur permettrait de développer leur économie. Le FMI et la banque mondiale ont donc substitué l’oppression militaire à l’oppression financière avec ce que l’on appelle vulgairement la « dette ». Plus efficace et moins coûteuse en force d’occupation, elle délègue sciemment à des régimes corrompus la responsabilité d’opprimer les peuples. Des 192 États de la planète, 122 se situent dans l’hémisphère Sud. Leur dette extérieure cumulée dépasse les 2 800 milliards de dollars. L’équivalent du PIB de la France. Les taux d’intérêt (flottants) des crédits accordés par les organismes concernés sont 5 à 7 fois plus élevés que ceux pratiqués sur les marchés financiers. Afin de rembourser le prix de la dette, ce sont tous les gains de productivité d’un pays qui sont mobilisés. Il ne leur reste plus rien pour développer leurs propres infrastructures et subvenir aux besoins de la population. L’obtention des crédits est aussi conditionnée à
« des plans d’ajustement structurel » qui poussent à l’exploitation effrénée des ressources naturelles et accentue l’appauvrissement des zones rurales. À cela s’ajoute la spéculation sur les denrées alimentaires et l’organisation de la pénurie pour faire prix flamber les prix (le blé et l’orge ont augmenté de 70 à 80 % et le maïs de 50 % en 2008). L’accès aux aliments de première nécessité devient de plus en plus difficile pour les populations déjà en très grande difficulté. La Banque mondiale estime qu’entre mars 2007 et mai 2008, les hausses de prix ont poussé vers la misère plus de 100 millions de personnes. Pourtant jamais la production agricole n’a été aussi abondante.
Il faut supprimer la dette du tiers-monde et venir en aide aux pays en voie de développement. L’ONU estime qu’avec 20 milliards de dollars par ans, la sous-alimentation pourrait être éradiqué, qu’avec 15 milliards, on pourrait fournir de l’eau potable partout dans le monde et qu’avec 12 milliards, il serait possible de garantir une éducation de base. Ces sommes sont dérisoires en comparaison des 787 milliards de dollars du dernier plan de relance américain venant s’ajouter au premier plan Paulson de 700 milliards de dollars. Les sommes mobilisées contre la crise mondiale s’élève entre 2 et 6 % des PIB nationaux alors que le coût de l’inaction face aux problème d’alimentation dans le monde, d’accès à l’eau, de santé, d’infrastructures où encore de déplacement de populations est évalué à 5 500 milliards soit près de 20 % du PIB mondial.
Ce n’est qu’en allouant des ressources au financement des programmes d’aide au développement, à l’éducation - notamment des femmes -, à l’accès aux moyens de contraceptions que nous pourrons permettre aux pays du tiers-monde d’opérer leur mutation démographique en accord avec les caractéristiques culturelles, sociales, religieuses et particulières de chaque État. Un succès stupéfiant a été enregistré au Kerala avec l’aide de crédits internationaux judicieusement utilisés. Dans un sous-continent où la croissance démographique paraît incontrôlable, le taux de progression de la population ressemble davantage à celui de la Suède qu’à celui de Bombay toute proche.

