Favoriser les regroupements d’employeurs
Dans les Pyrénées, une douzaine de PME ont décidé, il y a quelques années, de se mettre en réseau pour réfléchir sur la RTT. Jusque-là concurrentes, elles se sont réunies pour réfléchir ensemble à ce problème. De ce travail collectif d’un an, est sorti un certain nombre de créations d’emplois (très appréciés dans des villages où ces PME sont les principaux employeurs), des déprécarisations d’emplois : en formant un groupement d’employeurs, au lieu de créer des temps partiels, on peut créer des CDI à plein temps sur deux petites structures. De ces groupements d’employeurs, il est sorti aussi une meilleure connaissance mutuelle et l’envie de continuer à travailler ensemble dans les domaines où c’est possible (gestion des ressources humaines, bien sûr, mais aussi marketing, recherche et développement…). La RTT était d’abord une tuile qui leur tombait dessus. En travaillant ensemble, ces PME ont compris que, non seulement l’obstacle n’était pas infranchissable mais qu’il pouvait contribuer à muscler le tissu économique de ces vallées.
Les PME du nord de l’Italie doivent une grande partie de leur dynamisme aux réseaux qu’elles ont constitués depuis de longues années. Le passage à 4 jours n’est-il pas l’occasion de favoriser ce type de mise en réseau de PME en France (même si cela commence à se faire mais de façon tout à fait marginale par rapport à ce que l’on observe en Italie) ?
Avez-vous vu à la télévision le patron de l’auto-école de Rouen témoigner de l’accord gagnant-gagnant qu’il avait signé ? Avez-vous entendu le délégué syndical et le DRH de Mamie Nova (Coop Even) qui viennent de fêter les dix ans de leur passage à 4 jours (avec 120 créations d’emplois) ? Avez-vous entendu parler des PME des Pyrénées qui non seulement ont créé des emplois mais ont constitué un réseau qui les aidera à affronter d’autres difficultés ? Avez-vous entendu parler de la concession Peugeot de Draguignan qui est passée à 4 jours et en a profité pour élargir ses horaires d’ouverture aux clients ? Non. Seuls M. Seillière et Mme Parisot expriment le «point de vue de l’entreprise». Ainsi, s’est installée l’idée que la RTT n’était pas possible pour les PME. Ce qui est totalement faux.
1 • La semaine de 4 jours « à la carte »
ou la création 1 600 000 emplois en CDI à temps plein.
FAISABILITÉ
CE QU’ILS EN PENSENT
2 • Investir massivement dans la construction de logements
pour favoriser l’emploi et répondre à des attentes fondamentales. Tripler le budget du logement en utilisant Le Fond de Réserve des Retraites comme l’on fait les Pays-Bas (3,5 millions de personnes mal logées dont 600 000 personnes sans logis en France) peut créer entre 100 000 et 150 000 emplois.
3 • Une vraie politique d’économie d’énergie
elle aussi, peut créer massivement des emplois. Le Bureau International du Travail (BIT) estime que la France peut créer 300 000 empois verts.
4 • Réfléchir aux adaptations administratives et fiscales
qui seraient les plus favorables au développement des petites entreprises.
Exonérer complètement de cotisations le 1er emploi.
5 • Créer un bonus-malus précarité
qui incite les entreprises à transformer en emplois stables leurs emplois précaires.
6 • Favoriser les groupements d’employeurs
et la mise en réseau des PME (sur le modèle italien). On a su regrouper les communes. Pourquoi ne pas inciter les PME à mettre en commun leur effort de recherche ou de marketing ?
7 • Investir dans la formation
(des salariés comme des patrons) c’est aussi donner à notre économie une nouvelle source de compétitivité…
8 • La cogestion dans l’entreprise
Le personnel est représenté aux conseils de surveillance en tant que personnel.
Favoriser la création de scops et d’associations.

